L’ étau mortifère !

le 19 février 2015

1101-ManifMonstre

Les nouveaux crimes commis dimanche dernier à Copenhague montrent s’il en était besoin que les fusillades meurtrières de Paris, il y a un mois, n’étaient pas des épiphénomènes à banaliser.

 

Une nouvelle fois, un caricaturiste, une synagogue, un lieu de culture ont été visés comme des symboles de la rencontre, de la liberté d’expression, de penser, de croire ou ne pas croire.

 

Ces attaques sont menées par de petits délinquants qui souvent ont basculé depuis la prison vers un fanatisme fascisant, pour faire de la peur de masse une arme aussi dangereuse  que celles qu’ils se procurent si facilement et manipulent pour ôter la vie à des innocents. Criminels, ils n’ont rien à voir avec des justiciers. Les puissances d’argent sont toujours ménagées. Leurs cibles sont les journalistes, les policiers, nos concitoyens de confession juive. Pour ces fanatiques, la religion est un prétexte. Ils ne la défendent pas. Ils la salissent. Là où règne leur dictature, les musulmans sont leurs premières victimes. Protéger les populations de leurs méfaits doit être la première responsabilité des Etats et des institutions internationales, inséparable du maintien des libertés individuelles et collectives.

 

Ces assassins ont fait le choix de s’attaquer à des valeurs fondamentales qui, au fil des ans, ont façonné nos identités nationales, riche des apports successifs qu’elles ont reçus. Nous ressentons plus ou moins confusément qu’il ne suffira pas d’énoncer les belles valeurs de notre République pour faire front et créer les conditions de l’indispensable rassemblement populaire. Il est urgent de créer les conditions pour les faire vivre. La société, dans son état actuel, donne trop de graves signes de faiblesse, minée qu’elle est par des inégalités qui ne cessent de progresser, taraudée par les poisons des divisions organisés par les puissances d’argent, du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie, obnubilée par la toute-puissance de l’argent-roi qui a pris le dessus sur les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité. Elle est aussi poussée vers de multiples impasses par des dirigeants politiques qui ont perdu le sens de l’intérêt général,  une crise politique et une crise de projet qui s’érige comme des murs face l’avenir d’une multitude. En même temps qu’ils engageaient le monde vers un ultra-capitalisme financier et mondialisé, des puissances occidentales ont fait le choix d’affaiblir  et de détruire des forces alternatives particulièrement  des organisations de libération nationales , communistes, socialistes, syndicales notamment  dans le monde Arabe et dans certains pays Africain au profit de la création d’organisations dont on découvre les macabres méfaits aujourd’hui. Autrement dit, ils ont crée les montres qui leur échappent aujourd’hui. Et l’ajout de la guerre à la guerre risque de  renforcer ces fanatiques forces de l’obscurantisme et du fascisme.

 

Fondamentalement, la construction d’un monde du commun est à l’ordre du jour, un monde de justice, d’égalité, de respect de la planète et des individus qui y vivent. Si les peuples perçoivent que s’y engager est le cadet des soucis des dirigeants, alors s’amplifieront les phénomènes régressifs actuels qu’il s’agisse des conflits armés jusque sur notre continent ou des actions terroristes. Qu’il s’agisse aussi de la montée de l’extrême-droite qui n’est irrésistible que pour ceux qui refusent de s’attaquer à ses causes économiques, sociales, idéologiques et démocratiques. Ou pire, pour ceux qui, comme des apprentis sorciers, entendent l’utiliser pour de noirs desseins politiciens.

 

En laissant prendre la société en tenaille entre la peur de l’intégrisme fascisant et une extrême droite dominatrice, les tenants du pouvoir en France et en Europe peuvent tranquillement dérouler leur politique malfaisante. Certes, ils le peuvent, mais en favorisant du même coup tout ce que, dans leurs discours, ils dénoncent. Ils disposent d’énormes moyens, au rang desquels le puissant complexe médiatique qui contribue à créer une ambiance préparant de nouveaux gains pour l’extrême-droite d’autant plus aisément que les alternatives, dont celle du Front de gauche, sont soigneusement écartées des écrans. Tout est banalisé, traité en termes de consommation, avec la famille Le Pen, affublée du label de force de contestation d’un système  dont elle n’est que le rouage indispensable de sa pérennisation. Il est urgent de  cesser  de jouer avec le feu, de faire cesser ces banalisations de l’extrême droite, d’appeler à des unions sacrées ou de brandir en permanence la montée de l’extrême droite pourtant organisée pour faire accepter encore plus les politiques qui précisément les font monter.

 

Pire, quand les grecs ont l’outrecuidance de choisir une autre voie que celle de l’austérité et du chômage à perpétuité, l’oligarchie et tous ses serviteurs se dressent comme un seul homme pour défendre coûte que coûte leurs dogmes éculés pour mieux  conserver leurs privilèges. Rien de tel pour faire grossir les impasses des extrémistes populistes.

 

Les démocrates, les républicains se doivent donc de mettre dans  ce qui est baptisé « l’esprit du 11 janvier » une ambition transformatrice qui, aujourd’hui, semble bien lui faire défaut. Ils peuvent compter sur nous pour y contribuer.

