ÉGALITÉ

le 13 avril 2016

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Par Patrick Le Hyaric

L’orgie financière planétaire vient une nouvelle fois d’exploser aux yeux d’une opinion mondiale médusée. Les révélations des « Panama papers », dévoilent cette liste de comptes détenus par quelques possédants ou oligarques, maquillés par le cabinet d’avocats Mossack Fonseca. Fondé en 1977 par Juergen Mossack, fils d’un soldat SS exilé au Panama, il a pour fonction de détourner les richesses produites dans les sociétés. Ainsi se trouve déchiré le voile d’or des pratiques immorales, illégitimes, mensongères, de grandes fortunes mondiales, les mêmes qui s’évertuent à assigner les peuples à l’austérité à perpétuité pour soustraire des sommes considérables au bien commun humain.

Qu’une solide oligarchie se soit constituée depuis l’avènement du néolibéralisme n’est un secret que pour ceux qui refusent d’ouvrir les yeux sur la nature du capitalisme financiarisé qui régente l’économie mondiale, dans laquelle 1% des plus riches détiennent autant que  99% de tous les autres êtres humains.

Que des pays soient réduits à la fonction de sociétés écrans avec la bénédiction des serviteurs du capital n’est pas non plus une nouveauté. Ce qui frappe, c’est l’inertie, si ce n’est la complicité des Etats face à ce système mafieux. Nous sommes en droit de demander, avec nos concitoyens, pourquoi le Panama a été retiré en 2012 de la liste noire des paradis fiscaux édictée par l’Etat français ? Pourquoi la promesse du candidat Hollande faite en 2012 d’ « interdire aux banques d’exercer dans les paradis fiscaux » n’a pas été honorée, comme le prouve une nouvelle fois les activités délictueuses de la Société Générale ?

L’ampleur de ces révélations jette une lumière crue sur une corruption érigée en système de domination oligarchique. Une corruption qui ramène à sa juste valeur cette prétendue dette qui, à travers l’Europe, est utilisée comme argument pour imposer austérité et régressions dans tous les domaines. Qui peut dès lors croire que l’argent n’existe pas pour financer services publics, biens communs, formation, transition énergétique, pour augmenter les salaires, quand il est volé du labeur quotidien réalisé par tous pour fructifier au soleil de paradis fiscaux légalisés par ceux-là même qui ont fait de l’inégalité leur dogme ? La  réalité est cruelle : les travailleurs  du monde entier, devenus fantassins du capitalisme mondialisé, subissent l’injonction de  sacrifier leur sécurité de vie aux desideratas du capital qui, lui, s’organise à l’ombre des souverainetés populaires et des services fiscaux pour mieux garnir la panse d’une minorité aux pouvoirs exorbitants.

Alors que le monde découvre l’ampleur de la fraude et de l’optimisation fiscale, de l’argent caché au bien public dans les comptes offshores, la campagne médiatique pour faire accepter la destruction du contrat de travail bat son plein. Un de ses volets insinue que les banlieues populaires ne seraient que des repaires de terroristes qu’auraient laissé prospérer des municipalités progressistes de gauche. Le regard est détourné vers les milieux populaires incriminés, stigmatisés. La morgue s’abat avec virulence notamment sur Saint-Denis et Aubervilliers. Le problème ne serait pas les paradis fiscaux, l’argent volé par les puissants, les inégalités qui en découlent, l’abandon progressif de l’Etat,  l’austérité imposées aux collectivités locales , la difficulté à se loger, la privation de travail dans les banlieues, la pressurisation des travailleurs qui y vivent, considérés comme des réserves de main d’œuvre bon marché ou d’armée de réserve du capital maintenue dans le chômage de masse ou la précarité.

La manœuvre est grossière qui vise à maintenir au « ban » de la société ces « lieux » qui font une part du  visage de la France contemporaine, jeune et métissée, et ne demandent qu’à être le fer de lance de son avenir si tant est qu’on considère et respecte les populations qui y vivent.

Quand tant de maires, notamment communistes, d’élus, d’associations se battent avec la population pour défendre les services publics, l’école de la République, le maintien des dotations d’état, les transports ou la santé, le gouvernement préfère les ignorer et mettre l’accent sur les problèmes identitaires et religieux, tirant le débat public vers des eaux très troubles plutôt que de s’en tenir au principe d’une République laïque, pour que vive l’égalité et pour que vive enfin une République sociale.

Le premier ministre lui-même a pris la tête de la croisade en faisant de l’islam le problème essentiel de la France, donnant à l’infime minorité intégriste un poids démesuré pour mieux justifier sa démarche. En se plaçant délibérément sur le terrain identitaire et religieux pour cultiver la peur de l’autre, sans doute entend-il inscrire en France un climat de guerre civile larvée. C’est indigne et irresponsable !  Nous parlions il y a quelques mois dans ces colonnes de dérives. Nous n’imaginions pas à l’époque que la vague serait poussée vers ces rivages extrêmes par l’un des participants à la dernière primaire socialiste devenu chef du gouvernement.

