Rassembler pour élire François Hollande

le 26 avril 2012

Le 26 avril 2012 @6h30

La forte participation au premier tour du scrutin présidentiel confirme l’intérêt de nos concitoyens pour l’élection présidentielle, ses débats politiques ainsi que leur volonté de participer aux choix. La gauche a progressé tout au long de la campagne électorale. Elle le doit beaucoup au score de Jean-Luc Mélenchon qui était estimé aux alentours de 4% à l’automne et réalise 11,1%. Les grands médias cachent sous divers artifices que cela constitue l’un des événements de ce premier tour. Événement heureux qui rend probable la victoire de François Hollande le 6 mai. Ce courant de la transformation sociale est passé de  700 000 voix en 2007 à près de 4 millions, approchant le nombre de voix rassemblées par Georges Marchais en 1981, certes cette fois avec plus d’inscrits.

Le candidat socialiste a lui aussi progressé depuis quelques semaines pour sortir en tête de ce premier tour. Il est sûr que durant les dernières heures, face à diverses pressions ou à la peur  de voir Sarkozy réélu, des électrices et des électeurs soutenant Jean-Luc Mélenchon ont, dans l’isoloir, choisi F. Hollande. Le système même de l’élection présidentielle conduit à de telles préférences. Ceci n’enlève rien au désir de gauche de tels électeurs, partagé par d’autres, qui d’emblée ont choisi le député de Corrèze, les candidats de  l’écologie politique ou de l’extrême gauche. Il faudra bien en tenir compte.

Que dans un tel contexte de forte mobilisation électorale, le Président de la République sortant soit à ce point sanctionné est l’indicateur de la puissante condamnation dont fait l’objet son bilan et du rejet de son programme à venir. On parle très peu de celui-ci depuis quelques jours et pourtant, il serait dans la droite ligne de son bilan antisocial et antidémocratique, avec un alignement sur les pires critères d’austérité européens. Loin des idéaux républicains de « liberté, égalité, fraternité », il veut se faire réélire dans une alliance cachée avec les idées de l’extrême-droite.

C’est ce noir bilan, doublé de la reprise des idées lepéniste depuis des mois, qui fait progresser dangereusement cette dernière. Pour une grande part, certains de nos concitoyens qui souffrent terriblement des effets de la mondialisation capitaliste, de l’Europe de l’argent, utilisent ce vote pour dire leur colère, pour faire entendre leurs souffrances. En utilisant ce vote, ils se trompent gravement car la cause de la crise n’est ni son voisin, ni le jeune que la société rejette à ses marges dans la discrimination et la précarité, ni l’immigré jeté sur les routes par le capitalisme mondialisé qui l’affame. La famille Le Pen sert à protéger les grands manitous de la finance internationale qui toujours tirent leur épingle du jeu. L’ennemi de l’emploi et du meilleur salaire, des services publics, c’est bien le capitalisme débridé et non pas l’immigré.

Le Front de Gauche et Jean-Luc Mélenchon ont eu raison d’alerter sur l’imposture Le Pen. Il eut été d’intérêt général que d’autres qu’eux, comme l’a fait l’Humanité-Dimanche, la démasquent au lieu de théoriser sur sa « prétendue » dédiabolisation. L’extrême-droite est un danger ! Malheureusement, ce courant national-populiste-fascisant progresse dans toute l’Union européenne sous l’effet de déceptions, de magouilles politiques et d’une Europe se faisant contre les peuples. Le combat pour réduire l’extrême-droite reste devant nous, tant il constitue un verrou contre les changements progressistes, au service du capital international. Il est indispensable d’avoir conscience que Mme Le Pen, avec ses nouveaux amis comme Madelin, dessine une France et une Europe ultralibérales et autoritaires, dépouillées de tous droits sociaux et démocratiques. Pour y parvenir, elle travaille à une recomposition profonde de toute la droite pour en faire l’outil d’explosion des principes et des valeurs de la République. D’ailleurs, si le système ne change pas en profondeur, ce scénario devient plausible.

Faire reculer l’extrême-droite doit devenir l’un des combats permanent de toute la gauche, de tous les progressistes. Mais, ce recul n’est possible qu’avec une nouvelle politique, répondant aux angoisses et aux attentes populaires. Telle devrait être la tache d’une nouvelle majorité de gauche demain. Le message essentiel du scrutin est une envie profonde de changement, la demande d’une autre manière de gouverner en associant les citoyens et les élus, la prise en compte des revendications des syndicats et des associations, la revitalisation des plus belles valeurs de la République : « Liberté, égalité, fraternité ».

C’est ce qu’ont voulu dire celles et ceux qui ont choisi les candidats de la gauche et de l’écologie politique.

