Faire société ensemble contre la xénophobie et le racisme

le 18 octobre 2010

Inquiétant ! Des relents extrêmement délétères sont en train de gagner toute l’Europe. Il y a eu Jorg Haider en Autriche, la montée de l’extrême droite depuis dans ce pays, puis en Suisse, en Hongrie et aux Pays-Bas. Il y a ces saillies racistes et xénophobes de Silvio Berlusconi en Italie. Depuis cet été, le gouvernement français est, à juste titre, montré du doigt pour des actes xénophobes avec l’expulsion des Roms.

Voilà que pour la Chancelière allemande Angela Merkel : « le multiculturel a échoué, totalement échoué ». Jusqu’alors l’Allemagne avait développé son modèle du « Multikulti », à savoir un modèle dans lequel les communautés cohabitent les unes à côté des autres. Certes, ce modèle n’est pas notre idéal. Nous préférons, nous, le mélange et l’indifférenciation entre les personnes issues d’origines différentes. C’est cela qui fait société. Mais la critique de Merkel ne va pas dans ce sens là. Au contraire, elle a insisté sur le fait que les valeurs de l’Allemagne étaient chrétiennes et que « celui qui ne l’accepte pas n’a pas sa place ici ». Celle qui s’indignait à juste titre, il y a quelques semaines, de l’attitude de notre gouvernement à propos de l’expulsion des roumains, marche aujourd’hui sur un sentier extrêmement préoccupant et dangereux.

Ces déclarations sont inquiétantes, inadmissibles, irresponsables. Les temps sont troubles, et c’est dans des conditions de ce genre qu’on a vu par le passé monter l’ignoble. Dans des temps comme ceux-ci, le rôle des responsables politiques doit être de contenir tout ce qui pourrait déborder sur les tentations trop faciles de désigner l’étranger comme bouc émissaire. Ainsi, de nombreux dirigeants européens incapables d’apporter des réponses à la crise dont ils sont responsables et qui risque de s’aggraver encore, désignent les immigrés ou les étrangers à la vindicte populaire. Ce climat nauséabond est en train de faire monter partout en Europe les extrêmes droites dont nos pères ont dû se débarrasser au prix de beaucoup de souffrances et de sang, lors de la seconde guerre mondiale.

La vigilance s’impose partout.

Malheureusement, c’est dans ce contexte de banalisation du racisme, que Monsieur Jean-Paul Guerlain, héritier de la maison de parfums du même nom, s’est permis une sortie publique inouïe : sur le plateau du 13 heures de France 2, vendredi dernier, il a déclaré : « j’ai travaillé comme un nègre, je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin… ». Le week-end passant, aucune voix n’a percé le silence médiatique pour s’offusquer ou ne serait-ce que faire part de la moindre petite émotion. Heureusement, Audrey Pulvar a donné ce matin sur les antennes de France Inter un coup de pied dans la fourmilière, dans une belle chronique empreinte de colère et de sincérité (pour lire la chronique, cliquez ici).  On lui donne raison quand elle conclut, citant Césaire « eh bien le nègre, il t’emmerde ».

Ce qu’écrivait Berthold Brecht reste malheureusement plus que jamais d’actualité : « Le ventre est encore fécond d’où est sorti la bête immonde ». Ces glissades populistes, xénophobes, racistes, sont contraires à tout projet de solidarité européenne et mondiale. Plus que jamais nous affirmons nous sommes citoyens du monde. Nous voulons faire société ensemble dans une commune humanité. Le combat contre la xénophobie et le racisme doit reprendre une nouvelle vigueur.

 

 

0 commentaires


BIGONSKI Suzanne 18 octobre 2010 à 20 h 57 min

je vais essayer de mettre cet article très inquiétant sur FB

BIGONSKI Suzanne 18 octobre 2010 à 21 h 12 min

C’est fait, il est sur FB mais pas sur le mur parce que je n’ai pas trouvé le lien et il est trop long pour faire un copier-coller. Beaucoup de personnes pourront le lire tout de même

samie louve 20 octobre 2010 à 10 h 33 min

et l’homophobie, toute forme de discrimination ….

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