Ne nous laissons pas voler le changement

le 6 juin 2012

Comme nous ne cessons de le dénoncer depuis des mois, des forces puissantes s’acharnent à empêcher tout changement à gauche. A l’occasion des élections législatives, la droite sarkozyste se démène pour faire revenir ce qu’une majorité de nos concitoyens ont rejeté à la présidentielle. Le MEDEF, les autorités européennes, comme l’OCDE ou les services du ministère de l’économie se manifestent bruyamment. Les uns et les autres savent pourtant qu’ils ont contre eux la logique d’un scrutin qu’eux mêmes et le Parti socialiste ont placé dans la foulée de l’élection du Président pour lui donner les moyens de gouverner. Jamais cette logique n’a encore été démentie. En vérité, les adversaires du changement cherchent à affaiblir toute la gauche et l’écologie politique en les privant de l’atout indispensable pour réussir le changement progressiste que représente sa pluralité. Ils savent d’expérience que les puissances d’argent ont davantage de souci à se faire pour leurs privilèges quand la majorité de l’Assemblée nationale est représentative des différentes sensibilités qui historiquement constituent la gauche française que lorsqu’un seul parti monopolise le pouvoir. Les références sont multiples, mais la dernière en date est éclatante de vérité : sans les quatre millions de voix qui se sont portées sur Jean-Luc Mélenchon, François Hollande n’aurait pas été élu.

La gauche n’est forte que de sa diversité

Dès lors que le Parti socialiste permet à Europe-Ecologie d’obtenir un groupe de députés, cette pluralité nécessaire ne sera possible que grâce à un groupe important de députés du Front de gauche. Ceux-là mêmes qui n’ont jamais cessé de défendre les salariés, les retraités, les créateurs, les jeunes de leur circonscription jusqu’à l’hémicycle. Ceux-là mêmes qui ont vu juste sur la malfaisance des traités et des directives européennes au point d’avoir appelé à voter non aux traités de Maastricht et de Lisbonne. Récemment, à l’Assemblée nationale, ils ont refusé cette sorte de Fonds monétaire européen baptisé « Mécanisme européen de stabilité » (MES), malheureusement soutenu par une partie importante des députés socialistes. Demain, plus seront nombreux les élus du Front de gauche, plus seront grandes les chances de rejeter le dernier traité signé par M. Sarkozy et Mme Merkel, appelé « traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance » ou encore « pacte budgétaire ».

Face à la crise, il faut faire du neuf, intégrer les innovations contenues dans le programme «l’Humain d’abord»

La question est d’une extrême importance puisqu’elle conditionne pour une large part la possibilité ou non de faire entrer dans leur vie quotidienne les changements que nos concitoyens attendent depuis si longtemps. Mettre en œuvre ces textes aboutirait à conduire notre pays dans les situations terribles que connaissent nos voisins européens auxquels sont appliqués avec brutalité les « remèdes » qu’on voudrait nous imposer à perpétuité. Certes, leurs gouvernements changent, passant tour à tour de la droite au Parti socialiste, mais les mêmes politiques sont menées qui conduisent toutes dans le mur avec des souffrances insupportables.

Il faut donc faire du neuf. Ce ne sera possible que si la force qui s’est illustrée par les innovations du programme « l’Humain d’abord » participe pleinement et avec suffisamment de poids à l’élaboration des lois qui vont modifier le cours des choses vers plus de justice, de solidarité et de respect.

Ce qui se passe en Europe concerne directement la nature et le rythme des transformations à conduire chez nous. Or, nous assistons à la débâcle de l’Union européenne. La Grèce s’effondre et les milieux d’affaires l’enfoncent en demandant à sa population de souffrir en silence. L’Italie est étranglée, l’Espagne s’écroule. Les fuites de capitaux des pays du Sud s’accélèrent. Partout, les autorités européennes impulsent des programmes de « contre réformes » pour diminuer les salaires, augmenter le temps de travail et la flexibilité des emplois, faciliter les licenciements, réduire le rôle des syndicats.

La résistance s’impose face aux injonctions de la Commission européenne

Partout la crise s’accélère de plus belle et, loin d’en tirer la moindre leçon, la Commission de Bruxelles vient, dans une « recommandation », de déclarer avec un inqualifiable cynisme que « les plans suivis par l’Espagne sont pertinents mais manquent d’ambition ». Le même jour, cette même Commission, dont on doit rappeler qu’elle n’est pas élue, lançait à la population française des « recommandations – sommations » sous le code « COM (2012) 313, concernant le programme national de réforme de la France pour 2012 ». Ce texte est un oukase en faveur de la poursuite de la politique de droite avec le soutien du grand patronat. C’est le programme de l’anti-changement, celui là même qu’a défendu N.Sarkozy dans sa campagne électorale. Il appelle à réduire fortement les dépenses sociales et publiques pour équilibrer les comptes de l’Etat. Il insiste beaucoup sur la réduction des « dépenses », les seules recettes devant être trouvées par l’augmentation de la TVA et une taxe sur l’environnement. Il demande d’en finir avec le contrat de travail à durée indéterminée et réclame une législation pour faciliter les licenciements, tout en faisant pression sur le salaire minimum. Il faut encore reculer l’âge donnant droit à la retraite, tout en faisant des jeunes une main-d’œuvre à bon marché en les maintenant dans « l’apprentissage », en modifiant encore « les systèmes éducatifs » pour les mettre en adéquation avec les « besoins du marché du travail ». La Commission européenne appelle en outre à « intensifier la concurrence dans un certain nombre d’industries de réseau (marché de gros de l’électricité, secteur ferroviaire) ». Elle prône la diminution des salaires, invoquant « l’augmentation des coûts salariaux unitaires en particulier a pesé lourdement sur la rentabilité des entreprises françaises »… Mises en œuvre, ses injonctions ne serviraient que les intérêts des actionnaires et provoqueraient un appauvrissement général, un véritable recul de civilisation pour la majorité d’entre nous.

