Cultivons le « tous ensemble »

le 29 mars 2018

Ça craque de partout ! Aucun comptage gouvernemental de manifestants, aucun sondage ne rend réellement compte du haut niveau d’exaspération, de colères souvent rentrées qui parcourt, taraude, bout dans le pays. Des EHPAD aux universités, des hôpitaux aux retraités, des enseignants aux salariés du commerce, des agents des services publics aux cheminots comme à ceux de groupes de la téléphonie, ou des travailleurs « ubérisés » et précarisés, des millions de salariés du public comme du privé ne supportent plus le sort qui leur est fait pendant que les profits et le service aux actionnaires battent des records.

Après les contre-réformes du droit du travail , les attaques contre les chômeurs, la diète imposée aux collectivités locales voici qu’avec le dépeçage envisagé de la SNCF ou la casse du service public hospitalier, le sentiment croît que c’est tout un monde social qui est en train d’être méthodiquement détruit au détriment de chacune et chacun, dans sa vie professionnelle comme privée. C’est l’intérêt général humain et environnemental qui est en cause.

Pour atteindre ses scélérats objectifs, le pouvoir et surtout ceux qu’il sert comptent sur l’éparpillement, la division de celles et ceux qui s’épuisent au travail s’acharnant avec de puissants moyens de les détourner des causes et responsables de leurs difficultés. Il tente d’accréditer l’idée que les droits sociaux sont des privilèges alors qu’ils sont facteurs d’efficacité sociale et économique. Les vrais privilégiés ont été délivrés de l’ISF et le capital toujours plus exonéré de ses devoirs envers la collectivité.

Ce sont tous les principes qui présidaient à notre vie sociale, des services publics à l’aménagement du territoire en passant par notre droit d’asile, qui sont bazardés comme de vulgaires entorses au déploiement illimité du profit capitaliste et au maintien de ses structures de domination.

Ceci n’a rien à voir avec le statu-quo. Vouloir pousser la République sociale plus loin, c’est au contraire répondre aux enjeux proprement révolutionnaires qu’appelle l’ébranlement du capitalisme financier et mondialisé.

Ainsi, les questions en débat autour de la SNCF réclament un saut politique qualitatif pour affronter les défis liés à la sécurité, l’environnement, l’irrigation et la vie des territoires. Est aussi en question la coopération avec les autres pays européens en développant notamment le transport du fret par rail. Le traitement de la dette de la SNCF réclame une autre implication des banques jusqu’à la Banque centrale européenne qui brûle chaque jour d’énormes masses monétaires qui pourraient servir à créer du mieux vivre contre la spéculation financière. Le problème de notre entreprise ferroviaire n’est pas le cheminot mais le coût du capital qui étrangle l’entreprise. Le « statut » des cheminots, loin d’être un « privilège », pourrait être un outil de base pour inventer « un statut » garantissant une sécurité dans le travail, la formation, le logement pour toutes et tous.

Il convient tout à la fois de prendre la mesure de l’onde de choc qui se propage au fur et à mur que s’affaisse la civilisation sociale  et le besoin d’aider à développer des actions d’intérêts communs, solidaires, unitaires contre les coups de boutoir du capitalisme agressif qui s’attaque aux besoins humains fondamentaux et aux structures sociales élémentaires : hôpitaux, écoles, réseaux de transports, collectivités locales, sans parler de notre environnement sacrifié et dont on aperçoit désormais chaque semaine le niveau effroyable de dégradation. De ce point de vue l’unité syndicale est une bonne nouvelle. La déclaration commune des forces de gauche et écologistes aussi.

Mettre en échec les choix macronistes suppose d’ouvrir un nouveau champ pour permettre aux forces sociales de s’emparer des grands enjeux en cause par le débat, l’action et l’élaboration de propositions communes pour le progrès social, écologique et démocratique.

