Le Macronisme, c’est l’insécurité de vie

le 27 septembre 2017

En convoquant micros et caméras pour permettre au « bon peuple » d’assister en direct à la démolition du contrat social français par simple signature du monarque, M. Macron met en scène sa propre arrogance et affiche son mépris envers la majorité de français qui refuse ses ordonnances. Il indique ainsi qu’il ne compte rien lâcher de sa violente offensive antisociale, sûr du soutien pressant des milieux financiers et patronaux.
Non contents de ce qui leur a été offert durant les deux quinquennats précédents, les forces d’argent et le MEDEF appellent à donner l’assaut final contre l’Etat social républicain. Ils  comptent, à la faveur de la décomposition du paysage politique et du début de mandat de leur protégé,  imposer un nouvel (dés)ordre social profondément inégalitaire  et ambitionnent de redéfinir la fonction du travail humain en le pliant aux injonctions financières, alors que c’est le capital lui-même et sa rémunération qui sont à l’origine des crises actuelles. La bataille est rude. C’est un combat de classe de haute intensité. Tout est attaqué en même temps : du droit du travail à celui au logement, du système des retraites à la sécurité sociale, en passant par les collectivités territoriales et l’université. Il n’y a pas d’accord majoritaire de nos concitoyens pour un tel projet destructeur, en lien direct avec les injonctions des institutions européennes et la fuite en avant dans le libre-échange destructeur. Ainsi en est-il du traité avec le Canada que M. Macron fait appliquer sans accord du Parlement français.
La mobilisation sociale prend racine et se développe. La manifestation organisée par Jean-Luc Mélenchon aura été un franc succès qui témoigne de la recherche par des dizaines de milliers de nos concitoyens d’une issue politique de progrès à la confrontation qui s’amplifie entre le capital et le travail.
Face au projet global de destruction du système social français au profit du marché, c’est une riposte globale de la France en résistance qui doit s’affirmer.
C’est ce qui commence à poindre dans le monde du travail où après la mobilisation des routiers à l’appel de trois syndicats lundi dernier, la fonction publique annonce une journée de mobilisation le 10 octobre. Jeudi 28 septembre, les retraités se sont mobilisés contre la ponction par la hausse de la CSG de leurs maigres pensions et contre l’opération cynique qui consiste à les opposer aux nouvelles générations.
Ces indispensables ripostes doivent encore s’élargir en misant sur la diversité et la complémentarité des organisations et forces disponibles. Entrons dans une logique de dynamique, additionnons les volontés et les forces à partir d’un dialogue franc et loyal  pour l’unité populaire dans l’action pour faire front et d’ouvrir d’autres perspectives. Des millions de nos concitoyens n’attendent que cela et parmi eux tant de jeunes qui n’en peuvent plus d’être sacrifiés sur l’autel du veau d’or.
Réunis en conclave, les députés macronistes ont prétendu vouloir faire la « pédagogie » de la casse sociale en cours. Peut-être faudrait-il leur expliquer qu’il n’y pas meilleure pédagogie que l’expérience du réel. Celle de ces retraités amputés de plusieurs centaines d’euros chaque année après une vie dédiée à l’effort collectif.  Celle de ces salariés, souvent parmi les plus précarisés, revenus au travail grâce aux contrats aidés dans le milieu associatif ou dans les collectivités locales et auxquels on promet un retour à pôle emploi. Celle de ces élus locaux qui ne peuvent déjà plus assurer la continuité du service public dans leur commune et qui vont devoir faire face aux 13 milliards d’euros d’économie imposés en cinq ans.