Devant quelques journalistes, comme une confidence pour enfoncer le clou, il a ajouté que « 2017 se jouera sur la bataille culturelle et identitaire». Rien de mieux pour masquer son effroyable bilan, les millions de chômeurs, la colère sociale, le creusement des inégalités, les scandales financiers qui n’épargnent pas les cabinets ministériels. Rien de mieux pour attiser les braises du vote extrême qu’il espère piteusement convaincre ou susciter, c’est selon, en reprenant les arguments nauséabonds relayés par les « unes » infamantes de quelques organes de presse.

La mobilisation exemplaire contre la loi travail qui redouble d’intensité, la conscience de plus en plus partagée d’une rapacité oligarchique sur les richesses produites par chacune et chacun, peuvent déboucher sur un sursaut civique, politique, populaire pour l’égalité vraie, comme en témoigne le mouvement autour de la  « Nuit Debout » qui essaime sur de nombreuses places dans le pays.

On y débat de tout autre chose que de la question du voile ou d’une prétendue « emprise salafiste » sur les cités populaires. Au cœur des discussions, tout simplement, la recherche d’un présent et d’un avenir communs, dignes d’êtres humains que nous sommes. C’est une promesse d’avenir !

9 commentaires


PERON 13 avril 2016 à 15 h 46 min

pour diffuser au plus grand nombre possible et sans limitation

Colombe 15 avril 2016 à 4 h 02 min

EGALITE
Sur les frontons des édifices publics il est inscrit : LIBERTE EGALITE FRATERNITE . On constate que dans la société libérale que nous vivons , la liberté de quelques uns pèse bien plus lourd que EGALITE et FRATERNITE ,sans etre égalitariste il faudrait que la balance soit mieux équilibrée.
Lors de la création de la 1ere République la Marianne etait représentée les yeux bandés pour montrer son impartialité et elle tenait dans une main une balance en équilibre et le triptyque : LIBERTE EGALITE FRATERNITE ,a consommer sans modération pour aller vers une République sociale.

Colombe 16 avril 2016 à 4 h 00 min

Mr MACRON ,ni droite ni gauche ,rien de nouveau sous le soleil ,c’est la 3eme voie … a droite toute.

Le.Ché 16 avril 2016 à 9 h 10 min

L’orgie financière, c’est avec ça qu’il faut en finir pour cela la solution c’est de socialiser les banques et les grands groupes financiers, ce que je dis ne vient pas de moi, même si je suis d’accord, mais de Eric Toussaint du CADTM celui qui a fait l’audit de la crise financière en Grèce.

chb 17 avril 2016 à 20 h 52 min

Il est aussi du ressort de l’état de mettre les poings sur les i de l’optimisation fiscale. Car les procédés de contournement qui privent le budget du pays de milliards chaque année sont souvent légaux ! Malheureusement le gouvernement « de gauche » ne s’y est pas attelé. Au contraire ! Sûr qu’on ne va pas attendre de l’ennemi-de-pacotille-de-la-finance qu’il socialise la haute finance.
Du coup, les révélations des Panama papers (très partielles, s’agissant d’un unique cabinet, et de renseignements filtrés encore) pourraient ne donner lieu qu’à peu de redressements.

alain harrison 20 avril 2016 à 5 h 36 min

Bonjour.

«« à assigner les peuples à l’austérité à perpétuité »»

Et L’UE est le maître des geôliers.

L’UE à organiser la plus grande expropriation de l’histoire, et la Grèce est le premier.
En Amérique Latine, il y a le symbole du bateau exproprié par les fonds vautours, le FMI a-ti-il joué le rôle du huissier ?

Les fonds vautours font payer l’Argentine – Le Monde
http://www.lemonde.fr/…/les-fonds-vautours-font-payer-l-argentine_1782994...
30 oct. 2012 – Les fonds vautours font payer l’Argentine … par la spectaculaire saisie, le 2 octobre du navire-école argentin, la frégate « Libertad », à la suite du ….

En tout cas ils nous montre le chemin à suivre, sans état d’âme.

Mais il faut réveiller le peuple, et on ne réveille pas l’ours qui a dormi tout l’hiver n’importe comment, n’est-ce pas !

Le réveille ne peut se réaliser que méthodiquement, et d’abord il faut trouver les points litigieux qui peuvent permettre ce réveil.

En confrontant les mensonges du néo-capitalisme sauvage avec les vérités des solutions.

Et ce systématiquement et à répétition.

Répétez un mensonge suffisamment et il deviendra vérité.
Mais répétez une vérité suffisamment elle réveillera. Mais il faut que ce soit conséquent avec du concret. S’il manque du travail à cause du privé (menace de délocalisation,….), le démontré et présenté la démarche pour convertir le privé en coopératisme.
Le pays est en crise et pointe à l’horizon des menaces graves….
C’est l’état d’urgence économique et nous connaissons les causes.
Alors, au nom d’un intérêt supérieur à la démocratie, le gouvernement
émet le décret suivant, que toutes les entreprises qui ont un déficit, dette, ont délocalisé, paradis fiscaux, etc.. seront expropriées et remises aux travailleurs qui devront s’organiser en coopératives autogérées avec les mêmes standards jusqu’à nouvel ordre.

