Ce 22 mars, un début…

le 21 mars 2018

Les 161 manifestations de retraités qui ont irrigué l’ensemble du territoire semblent montrer que la tentative du pouvoir macroniste de mettre en concurrence les retraités avec les actifs commence à faire long feu. Ces mouvements renforcent ceux des personnels des EHPAD et des hôpitaux exsangues, des élus qui refusent qu’on leur serre la vis autoritairement, des travailleurs de l’énergie, des étudiants et bien d’autres encore.

De plus en plus nombreux sont ceux qui mesurent que l’offensive contre les uns ne sert qu’à préparer celle contre les autres et, qu’au bout du compte, c’est un remodelage régressif de La France qui s’accélère au rythme effréné des contre-réformes et des privatisations.

L’entreprise de division, palpable dans chaque attaque du pouvoir, est l’ennemie mortelle contre laquelle il va falloir se dresser avec la force des arguments et la patience du débat serein. Elle est le poison instillé chaque jour par une majorité écrasante d’éditorialistes et les porte-paroles gouvernementaux pour tenter de retourner l’opinion publique contre les cheminots, les retraités et tous ceux qui manifestent leurs désaccords.

Pour que ce système au service de l’argent-roi se perpétue, une nouvelle et décisive brèche contre le droit social est engagée. Les syndicats ont d’ores et déjà réussi à gagner une précieuse et historique unité. Et c’est dans l’unité qu’ils inaugurent une nouvelle forme d’action pour tenir le mouvement dans la durée, d’avril à juin, avec des grèves hebdomadaires de deux jours sur cinq. Il s’agit d’un plan de bataille ambitieux et audacieux dans un contexte difficile pour les forces syndicales et sociales, qui va nécessiter la solidarité accrue de nos concitoyens et le dévouement des militants.

Les défis auxquels la SNCF est confrontée n’ont pas grand-chose à voir au statut de ceux qui y travaillent mais avec la vie des territoires, de l’environnement, la sécurité, la possibilité de se déplacer partout à un prix raisonnable. Le code du travail des cheminots n’a strictement aucune incidence ni sur la dette du système ferroviaire, ni sur le sous-investissement chronique qui cause aujourd’hui tant de dysfonctionnements et de colère chez les usagers. Faire porter là le débat est une manœuvre de diversion et de division. Il s’agit de  faire accepter que notre système ferroviaire, dont nous sommes tous les propriétaires et qui a été financé par des générations de travailleurs, d’usagers et de contribuables, soit bradé à la découpe à des groupes privés qui s’aiguisent les dents dans la perspective de l’ouverture à la concurrence  du rail prévue en 2019.

Le principe du statut est attaqué car il est un obstacle, pour les firmes transnationales, à la mise en concurrence de leurs salariés devenus de simples variables d’ajustement dans la course au taux de profit maximum. A l’opposé, le statut inhérent au service public est une garantie pour les usagers et la société en son entier.

C’est le point saillant qu’il convient d’expliquer à nos amis, à nos collègues, nos familles. Laisser casser le statut des cheminots, conquête sociale centenaire qui a servi d’aiguillon à toutes les luttes pour les droits, l’élévation du niveau de vie et des conditions de travail de toutes et tous, reviendrait à dégager le terrain pour que soit attaqué celui de la fonction publique puis le système de retraite et  l’ensemble des protections sociales dont bénéficient encore, mêmes sérieusement amoindries, les travailleurs du pays, afin de les réduire à l’état de simples fantassins dans la guerre économique qui s’intensifie au profit d’une infime minorité d’accapareurs. Les suites de la journée d’action du 22 mars nous concerne donc toutes et tous !

D’autant que la besace du Président est pleine de contre réformes régressives pour finir de plier la France aux sordides canons du capitalisme en crise. Les retraites, la sécurité sociale, le patrimoine public, les participations de l’état dans les grands groupes, représentent une manne colossale pour un capital avide de gaver ses actionnaires. Cette violence antisociale se combine avec une inédite régression démocratique. Pour parvenir à ses fins, le Chef de l’Etat a besoin d’affaiblir le rôle des maires, de modifier la Constitution pour limiter le poids des élus, et de faire trébucher le mouvement syndical. C’est la démocratie qu’il veut travestir. Tenter d’humilier les cheminots est un point de passage pour s’en prendre à la classe ouvrière, au monde du travail et de la création tout entier.

