Nos villages et notre santé !

le 3 février 2015
1000 vaches 4

1000 vaches 4

Au nom du sacro-saint principe de compétitivité avec l’Allemagne, on voit de plus en plus se développer des thèses sur la nécessité de transformer profondément nos systèmes agricoles dans une voie encore plus ultralibérale. Ceci serait motivé par le fait que l’agriculture et l’agro-alimentaire allemands surpassent notre pays. Il est vrai, qu’après nous avoir dominés avec son industrie, l’agriculture allemande est en passe de dépasser définitivement l’agriculture française. Ses exportations agricoles sont supérieures aux nôtres. Nous mangeons en France de plus en plus d’asperges, de lait, de fromages et de volailles produits Outre-Rhin. Mais ceci ne résulte d’aucune fatalité. Ceci a été voulu et organisé de longue date, dès la création du marché commun agricole. Souvenons-nous, de ce que l’on appelait, dans les années 70, des montants monétaires compensatoires européens, qui jouaient comme des subventions en faveur des pays à monnaie forte, dont l’Allemagne, avec son mark fort. Puis, les aides publiques européennes subventionnant la réunification allemande, puis des élargissements réalisés en dépit de tout bon sens et qui servent d’arrière cour aux productions allemandes et de réservoir de main d’œuvre mal payée, avec la directive dite « travailleurs détachés », qui permet aux « fermes-usines » allemandes d’employer des travailleurs de l’Est européen aux salaires et protections sociales de leur pays d’origine, contre les travailleurs allemands eux-mêmes.

 

Ce que l’on appelle la concurrence est en fait une « inégalité de la concurrence organisée », au détriment des petits et moyens paysans et des salariés. Notre industrie agro-alimentaire, à commencer par les abattoirs bretons, est placée dans une implacable compétition à armes si inégales qu’elle les fait chuter un à un.

 

Alors, les bons apôtres du libéralisme, qui n’ont que faire ni de la vie d’un paysan ou d’un salarié, ni de la biodiversité, ni de ce que nous mangeons, nous proposent leur solution : celle de la fuite en avant dans l’ultralibéralisme, le productivisme échevelé et le gigantisme. Des fermes aux mille vaches, mille veaux, mille cochons, cinquante mille poules. Il faudrait imiter l’Allemagne et la Pologne, où les troupeaux de 1000 à 3000 bêtes sont courants. Mieux, disent-ils, aux Etats-Unis, il y a des troupeaux de 40 000 animaux ! Qu’en est-il de l’emploi, de la surexploitation des hommes et de la nature, dans un tel système ? Il ne peut y avoir de projet agro-écologique, dans un tel modèle. Une contradiction existe donc entre ce modèle agricole-capitaliste-productiviste, que les autorités publiques laissent se développer au nom du principe de « compétitivité » et la loi agricole d’avenir, portée par le gouvernement. Cette voie, poussée au bout, conduira à la fabrication de viande ou de lait de synthèse et à la fuite en avant, sans contrôle, du développement des OGM, au péril de la biodiversité déjà attaquée.

 

Ce dont nous parlons ici est donc d’une extrême importance car il s’agit de la vie de nos territoires, mais surtout de la vie de nos sols, de nos rivières, de la santé animale, végétale et de la vie et de la santé humaine. Laisser se développer ce modèle capitaliste de production agricole créera, à terme, des effets pervers tels que nous mettrons des dizaines d’années à réparer -peut-être plus encore- s’agissant des conséquences sur la santé des êtres humains.

 

Mieux vaudrait sortir rapidement de ces concepts de concurrence pour avancer vers des systèmes de coopération européenne, avec l’harmonisation des mécanismes de protection sociale et des salaires vers le haut, la mise en place de prix minimums à la production agricole intra-européenne et le lancement d’un processus de discussion populaire pour une transformation de la politique agricole européenne, de telle sorte qu’elle favorise l’agriculture paysanne et la qualité de l’alimentation. Les parlements, comme le gouvernement, devraient prendre la mesure des énormes dangers en cours et réunir une conférence associant agriculteurs, médecins, écologues, consommateurs, élus locaux et nationaux, ingénieurs agronomes pour faire évaluer les conséquences des orientations en cours.

 

C’est l’intérêt de tous, agriculteurs et consommateurs, de changer de modèle et de système. La France a besoin de ses usines comme de ses champs, dans le cadre d’un nouveau projet de développement humain durable.