Le printemps social qui, à la suite des mobilisations syndicales,  peut éclore du sentiment général d’humiliation et de déconsidération serait l’occasion pour les milieux populaires, le monde du travail, la France ouvrière, celle des quartiers populaires méprisée et rendue invisible par le chômage de masse et les discriminations, de s’affirmer comme acteurs et solutions à la crise multiforme. La conflictualité qui s’aiguise entre toutes les chaines de production et de travail, de l’ouvrier au cadre déshumanisé, et les exigences de plus en plus folles du capital, peut conduire à la construction d’un large front de contestation et de propositions. Le tourbillon qui s’est emparé du secteur de la distribution, malmené par les géants transnationaux du digital et rendant salariés, caissières ou magasiniers, variables d’ajustement d’un secteur en pleine restructuration, témoigne de cette « croisée des chemins ». La manifestation des salariés de Carrefour le 31 mars sera une nouvelle étape sur le front de la contestation globale de ce monde à visage hideux.

Qu’aucune, qu’aucun ouvrier, cadre, créateur, retraité, paysan, infirmier, médecin, enseignant, privé d’emploi ne se sente seul, tous ensemble conscients qu’avec leurs causes communes contre l’actuel ordre social, ils constituent la force pour un autre avenir.  A nous de combattre les isolements en donnant vie à la politique du lien, à l’unité populaire.

8 commentaires


Moreau 29 mars 2018 à 23 h 13 min

République sociale sont les mots vrais et juste à condition d’avoir un horizon commun et l’horizon commun est l’horizon de la France dans l’Union Européenne et la France est fondatrice de l’Union Européenne et elle n’a pas le droit de trahir l’Union Européenne.
République sociale comme définie par la fin de l’article « Cultivons le tous ensemble » : »Qu’aucune, qu’aucun ouvrier, cadre, créateur, retraité, paysan, infirmier, médecin, enseignant, privé d’emploi ne se sente seul, tous ensemble conscients qu’avec leurs causes communes contre l’actuel ordre social, ils constituent la force pour un autre avenir. A nous de combattre les isolements en donnant vie à la politique du lien, à l’unité populaire. »
L’actuel ordre social, c’est lequel, c’est celui de tous les sectarismes politiques, d’où l’abstention dans un pays comme la France ou comme l’Italie où la présidence et la gouvernance forment une sorte de secte des sectes politiques. C’est une dictature qui piège inhumainement des vies, les gens n’ont plus la liberté de réaliser l’itinéraire qu’est leur vie. Il doivent rester là où les sectes politiques dominantes les a fait être au mépris des vraies vies. Tant que c’est un tant soit peu en lien avec les rêves humains ça passe encore, quand vivre est empêché ; la domination subie est très grave maltraitance faite de l’impossibilité de vivre selon la liberté, d’autres impossibilités qui font une solitude implacable, qui font la vie qui se perd, qui font la vie perdue.
Pour qu’il puisse y avoir de nouveau un lien vrai entre les gens et les hommes politiques, il faut une république refondée à partir de la refondation de la Démocratie entière, une république sociale avec l’économie et le social, l’associatif et le social, les services publics nécessaires et indispensables ; une république du vingt et unième siècle dont la constitution rend impossible les phénomènes politiques sectaires qui sont en train de détruire la vie des Peuples de l’Union Européenne comme en France et en Italie ; et en Allemagne, ce n’est pas mieux.
Les phénomènes sectaires politiques dont la classe politique se révèle grande spécialiste constitue tout un divisif qui envahit, asphysie, maltraite, empoisonne la vie des gens.
Si le communisme français avait été enfin républicain démocratique laïque universaliste depuis que sa transformation est par lui promise et ça fait des lustres, la France, l’Italie, l’Allemagne ; et d’autres pays n’en serait pas là. Telle est la vérité qui construit l’homme, il faut pour qu’une population puisse vivre en société un horizon commun, la classe politique n’avait pas le droit de diviser le Peuple avec un horizon européen et un isolationnisme antagonistes alors que rien ne justifiait réellement de le faire si ce n’est je ne sais quelle ruée vers l’argent.
La dispersion et le sectarisme de la classe politique entre 300 et 500 partis, est une désertion générale du vrai travail de la politique, je suis désolé.
Et Benoît Hamon a raison sur un point : il faut penser à toutes les générations. Il faut penser à tout le monde en pensant aussi aux petits entrepreneurs : les amis de nos amis sont nos amis ; c’est triste qu’il faille rappeler cet adage de la bonté en 2018.
Il y a un sacré chantier politique en France et dans d’autre pays de l’Union Européenne, à cause de tous les partis qui n’ont pas pensé à l’Humain d’abord ! Et l’Humain d’abord le rend bien à la classe politique pas digne de sa confiance en s’abstenant !
Le pays profond dit pareil en 2018 qu’en 2017 ! Le communisme français en manquant à sa promesse de devenir le communisme du vingt et unième siècle a mis la France et l’Union Européenne dans cette situation qui peut très mal finir, les gens ne trouvant plus d’alternative crédible pour voter pour élire ; la social-démocratie étant devenue une social-démocratie extrémiste sur fond de libéralisme violent et tout dans la classe politique étant trop sectaire pour les personnes sensibles ou/et fatiguées…

