Chassez ce réfugié … que je ne saurais voir

le 28 février 2018

"Désormais, la focale n’est plus placée sur les conditions d’accueil et leur respect au regard des conventions internationales, mais sur les procédures d’expulsion et de contrôle. "

Les éléments de langage ressassés par le pouvoir macroniste ne feront pas illusion longtemps. Non, le projet de loi sur l’asile et l’immigration dévoilé la semaine dernière n’a rien d’« équilibré ». Il marque une rupture avec la tradition française en matière d’accueil, déjà bien écornée par les lois successives votées ces trois dernières décennies, ne conservant pour la bonne conscience qu’un droit d’asile restreint. Ce texte est d’ailleurs entre les mains exclusives du ministère de l’Intérieur, manière de signifier que l’asile comme le défi migratoire relèveraient uniquement d’une affaire d’ordre et de police.

Désormais, la focale n’est plus placée sur les conditions d’accueil et leur respect au regard des conventions internationales, mais sur les procédures d’expulsion et de contrôle. Le seul ressort vise à dissuader les réfugiés-exilés de déposer en France une demande d’asile. Une manière de se laver les mains d’une responsabilité morale et politique de l’Etat français face à une affreuse réalité mondiale qui pousse sur les dangereux chemins de l’exil des millions d’individus. Cette cécité volontaire et coupable se traduit par ce projet de loi anachronique qui ferme les yeux sur les violences de la mondialisation capitaliste qui traite les marchandises avec plus de dignité que les vies humaines.

Ainsi, le délai octroyé pour déposer une demande d’asile passe de 120 à 90 jours, délai au-delà duquel le demandeur d’asile tombe hors des filets de protection, sans possibilité de bénéficier d’un hébergement d’urgence ou de la moindre allocation. Or chacun sait le temps, le courage et l’abnégation qu’il faut pour déposer une demande d’asile lorsqu’on ne maitrise ni la langue ni les codes pour affronter les rouages de l’administration. Dans la même logique, le gouvernement annonce un recours aux technologies numériques (SMS, courriels) pour assurer le suivi des demandes alors que les réfugiés n’y ont, pour l’immense majorité d’entre eux, aucun accès. Le délai d’appel des décisions administratives concernant l’asile est aujourd’hui d’un mois. Le texte de M. Collomb le divise par deux, ce qui rend pratiquement impossible la rédaction du recours et la compilation des documents requis. Une manière d’opérer un tri social dans l’asile…

Le projet de loi amplifie également les mesures répressives à l’égard des réfugiés. En poussant à 135 jours le temps de placement en rétention, contre 40 aujourd’hui, sous prétexte d’un temps plus long pour obtenir les visas consulaires des pays d’origine, l’enfermement des réfugiés déboutés risque de devenir la norme, avec son lot de souffrances humaines.

Bref tout concourt dans ce texte à dissuader les exilés de passer par la France et à semer d’embuches leur parcours sur les routes de l’exil. Déjà la sous-traitance de l’accueil aux forces de police, notamment à la frontière italienne, signalait un important glissement vers un régime de contrôle accru au détriment de la dignité de l’exilé, éprouvé par un long et souvent terrifiant voyage. Par le truchement de ces mesures empilées, le gouvernement cherche à contourner les nombreuses et très compétentes associations, moquées et décriées par M. Macron lors de son déplacement à Calais, qui insistent sur leur rôle pour ce qui concerne le premier accueil. Ce projet de loi rendra encore plus dangereuse la migration d’hommes, de femmes et d’enfants qui risquent leur vie, sans pour autant tarir ces irrépressibles mouvements tant que leurs causes restent intactes.

Sur un enjeu si  crucial pour l’avenir de notre humanité, le pouvoir rompt désormais les digues en donnant des gages à une droite et à son extrême qui privilégient les postures dans une surenchère permanente.

Or, cette fuite en avant empêche de penser le phénomène migratoire dans toute sa complexité et d’y apporter les réponses conformes aux droits attachés à la personne humaine. C’est un signe des temps que la question de la régularisation, celle des dizaines de milliers de personnes en situation irrégulière sur le territoire français, soit aujourd’hui absente des débats, au grand plaisir d’un patronat avide d’inégalités sociales et juridiques pour s’assurer une main d’œuvre bon marché.