Celle encore de ces locataires qui subissent, faute d’investissement, la vétusté de leurs logements et auxquels on annonce 685 millions d’euros en moins pour les organismes HLM alors que l’impôt sur la fortune est allégé de 2 milliards. Celle des étudiants, qui vivent pour un quart d’entre aux sous le seuil de pauvreté et auxquels on annonce une amputation des aides au logement et de nouveaux baux précaires de 1 à 10 mois.
Rien ne dit que nos concitoyens acceptent une société « d’insécurité de vie ». Déjà les élus locaux ont manifesté leur désapprobation du projet macroniste en refusant massivement de voter pour les listes présidentielles aux sénatoriales. Les mobilisations sociales, si elles convergent et les forces politiques de progrès social, si elles s’entendent dans le respect de leurs singularités et s’appuient sur leur groupes parlementaires au Sénat comme à l’Assemblée, peuvent obtenir une victoire retentissante sur le gouvernement en contestant l’adoption définitive du projet de loi de précarisation du travail et en lui opposant le projet d’une sécurité sociale du travail et de la formation. L’enjeu est de taille. Aider aux convergences, relier les protestations et les actions, montrer et démontrer l’autre voie au service de toutes et tous, n’est-ce pas le plus urgent à accomplir dans les jours et les semaines qui viennent ? Nous comptons bien y contribuer.

10 commentaires


Moreau 28 septembre 2017 à 10 h 31 min

L’article ci-dessus parle de contrat social français sans dire quelles en sont notamment les lignes qu’il faudrait reconduire tout au long de la construction de l’Union Européenne, et donc, faute d’en savoir assez, je ne peux guère commenter plus.
Je pense que les gens en France et en Europe ont besoin beaucoup plus de vraies informations que de vraies manifestations. Il y a un manque d’information qui empêche d’avancer réellement. Ce n’est même pas rendre service à monsieur Tsipras.
Nous aurions tant besoin d’un mouvement communiste républicain universaliste français et européen.

Chantal Potier 30 septembre 2017 à 19 h 22 min

Merci pour cet éditorial. Je dois avouer que ces temps-ci, je suis plut^t désespérée et ahurie.
Ahurie par cette arrogance, ahurie que certains propos puissent passer dans une apparente indifférence.
« Pourvu que cela dure » disait la mère d’un tyranneau encore encensé de nos jours.
J’espère que cela ne vas durer. Et c’est le sens profond de cet éditorial.
Merci encore