L’enjeu est donc colossal. La bataille s’annonce longue. Elle peut être l’occasion d’un large et vrai débat qui mettrait à nue les arguments fallacieux du gouvernement et du patronat. C’est la raison du pari risqué pris par M. Macron de passer une nouvelle fois par la procédure antidémocratique des ordonnances : tuer dans l’œuf toute forme d’intelligence collective, empêcher les débats publics. Le temps du débat est un moment indispensable pour contribuer à ce que le pays prenne conscience de ce qui se joue, pour son présent et son avenir, dans l’affrontement recherché par le gouvernement.

Il sera d’autant plus productif en se plaçant résolument du côté de la profonde et nécessaire transformation de la SNCF et des autres services publics. Les arguments sociaux, politiques, écologiques ou de sécurité publique ne manquent pas. L’heure est à les faire connaître.

7 commentaires


Moreau 21 mars 2018 à 20 h 21 min

La possibilité de se déplacer partout à prix raisonnable ne doit pas disparaître, au contraire. Elle correspond à un des droits de l’Homme pur la liberté de circulation, de mobilité ; de chacune et de chacun en situtation qui nécessite d’utiliser des transports en commun. L’application des droits de l’Homme et du Citoyen est indispensable dans toute société du vingt et unième siècle.

Moreau 21 mars 2018 à 20 h 34 min

Les transports en commun ferroviaires sont économique et sont très bon, ce sont les meilleurs transports en commun. Le mot Egalité a tout son sens,il rime avec société, sinon ça ne sert plus à rien du tout de pays des impôts et des taxes.

Moreau 23 mars 2018 à 21 h 59 min

Monsieur Macron a plus tort que raison face à cette grève et il s’avère qu’il est dangereux car c’est lui le président, le grand responsable.
Des économies dans les bons services publics oui (par exemple économiser un train ou plus à l’heure dans les mégapoles) ; des destructions de lignes de chemin et de fer et de gares Non : la province a besoin de plus de transports en commun ferroviaires si les grandes villes en ont trop.

ATTENTION DANGER : Il faut dans les grandes villes penser aux petits enfants qui ont besoin de la présence de leur nourrice, et aux nourrices qui doivent impérativement arriver à l’heure et qui n’ont pas d’autres possibilités que les lignes.

La mise en danger de la vie humaine est très grave. Je dis bien, la mise en danger de la vie humaine est très grave. Monsieur Macron crée une situation très grave qu’aucune politique humaine ne peut justifier, et madame Pécresse ferait mieux de penser à la vie des petites enfants, parce qu’elle en est presque autant responsable que monsieur Macron. Elle est présidente d’un conseil général.

Tout ça fait très peur, la parité ne change rien, les responsables politiques font très peur. Le pire peut arriver avec eux. Le mieux serait que les syndicats arrivent à convaincre rapidement afin d’éviter tout accident fatal dû à ce genre de grève pourtant bien républicaine. Les Riches qui ne pensent qu’aux Riches sont vraiment trop indifférents à la vie du Peuple, ils n’ont pas peur de mettre des petits enfants en situation difficile, dangereuse peut-être. La vie du Peuple !

Moreau 24 mars 2018 à 0 h 06 min

Je fais une modification de mon précédent commentaire, madame Pécresse est présidente du conseil régional bien sûr. Madame pose un problème d’économies possibles à faire dans le service public SNCF, sans apporter une seule réponse pertinente pour la simple raison qu’elle n’est pas plus compétente pour les services publics que l’était monsieur Sarkozy auquel elle fait référence en flattant ; la première mesure est de ne pas faire circuler plus de trains que nécessaires à l’heure, mais madame Pécresse devrait réfléchir aussi avant de mettre trop de bus électriques dans sa région ! Business is business, oui, mais ce sont les gens qui ne sont pas riches qui souffrent du mauvais business.

Paris arrête de détruire la Province ! Je m’insurge sans même savoir exactement quelles lignes et quelles gares dans un projet non présenté aux gens du Peuple seraient détruites, entre 4000 et 9000 kilimètres de lignes de chemin de fer, l’information est très imprécise mais dans l’intention qui est illégitime parce que la république ne doit pas et ne peut pas être détruite si la constitution est respectée.