Tout concourt à céder aux pressions xénophobes qui s’exercent sur le continent européen et qui prennent appui sur les iniques règlements de Dublin qui répondent du théorème de « la patate chaude » mais empêchent de faire face au défi moral et politique de l’enjeu migratoire. C’est la lâcheté des gouvernements et leurs renoncements qui permettent la surenchère nationaliste. L’Union européenne a des marges de manœuvre pour permettre à notre continent de se hisser à hauteur d’un enjeu civilisationnel en créant les ponts nécessaires entre les peuples du monde en proie aux guerres, aux misères et de plus en plus au réchauffement climatique. Les mouvements entamés des associations, des syndicats, d’élus progressistes et des créateurs et intellectuels peuvent faire vivre la solidarité.

Nb : à votre disposition dans quelques jours le nouveau livre de Patrick Le Hyaric « Pour une Europe solidaire avec les réfugiés.. ET NOS FRERES POURTANT…. »

8 commentaires


Moreau 1 mars 2018 à 0 h 36 min

Le nationalisme est un fléau tout au long de l’histoire, c’est une pépinière d’extrémismes dont on en retrouve dans tous les partis de la classe politique ; cette pépinière d’extrémisme constituant la dictature du vingt et unième siècle différentes des dictatures du vingtième siècle en Europe mais plus redoutable encore en raison de la course aux armements, du réchauffement climatique…
Il ne faut pas dissocier les extrémismes de la xénophobie et les autres extrémismes, alors les partis politiques sont tous responsables et coupables, d’où l’abstention, s’il y a tant d’abstention, c’est qu’il y a beaucoup de personnes frappés par les extrémismes, pas seulement les personnes immigrés, la ségrégation ultrabourgeoises frappe toutes les personnes qui ne sont pas fan de l’utlrabourgeoisie. C’est la nasse ; si aucun parti ne devient républicain universaliste pour servir toutes les personnes de la population, ça va mal finir même en Europe ; l’Union Européenne n’a plus d’avenir avec la classe politique dont le Peuple français laissant une possibilité de réussir à un mouvement inédit, ne veut plus.
Seul un grand mouvement politique républicain spécifique se consacrant à sa bonne politique spécifique en éliminant rapidement si ce n’est pas spontanément tout mauvais point de sa politique ; pour la meilleur vie de tous les êtres humains dès la petite enfance, pourrait sauver l’Union Européenne qui risque de plus en plus l’effondrement et la France ne sera pas épargnée ; et participer à l’Humanité sauveur suprême du monde en péril.
Il est souhaitable que le mauvais communisme disparaisse pour le bon communisme.

Moreau 1 mars 2018 à 10 h 37 min

oute alternance politique quelle qu’elle soit sera négative aussi longtemps qu’il n’y aura pas zéro extrémisme. C’est l’ensemble des extrémismes qu’il faut vaincre.
La lutte pour vaincre le fléau du racisme a échoué partout en Europe, parce que pour vaincre ce fléau, il fallait travailler pour faire disparaître tous les extrémismes, aucun parti politique ne l’a fait, sans quoi il n’y aurai pas une abstention électorale quasi générale dans le pays. Il fallait avoir comme objectif : zéro extrémisme. Et non la tolérance zéro qui sans travailler contre tous les extrémismes est un fléau au nombre des extrémismes, ce qui donne un régime politique pour les riches, quel qu’il soit ; comme nous le voyons bien notamment selon l’évolution aux Etats-Unis d’Amérique. Un extrémisme en cache souvent d’autres et sans travail pour faire disparaître l’ensemble des extrémismes, c’est l’échec de toutes les efforts pour vaincre tous les fléaux dont le racisme.
Il fallait ce progrès politique sans atteinte aux droits de l’Homme que nous n’avons toujours pas en Europe. Il incombe à une majorité ainsi qu’à une opposition républicaines authentique de l’apporter car elles n’ont légitimité qu’en servant toutes les personnes de la population. Il n’y a pas de progrès général réel sans un tel progrès politique nécessaire et indispensable d’année en année, de décennie en décennie. Il n’y a qu’un pays matérialiste extrémiste et un régime pour les riches trop riches et les nantis trop nantis, régime utltrabourgeois bourreau et assassin selon la définition des mots « déshumanisés » et « brbares » dont les violences et les crimes sont perpétrés à la perfection car ils sont irréparables.
Aucun conquérant politique n’avait et n’a le droit de dire : « On s’attaque à ce problème là et à tel ou tel autre, et dans cinq ans, on verra ce qu’on fera de plus ; cette démagogie, ça ne marche jamais, qu’elle soit politiquement correcte voire très médiatique ou populiste. Ce sont toujours les mêmes victimes qui souffrent de la démagogie qui est une science d’irresponsables et de coupables.
L’abstention électorale signifie bien : « Non à tous les extrémistes politiques de la majorité ainsi que de l’opposition.