Moreau 30 mars 2018 à 12 h 35 min

République sociale : la renaissance de la république sociale ne peut se réaliser qu’en refondant la république indivisible qui n’existe plus, la cinquième république est entièrement divisée, ne laissant que ses vestiges et compte un nombre fou de partis (entre 300 et 500 partis !).

Par refondation de la République, il faut bien savoir qu’il s’agit de la refondation de l’indivisibilité de la république et pour celle-ci il faut entre 1 et 4 partis pour entre une et quatre politique spécifique pouvant permettre à toutes les personnes de réaliser leur vie, pas plus, correspondant à des grandes politiques spécifiques, tout cela entrant dans le nouveau texte de la constitution ; qu’il s’agit aussi de refondation de la république sociale à partir de la refondation de la république indivisible garante du seul dépassement possible du capitalisme voire de l’équilibre politique qui fait l’indivisibilité.

Il y a bien cet ordre à suivre pour un social digne de ce nom qui n’a rien à voir avec la social démocratie extrémiste et sa dictature du vingt et unième siècle.

bernard LOCHE 31 mars 2018 à 9 h 54 min

RASSEMBLEMENT !!
En 1948 les services publics à la française s’accompagnaient de nationalisations et préfiguraient l’appropriation par un Etat socialiste de l’ensemble de la production privée. Sauf que la transposition socialiste de la division fordiste du travail n’a pas fonctionné. Il s’agissait toujours d’une subordination de l’individu a une machine à une organisation dominatrice quel soit socialiste ou capitaliste avec son lot de riches ou d’apparatchiks. Pour que les luttes débouchent sur des mouvements majoritaires il faut faire ce bilan et proposer une autre société ou l’individu prenne enfin sa place. Le Service Public aujourd’hui ne doit plus être une enclave socialiste à l’intérieur du libéralisme mais le passage enfin réalisé sous une forme complétement décentralisée de ce qui était recherché dans les nationalisations centralisée au niveau de l’état. Le passage à une Gestion directe de toute production et de tout service par les salariés qui peuvent aujourd’hui s’approprier de fait entreprise par entreprise, en répartissant le capital, une influence déterminante dans la GESTION. Mettre enfin par chacun et donc pour chacun les machines et les organisations au service de la progression continue du savoir et de la liberté de choix de chaque individu. Et là existe une vraie puissance de rassemblement déjà existante en creux dans chaque entreprise contre la dictature des actionnaires mondialisés. Nous ne sommes plus en 1948 ni même en 1968 la mondialisation est passé par là et la révolution numérique on ne se défend plus on attaque l’argent à la racine et surtout on débloque la mécanique de crise qui accumule les machines et les robots contre l’emploi aux dépends de la production de valeurs durables. La question n’est plus du Partage de la crise de productivité mais de la naissance d’une productivité saine.

beauchaud 31 mars 2018 à 16 h 25 min

merci

Moreau 31 mars 2018 à 20 h 14 min

Je trouve intéressant ce que dit monsieur LOCHE tant il est vrai que la politique de l’offre a été, est, extrêmement néfaste ; diabolique pour dire vrai !

