Répondre à la crise sociale et politique

le 14 novembre 2013

austérité pas à nous de payer

A force de tourner le dos à ce qu’est la gauche, le Président de la République se trouve dans une terrible impasse. Il entraîne avec lui le pays, poussé chaque jour un peu plus vers la catastrophe. Il y a urgence ! Le pouvoir doit entendre le cri de colère et les souffrances sociales qui s’expriment de partout. Après plus de mille plans de suppressions d’emplois, des dizaines d’autres sont en cours. Avec une telle hécatombe, comment penser qu’on puisse inverser la courbe du chômage ? Et désormais, ce sont nos atouts industriels phares qui sont violemment touchés : l’automobile, l’agroalimentaire, l’électronique… Tous les dispositifs financiers d’aide aux grandes entreprises qui se sont multipliés ces dernières années, se révèlent inefficaces pour l’emploi et l’activité économique. Par contre, il est désormais prouvé qu’ils servent les dividendes des actionnaires et les salaires des dirigeants des grandes entreprises.

 

Le dernier cadeau en date, le crédit « impôt compétitivité » de 20 milliards d’euros, alloué sans la moindre contrepartie, sera financé par les hausses de TVA prévues au 1er janvier qui, à hauteur de plus de  7 milliards d’euros au total, rançonneront chaque famille. Dix milliards proviendront de l’amputation des crédits des services publics, le reste, 3 milliards d’euros résultant de taxes dites « écologiques » comme la fameuse « écotaxe ».

 

Remarquons que ce faisant, le pouvoir actuel reprend les propositions énoncées par la droite il y a deux ans, qui, elles-mêmes, sont issues du bréviaire de la Commission de Bruxelles. Poursuivre dans cette fuite en avant austéritaire aurait un caractère suicidaire. On le voit déjà avec les destructions d’emplois et de capacités industrielles et agricoles. Plus le pouvoir ponctionne les familles populaires, les couches moyennes et les petits entrepreneurs, plus il réduit les services publics et  plus les commissaires politiques bruxellois ainsi que les agences de notation, au service de la haute finance, demandent de nouvelles coupes sombres dans les dépenses sociales et publiques utiles, de nouveaux impôts indirects comme la TVA, des taxes sur les carburants ou l’écotaxe.

 

Il est plus que temps de leur dire :”assez !”, au lieu de leur  faire des courbettes.  Derrière la demande de « sacrifices » pour les familles populaires, se cache le grand transfert de richesses, issues du travail vers le capital. Depuis le début de la mise en œuvre de l’austérité, les finances publiques se sont-elles améliorées ? Absolument pas ! Il est temps de débusquer le mensonge permanent. En appeler au pays pour résister aux requins de la finance qui broient les individus, les jettent au chômage, dans la précarité et la misère devient une œuvre de salubrité publique. Cela permettrait  immédiatement de modifier l’actuel budget de l’Etat en discussion pour renoncer aux hausses de TVA, de ne pas augmenter la fiscalité sur les pensions de retraite pour les familles qui ont eu trois enfants et plus, de supprimer le projet de taxation supplémentaire de la part de l’employeur aux complémentaires santé. L’actuel projet d’écotaxe serait supprimé et  le contrat léonin avec la société privée « Ecomouv » abandonné.

 

Nous ne sommes pas de celles et ceux qui comme à droite et à l’extrême droite remettons en cause le principe de l’impôt. Nous contestons l’injustice fiscale et sociale et appelons à une réforme progressiste des fiscalités*. Nous appelons à un partage juste des richesses et à une nouvelle manière de les produire.