Paris arrête de détruire la Province ! Paris pense à la vie du Peuple !

alain harrison 27 mars 2018 à 9 h 40 min

Oui, votre analyse est juste, mais vos réponses sont faibles.
Et vous tourner en rond. C’est un constat à partir de tout ce que j’ai lu, en vous suivant depuis plusieurs années. De bonnes intentions, mais toujours des demis mesures, demis réponses…

Vous devrez faire des choix tôt ou tard, rester au sein de l’UE comme député ou bien, prendre le risque de participer aux prochaines élections de votre pays, la France, et vous présentez résolument pour le combat de la Liberté, de l’ Égalité et de la Fraternité afin d’assister l’Europe des Peuples.

La Constituante de Peuples
Le nouveau Pacte Social
le nouveau paradigme économique

La situation actuelle impose une réflexion profonde, pour cesser de succomber à la confusion institutionnalisée que relais continument les médiats démagogiques. Et l’histoire est assurément le terrain fondamental, dans la mesure qu’est saisi sans faux semblant la nature et les effets néfastes du phénomène de l’exploitation de l’Homme par l’homme, le véritable satan dont les dommages collatéraux sont bien documentés à travers l’histoire de l’humanité et dont il faut mettre un terme. Aujourd’hui plus que jamais.

Un texte (historique) synthétique qui met en relief le modus operandi de toujours (le continuum).
Crime contre l’humanité, l’ultime retour des barbares.

Et lus près de nous un plan d’affaire, purement machiavélique. Qu’est devenu la Grèce, le peuple Grecque voué à l’opprobre UE (un système ou un projet social ?).
Vous n’avez pas pris en compte le document:
Qui sauve qui ? (CADTM).

Voyons un peu le projet US.

Voici trois commentaires (qui se suivent). Extraits

1.
eau-du-robinet 23 mars 23:18
Bonjour,.
Pourquoi les États-Unis ont besoin de la guerre ?
Regardons l’histoire ….
Corée, Vietnam, Cambodge, Irak, Libye, Syrie, Yémen….Pour quelle raison les U.S sont-ils en guerre depuis plus d’un demi-siècle et pourquoi les Américains soutiennent-ils l’agenda militaire U.S ?.
Il est incontestable que la Grande Dépression en Amérique n’a pris fin qu’à cause et pendant la Seconde Guerre mondiale. (Même les plus fervents admirateurs du président Roosevelt reconnaissent que sa politique du New Deal n’a apporté que peu de réponses aux problèmes évoqués.) La demande économique s’éleva de façon spectaculaire lorsque la guerre qui avait commencé en Europe et dans laquelle les USA n’ont pris aucune part active avant 1942 permit à l’industrie américaine de produire du matériel de guerre en quantité illimitée. Entre 1940 et 1945, l’État américain allait dépenser pour plus de 185 milliards de dollars en matériel de ce type et la part de dépense en matériel militaire du produit national brut (GNP) allait passer entre 1939 et 1945 d’un insignifiant 1,5 % à environ 40 %.

2.
Kent 24 mars 07:38
@eau-du-robinet
Merci pour cette explication synthétique et cohérente.Peut-être ai-je lu trop vite, mais le mécanisme exposé ne fait pas apparaître un élément important de la chaîne économique :…
……en se demandant où était passé le capital qui ne s’investissait plus dans l’économie américaine pour financer l’achat des machines, des ateliers, des matières premières, et assurer la paie des salariés en attendant les premières ventes.

3.
eau-du-robinet 24 mars 11:47
Bonjour Kent,.
Merci pour votre commentaire constructif.
 » … il parait nécessaire de compléter en se demandant où était passé le capital qui ne s’investissait plus dans l’économie américaine pour financer l’achat des machines… »

Commentaires sur l’article
Les guerres américaines seraient-elles « légales » ?
par Kent
vendredi 23 mars 2018
Publié sur
Agovarox, fr/

Un survol synthétique que tous devraient lire.

Il y a des textes documents, que je qualifie de pare feux contre la confusion.
La confusion serait-elle devenue une politique de l’état de droit (de qui ?).
Trump le monarque de la réalité alternative. Pour être claire, de la fake news institutionnalisée et médiatisée en boucle (la PUB de la Pensée Unique bien ancré dans les moeurs d’une masse ( société saine société aliénée).

L’Histoire, la Préhistoire et l’Évolution naturelle nous informent maintenant. Mais, c’est à nous de participer à cette Révolution.
Il y a trois choses qui vont ensemble:
La découverte de l’Évolution naturelle, personne ne doit être priver de cette découverte.
La libération de la femme, un mouvement qui doit se renouveler.
La Constituante des Peuples, le nouveau paradigme de la révolution.

