La chasse aux dépenses publiques tue…

le 23 octobre 2012

Au vingt-et-unième siècle, dans une des principales puissances mondiales, une maman peut perdre son bébé en accouchant sur l’autoroute.

Poings serrés et l’envie de crier de tout notre corps nous saisit à l’annonce de telles nouvelles. Voici les résultats dramatiques, insupportables des chefs comptables politiques appliquant les fameuses trajectoires budgétaires imposées par l’orthodoxie des traités européens qui ne connaissent, ni ne reconnaissent, le prix de la vie humaine.

L’angoisse d’une maman, le bonheur d’une naissance, l’accomplissement de l’un des plus beaux actes de la vie, celui justement de donner la vie, sont totalement étrangers à ces découpeurs de cartes hospitalières, répétant, tels des perroquets, l’obligation de la réduction des dépenses publiques. Que répondent d’ailleurs tous ces chasseurs de dettes et autres déficits, nous susurrant tous les soirs à l’heure des journaux télévisés que nous commettrions un crime en laissant à nos enfants et petits-enfants des dettes à rembourser ? Que disent-ils devant le cercueil de ce bébé mort à la naissance sur une autoroute parce qu’ils ont fermé la maternité de Figeac et bien d’autres pour créer le désert médical dans le désert rural ? Se remémorent-ils au moins les protestations, les actions des médecins, des agents hospitaliers, des élus qui, lors de la fermeture de cette activité ont alerté, protesté, refusé de tels choix dictés par le seul critère d’une prétendue « économie » ? Ont-ils conscience de l’angoisse des futures mamans de la région ? Va-t-on enfin ouvrir un débat sérieux sur ces enjeux, au lieu de se glorifier de faire voter un nouveau traité européen, qui, inévitablement, décuplera de tels accidents et autres malheurs, si on ne veut pas employer le mot de « crime ». Car tel est bien le sujet. C’est la réduction permanente des déficits publics, artificiellement créés, qui conduit à de telles abominations.

Quand va-t-on enfin publier les chiffres réels de ces drames ? Un rapport de la cour des comptes, datant du mois de février dernier, nous apprend que la France, qui se trouvait au 7ème rang européen pour le taux de décès à la naissance est passée au 20ème rang, dix ans plus tard ?

Si ce n’est pas de la régression, un recul, à rebours des connaissances scientifiques et médicales, comment cela doit-il être qualifié ? En France, désormais, les citoyens ne sont plus égaux devant l’accès aux soins. Des commissions d’enquête sur ce drame sont certes nécessaires, mais le plus urgent et le plus fondamental est de sortir des choix austéritaires actuels.

Pour cela, il est urgent et indispensable de décréter un moratoire sur toutes les fermetures de maternités et de centres de soins. Au contraire, il faut en réouvrir, former des médecins dont des gynécologues-obstétriciens, des pédiatres et anesthésistes. Bref, l’argent doit servir le bien être humain, la vie tout simplement et pas les rapaces de la finance.

C’est à la lumière de ce terrible drame que le budget de l’Etat et de la sécurité sociale, en cours de débat au Parlement doit être encore nettement infléchi. Ce sont tous les services publics dans nos campagnes, des postes aux gendarmeries, des écoles aux tribunaux et aux sous-préfectures, qu’il faut placer sous protection populaire.

La résistance aux profiteurs, même baptisés derrière le vocable de « pigeons » et autres puissances d’argent, défendus par le syndicat du grand patronat, doit être développée, unifiée, dans un grand front pour porter partout et à tout moment les idéaux de « l’humain d’abord ».  

0 commentaires


Dussaut Lydie 23 octobre 2012 à 17 h 19 min

L’être humain a-t-il encore la moindre importance dans cette société ?!
Non…Il n’y a que les profits financiers, la compétitivité internationale.
Le monde va très mal !!
Marre de l’adoration du veau d’or.

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