De la fourche à la fourchette !

le 26 février 2013

Derrière la belle vitrine du salon de l’agriculture, il y a des vies quotidiennes cachées. Celles d’un travail paysan dur, peu rémunéré, des vies usées, brisées par la baisse des revenus dans certains secteurs, l’endettement, le surendettement, les faillites et les expulsions, des normes imposées par les autorités européennes qui par ailleurs autorisent et favorisent des produits agricoles concurrent, ne répondant à aucune de celles qui sont ici imposées. C’est le libre échange intégral qui tue l’élevage porcin ici et permet d’importer des porcs canadiens bourrés d’antibiotiques.

Dans la mondialisation capitaliste, l’acte si utile, si valorisant, si noble de produire des denrées alimentaires est perverti pour faire de la production agricole et alimentaire une marchandise comme une autre, alors que l’acte productif est un acte créatif sans cesse renouvelé. C’est l’alliance du travail et de la nature qui donne goût et saveurs aux vins comme aux fruits, aux viandes ou aux légumes.

Dans agriculture, il y a culture. Or, les docteurs en capitalisme qui ont imposé au monde les ordonnances de « la concurrence libre et non faussées, font de l’Europe « un marché ouvert où la concurrence est libre », se moquent autant du travail, de l’agriculture et de la culture. Pire, ils les sacrifient sur l’autel de l’argent roi. Leur problème est le taux de profit maximum. Pour cela, peu leur importe que chaque jour deux agriculteurs soient conduits au suicide, d’autres à des souffrances sans fin, dans le silence des campagnes.

Peu leur importe qu’on place sur les étals des supermarchés du poulet à la dioxine, du poisson élevé aux farines animales, des fruits importés du Chili, traité cinq fois, ou qu’on remplace la viande de bœuf par du cheval. Les céréales, les viandes, le coton, le café et tous les fruits du travail paysan sont devenus objets de spéculation. Mieux, des fonds bancaires et financiers se rachètent et se revendent des secteurs entiers de l’industrie agroalimentaire et de la distribution. Findus c’est le fond financier « Lion capital » et Doux est propriété de la banque Barclays. Tous ceux là considèrent que les gens continueront de manger. Peu importe quoi d’ailleurs !

L’alimentation est donc pour eux un produit « une marchandise » d’avenir avec laquelle on va pouvoir faire beaucoup d’argent en surexploitant le travailleur paysan, en les mettant tous en concurrence entre eux et si besoin en achetant eux-mêmes des terres, des cheptels, en concentrant les productions pour faire des « économies de coût », quitte à détruire des territoires, des emplois, des vies, sans hésiter à mettre en cause la qualité des aliments.

Voilà ce que produisent sous nos yeux, en ce moment même, les lois du « libre marché », sanctifié dans les traités européens. Celles-ci cachent en vérité la perte de liberté des travailleurs-paysans, des risques énormes pour la biodiversité et l’insécurité du consommateur dont le pouvoir d’achat est sans cesse raboté par l’austérité salariale et par la mise en cause des services publics et des mécanismes de protection sociale.

C’est aussi le sens pris par l’actuelle « réforme » de la politique agricole commune dont on se demande pourquoi elle ne fait l’objet d’aucun débat public. En vérité, il n’y a pas de réforme. Il n’y y a malheureusement qu’une tentative d’adaptation toujours plus grande et permanente de l’agriculture aux normes de l’ultra-capitalisme sauvage : refus de créer des prix minima intra-communautaires, refus du plafonnement d’aides publiques et d’une nouvelle répartition des crédits publics en faveur de l’emploi, des territoires et de nouveaux systèmes de production préservant la nature, refus de protection aux frontières avec des visas sociaux et environnementaux, refus de lancer un plan protéine européen, refus de soutenir des système de rotation des cultures et de valoriser les prairies permanentes pour améliorer la biodiversité, la qualité et la fertilité des sols, la préservation des ressources en eau. Baisse à terme des budgets octroyés à la politique agricole européenne. Refus de toute initiative européenne contre la spéculation sur les matières premières agricoles. Bref, c’est une « contre réforme » au service des plus puissants et de la concentration agricole. Au bout du compte, c’est le modèle agro-industriel qui s’imposerait.

L’occasion de ce salon aurait pu être celle d’un nouveau débat sur un enjeu essentiel qui concerne chacune et chacun : celui de l’alimentation, de sa qualité et des moyens nouveaux de produire, combinant progrès social et progrès environnemental. C’est une nécessité vitale. Un enjeu d’intérêt général pour toutes et tous, de la fourche à la fourchette.

 

entetelaterre

0 commentaires


Clara 26 février 2013 à 14 h 03 min

ça me plais cette écrit

Gilles Baron 27 février 2013 à 8 h 16 min

Dans la »vache folle »il y avait des »farines animal »c’est à dire de la viande
transformée,à des herbivores.Des médIcament aux effets indésirables
pour éviter des réactions en chaînes.Pourtant il existe un médicament,il
est « ColloÏdal »(voir ce mot)cet argent soigne,guérrit,animal et humain,
mais que l’industrie pharmaceutique refuse.Et pour cause,toute son entreprise,en Inde(par exemple)diminurait son chiffre d’affaire.Sachez
que ce « Produit est utilisé par la »NASA,et tout ceux qui vont dans l’espace,dans l’eau de boisson,pour la toilette.Garrantie naturel à100%
sans effets indésirables.Merci
Gilles

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