Nous avons deux pouvoirs et seulement deux:

La vue d’ensemble et le questionnement cohérent, sans compromis (attention aux conclusions hâtives).

alain harrison 6 mai 2018 à 21 h 09 min

Bonjour.

«« D’autant que la besace du Président est pleine de contre réformes régressives pour finir de plier la France aux sordides canons du capitalisme en crise. Les retraites, la sécurité sociale, le patrimoine public, les participations de l’état dans les grands groupes, représentent une manne colossale pour un capital avide de gaver ses actionnaires. »»

««« une manne colossale pour un capital »»»
Macron prépare la privatisation du chemin de fer, et la privatisation vise la bourse et tout ce que cela implique: la financiarisation ad nauseam.

Dans un autre cas, il y a les dettes (le cercle vicieux) des différents secteurs publiques.

Le groupe d’audit citoyen réclame la transparence sur la dette de l’assurance chômage
4 mai par Simon Perrin

«« Ce qui est un problème c’est que 90 % des titres de l’Unedic en France soient détenus par les marchés financier, puisque l’Unédic est poussée à émettre des obligations sur les marchés pour se financer. »»

«« Ce qui est un problème enfin, c’est que le recours aux marchés financiers a permis au patronat de maintenir à son plus bas niveau les taux des cotisations qui sont prélevées sur la richesse que nous produisons par notre travail, à nos dépens et au seul profit des banques, investisseurs et prestataires privés qui opèrent pour le compte de Pôle emploi et de l’Unédic et continuent de s’enrichir sur le produit de notre travail.
C’est pour toutes ces raisons que nous réclamons, ici et dans une lettre adressée à la Ministre du travail, aux Administrateurs, à la Présidente, au Directeur et au Directeur financier de l’Unédic, de faire toute la transparence sur un système de financement que nous considérons comme opaque, puisque les comptes sont contrôlés et audités par des cabinets tels que Deloitte et Ernst & Young, connus pour leurs pratiques frauduleuses et en position à la fois de contrôleurs et de bénéficiaires de l’assurance chômage via leur implication dans des prestations portant sur la transformation des systèmes informatiques de l’Unédic. »»
Sur le site de CADTM.

Un bon exposé sur la dette. À lire et à réfléchir.

alain harrison 6 mai 2018 à 22 h 00 min

Il y a un ensemble d’articles vérifiables qui expliquent l’état de la situation très problématique concernant le blocage de l’APPEL du changement réel et radicale que nous devons considérer.

Crime contre l’humanité, l’ultime retour des barbares, un contournable si l’on veut comprendre le modus operandi de la guerre.

Qui sauve qui ?__ pour comprendre les tenants et aboutissants de la crise de 2008.

Christine Lagarde : « Plus le monde va mal, mieux c’est pour le FMI »
Par Tyler Durden
Mondialisation.ca, 08 avril 2016
«« Voici la transcription d’une interview donnée en 2012 par Christine Lagarde à la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie, où l’on entend la présidente du FMI admettre que le Fonds monétaire international prospère dans les périodes où le monde “va mal” »»

Grèce : les Banksters ont gagné
par Cpt Anderson(son site)
lundi 13 juillet 2015
«« La Grèce a tout simplement été victime d’un attentat financier.
Les confessions de l’ex-assassin financier, John Perkins se retrouvent dans la mise à sac de la Grèce :
Pour l’essentiel, mon boulot consistait à identifier les pays détenant des ressources qui intéressent nos multinationales, »»
Sur Agovarox.

Pour ma part ces articles nous donne une bonne vue des engrenages criminels du complexe militaro-industriel-bancaire (le vrai pouvoir) ou le fondement du capitalisme marché-accaparement-profit, le nouvel ordre mondial inauguré par Busch. Le préalable: la dérèglementation Thatcher-Reagan ? Et une demande toute spéciale de JPMorgan: réclame des états autoritaires en Europe.

Le phénomène qui passe sous le radar est la multiplication des clones de placement et d’investissement, le phénomène de la fuite en avant.

La fuite en avant fait partie des mécanismes de défense courants. Beaucoup d’entre nous y ont recours au moins une fois dans notre vie, ce qui n’a rien de dramatique. En revanche, lorsqu’elle devient un « réflexe » systématique, elle peut entraîner de nombreux désagréments… Heureusement, il est possible de s’en sortir.

Définition de Fuite en avant : Conduite d’affrontement d’un danger redouté, qui s’observe essentiellement dans les névroses phobiques.

N’observons-nous pas ce phénomène au niveau du système économique financiarisé capitaliste ?

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