Demain ? C’est aujourd’hui !

le 26 avril 2020

La rhétorique du « jour d’après » entretenue par le pouvoir n’est qu’un piège ! Obsédé, en dépit des risques pour les travailleurs, par une reprise du travail réclamée par le grand patronat, il prépare l’avenir dès « maintenant ». Et cela a l’allure défraîchie du déjà-vu. En pire ! Le vote du budget rectificatif en aura apporté une première preuve. 20 milliards ont été débloqués en soutien aux grandes entreprises sans aucune conditionnalité en matière de salaires, d’emploi ou de transition environnementale, ni sans aucune remise en cause de la politique fiscale. Le libéralisme qui fait de l’État l’assurance tous risques du capital n’est pas confiné. Le déploiement de l’action des travailleurs ne doit pas l’être non plus.

La rupture aurait consisté dès maintenant à décider d’augmenter les salaires de tous les « premiers de corvée » qui ne peuvent se satisfaire de félicitations et de remerciements. Elle devrait consister à injecter sans attendre au moins une dizaine de milliards d’euros dans le système de santé, tout en déployant une nouvelle politique promouvant une sécurité de toutes les étapes de la vie, depuis la naissance jusqu’à ce qu’on appelle le quatrième âge. Ce qui nécessite encore de renforcer considérablement les bases de la Sécurité sociale élargie depuis la naissance, au travail comme à la dernière période de la vie. Un tel projet doit évidemment inclure une nouvelle politique agricole et alimentaire et une grande détermination politique à préserver la nature. En effet, le réchauffement climatique, avec la fonte des grands glaciers et les attaques contre la biodiversité, prépare la libération ou la prolifération de nouveaux dangereux virus.

La rupture consisterait aussi à s’extraire des chaînes qu’on tente d’accrocher aux pieds des peuples avec ce qu’ils appellent « la dette ». Quand la Banque centrale européenne fabrique tant de monnaie, l’orientation devrait être non pas de parler de « dette », mais bien de financer des projets du futur. Cet argent devrait donc être accessible directement aux États, sans taux d’intérêt, pour financer le développement des services publics, la transition écologique du tissu productif et la construction d’un pôle numérique public européen pour gagner en souveraineté numérique.

Tout euro versé par la puissance publique devrait désormais être conditionné à l’engagement des entreprises à opérer une mutation sociale et environnementale de la production et à donner des pouvoirs nouveaux aux salariés.

La rupture consisterait à cesser ces traités de libre-échange au bénéfice de projets de coopération nouveaux dans tous les domaines, et à stopper la course aux armements pour dégager ces masses énormes d’argent au profit d’œuvres de vie.

La rupture, c’est aussi agir pour changer radicalement les bases du projet européen, en commençant par cesser cet alignement mortifère sur la domination allemande et ses alliés. Un changement de rapport de forces pourrait commencer par rechercher de nouvelles alliances avec les pays du Sud, dont on mesure aujourd’hui le terrible affaiblissement par les choix austéritaires.

Nous n’avons pas l’illusion de croire que le pouvoir s’engagera dans cette voie progressiste malgré les bavardages présidentiels, synonymes d’enfumage. C’est le rapport des forces initié par l’unité populaire qui peut le permettre dans une visée de changement de pouvoir et de société. Les salariés, les citoyens qui font l’expérience de l’auto-organisation et de la solidarité peuvent se donner les moyens de bousculer la donne pour que demain ne ressemble pas à hier. Mais, il faut avoir conscience que ce « demain », cet « après » se préparent maintenant dans un processus de luttes pour des conquêtes sociales, démocratiques, écologiques et pacifiques nouvelles.

