Sans médecin, c’est la fin !

le 26 novembre 2014

medecin greve

 

« Sans médecin, c’est la fin » ont scandé quelques mille manifestants dans les rues de Château-Chinon  dans la Nièvre pour protester contre le futur départ des deux derniers médecins  de leur cité.

 

Une pétition a été noircie de 5000 signatures. La situation professionnelle et familiale des deux médecins, seuls face à 6000 patients, les a conduits à jeter l’éponge. Comment vivre dans une ville sans médecin ?

 

La manifestation de la fin novembre de Château-Chinon fait suite à celle qui l’avait précédée au début du mois : plus de 300 agents du centre hospitalier ont défilé dans les rues de la sous-préfecture nivernaise contre des mesures d’économie aggravant leurs conditions de travail et les menaces de fermeture de l’établissement.

 

Château-Chinon, n’est malheureusement pas un cas isolé. Cette ville se  retrouve ainsi comme symbolisant la crise de la couverture sanitaire de notre pays. Une crise où, certes la ruralité a sa spécificité en terme d’éloignement et donc de risques, mais où les grandes agglomérations ne sont pas épargnées. Ainsi la région parisienne qui a connu entre 2007 et 2014 une progression démographique de 4% compte près de 6% de médecins en moins aujourd’hui qu’il y a sept ans. C’est là le résultat de politiques d’économies qui par le biais des numérus clausus (concours hyper sélectifs) en faculté de médecine, d’aggravation des conditions de travail, de non prise en compte de l’évolution démographique et des besoins sanitaires nouveaux, des évolutions positives de la médecine, tournent le dos à l’avenir et au progrès.

 

Contrairement à la vulgate répandue par les maîtres comptables de l’austérité et les gouvernements successifs notre pays ne dépense pas trop pour la santé de ses habitants.  11,7% des richesses produites y sont consacrés. Aux Etats Unis ce chiffre est de 17,9%. En Allemagne de 11,3%. Au Pays Bas de 12,4%.

 

Le principe de la couverture sociale, la sécurité sociale et la mutualité sociale agricole, les mutuelles en général, deviennent  pour les tenants de la société de l’argent de plus en plus intolérables. Pour  les puissances financières,  les critères de rentabilité deviennent l’aune unique à laquelle  elles comptent  mesurer l’efficacité du système de santé qu’elles veulent rendre à l’état de marchandises pour faire de l’argent. L’hôpital devrait devenir une entreprise comme une autre. La santé un marché.

 

Cette logique marchande doit être combattue avec la dernière énergie. Va venir en débat au Parlement, une  nouvelle loi sur la santé qui devrait remplacer la loi Bachelot qui, en 2009, avait érigée la norme comptable et les économies en principe directeur en éloignant un peu plus les personnels de santé de la direction des établissements pour que des gestionnaires, tout acquis aux critères de réductions des crédits publics, puissent imposer les sacrifices dont on mesure les dégâts.

 

Le nouveau projet de loi tel que nous le connaissons affiche certaines intentions louables comme la confirmation de la généralisation du tiers payant ou la reconnaissance de la condition de détresse généralisé pour les filles mineures leur permettant d’accéder à la contraception d’urgence. Pour  être réellement suivies d’effets  les moyens financiers, humains et technologiques devront suivre. Or, les politiques d’austérité barrent  la route à un redressement de la situation.

 

Alors qu’une large majorité de nos concitoyens  se prononce dans une enquête récente pour une « sanctuarisation » des dépenses de santé, ce sont  au moins 20 milliards d’euros, qui devaient servir à la protection sociale d’ici 2017, qui vont être retirés de cet objectif.  Pour quelle autre utilisation ?  Pour payer, aux dépends de la protection sociale, l’exonération de la participation des entreprises à la branche famille de la sécurité sociale dans le cadre de cette aberration gouvernementale  mal baptisée du nom de  « Pacte de responsabilité et de solidarité » Des mots pour faire une politique exactement contraire de ce qu’ils annoncent.

 

Ainsi austérité et logique marchande auraient vocation à se combiner en matière de couverture sanitaire, entraînant inévitablement un approfondissement des inégalités sociales et spatiales. L’obligation de la création des groupements hospitaliers de territoire, poursuivant les choix du gouvernement Sarkozy-Fillon est maintenue.

 

On pense aux ruptures que cela ne peut que provoquer dans les équilibres territoriaux de notre pays où les déserts médicaux deviennent des déserts tout court.  La réforme territoriale en cours dont nous avons écrit ici, qu’elle ne pouvait qu’aggraver les inégalités sociales et entraver le développement équilibré des territoires se verrait alors conforter dans ses effets néfastes.