Près de quatre millions d’électrices et d’électeurs ont appuyé les propositions du Front de Gauche d’une nouvelle répartition des richesses, d’un retour à la retraite à 60 ans et d’un SMIC à 1700€, le logement à un prix accessible et une action de grande ampleur contre la précarité, la défense et l’élargissement des services publics, un saut qualitatif de nos institutions avec une sixième République dans laquelle les travailleurs disposeraient de nouveaux pouvoirs à l’entreprise, la nécessité d’une mutation écologique de nos systèmes productifs, de nos habitude de consommation pour faire face aux urgences environnementales.

C’est aussi le Front de Gauche qui fait vivre le projet de solidarité internationaliste et coopérative avec les pays du Maghreb et de l’Afrique pour un nouveau projet de co-développement, pour mettre fin partout à la misère, à la faim, à la précarité et  au chômage. Le Front de Gauche c’est le projet d’un monde de partage où il fait bon vivre, au Sud comme au Nord. Le Front de Gauche devient une nouvelle et grande force pour l’avenir commence à influencer la vie politique française. Elle est d’ores et déjà  un atout pour être défendu et un outil pour créer les conditions d’une gauche qui réussisse parce que, s’appuyant sur les citoyens eux-mêmes pour répondre à ce qu’ils attendent d’elle. Le six mai, le choix est donc clair : créer les conditions pour battre le candidat des riches et utiliser, sans la moindre réserve, le bulletin de vote F. Hollande. Si par malheur, N Sarkozy était réélu, ce serait une politique de déchiquetage des droits sociaux et humains, la destruction du code du travail, la retraite à la carte par capitalisation, la privatisation de la sécurité sociale, l’austérité à perpétuité avec ce traité d’austérité Sarkozy-Merkel. Battre Sarkozy c’est ouvrir une première brèche dans le merkozysme austéritaire.

Le vote Hollande se fera sans ambiguïté et en toute lucidité, en appelant la gauche à ne pas retomber dans les ornières du passé, à résister aux injonctions des marchés financiers et du grand patronat, à agir pour changer les traités européens et à refuser le dernier écrit par le tandem Sarkozy-Merkel.

Le Front de Gauche sera disponible pour ces combats indispensables pour sortir de l’austérité, du chômage, donc de la crise.

La victoire du candidat de la gauche que devient F. Hollande doit s’accompagner en juin de la constitution d’une majorité de gauche à l’Assemblée Nationale dans laquelle de nombreux députés du Front de Gauche, dans un important groupe parlementaire, constitueront une garantie pour abroger les négatives lois sarkozystes et en écrire de nouvelles, pour l’augmentation des salaires et des retraites, le blocage des prix alimentaires et des carburants, pour sécuriser l’emploi et pour en finir avec la précarité, pour élargir les services publics, défendre et améliorer la sécurité sociale, créer les conditions pour que la jeunesse soit respectée et qu’un nouvel avenir soit construit avec elle.

L’urgence, c’est la mobilisation pour créer les conditions de défaire Sarkozy et assurer la victoire la plus large possible de la gauche.

0 commentaires


Matthieu 26 avril 2012 à 10 h 23 min

C’est surement jouer sur les mots, mais la différence symbolique est très forte. Jean-Luc Mélenchon l’a bien dit, il n’a pas appelé à élire Hollande, mais à voter contre Sarkozy. Parce qu’appeler à élire le candidat socialiste serait cautionner son programme. C’est dommage que le Front de Gauche n’ait pas dans son ensemble la même rigueur de formulation…

Dussaut 26 avril 2012 à 14 h 52 min

Pensez-vous que Monsieur Hollande a le désir de sortir la France de ce marasme total ? J’aimerais sincèrement le croire…!!
Car, si cela n’est pas le cas, nous allons droit au mur.
La finance est la véritable gouvernance de la politique gouvernementale.
Un homme soit-il du parti socialiste va-t-il remettre l’économie et la finance au service des Français et Françaises, et, non plus au service des marchés financiers assassins ??!!
Le 6 mai 2012…et l’après ?!

REGUER PAUL 26 avril 2012 à 18 h 40 min

iL FAUT QUE LE FRONT DE GAUCHE RICHE DE SA DIVERSITE RESTE UNI : UL FAUT QUE LA DYNAMIQUE ET LES RESULTATS INESPERES VOICI QUELQUES MOIS NE RESTENT PAS SANS LENDEMAIN. CONTINUONS NOTRE COMBAT PAR NOTRE PRESENCE LE 1° MAI, NOTRE VOTE HOLLANDE LE 6 MAI ET NOTRE SOUTIEN MASSIF AUX CANDIDATS DU FRONT DE GAUCHE AUX LEGISLATIVES

Laisser un commentaire

Commentaire

Nom *

Les champs marqués * sont obligatoires

Email *

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Restez en contact

Inscrivez-vous à la newsletter