Bref, l’exact contraire du vote des Françaises et des Français qui auraient amplement mérité une réaction beaucoup plus ferme du gouvernement.

Nous devons constater avec regret que des ministres actuels ont déclaré que la France respecterait ses engagements, d’autres que le texte de Bruxelles ne concernait que le passé. Or il s’agit bien de peser sur les projets d’avenir. Face à un tel rouleau compresseur ultralibéral, la mobilisation populaire est indispensable, avec un rôle accru pour les organisations syndicales, associatives, culturelles  pleinement indépendantes. Il n’est pas indifférent que ce mouvement populaire puisse s’appuyer sur un haut score du Front de gauche et compter, au Parlement, sur de nombreux parlementaires issus de ses rangs, décidés à ne pas laisser la finance maîtriser le sort de l’Europe, de la vie des familles, dans le plus grand désordre et la violence anti-sociale qui se prépare.

Disons-le franchement, le simple ajout d’un vague volet « croissance », reprenant d’ailleurs les conclusions du Conseil européen du 30 janvier dernier, paraît bien peu de chose quand l’obligation de réduire les dépenses publiques et sociales porterait demain des coups sévères à notre sécurité sociale, aux moyens pour l’école, les hôpitaux, les transports publics, le logement, la sécurité, etc.

Pour changer, il faut impérativement rejeter le traité Sarkozy-Merkel

Il faut d’autant plus rejeter le nouveau traité européen d’austérité que, dans le plus grand silence, vont être présentés au vote du Parlement européen entre les deux tours des élections législatives deux règlements qui ont pour objet de donner les pleins pouvoirs à la Commission européenne pour transposer l’austérité à perpétuité dans le droit européen. Ces deux règlements sont complémentaires du traité Sarkozy-Merkel obligeant les Etats à inscrire dans leur Constitution nationale l’obligation de discipline budgétaire. L’un des ces règlements donne un pouvoir de surveillance des budgets à la Commission ; le second un pouvoir de sanction. Dès lors, aucun gouvernement ne pourrait décider ni de sa politique budgétaire, ni même de sa politique économique. « Chaque Etat membre dont la monnaie est l’euro devrait consulter la Commission et les autres Etats membres de la zone euro avant d’adopter un plan de réforme majeure de sa politique budgétaire » y est-il énoncé.

L’élaboration du budget national, les choix de la nature des recettes, des impôts et des dépenses seraient donc contrôlés et décidés par la Commission de Bruxelles.

Quelle serait alors l’efficacité d’un volet dit de « croissance » si demain le Parlement et même le gouvernement ne pourraient décider ni de plans d’investissements publics, ni de relance par l’augmentation des salaires, ni d’amélioration et de développement de services publics ? A peu près nulle.

Rien n’empêcherait ce qui se prépare d’avoir chez nous les conséquences de ce qui a été appliqué à la Grèce par l’inhumain trio, baptisé Troïka, composé de la Commission de Bruxelles, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international. Autant de groupes non élus agissant secrètement au profit du capital financier, contre les peuples.

Ce n’est hélas pas tout. Il  y a trois jours le quatuor -non élu- qui dirige l’Europe dans l’ombre -M. Draghi, le patron de la Banque centrale européenne, M. Barroso, président de la Commission de Bruxelles, M. Van Rompuy, président du Conseil, et M. Junker, président de l’euro-groupe – demande les pleins pouvoirs en Europe pour « assouplir les règles du marché du travail et à faire tomber toutes le frontières douanières » dans une « Union bancaire », une « Union budgétaire », une « Union politique ». Autrement dit, une sorte de dictature au service des financiers. C’est grave. Il ne faut pas laisser faire.

Tout ceci se déroule dans un contexte où, en plus des autorités européennes, la Cour des comptes, des rapports du ministère de l’économie, l’Organisation de coopération et de développement économiques, parlent, agissent, font pression pour une véritable purge anti-sociale.

Nous alertons le monde du travail, les retraités, tous les démocrates ! Il y a danger ! Il faut faire barrage à ces menaces antisociales et anti démocratiques. Le Front de gauche est un bouclier solide au service exclusif du peuple. Il est le seul garant de ses intérêts.

Le Front de gauche fera sauter les verrous anti-changement

Dimanche, voter pour les candidates et candidats du Front de Gauche signifiera, sans la moindre ambiguïté, qu’il y a en France, aux yeux de tout le continent, des millions d’électrices et d’électeurs qui refusent de courber l’échine et de se laisser voler le changement.

Le 06 juin 2012

3 commentaires


Pierre Boudet 9 juin 2012 à 16 h 49 min

Que la majorité des citoyens entendent cet appel, afin qu’émergent d’ autres perspectives que celles de la sociale démocratie

Buffy 18 mai 2017 à 1 h 08 min

Om det spelar nÃ¥gon roll skulle jag även försvara de, oftast kvinnor, som efter 3 misslyckade försök ställer sig som panelhönor med kommentaren ”det gÃ¥r inte, jag kan inte”. Även de, ocksÃ¥ oftast kvinnor, som fÃ¥r fnitteranfall när de ska göra besvärliga pan¶gvrinÃar.Alla hanterar motgÃ¥ngar pÃ¥ olika sätt.

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