Moreau 1 mars 2018 à 11 h 17 min

Je pense qu’il faut défendre la valeur Loi au regard des Droits de l’Homme en Europe et qu’il est urgent de faire la desextrémisation de lois faites avec des extrémismes dans le passé, ainsi que de tout nouveau projet de loi ; anéantir l’extrémisme demande d’anéantir l’ensemble des extrémismes en commençant par anéantir les extrémismes présents dans des lois.
Je ne vois pas possible autrement que les abstentionnistes retrouvent assez de confiance ; l’abstention ne veut pas faire le jeu de la classe politique qui n’est pas digne du Peuple, des Peuples.
Il n’y a pas un pays d’abord, un pays après, et ceatera, tous les Peuples peuvent et doivent vivre fraternels, la république universelle est indivisible. Pacifisme et désarmement Liberté Egalité.

chb 4 mars 2018 à 10 h 10 min

Moreau, est-ce que vous ne vous sentez pas intransigeant, voire un petit peu extrême, en voulant anéantir les extrémismes ? Quand LFI et le PC sont catalogués « extrême gauche » à l’Assemblée et donc disqualifiés, du coup on fait bien le jeu de l’extrême centre maqueronien, et de l’oligarchie politico financière.
Je devine que vous tentez d’éviter la destruction qui vient, cette issue crisique récurrente du capitalisme : la guerre ! Cette catastrophe absolue, qui selon tant de Cassandre nous pend au nez ici même, n’est mentionnée qu’en passant par P. Le Hyaric. Pourtant, c’est souvent la guerre (économique ou traditionnelle) qui pousse tant de gens à fuir leur contrée de naissance… Et là, on ne peut occulter que la classe politique occidentale a une grosse responsabilité dans les malheurs de l’Afrique, du Moyen Orient, de l’Amérique latine etc. Ainsi je tiens pour extrémistes les diabolisations de la Corée du Nord, de la Russie, et bien sûr de la Syrie contre laquelle nos gouvernements complotent odieusement (comme l’Huma Dimanche l’a récemment dévoilé).
Extrémiste aussi, bien sûr, l’arsenal législatif inique que prépare Collomb. Sous-prolétariat, classe superflue et indésirable, l’immigration est le bouc émissaire parfait pour occuper les autochtones par ailleurs plumés par l’oligarchie. Face à ce phénomène, l’extrême gauche a du boulot pour trouver une crédibilité, tracer un avenir, donner confiance. Et pour gagner le pouvoir, pour assurer aux masses une vie meilleure, pour assurer la survie de l’homme tout simplement.

Moreau 4 mars 2018 à 11 h 41 min

Ce qui est extrême, c’est tout pays qui est tout et le contraire de tout. L’Abstention n’a rien d’extrême, mais elle a des raisons fondées excellentes. Aucune classe politique n’a le monopole du coeur et l’enfer a toujours été pavé de bonnes intentions, il ne faut jamais pratiquer l’exclusion. L’Abstention est à mon avis une Réaction à l’exclusion, et dans 60% d’abstention combien de Françaises et de Français exclus ? A question précise, réponse précise, svp. Les Cassandre sont les Puissants responsables et coupables de la course aux armements et de ses conséquences. Le racisme est un fléau parmi de nombreux fléaux, et il n’est possible de vaincre un fléau qu’avec un progrès pôlitique de nature à vaincre tous les autres fléaux en même temps. Lo’bjectif Tolérance zéro sans l’objectif Extrémisme zéro est une faute très grave contre l’Humanité. Telle est la vérité qui construit l’Homme et qui figurent seulement dans les mots de l’abstention électorale. L’abstention bien fondée ne diabolise aucun peuple puisqu’elle dit simplement et seulement Non à tous les partis politiques en raison de leurs extrémismes respectifs puisque pour toute Tolérance Zéro, il faut Extrémisme Zéro.
Il y a des extrémismes malheureusement dans le macronisme alors que monsieur Macron promettait qu’il n’y en aurait pas, et je suis contre, je suis contre tous les extrémismes d’où qu’ils viennent. Ce n’est pas de l’intransigeance, c’est du vrai pacifisme, du vrai humanisme, de la vraie écologie ; c’est tout ce qui est vrai.