 

Dans l’actuel contexte où, toutes les confusions sont entretenues, où de toute part on s’efforce de brouiller tous les repères, de piétiner toutes les valeurs progressistes, il est indispensable d’agir dans la clarté. Il n’est pas vrai, comme a tenté de le faire croire le Journal du Dimanche qu’il faille faire des économies sur les allocations chômage, mais sur le coût exorbitant du capital qui se rémunère en taux d’intérêt et en dividendes. La gauche sociale, politique, intellectuelle, doit réagir et agir. Agir dans le combat d’idées et dans la rue, dés lors que nos députés ne sont jamais écoutés.

 

En ce sens, les initiatives proposées par Pierre Laurent et la marche proposée le 1er décembre par Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche doivent donner l’élan nécessaire à une intervention populaire unitaire capable de mettre sur les rails l’indispensable réforme globale des fiscalités, pour plus de justice sociale et d’efficacité économique et environnementale. L’autre urgente nécessité consiste à bloquer tous les plans de licenciements et de fermetures d’entreprises en cours. On ne peut laisser notre pays, semaine après semaine, perdre son sang. Il s’agit, dans chaque département, avec le soutien de la puissance publique, de  permettre aux élus, aux syndicats, aux employeurs et cadres d’entreprises, aux représentants des banques et experts indépendants, d’examiner, cas par cas, la situation de chaque entreprise. Ensemble, seront définies les actions utiles pour éviter certains licenciements, aider au redressement des établissements qui peuvent l’être, examiner la transition vers d’autres activités à plus forte valeur ajoutée pour d’autres, combinées avec des mises en formation des salariés qui le souhaitent, des réductions du temps de travail en d’autres endroits, des systèmes de crédits bonifiés par l’Etat pour certains secteurs. Bref, une multitude d’interventions diversifiées, mettant en relation tous les acteurs susceptibles de jouer un rôle positif dans la mobilisation pour l’emploi et le redressement du pays. Ajoutée au vote d’une loi contraignante contre les licenciements boursiers, cette démarche éminemment démocratique, à l’opposé d’une conception administrée de l’économie, permettrait de bloquer enfin le tsunami des suppressions d’emplois et son cortège de drames humains.

 

Certes,  les autorités européennes ne manqueraient pas de réagir. Il ne faut pas en avoir peur. D’une part, la France est un grand pays, fondateur de l’Union européenne sans lequel rien ne peut se construire sur le continent. D’autre part, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Grèce et dans beaucoup d’autres pays les soutiens ne manqueront pas de s’exprimer, signe d’une prise de conscience d’intérêts communs face aux mêmes dégâts produits partout par les mêmes politiques d’austérité.

 

L’heure de la contre-offensive a sonné. Elle seule permettra d’éviter le pire qui pointe déjà, nourri par les colères provoquée par une crise sociale, économique, politique, morale et environnementale d’une rare ampleur.

* voir mon éditorial de la semaine dernière


1 commentaire


Michel Berdagué 14 novembre 2013 à 17 h 20 min

“L’ heure de la contre-offensive a sonné.” D’ une efficacité redoutable , gagnante, normale , pour la justice , l’ offensive du monde du travail et de toute la population, c’ est bon pour le moral car ces pouvoirs politiques qui font allégeance au pire financier pour les finances privées nous atteignent au plus profond : nous ,et très grave nos enfants et petits enfants leur bouchant tout avenir. Avec une mise en action opérationnelle de notre Programme : une Sécurité Sociale de l’ emploi et de la formation avec un Fonds national affecté à ces deux fondamentaux ,l’ emploi et la formation, que nous financerons sans aucun problème : cf le rapport d’ Yves Dimicoli, du 7/11/2013 in “Capital vs Travail” PCF ,qui enlève toute crainte voire peur que nos avancées indispensables seraient irréalistes . Non seulement elles sont réalistes mais urgentes , obligatoires , pour être guéris des saignées folles des Peuples, à privilégier les déjà gavés. Les diafoirus et autres experts formatés du dogme unique n’ ont qu’ aller se faire soigner et avec une amélioration ( ce sera long tant ils sont rigidifiés ) aller en formation utile pour le psychisme et l’ avenir.

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