 

Voilà des raisons bien suffisantes pour que toute notre solidarité aille aux habitants de Château-Chinon et à tous ceux qui à travers le pays  luttent pour que le droit à la santé soit non seulement reconnu  mais devienne effectif.   D’où l’urgence d’un vrai débat national impliquant tous les citoyens et les personnels des professions de santé pour une loi de santé publique et une démocratisation de l’organisation de la santé.

18 commentaires


Michel Berdagué 26 novembre 2014 à 11 h 38 min

Dans le plus que malaise dans la civilisation et culture cette société capitaliste est très malade .

françois plet 26 novembre 2014 à 11 h 43 min

bien d’accord avec cet article !
sur un point, mais non négligeable : il me semble que, effectivement, un « assouplissement » – le mot est faible – du numérus clausus devrait permettre d’ouvrir les carrières médicales à un nombre plus important de jeunes
mais aussi, si cela demande aux politiques un courage dont ils ne font guère preuve, dans tous les domaines ( leur projet essentiel étant, non pas la réponse aux besoins du pays, mais les manoeuvres pour se faire réélire )l’instauration d’une sectorisation des ouvertures de cabinets et maisons médicales, par département,la question de la satisfaction des attentes et besoins de la population étant prioritaire ; un certain nombre de professions répondent à cette organisation ( pharmacie, notaires… ), sauf erreur

RABOTOT Robert 26 novembre 2014 à 11 h 46 min

Non aux déserts médicaux, comme le dit Michel: » cette société capitaliste est très malade » mais ce sont les patients qui sont délaissés, tout particulièrement les personnes âgées. Il faut interpeller sans plus tarder, la Ministre de la santé.

Le.Ché 26 novembre 2014 à 13 h 36 min

Il y a une solution simple pour couvrir la population française contre
la maladie c’est de fonctionnariser la fonction de médecin et là on est sure de trouver un médecin près de chez soi, normalement c’est ce que devrait mettre en place un gouvernement de « gauche » et il n’y aurait plus de problème pour notre peuple.
Évidemment nous attendons toujours un « vrai » gouvernement de « gauche ».

breteau jean claude 26 novembre 2014 à 15 h 01 min

Il faut voir le bon coté des choses ,les vieux ,dont je fait parti,créveront plus tot , c’est tout boni ,pour les caisses retraites.Car c’est ainsi que résonnent les énarques .Plus vite mort ,égale économie .Bon ,nous ne sommes pas obligés de souscrire à la macabre philosophie des salauds qui gouvernent.Habitant dans le milieu rural ,le constat est accablant ,des luttes sont menées ,localement .Le probléme c’est que 50 millions de français sont victimes de la vie chére ,du chomage,de la dégradation de l’environnement,de la casse ,à grande échelle des services publics,du foutage de gueule des ministres de « léducation »,et tout le reste transport ,racket sur les factures d’eau,smic au plus bas et méme parfois plus bas que bas.Certe la division orchestrée par les pseudo-sociaux compliquent la tache en France,pourtant dans de nombreux pays ,des gréves générales sont décidés ,avec des syndicats peu révolutionnaires ,bloquons l’économie qui rapporte tant ,et l’on verra s’ils tiendront longtemps Hollande,Valls,et Macron ,les félons.

henri bonnet 26 novembre 2014 à 16 h 02 min

certains disent que le capitalisme est malade,il ne l’est pas il est triomphant tout ce qu’il préconise se met en application,aujourd’hui on parle de désert médicaux ,il préconise le désert tout court pour une rentabilité maximum,la fin de l’état pour supprimer tous les services publics tout ceci avec le consentement de la droite et de la gauche.
On a accepté la création de l’europe pour éviter les guerres ,aujourd’hui on ne meur pas sous les balles ils nous font mourrir de faim.
si nous ne mettons pas fin a l’europe il ne faudra pas s’étonner des conflits futurs

Michel Berdagué 26 novembre 2014 à 17 h 31 min

En disant que la société est très malade je faisais référence à ce que le capitalisme de production et le capitalisme financier décrit par Lénine , dans son : Impérialisme …décrivait que ce capitalisme allait s’ étendre et nous conduisait aux guerres .En fin 2014 , la société capitaliste est devenue une société impérialiste financier privé qui est même malade de son système qui en pleine folie accumulze des bulles énormes qui grossissent tous les jours et nuits prêtes à exploser . Cette folie qui en effet est en a