Moreau 4 mars 2018 à 11 h 56 min

Camarades des Abstentionnistes, les Partis sont rejetés mais ils ont trompé tout le monde souvent, il faut avoir l’exigence de zéro extrémisme, il faut avoir l’exigence de la paix gratuite, les Hommes qui n’ont pas cette noble intransigeance renient la petite enfance qui n’a envie que de la meilleure vie.
Les marchands de vie meilleure sont les faiseurs des malheurs.
Quand nous pensons que les Partis rabâchent Tolérance Zéro alors qu’il y a des extrémismes jusque dans des lois sans jamais avoir porté le cri : Zéro extrémisme !
Le communisme répubicain universel ; c’est : Zéro extrémisme, chacun doit pouvoir y lire que toute loi comportant de l’extrémisme sera désextrémisée.

Moreau 4 mars 2018 à 12 h 08 min

Il y a hélas des extrémismes dans tous les partis politiques, et donc l’Abstention est la seule pensée qui s’oppose au nationalo-capitalisme en disant Non à l’extrême droite comme aux autres partis. Le communisme républicain universel étant Zéro extrémisme, la réserve de voix est dans la proportion de l’abstention. La classe politique a commencé à se pulvériser, ce n’est pas fini, mais quelles conséquences et comment les pays vont faire ? La seule certitude est que des Peuples ne veulent plus des charlatanismes. Le Peuple français veut le meilleur ou rien. C’est dans les résultats français de 2017. La France, c’est Non à tous les extrémismes de droite, de gauche, et d’ailleurs. L’exigence de Zéro extrémisme, c’est l’exigence de la Terre sans la moindre dictature ! Abstention rime avec Révolution sans extrémismes !

86cives228 5 avril 2018 à 13 h 13 min

Que doit-on retenir du projet de loi « Asile et immigration » actuellement en discussion en commission au Parlement ?Un ensemble de dispositions administratives(raccourcissement du délai de recours et suppression de son caractère suspensif)multiplient les difficultés d’accès au droit d’asile.Il s’agit clairement de multiplier les déboutés du droit d’asile et de faciliter leur expulsion.Le gouvernement français actuel entend restreindre plus encore le droit d’asile à celles et ceux qui pourraient en être bénéficiaires malgré le droit français (constitution)et international (convention de 1951 et le protocole de 1967 notamment).Selon M.le ministre de l’Intérieur il convient de faire face à ce qu’il appelle une « submersion »,une « invasion ».Rappelons à M.Coullomb que 32 000 personnes ont bénéficié du droit d’asile en France en 2017:il paraît difficile de parler d’ « invasion » dans ces conditions.Pourtant 32 000 bénéficiaires du droit d’asile c’est encore trop,il convient donc de réduire ce chiffre.Dans le même temps le gouvernement français entend faire croire que la France serait un pays appliquant une politique « humaniste et ferme ».C’est une supercherie car tout contredit ce qui est affirmé en boucle.Pour s’en convaincre il suffit de s’intéresser à la récente crise diplomatique franco-italienne (minimisée et tue en France) :la politique française en matière de gestion des flux migratoires est devenue agressive et inhumaine bien loin de la réalité désormais obsolète d’une France terre d’asile.M.Coullomb devra admettre que sa politique ne fait que renforcer la peur du migrant et rend le travail des juges et des avocats plus difficile encore.M.Coullomb c’est le « grand n’importe quoi ».

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