17 commentaires


RABOTOT Robert 3 février 2015 à 13 h 50 min

Mettre en échec le modèle capitaliste de production, en revenir a une agriculture paysanne, c’est une tâche a laquelle nous devons nous atteler.
Certes l’offensive contre l’agriculture familiale ne date pas d’hier mai des années 1950, a ce sujet je me rappelle d’un livre de Waldek Rocher qui alertait le pays au moment ou des centaines de fermes disparaissaient a la faveur du remembrement. Ne laissons pas l’Europe porter le coup de grâce à notre agriculture.

Le.Ché 4 février 2015 à 14 h 39 min

Tout à fait d’accord avec toi, le problème c’est justement que cette Europe capitaliste est en train de tuer l’agriculture familiale.

jean-claude dorléans 3 février 2015 à 14 h 25 min

Réagir, oui, mais je crains que ce ne soit déjà trop tard. Le progrès et le profit ont fait le nécessaire. On ne va quand même pas revenir en arrière, il faut songer à la compétitivité. Plus vite on avance plus vite on en crèvera…

echard 4 février 2015 à 9 h 37 min

je voulais simplement vous donnait raison je pense qu’il aurait été bon de réagir mais il est trop tard et comment tout les projets qu’ils font sont fait en secret à notre détriment il n’y à rien de plus navrant que de les voirs oeuvrer dans les obédiences secrétes ultra libérale, l’ultra libéralisme de n’importe quel parti qu’il soit est tout ce qu’il y à de plus mauvais, et anticléricales pour réagir il aurait fallu avoir la volonté de croire tout ceux qui avait donner l’alerte bien avant que notre déclin se produise

Christian Moretto 3 février 2015 à 15 h 00 min

Je partage l’excentiel de votre analyse, n’oubliez pas les associations de protection de la nature et de l’humanité. Chaque consommatrice et consommateur a un rôle à jouer en achetant en direct à de vrais paysans, notamment de la Confédération Paysanne, en rejoignant une AMAP, en allant dans des boutiqes responsables comme le Recantou à Toulouse (association de paysans de la conf’, de l’association l’APRES, de la librairie Floury, et l’aide du Conseil Régional). Nous avons un pouvoir, à nous de le défendre et de ne pas le laisser entre les mains des dirigeants des transnationales. Christian Moretto

Stjust 3 février 2015 à 15 h 23 min

Eh bien, après l’industrie, l’agriculture… en attendant la suite ! La France est bien mal partie dans le cadre de cette Europe capitaliste qu’on continue de nous vanter ou plutôt de nous vendre à la télévision à coup de publi-reportages montant en épingle les mini- projets de tel ou tel agriculteur , arboriculteur ou vigneron bio, « financés-par- l’Europe »… »Changer de système » , « changer de modèle », oui mais avec qui ? n’est-ce déjà pas un peu tard, quand on sait que disparaissent à chaque jour des exploitations familiales, se désertifient peu à peu nos campagnes françaises transformées en réserves de chloropylle pour touristes et résidents secondaires; que le principal syndicat agricole, qui tient les Chambres d’agriculture, a soutenu dès l’origine des politiques agricoles communes successives moyennant quelques prébendes et des subventions-vaseline pour faire accepter la ruine programmée de l’agriculture française…le yakafokon a ses limites historiques !

pellizzoni 3 février 2015 à 15 h 36 min

quand j’étais jeune à l’école on nous apprenait que la France se suffisait à elle même, c’est vrai qu’à l’époque il y avait beaucoup de paysans, maintenant il y a beaucoup de fruits et légumes qui viennent d’ailleurs, mais qu’ils n’ont pas la même saveur, chez nous dans le var tous les quelques petits producteurs ont totalement disparus pour laisser place à l’industrialisation ce qui est bien dommage pour les consommateurs ? mais peut on revenir en arrière avec cette mondialisation

breteau jean claude 3 février 2015 à 17 h 00 min

Sur une pleine page,ce jour ,dans Paris Normandie,Véolia vante ses « exploits » au usa .L’entreprise que rien arréte propose de recycler les eaux usées en engrais ,précisant (priére de ne pas rire)<une bonne idée à cultiver< Chacun sait tout ce qui passe dans nos égouts,médicaments ,drogues diverses et variées, un peu de plomb,de mercure ,j'arrete là ,la liste est infinie .il ose tout pour faire du fric .Pourtant Près de chez moi ,véolia encore et toujours a obtenu une DSP pour l'élimination des ordures ménagéres ,faisant de l'usine, a la tonne d'OM la plus chére,Cette. du nord de la France et produisant de l'engrais que les agriculteurs refusent d'utiliser .Cette page de pub est insupportable ,mais montre toute la perversion du systéme pourri que nous subissons .Veolia se moque du droit et des lois ,sa loi c'est le gavage financier .A quand des journalistes indépendants pour enquéter sur cette entreprise mafieuse ,je dispose d'un dossier ,sur ses agissements au détriment des familles .Le trust agi pour obtenir des accords secrets pour liquider les services publics .Vite une autre république libérée de ces racketeurs.