Michel Berdagué 26 novembre 2014 à 17 h 50 min

…est en apparence triomphante est d’ une telle gravité genre phase terminale qu’ aucun Keynes et Tobin et autres régulateurs voulant apaiser les incroyables effets en taxant le capital et conserver le système exploiteur en régulant la spéculation qui draine des plusieurs milliers de milliards qui ne vont en aucune façon dans l’ économie réelle , ces « régulateurs » ou réformistes ne peuvent apaiser en aucune façon , puisque la machine infernale leur donne la manne financière . Le plus que malaise de ce système capitaliste/impérialiste est la cause de cette maladie que nous subissons tous et toutes , le Peuple , le Prolétariat et sa classe ouvrière? les effets sont terribles gels des salaires voire baisse , chômage qui augmente , casse intensive de tous les services publics , le TISA en action mondiale , et la Santé en France où notre système de Sécurité Sociale et dans le viseur des rapaces privés pour la privatiser .Il n’ y a qu’ une guérison possible c’ est l’ Alternative démocratique à tous les niveaux , la propriété collective des grands groupes avec gestion du personnel , la création des SCOP et coopératives , et le Pôle Public financier et bancaire avec les banques nationalisées mais surtout pas comme en 1981 où les directions étaient très formatées ultra libérale . Là nous pourrions ne plus être dans ce malaise permanent imposé par ce capitalisme  » triomphant  » et malade en phase terminale .

ray mchel 26 novembre 2014 à 17 h 17 min

résident dans le secteur de chateau chinon je suis concerné au premier chef

oui on va au désert médical mais pas seulement nous connaissons aussi le désert industriel dim délocalisé en roumanie, semelles morvan faillite, imprimerie de l’armée déménagée, société aaron liquidée après avoir englouti des aides de la collectivité, tout cela représente plusiers centaines d’emplois

sur le secteur le ps raigne en maître absolu, mairies, conseil général, députés,qu’on fait tous ses élus durant les deux dernières décénies?

tout est décidé dans le secret par des bureaucrates et certains syndicats acquis à la cause du systhème, il est temps que la population s’en mêle en espérant qu’il ne soit pas trop tard

Lévy Pierre 26 novembre 2014 à 17 h 51 min

Evidemment, tout cela se situe dans la grande démarche mondiale « incontournable » (« TINOS »= « There is no other solution= « Y a pas d’autre solution ») de la « réduction du prix (de la force) du travail ».
La conséquence logique de cette géniale stratégie est que ceux qui voudront quand même conserver leur santé devront autant que possible le faire d’une manière ou d’une autre plus directement à leurs frais. Ce sera, soit au plus cher en moyenne, en puisant dans leur épargne (dans les limites de celle-ci), soit encore plus catastrophiquement en s’endettant, soit plus prudemment en souscrivant une assurance privée. Se basant sur une population plus réduite que ce que certains appellent abusivement « l’Etat Providence », le coût de revient technique de cette protection sera nécessairement plus élevé, voire beaucoup plus élevè. Mais il faudra y ajouter le profit de l’organisme financier offrant l’assurance, qui dans la conjoncture mondiale actuelle, ne pourrait se contenter d’un taux inférieur à 14 ou 15 %. L’argent employé à cet usage ne pourra évidemment pas être employé à autre chose, ce qui ne pourra faire autrement que de réduire la demande correspondante. A terme, le prix de toute marchandise devant s’ajuster à sa vraie valeur, il devrait en résulter une hausse du prix (de la force) du travail très nettement supérieure à la diminution visée. En tout cas, d’une façon générale, en faisant abstraction des problèmes humains dont l’économie capitaliste n’a en principe aucun souci, le résultat financier le plus probable sera un glissement du capital, au profit des assurances et au dépens des autres activités. C’est peut-être ce qui est voulu, au moins, ce qui peut se comprendre, par les compagnies d’assurances? Cela, bien entendu, dans l’ambiance d’une concurrence libre et non faussée.

vultaggio-lucas 26 novembre 2014 à 19 h 41 min

Depuis 1970, l’instauration du numerus clausus diminuant le nombre d’étudiants pouvant être admis en seconde année de Médecine, le nombre de médecin ne cesse évidemment de diminuer, surtout que les départs à la retraite ont été proportionnelles au nombre important mais nécessaire, des médecins ayant atteint 65 ans. Mr Matteï avait affirmé sur France Inter, un matin d’Avril, lorsqu’il était ministre de la Santé, que le dogme économique libérale selon lequel l’offre créait la demande, à l’origine du numerus clausus de 1970 puis de la « rationalisation » ou plutôt du rationnement du nombre d’étudiants en Médecine pouvant étudier une spécialité médicale, chaque spécialité ayant aussi un nombre de postes « rationné », était une erreur, vire un non sens car les règles économiques {éventuellement] valables dans le domaine du commerce, ne l’étaient pas dans celui de la Santé quoiqu’en ait pu dire Mr De Kervasdoué « de quelque chose en plus », lorsqu’il conseiller au ministère de la Santé avant de créer sa « petite entreprise » d’audit des hôpitaux pour y administrer la « bonne parole anglo-saxonne » néolibérale.

sybil 26 novembre 2014 à 20 h 01 min

IL ne nous reste plus sans sécu et plus de vieillesse qu’à faire comme le malade imaginaire!

