Pour un débat clarificateur

le 24 novembre 2011

Cette campagne électorale préparatoire aux élections présidentielle et législatives devrait être l’occasion d’un débat politique de haute tenue et de haut niveau. C’est la situation gravissime du pays, de l’Europe et de la planète qui l’impose. Derrière l’écorce de l’actuelle crise du capitalisme financier mondialisé, surgit une véritable crise de civilisation. Peut-être que, pour la première fois depuis très, très longtemps, un processus de régression, porteur de dé-civilisation est à l’œuvre. Cela fait se poser à chacune et chacun de grandes questions fondamentales. Les forces politiques, les candidats devraient se saisir de l’occasion pour de vrais débats d’options et de sens, en y associant le maximum de citoyennes et de citoyens. Ce n’est pas ce qui se passe ! Ici, un ministre en est à demander le retour de l’uniforme à l’école. Là, un autre vient de mettre à jour une autre trouvaille : supprimer le mot « mademoiselle » sur les documents administratifs. Ailleurs, l’avenir de nos écosystèmes se réduit à un marchandage électoral, à l’abri de la première concernée, la population. C’est pitoyable ! Et tout ceci explique que seulement 13% de nos concitoyens font confiance aux partis politiques, alors que l’intérêt pour la politique augmente, passant de 55 % en décembre 2009 à 60 % aujourd’hui.

Cet intérêt se manifeste dans le mouvement mondial des indignés qui rejette le système, comme il se reflète dans le mouvement de recherche d’émancipation dans les pays arabes, comme il s’est révélé dans le puissant mouvement contre la réforme des retraites ou encore à l’occasion des élections cantonales et sénatoriales.

Dans chacun de ces moments, deux constantes dominent : l’aspiration à l’unité et la recherche de solutions neuves pour changer et en sortir. Conscient du puissant rejet d’un système où l’argent domine tout contre les êtres humains, le Président de la République s’acharne à faire dériver le débat, précisément pour tenter de mettre l’organisation capitaliste de la société hors d’atteinte de l’intervention citoyenne, quitte à faire glisser la dispute politique dans les marécages du populisme et de la dénonciation calomnieuse. Ainsi, il accusait la semaine dernière des assurés sociaux d’être des « voleurs » et des « fraudeurs », sans jamais dire un mot des dettes des grandes entreprises aux caisses de la sécurité sociale et en cachant que les énormes revenus financiers ne versent rien aux caisses de protection sociale.

Au même moment, le Premier ministre mettait en doute la réalité des arrêts maladie des travailleurs pour ajouter un jour de carence. Ainsi, avec le couple Sarkozy-Fillon, les spéculateurs peuvent spéculer, les riches s’enrichir, les grands actionnaires toucher leurs confortables dividendes. C’est le peuple qui va trimer, ici comme dans toute l’Europe.

Derrière ceci se cache le projet de détruire le système de sécurité sociale, issu du Conseil National de la Résistance, pour alimenter les rapaces de la finance en offrant la protection sociale aux assurances privées. Au-delà, c’est la tentative de rabaisser le rôle de l’Etat, au moment même où son affaissement donne carte blanche aux marchés financiers. Ainsi, le pouvoir de droite tente de diviser, de dresser ceux qui n’ont rien contre ceux qui n’ont pas grand-chose pour préserver le grand capital. Il crée et créera toujours plus un contexte abrasif, explosif, si la gauche ne se porte pas à la hauteur des enjeux en cours. Elle doit le faire en osmose avec toutes celles et ceux -et ils sont majoritaires- qui aspirent et recherchent autre chose. Malheureusement, la semaine dernière, entre petites phrases portées par le complexe médiatico-politique et échanges de circonscriptions contre des réacteurs nucléaires, elle en est loin. A ainsi continuer, elle donne de la vigueur à une « droite par défaut » et laisse les chômeurs, les ouvriers, les retraités, la jeunesse, les habitants des quartiers populaires, les paysans, les enseignants, les chercheurs, bref le peuple, dans l’absence d’alternative. On ne peut qu’être inquiet de tels développements s’ils devaient se poursuivre car, dans une telle crise, ils ouvriraient la voie à la progression de l’extrême-droite présentée comme force d’opposition.