La société est à changer, c’est entièrement vrai. Mais ce qu’il faut réussir en premier, c’est la refondation de la République, parce que pour changer la société, il faut la république authentique universaliste, c’est la seule qui pourra être stable. On ne peut pas réussir le changement de la société sur la base textes qui nous laisse sans république sauf une apparence, des vestiges.

Je pense que les communistes pour que tout le commun puisse trouver sa place tout en élaborant des programmes valable propice au rassemblement ; doivent réfléchir en étudiant pour des entreprises d’envergure à petits profits car il en faut un peu, le statut de fondation entreprise sous loi 1901, ce que n’ont jamais fait les socialistes, et c’est une très grave omission de leur part.
Il faut les services publics nécessaires et indispensable quand c’est possible et réalisable mais il faut aussi des fondations entreprises sous loi 1901.
Les choses de première nécessité au vingt et unième siècle sont plus nombreuses, il faut qu’elles soient inventées, fabriquées dans une très bonne qualité, distribuées pour tous, et il faut les services nécessaires et indispensables.

alain harrison 4 avril 2018 à 5 h 48 min

Bonjour M. Loche

«« Le passage à une Gestion directe de toute production et de tout service par les salariés qui peuvent aujourd’hui s’approprier de fait entreprise par entreprise, en répartissant le capital, une influence déterminante dans la GESTION. »»

Après la prise du pouvoir, donner les mêmes prérogatives aux coopératives autogérées (à temps partagé, pourquoi pas) que le privé.
Faire du profit pour investir dans l’économie sociale, qui de mieux que les coopératives pour se faire ?
Des lois obligeant toute nouvelle entreprise en autogestion coopérative (collégiale).
Des lois d’expropriations du privé (paradis fiscaux, délocalisation, etc…les antécédents).
Publicité proactive: Une bonne idée de passer du privé (système d’exploitation de l’homme par l’homme) au coopératisme à temps partagé,…..(libéré le temps de Vie, les avantages pour tous, etc..).
Des idées.

Pour Jean Jaurès, la révolution socialiste n’est concevable que dans le cadre de la légalité démocratique, c’est-à-dire par une conquête graduelle et légale par le prolétariat des institutions parlementaires et de la puissance de la production.
https://www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo-histoire/410354/le-devoir-de-philo-jean-jaures-et-le-supplement-d-ame

Quelle instance pourrait réaliser le passage de l’état de droite (faillite) à l’État Démocratique ou la République Démocratique.

La République que prone M. Moreau me semble être celle des Élites.
Il dit que les communistes n’ont pas réussi. Il a raison, sauf que le communisme n’a pas existé, sauf dans la propagande de gauche (il y a eu des ébauches) et de droite (pour la démoniser). La Chine est, si les mots veulent dire quelque chose, le communisme capitalisme autoritaire.
La Chine a-t-elle dans ses cartons un agenda pour une société égalitaire ?
En regard du système d’élection à Cuba et la Constituante au Vénézuéla, la Chine, la Russie….

Quelle instance pour réaliser cette société de liberté, d’égalité ?

Il y a des rumeurs d’un printemps US.

alain harrison 4 avril 2018 à 6 h 09 min

Bonjour M. le Hyaric

«« A nous de combattre les isolements en donnant vie à la politique du lien, à l’unité populaire. »»

Quelle instance ?

linou 5 avril 2018 à 9 h 16 min

Conseil National de Transition

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