Retta 18 mai 2017 à 1 h 10 min

Jeg købte en ring på Esirtp, men den var gået i stykker da jeg fik den Ofte tæller jeg hvor mange timer jeg når at sove, inden jeg falder i søvn! hæhæ Mine venner siger ofte, at de griner mere over mit grin, end det jeg siger

Édith Rappoport 26 novembre 2014 à 20 h 40 min

Je constate aussi le même problème en Franche Comté où mon mari travaille. Son médecin traitant à Blamont va prendre sa retraite, il ne sera pas remplacé. Avec les attaques indignes contre la Sécurité Sociale, comment les gens vont ils pouvoir se soigner ? Il y a de l’argent, il faut le prendre là où il est, pas dans la poche des plus démunis.

DOMART Jean-Marc 26 novembre 2014 à 21 h 30 min

Mais oui on a un gouvernement qui prend des mesures « courageuses ». Quel courage de s’attaquer aux femmes enceintes, aux malades et aux personnes âgées!
Dans le pays des « Chicago Boys » de sinistre mémoire, et aux dîners du Siècle, on appelle pas çà de la lâcheté, mais de l’ « efficacité », Lagarde et Macron peuvent en témoigner sur le plan pratique, d’autant qu’ils se sont rencontrés à la réunion Bilderberg du 29.5 au 1.6.2014 à Copenhague. Donc, pas d’économie sur les largesses au patronat prises sur nos impôts, mais nous mettre à la ruine et nous empêcher de nous soigner, ce sera bon surtout pour les profits de l’oligarchie. On le sait, les assurances guettent avec appétit le pactole de la Sécu dont, pourtant le gouvernement fait tout pour amaigrir les ressources. De l’argent, il y en a pour la santé, si on réduit les coûts … ceux des cadeaux au patronat, si on contrôle sans complaisance les cliniques privées, les gros labos et les mandarins. Arrêtons les consultations privées dans les hôpitaux publics, les dépassements d’honoraires, les fermetures de services et d’hôpitaux publics, les « partenariats public-privé », réclamons des centres de santé (et non des « maisons » de santé) pour continuer à être soignés en secteur 1 et permettre aux jeunes médecins de s’installer et vivre correctement. Arrêtons aussi surtout de nous laisser imposer l’austérité par les eurocrates de Bruxelles pour payer une dette qui enflera toujours à mesure qu’on paiera. Au fait, Château-Chinon a eu un maire bien connu…

Michel Berdagué 27 novembre 2014 à 10 h 13 min

C ‘est vrai qu’ aux dires du sieur Gattaz les patrons sont en souffrance totale , d’ en avoir trop pour les gros et ceux des PME/PMI dépendant des gros, pas assez , voire en faillite. Pour Nous c’ est la case chômage et direction cliniques privées , dépassements d’ honoraires , dentistes inabordables comme les dentiers en céramique , ( les autres à éviter ) ou alors de s’ abstenir de tous soins . Que Vive le changement , l’ Alternative à tout ça et de retrouver la substance du Programme du C.N.R. inscrit dans le Préambule de 1946. Une bonne thérapie de choc :
Contre-semaine d’actions face au Medef
La souffrance de Gattaz : parlons-en !

breteau jean claude 27 novembre 2014 à 10 h 20 min

Hier soir ,j’en ai appris une belle (histoire)un camarade médecin ,ça existe, va devoir fermer son cabinet .Il ne peut pas le mettre aux normes ,ses locaux sont inadaptables.Et un médecin de moins dans le milieu rural .Il n’a pas le choix,pour exercer il va devoir rejoindre un cabinet médical en ville

pellizzoni 29 novembre 2014 à 20 h 51 min

ce gouvernement n’a rien de social, il est en train d’appauvrir la France, plus de médecins, plus d’artisans,plus d’agriculteurs,plus de petites entreprises, mais où va t’on,sans compter des milliers de chomeurs et des gens de plus en plus pauvres, il est temps que le président démissione au plus vite,et que les gens se réveillent mais il est vrai que dans la précarité bien souvent on se sent impuissant . Honte à tous ces profiteurs impitoyables

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