Ce nouvel nouvel ordre est laissé aux mains des travailleurs…..

Voilà une idée de réflexion.

Nous devons passer de la critique aux solutions, aux propositions citoyennes-travailleurs et cela dans tous les domaines, que ce soit la réorganisation des lieus de travail, des horaires….dans la hôpitaux, et bien c’est aux employés es de le faire.
le gouvernement est là pour exécuter les commandes des travailleurs, mais aussi de vérifier que des normes adéquates soient présentes.

Mais pour cela il faut un mouvement puissant de la société.

Un laboratoire serait possible.
J’appelle ça. la révolution en vacance, 2 semaines….
Prévoyez le lunch, les fêtes de cartiers et les débats,en convivialité, sur l’alternative.

La grande manifestation non-aristotélicienne

alain harrison 23 avril 2016 à 20 h 36 min

Pour sauve garder la liberté, il faut promouvoir et faire avancer l’égalité, qui, dans les faits, n’est-elle pas le socle des libertés. J’ai la même liberté que toi dans la mesure que je suis ton égal dans un respect mutuel.

Et, les lanceurs d’alerte nous dévoilent les coulisses de démolition des avancés sociétales, en quelque sorte.

Antoine Deltour ne doit pas être puni pour avoir révélé le LuxLeaks

Ce n’est pas aussi incroyable que cela en a l’air. Juncker, comme Premier ministre du Luxembourg, ne violait pas la loi de son pays quand il accordait des faveurs fiscales à chaque entreprise qui en demandait pour installer son siège au Luxembourg. Il ne violait pas non plus la loi européenne puisque celle-ci «« interdit l’harmonisation fiscale européenne »». En fait il se comportait comme un « bon élève de la classe », comme dirait Hollande en utilisant les ressorts de l’Union pour duper tous ses partenaires et faire de l’argent fiscal sur leur dos. Exactement comme le gouvernement allemand fait du dumping social sur le dos de tous ses partenaires et accumule les excédents commerciaux.

Mais Deltour est français. Que fait le grand président François Hollande dans cette affaire ? Rien, bien sûr, comme d’habitude. Mais alors quelle hypocrisie d’avoir affirmé au lendemain de l’explosion du « Panama papers » vouloir « remercier » et « protéger les lanceurs d’alertes.

http://melenchon.fr/2016/04/15/antoine-deltour-ne-etre-puni-revele-luxleaks/

La gauche progressiste et toutes les variantes des sous groupes marxistes devraient découpler leur revendication qui ont leur utilité dans une certaine mesure, mais en ce temps de chaos grandissant, devrait se tourner vers l’alternative, un vaste consensus sur les grandes lignes de cette alternative.

Alors, quelles seraient ces grandes lignes.
Sans consensus…..KAPUT….Et sans initier l’organisation des travailleurs-citoyens, par et pour les citoyens-travailleurs, comme maître d’oeuvre sous forme de comités citoyens, sous-comités travailleurs et les satellites citoyen-travailleur à temps partagé, que les activistes, les militants et les syndiqués devraient mettre leurs énergies à initier ce mouvement. Ils ont de l’expertise, peuvent faire de la pédagogie…..Et le temps est le nerf de la guerre.
Quelque chose de durable, de continue…..pas un feu de paille qui est le fait, trop souvent, des manifestations, dont les avancés spectaculaires, qui parfois ont un effet décisif…., sont perpétuellement érodées par le principal représentant des intéressés (MEDEF, OMC..), l’état de droit qui fait les lois et les décrets…
Pensons l’alternative.
Mais la concevoir…….
Développons le réflexe des solutions pour sortir du labyrinthe des réactions.
Distinguer les causes des effets

alain harrison 23 avril 2016 à 21 h 01 min

Uns petite dérive vers la méditation.

«« Pour sauve garder la liberté, il faut promouvoir et faire avancer l’égalité, qui, dans les faits, n’est-elle pas le socle des libertés. J’ai la même liberté que toi dans la mesure que je suis ton égal dans un respect mutuel. »»

Mais quel serait la clef du respect.
Ne serait pas dans le fait d’ « aimer » la Nature, d’un certain émerveillement devant la feuille d’automne qui tombe tourbillonnante…..

Apprenons à nos enfants à s’émerveiller devant la chenille à fourrure, devant la fleur parfumée, devant l’arbre se déployant dans l’espace, les oiseaux évoluant…..

N’est-ce pas le devoir de l’adulte devant l’enfant.

Aimer la Nature, ne serait pas le véritable chemin vers l’intimité humaine et le respect de l’autre ?

alain harrison 23 avril 2016 à 21 h 06 min

Quelles sont les dimension du véritable révolutionnaire, ce mot porte tout son sens quand on prend la mesure de l’Évolution Naturelle. toujours en marche. Le néo-capitalisme est la porte qui se referme, pour la déverrouiller, il faudra trouver la clef.

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