Michel Berdagué 3 février 2015 à 17 h 50 min

Voilà des commentaires offensifs ; oui achetez la nourriture , vin rouge non trafiqué et autres dans les circuits courts privilégiés avec le court circuit militant des mal bouffes chargés des éléments extrêmement dangereux pour la santé issus de l’ industrie privée chimique et transformatrice avec des profits giga. allant dans toutes la spécu. financière : donc boycott de ces poisons à court et long terme dans les super géants de vente . D’ autre part que les travailleurs et travailleuses de la rejoignent le Modef car après la disparition de La Terre

Michel Berdagué 3 février 2015 à 18 h 02 min

…travailleuses de la faucille ….La Terre le monde paysan se retrouve avec la Fnsea qui en effet a participé à cette industrie agricole intensive en favorisant ,par leur choix à ,la disparition des exploitations familiales . Dans les années 1970 tous ces problèmes étaient posés comme le rappelle Patrick , il y a eu des résistance mais en effet , ouvriers/employés /salariés acheteurs et paysans producteurs devraient encore plus être Debout ensemble contre ce capitalisme ravageur . Cet été le Parti communiste comme chaque année a permis une action directe de vente de fruits légumes aux citadins affamés ou se privant de nourriture de saison court-circuitant la machine à profits infernale – encore si les produits étaient bons mais ce n’ est pas le cas ; dangereux et insipide et négociés toujours au détriment du producteur .

alain harrison 3 février 2015 à 20 h 18 min

Bonjour.

La Grèce est en mesure de s’organiser avec un parti de gauche.
Tout dépend de l’agenda politique et de l’implication du peuple.

En Espagne Podémos semble avoir un réseau bien organisé de citoyens politisés.

En France vous votre peopre organisation « les communales ».

Le pouvoir politique avec uns bonne assise citoyenne peut faire la différence.

C’est le politique qui peut se donner ou s’enlever des pouvoirs.

Faites votre agenda politique.
Coller sur la réalité, les solutions concrètes et les alternatives que tous sauront reconnaître et s’approprier.

L’Humain D’Abord ???????

Mettez-y du contenu.

Commencer par ce qui est fondamentale.
Et à partir du fondamantal suivez la logique qu’il indique.
C’est le chemin le plus sûr…
Le questionnement.
Quel signification ont le revenu et le travail?
Qu’est-ce qu’ils impliquent ?
Socialement.
Économiquement.
Politiquement.
Écologiquement.
Pour l’éducation,la santé..
Comment financer…
Une nouvelle économie.
Prenez le temps de considérer les travaux de M. Bernard Friot (Bernard Friot Economiste et sociologue sur le revenu universel)
https://www.youtube.com/watch?v=sIaDmbJ0fTU

Il y a des articles et des vidéos sur la question du revenu.
L’idée est de se donner une vision globale sur l’économie nouvelle à trouver.

Des comités et des satellites citoyens à temps partagés pour développer une nouvelle mentalité.

Sortons de la réaction et passons aux solutions et aux alternatives.

alain harrison 3 février 2015 à 20 h 31 min

Bonjour.

Plus nous aurons une compréhension adéquate du revenu de base et comment il serait financé.

Mais il y a tout le discours manipulateur pour empêcher….
Dans le vidéo ci-haut (commentaire) il y a les arguments (motivations…).

Nous avons le choix, encore se faire avoir ou s’impliquer dans les solutions.

Faire la discussion et la comparaison entre le revenu de base et du salariat est une bonne amordce pour forger la compréhension.

Attention, tous les arguments pleuvent, ainsi se développe la cécité des solutions.

Et la pensée se marre.
Ses sbires font bien leur travail.
Les demis solutions, les demis politiques sont le piège.
Allons-nous, encore et encore tomber dans les pièges des arguments et des opinions induits.
Nous sommes manipulés…
Sommes-nous si bête.
Alors regardez le: plus d’une fois S.V.P.
Rendez-vous service.
Tout se joue autour du revenu et du mode de travail.
Ce sont les déterminants…..de toute société..

https://www.youtube.com/watch?v=sIaDmbJ0fTU

alain harrison 3 février 2015 à 20 h 46 min

Voyez le petit cartoon:

Les patrons sont-ils indispensables.