3 commentaires


GAMA Jean-Michel 27 avril 2020 à 15 h 22 min

Un exemple de revendication « iconoclaste » pour les tenants de l’idéologie dominante :
« Appel d’anciens du nucléaire – Remettre en service la centrale de Fessenheim »
Cher(e)s camarades,
Dans le domaine de la santé, la pandémie en cours du virus COVID-19 fait apparaître crûment le délabrement de notre système médico-hospitalier, y compris dans ses aspects de production de moyens : les lits de réanimation et pour l’intubation notamment, les instruments d’analyses médicales (ici les tests) qui nous font remonter à la manière dont l’entreprise « Thomson instrumentation médicale » a été traitée par le gouvernement Jospin. Cette situation est le résultat de l’application de politiques néo-libérales par nos gouvernements depuis environ 40 ans : le marché doit tout régler au mieux, flux tendus, zéro stock, privatisation des secteurs du service public rentables financièrement, réduction du nombre des établissements (locaux équipés et matériels), réduction des effectifs des différentes catégories de personnels, réduction des efforts de recherche et de formation professionnelle, etc …
Cette politique a déjà mis notre système de santé en grandes difficultés pour répondre aux besoins des usagers en période normale. Actuellement, il est dans l’incapacité de faire face à l’augmentation de ces besoins due à la période de crise sanitaire créée par la pandémie.
Nos gouvernants successifs ont persévéré dans l’application de cette doctrine néo-libérale en dépit des avertissements des organisations professionnelles et syndicales des différentes catégories des personnels de santé, de leurs protestations et de leurs grèves, en dépit des avis donnés par les institutions scientifiques (académies de médecine, des sciences, des technologies, …).
Dans le domaine de l’électricité, de la production à la distribution aux usagers domestiques et industriels, la même politique néo-libérale est appliquée par nos gouvernements successifs sous le direction de l’Union Européenne. Là aussi, les professionnels du secteur avertissent, protestent, manifestent, depuis des années. De plus, récemment, les responsables du réseau de transport de l’électricité (RTE) ont annoncé que l’approvisionnement en électricité du pays pourrait être insuffisant pendant les prochains hivers. Cela interroge : étant donné l’importance et la diversité des usages de l’électricité dans notre société actuelle, quelles seront les conséquences si des difficultés inattendues surviennent au cours de ces périodes hivernales où le système de fourniture d’électricité sera déjà à la peine pour faire face aux besoins ? En effet, avec la loi LTE on continue à diminuer les moyens pilotables de notre production d’électricité vis-à-vis d’une demande qui ne peut pas décroître si l’on veut électrifier les transports, relancer l’emploi ..
Ces constats sont à l’origine de l’Appel que nous lançons intitulé « Appel d’anciens du nucléaire – Remettre en service la centrale de Fessenheim » , évidemment en respectant les demandes de l’autorité de Sûreté Nucléaire, avec l’objectif de participer au maintien d’une capacité de production pilotable, capable de subvenir aux besoins du pays, par exemple dans le cas de conditions climatiques hivernales prolongées où la production des capacités intermittentes aléatoires (éolien, photovoltaïque, …) peut être quasi nulle.
Cette revendication peut sembler « iconoclaste » à ceux qui sont d’accord avec l’idéologie politique dominante du néo-libéralisme et à ceux qui sont acculés à la résignation par la domination politico-médiatique de cette idéologie. Mais, nous proposons cette revendication, justifiée aux points de vue économique, social et environnemental, pour créer un choc psychologique salutaire en vue de commencer à redresser la situation dégradée actuelle. Et parce qu’après pratiquement 8 années de promesses, l’alternative au plan économique et en terme d’emplois n’existe toujours pas pour la région de Fessenheim
Avec nos meilleures salutations syndicales, en espérant que cet Appel trouvera un écho dans nos syndicats CGT.
Comme il en va aussi de l’avenir de notre pays dans la crise économique qui se profile nous vous serions obligés de bien vouloir nous répondre.
Le 11 avril 2020, Jean-Michel GAMA
Nota Il est à remarquer que les signataires de cet Appel couvrent à peu près tous les domaines qui concernent les réacteurs nucléaires : conception, études de projet, réalisation, conduite, gestion des déchets, sûreté, réseau électrique .. Et que beaucoup ont une vue d’expert sur les questions relatives à l’énergie.

alain harrison 30 avril 2020 à 6 h 00 min

Bonjour.

«« Mais, il faut avoir conscience que ce « demain », cet « après » se préparent maintenant dans un processus de luttes pour des conquêtes sociales, démocratiques, écologiques et pacifiques nouvelles. »»

processus de luttes pour des conquêtes ?

Ces luttes ont déjà eu lieu, et qu’en a-t-on appris ?

Einstein:

Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu’il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau.

Refaire la bonne révolution à l’ancienne avec les coups bas historiques (URSS _ Khroutchev*) et récents (Tsipras et les tergiversation sur les 4 sorties).

Ou bien, retrouver une figure symbolique, mais bien plus:

Pour Jean Jaurès, la révolution socialiste n’est concevable que dans le cadre de la légalité démocratique, c’est-à-dire par une conquête graduelle et légale par le prolétariat des institutions parlementaires et de la puissance de la production.

Mais vaut mieux tourner autour du pot, et ne pas se mouiller ?

Le Peuple Venezuelien avec l’arrivé de Chavez, puis Maduro réalise le nouveau paradigme révolutionnaire. Vous aveugle ou quoi ?
La question: quand le fou de Trump va donner l’ordre ?

Autre chose qui rend la gauche coupable de « silence ».

Pour réagir et répondre à l’appel du professeur Grimaldi, il faut commencer par sortir de l’UE et de l’euro !

Le professeur Grimaldi lance un appel à ce que les services publics soient inscrits dans la Constitution. Certes.
On objectera que de fait ils y sont déjà, la constitution de la Ve Republique incluant le préambule de la constitution de 1946 qui prescrit déjà :

” Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. “

Oui il faut donc réagir et faire appliquer ce point, sans plus se taire et faire silence sur cette revendication.
Initiative-communiste

La Constituante Citoyenne.
Mais, d’abord la préparé en chevauchement du parti de la transition. Et donné force de loi démocratique au Droit Démocratique. La véritable souveraineté revient au Peuple en Union pour la Constituante Citoyenne et le parti de transition, les deux piliers.
Dans le programme de la course électorale. C’est maintenant.

* 18 avril 2020
Après le COVID-19 devrions-nous nationaliser ou collectiviser ?
Jimmy DALLEEDOO

«« Dans les années 1930, en Union Soviétique, plus de 99% des moyens de production industrielle avaient été nationalisés. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les produits du travail appartenaient à tous les membres de la société et non à une classe possédante, une bande de voleurs. Le chômage fut liquidé en 1928, mais elle sera réintroduite après la contre-révolution impulsée par Khroutchev.»»
legrandsoir

alain harrison 30 avril 2020 à 6 h 17 min

La gauche n’aura jamais connu un tel momentum pour promouvoir la Constituante Citoyenne en tandem avec le Parti de Transition prônant: Peuple Souverain, Droit Démocratique, État Démocratique,….. Discours, slogan, PUB, propagande, etc., pour inviter le Peuple à s’organiser pour être le maître d’oeuvre.

Comment court-circuiter la récupération, la déviation, la corruption, la démonisation et la violence contre la Constituante Citoyenne qui ne manqueront pas ?

Ha oui, une enquête sur le covi19 ?

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