4 commentaires


Michel Berdagué 19 février 2015 à 19 h 14 min

Seule la Laïcité peut assurer le vivre ensemble qui n’ empêche pas les contradictions de classe qui grandissent où seule la classe , possédant tout , bourgeoise s’ enrichit et tous et toutes qui se prolétarisent et qui risquent la totale exclusion par le chômage grandissant . Et alors que la Lutte devrait faire rage un retour du religieux est mis devant cette Lutte évidente à entreprendre et nous la fait détourner ; ça arrange qui tout ça ? , comme en 1977/79 le religieux / talibans  » très gentils contre les Rouges » pour mieux les aider pour empêcher toutes les avancées des forces communistes décrétées soit comme petit satan pour les obscurs religieux soit pour les tenants du capitalisme comme le mal absolu . Donc il faut bien analyser à partir du religieux en tant que tel : soit la religion qui ne regarde que la croyance personnelle , soit la religion politique dans l’ état devenu religieux avec du religieux politique en prosélytisme de toutes les violences pour exclure tout autre avec là un programme de charia et d’ assassinats et crimes rappelant l’ Inquisition ( il y a près de 800 ans ) et toutes les tortures et autres autodafés du tribunal inquisitorial , eux ils en sont à décapiter 21 Coptes , des journalistes et brûler vif un pilote jordanien et de brûler les livres , les instruments de musique , bref des nazis : des barbares incultes qui mettent les femmes en vente , en esclavage violées . Ceux en Europe qui passent à l’ acte, personne ne croira que c’ est uniquement avec la case prison qu’ ils se sont radicalisés , ils avaient le choix de la laïcité et de l’ école de la République , le religieux dans la sphère privée , et de lutter pour les avancées pour le monde du travail , de plus l’ argent dit facile – des trafics en tous genres – doit jouer un drôle de rôle , le pétrole et la drogue . En Europe nous avions les résurgences de nostalgiques de 33/45 avec des instrumentalisations à Kiev lors et après le coup d’ état , et nous avons en plus ça sur les bras double peine et double Luttes contre les obscurantismes barbares qui se satisfont de la dictature financière globalisée qui les a ou les favorisent . Personne ne peut s’ abstenir – votes et Manifs , Rassemblements – pour lutter contre ces barbaries et pour établir une société tempérée laïque et de pulsions de vie . Jours heureux et énergie de vivre .

alain harrison 20 février 2015 à 8 h 16 min

Bonjour M. Berdagué

Le texte de M. Le Hyaric en dit long et bien dit.
Merci de vous tenir debout. L’Énergie que cela demande. Merci encore, de nos offrir un lieu d’information et d’expression.

«« Et alors que la Lutte devrait faire rage un retour du religieux est mis devant cette Lutte évidente à entreprendre et nous la fait détourner ; ça arrange qui tout ça ? , comme en 1977/79 le religieux / talibans » très gentils contre les Rouges » pour mieux les aider pour empêcher toutes les avancées des forces communistes décrétées soit comme petit satan pour les obscurs religieux soit pour les tenants du capitalisme comme le mal absolu . »»

Au siècle dernier, des mots ont été salis et diabolisés au point que, aujourd’hui, leur utilisation est litigieuse.
Je comprends le sens de : dictature prolétarienne, mais il faut la remettre en contexte.
Mais très vite cela a servi de propagande pour les dictateurs de gauche. Et les dictatures de droites ont su instrumentaliser. Nous connaissons la suite.

Mais la pensée unique sait séduire et fasciner par ses promesses qui aboutissent au fumeux rêve américain, son paradis, c’est simple le consumérisme, consommer point. C’est cela le rêve américain. Un rêve TRIVIAL.

Alors que la gauche propose quelque chose.

Trouvons des solutions concrètes qui puissent dessiner des alternatives.

Le peintre garde ses croquis et ses essais à partir desquel il chemine vers la réalisation de son oeuvre.

Michel Berdagué 20 février 2015 à 13 h 41 min

Pour briser l’ étau mortifère le rappel des avancées signifiantes du C.N.R. :
« …a) Sur le plan économique :
l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;
l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie….
Et aussi très actuel en 2015 :
« …l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;
la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
le respect de la personne humaine ;
l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;… »
Nous comprenons mieux et aussi avec  » l’ Humain d’ abord  » et le Pôle Public financier et bancaire que des réactionnaires et nostalgiques déclarent : » Dans l’éditorial du magazine Challenges en octobre 2007 , Denis Kessler, ancien vice-président du MEDEF utilise « le programme du CNR » pour désigner l’ensemble des réformes de 1945 : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie. Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme… A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! » Alors gouvernement de 2007 et ceux de 2012 à 2015 avec la loi Macron en passant par le TSCG et l’ ANI , un détricotage méthodique de contre réformes pour un retour signifiant d’ avant 1945 avec la République bafouée – 2005 suffrage universelle et souveraineté passés aux oubliettes – meurtrie pour caresser dans le sens du poil de la bête un système capitaliste aux abois prêt à tout même au pire . Alors abstention ?! , Résister c’ est créer et inversement c’ est sûr que nous avons un max de propositions pour nous libérer de l’ étau mortifère , il suffit que le Mouvement se concrétise par l’ action et le vote en fait pleinement partie .

Vanbremeersch 24 février 2015 à 16 h 43 min

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt cet
article. Attention quand même, en accusant le pouvoir actuel en France et en Europe d’organiser tout cela, de ne verser dans la parano.
Amicalement

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