Quel est la source fondamentale, depuis l’homminisation, qui est la source de tous les malheurs humains par des humains.

L’ultime exploitation.
Cette citation l’indique.

Hermann Göring

Bien entendu, le peuple ne veut pas de guerre. Pourquoi est-ce qu’un pauvre gueux dans une ferme voudrait risquer sa vie dans une guerre dont il ne peut espérer au mieux qu’il en reviendra entier ? Naturellement, le commun de la population ne veut pas de guerre ; ni en Russie, ni en Angleterre, ni en Amérique, ni, en ce qui nous concerne, en Allemagne. C’est bien entendu. Mais, après tout, ce sont les dirigeants d’un pays qui en déterminent les lignes d’action, et ce n’est jamais qu’une question simple que d’entraîner le peuple, que ce soit dans une démocratie, une dictature fasciste, un Parlement, ou une dictature communiste. […] Le peuple peut toujours être converti à la cause des dirigeants. Cela est facile. Tout ce qu’il suffit de faire, c’est de leur dire qu’ils sont attaqués et dénoncer les pacifistes pour leur manque de patriotisme qui expose le pays au danger. Cela marche de la même manière dans tous les pays.

Ceux qui ont ouvert la Boîte de Pandire au Moyen Orient le savait.
OUI NON !!

Et bien liser l’article historique:
Vous m’en direz des nouvelles.

Crimes contre l’humanité : L’ultime retour des barbares

Par Fethi Gharbi

Mondialisation.ca, 06 août 2014

««« En effet, le volk anglo-saxon, dans le cadre de son projet euro-atlantique compte aplanir l’espace allant de l’Europe du nord aux confins de l’Oural. La mondialisation néolibérale a bien besoin d’un espace vital à la hauteur de sa démesure. Tous les volk qui font obstacle seront systématiquement réduits. La tragédie du monde arabe est de se trouver géographiquement et énergétiquement en travers du chemin de cette vaste entreprise de démolition. »»»
««« En juillet 1953 alors que la guerre froide battait son plein, une délégation de musulmans est invitée aux États-Unis. Elle est reçue à la Maison-Blanche par le président Dwight Eisenhower. Celui-ci s’adresse à ses invités en ces termes : «notre foi en Dieu devrait nous donner un objectif commun : la lutte contre le communisme et son athéisme». Saïd Ramadan, gendre et successeur de Hassan Al-Banna, fondateur du mouvement des « frères musulmans » faisait partie de la délégation (7). »»»

http://www.mondialisation.ca/lultime-retour-des-barbares/5394869

Nous sommes sous la coupe d’unn méta-conditionnement.

Le questionnement et la vision globale…

alain harrison 3 février 2015 à 20 h 57 min

Le problème de l’agriculture, de l’industrialisation , du monde du travail, du systéme de la santé, de l’éducation, etc..ont tous un point commun.

Et c’est le politique qui décide.

Est-ce que c’est évident ?

Oui, alors prenons le pouvoir, citoyens.

Le politique qui n’implique pas les citoyens organisés (y a plein d’organisme, d’association, etc )
Mais là, il s’agit de mettre en place des comités et des satellites citoyens par les citoyens.
L’Humain D’Abord et son contenu, là il ne faut pas se tromper.
C’est le déterminant.
Le questionnement.
Qu’est-ce qui est fondamental et détermine toute société.
C’est pas le politique, lui, il bousbille quand il n’est pas à sa place.
Sa place c’est d’obéir et de mettre en place l’agenda citoyen.
Le politique légalise point.
La constitution est le coeur.
Et seul le citoyen qui voit claire a du coeur.
Le coeur c’est de vivre dans un monde vivant.

alain harrison 3 février 2015 à 21 h 00 min

Le politique qui n’implique pas les citoyens, comme maître d’oeuvre, n’est pas démocratique.

Jean Jaurès.

Le Vénézuéla.

La Grèce a l’opportunité, ça dépend de la conscience….

L’Espagne, des milliers de petits groupes…
Pédémos.

Voir Monde Diplomatique janvier 2015

alain harrison 3 février 2015 à 21 h 03 min

Je m’excuse pour les nombreuses fautes D’orthographes.
Un peu pressé…

Bakounine 4 février 2015 à 10 h 52 min

Tout ceci est évidement vrai et cette concurrence n’est » ni libre ni non faussé » contrairement a ce qu’affirme les textes européens.Si l’on veut que l’UE soit bien perçu par les peuples il faut harmoniser les droit sociaux par le haut. A partir de là la libre circulation des salariés ne faussera plus la concurrence
en ne jetant pas ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre les uns contre les autres.

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