Par ricochet, une telle menace favoriserait le vote utile et affaiblirait la gauche de transformation sociale essentiellement portée par le Front de Gauche et son candidat Jean-Luc Mélenchon. Celui-ci a fait depuis un moment une offre de débat à gauche. Ce débat est indispensable, nécessaire. Une victoire de la gauche se traduisant par une austérité de gauche remplaçant une purge de droite, serait dramatique. On voit ce que cela a donné en Espagne. Ce débat nécessaire n’a pas pour objectif d’embêter  le candidat socialiste. Il vise au contraire à créer les conditions d’une large victoire de la gauche parce que mieux porteuse des attentes populaires et des exigences qu’expriment les organisations syndicales et le monde associatif dans leur diversité. C’est le seul moyen pour une gauche authentique d’être, dans son pluralisme, plus unie, plus forte face à la droite, l’extrême-droite, le grand patronat, l’Europe ultralibérale et les marchés financiers. En associant les citoyens aux contenus de cette victoire et aussi aux moyens à mettre en œuvre à son lendemain, le nouveau pouvoir se doterait des capacités de faire plier tous ceux qui en France et ailleurs voudraient lui mettre des bâtons dans les roues pour l’empêcher de promouvoir les intérêts du plus grand nombre. Il n’y a pas de solution durable aux graves et douloureux problèmes auxquels sont confrontés nos concitoyens, sans volonté de désarmer les marchés financiers et sans reprendre les leviers du crédit ; sans redistribution des richesses, donc sans changement de la fiscalité et de la rémunération du travail ; sans une politique ambitieuse de développement industriel et agricole, dans le cadre d’une croissance qualitativement et écologiquement nouvelle ; sans donner des pouvoirs nouveaux aux salariés à l’entreprise ; sans le retour de grands services publics, démocratisés et modernisés.

Changer implique forcément un autre mode de discussions et peut-être des affrontements au sein de l’Union européenne pour une renégociation du traité de Lisbonne en faisant appel aux peuples européens.

Le cœur d’actes de gauche à ce niveau devra porter sur le changement des missions et des orientations de la Banque centrale européenne, sans quoi il ne se passera pas grand-chose de positif pour les familles populaires. L’enjeu fondamental n’est pas de « donner un sens à la rigueur » comme le dit F. Hollande, ni d’en rabaisser sur le niveau des solutions nécessaires à gauche. Au contraire ! C’est à partir d’un haut niveau de solutions qu’on empêchera l’austérité, la récession  qu’elle alimente et qu’on sortira de la crise actuelle.

Les enjeux de reconstruction, de sortie de crise sont si importants qu’ils s’inscrivent désormais dans un nouveau projet de civilisation et qu’ils ne peuvent être traités en vase clos, dans un tête-à-tête entre responsables de partis, ni être réduits, comme le font les grands médias, à de petites phrases tournant en boucle. Ils doivent être discutés publiquement, pour rendre les citoyennes et citoyens, les acteurs sociaux, syndicaux, associatifs, maîtres du processus de changement de bout en bout.

Les enjeux du droit à l’énergie, à l’éducation, à la santé, au travail et à la culture, à l’alimentation, au logement, au transport, à la protection sociale, à un environnement de qualité, ne peuvent se traiter dans des tractations électoralistes, mais au grand jour, à partir de l’intérêt des travailleurs, des créateurs, des scientifiques, de celles et ceux qui sont privés d’emploi.

C’est le sens des assemblées citoyennes que propose le Front de Gauche pour battre la droite sarkozyste et ancrer, dans l’unité la plus large, la gauche dans la réponse aux préoccupations populaires contre la loi de l’argent.

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Anonyme 24 novembre 2011 à 14 h 34 min

Bonjour Camarade,

Juste rappeler un texte qui date de 1802 Thomas Jefferson. Visionnaire déjà à l’époque.

 » Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple Américain permet un jour que les banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis »

FITCH Ratings banque Européenne contrôle pour la France :

ACDS(programme BP) Agence Francaise de développement (AFD) Assistance Publique : Hopitaux de Paris (AP-HP) Ville d’Aubagne,Caisses d’amortissement de la dette Sociale (CADES) Caisse des dépôts et consignations(CDC), Caisse Nationale des autoroutes (CNA), Pays d’Aubagne et de l’Etoile, CXommunautés D’Aglomération, Crédit municipal de Paris (CMP), Département de l’Essonne, Fondation Nationale des Sciences Publiques ( Sciences Po),Département de la Guadeloupe, Région d’ile de France, La Poste,La ville de Paris, Région de Picardie, Provence-Alpes-Cote d’Azur, Région (PACA), Régie AZutoroute des transports Parisiens ( RATP), Réseau férré de >France,(RFF), Région Rhône-Alpes, Département de Seine et Marne, Société Nationale des chemins de fer Francais(SNCF), SFEF (émissions garanties), Communauté Urbaine de Strasbourg, Ville de Strasbourg,Unedic.

Je vous conseille d’aller sur le site, impréssionnant. La suite !……

C.Jaltier

Anonyme 24 novembre 2011 à 14 h 49 min

Bonjour Camarades,

Juste un petit rappel de l’histoire, Thomas Jefferson 1802

« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que les banques et toutes lzes institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leur parents ont conquis »

Visionnaire déjà

colargolette 24 novembre 2011 à 16 h 03 min

Ce qui est particulièrement scandaleux c’est la manipulation financière survenue en douce en 1973 qui a empiré la situation économique de notre pays, devenue pire encore depuis le traité de Maastricht et l’entrée en vigueur de l’article 123 du traité de Lisbonne.
Aucun grand économiste, ni élu de la République absolument à aucun moment n’a dit aux Français que la courbe de la dette allait devenir exponentielle à la fin des années 2000 !??
Alors, aujourd’hui s’indigner oui mais quand on est suffisamment informé-e-s pour connaître les tenants et les aboutissants du processus depuis des décennies NON !
Je veux le procès avec citation à comparaître de Giscard.

Canelle 24 novembre 2011 à 18 h 42 min

Voilà où nous mène le mondialisme (et non la mondialisation), car il s’agit bien de mondialisme……une « philosophie » qui ne compte pas ses morts, pourvu que l’argent circule et que les marchés financiers se portent bien.
Cette crise est voulue, planifiée depuis longtemps par les élites mondialistes, afin d’imposer leur Nouvel Ordre Mondial !

Vous cherchez des renseignements sur la Sécurité Sociale, je vous recommande quelques livres :
Par le Professeur Claude Béraud (lire le commentaire)
http://www.mutualite.fr/L-actualite/Kiosque/Livres/Collection-Societe-et-sante/Petite-encyclopedie-critique-du-medicament
Par Philippe Pignarre (personne ayant travaillé dans l’industrie pharmaceutique et, dégoûté de cette industrie) :
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2707142670/qid=1079774702/402-2862732-5522533
Main basse sur le « trou » :
http://www.decitre.fr/livres/Securite-sociale.aspx/9782848550602
http://onala.free.fr/vraitrou.pdf
« Il risque de pleuvoir » :
http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/heidsieck-emmanuelle/il-risque-de-pleuvoir,698885.aspx
Ma sécu, de la libération à l’ère Sarkozy :
http://www.fayard.fr/livre/fayard-214163-Ma-secu-de-la-Liberation-a-l-ere-Sarkozy-Frederic-Ploquin-hachette.html
« Adieu Sécu » du « Chevalier blanc » de Nantes, ancien directeur de la CPAM :
http://cosmopolitiques.com/sites/default/files/04-_Note_sur_Adieu_secu.pdf

Ce que l’on veut nous faire payer, ce sont les vols des libéraux :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/11/24/une-infirmiere-soupconnee-de-fraude-a-la-secu-pour-700-000-euros_1608328_3224.html#xtor=AL-32280308
ce, en que Claude Frémont (Chevalier blanc) a dénoncé durant toute sa carrière.

Sans compter l’excellent petit livre de Julien Duval : Le mythe du « trou de la Sécu »

Français, si vous ne vous réveillez pas, vous, vos enfants, vos petits-enfants….vous ne pourrez plus vous soigner…….à moins d’être riches ! Le « trou » se trouve dans des paradis fiscaux aux bonnes mains des banquiers……..

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