Moreau 30 septembre 2017 à 22 h 36 min

L’alternance dominée par monsieur Hollande et monsieur Mélenchon a été néfaste encore plus qu’avait déçu celle de monsieur Jospin qui a surtout déçu à l’époque par sa campagne présidentielle.
Les communistes français ne sont pas dans le vingt et unième siècle comme le communiste monsieur Tsipras et sa majorité y sont tant bien que mal mais mieux et davantage selon ce que les Citoyens peuvent comprendre que les communistes français en général.
Alors que les communistes français devraient être pionniers mais ça ne s’est pas passé ainsi. Ils ne proposent pas de programme présidentiel et de candidat(e), puis ils voudraient que ça se passe comme s’ils avaient gagné. C’est surréaliste, et pour des abstentionnistes comme pour des électeurs, ce n’est pas sérieux du tout. Les communistes ne sont plus crédibles tant ils ont été aussi tout-à-fait incohérent : la république française étant à refonder, et ce pouvant se faire avec des lois organique et donc sans l’assemblée constituante proposée avant même d’avoir en lecture une nouvelle constitution bien écrite et correspondant au siècle présent pour tous les Citoyens sans effacer ce qu’il ne faut pas effacer de la constitution de la cinquième république ; le social aussi est à refonder. Donc, je suis désolé, certes monsieur Macron tranche en républicain libéral universaliste, mais il a raison sur le fond puisque la république est à refonder, s’il veut pouvoir réussir son alternance, parce que après avoir dit que la république était à refonder, les Communistes n’ont rien proposé, pas de programme, pas de candidat(e).
Les Communistes ne peuvent plus convaincre donc que leur social était à reconduire. Comment peuvent-ils dire qu’il était bon alors que la république et la démocratie sont à refonder ? Tout cela ne tient pas dans la réflexion entre Citoyens. D’ailleurs des Communistes ont dit qu’il faudrait la démocratie communiste, ce qui veut bien dire qu’elle n’existe pas. La République En Marche est une réponse, c’est un abstentionniste qui vote blanc qui le dit, à la crise politique dans laquelle il y a hélas la crise communiste.
La grande roue du temps a tourné que les communistes le veuille ou non, ils n’arrêtent pas le temps.
La politique sociale qui était à refonder, qui n’a pas été refondé car les communistes n’ont rien refondé, ils ont dit qu’il fallait refonder la démocratie, la république, et peut-être le social, ils ne l’ont pas fait : pas de programme communiste républicain universaliste, pas de candidat(e) républicain universaliste, et ça en France et en Allemagne voire dans les deux principaux pays de l’Union Européenne ! Pas sérieux du tout, d’où tant d’abstention.
La politique sociale ne sera plus jamais comme au vingtième siècle désormais, il y a du changement en cours, ça se modifiera, mais ça ne redeviendra plus comme avant, c’est irréversible. Il faut être lucide. L’entêtement politique et le vide politique, ça ne va pas ensemble au vingt et unième siècle surtout.
Le principal refondateur du social pour le moment est monsieur Benoît Hamon avec l’idée valable mais il faut en améliorer le concept du revenu universel.
Monsieur Philippe qui met en œuvre la politique de monsieur Macron a dit qu’il préféré un concept de la formation individualisé (j’aimerais le lire) au concept des emplois aidés (j’aimerais le lire et savoir ce que les communistes auraient voulu en reconduire car la protestation n’est pas lisible.
Les communistes français n’ont rien proposé comme s’ils pensaient que tout pourrait continuer comme avant sans proposer une politique sociale française et européenne voire pouvant passionner les autres populations de l’Union Européenne de façon à ce qu’elles l’adoptent quand elles le pourraient. Le communisme républicain universaliste n’existe pas pour construire l’Union Européenne.
Monsieur Macron est un président libéral d’une grande cohérence, ce qui ne veut pas dire qu’il fera suffisamment ses preuves pour recueillir la confiance dans la population française au-delà des suffrages qui l’ont fait gagner, et ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas des points très importants qu’il faudrait corriger ou/et améliorer dans sa politique sociale de l’économie et du social.
Le problème qui est celui de toutes les Françaises et de tous les Français ; c’est qu’il a une opposition très insuffisante, à part monsieur Hamon, l’opposition socialiste du vingt et unième siècle est inaudible, illisible ; l’opposition communiste du vingt et unième siècle est inexistante. Pour s’opposer dans une république, il faut un programme pour la république voire maintenant un programme du vingt et unième siècle. Monsieur Macron qui lui aussi doit gagner la confiance car il y a beaucoup de personnes qui évalue jour après jour mais qui n’ont pas assez confiance tant les partis politiques ont tué la confiance entre la population et eux ; a un programme du vingt et unième siècle même si des points qui sont à corriger, à améliorer, sont dangereux pour des personnes. Mais les Communistes ont aussi la confiance des abstentionnistes à gagner, outre qu’ils doivent convaincre encore plus de personnes qu’ils sont sérieux avec la politique.

Moreau 1 octobre 2017 à 13 h 44 min

Refonder la république en république française et européenne universaliste grâce à des lois organiques de gauche au sens littéral, puisque c’est possible et réalisable.
Refonder la politique sociale française en politique sociale française et européenne, c’est à dire, qui passionnera les autres Peuples afin qu’ils réalisent le même progrès réel, sur la base du concept du revenu universel parce qu’il faut l’ouvrage de simplification politique pour la simplification de la vie quotidienne de tout le monde.
Lutter contre toute destruction de l’Homme par l’Homme.

Moreau 1 octobre 2017 à 14 h 07 min

Arrêter la dévastatrice politique de la diversité de la production pour accroître l’efficacité de l’écologie contre les catastrophes de moins en moins naturelles. Favoriser la politique de la sobriété de la production dans toute l’Union Européenne. Supprimer le travail humain idiot…

Jérôme Persehaye 2 octobre 2017 à 13 h 40 min

Bonjour Patrick, merci pour tes écrits réelles et très inquiétants. La politique drastique que vont subir les retraités est la même en Allemagne qui a une démographie en baisse importante, contrairement à la France où les naissances augmentent. Nous avons à faire à une duperie.

Moreau 2 octobre 2017 à 18 h 11 min

C’est bien ce que je dis, pour avoir le même régime social en France et en Allemagne, il faut construire l’Union Européenne telle qu’elle doit être, l’improductivité des partis politiques est un fléau du vingt et unième siècle qui abîme des vies. Personne ne peut se prêter au rejet de l’Union Européenne et pointer qu’il n’y a pas le même régime social dans les deux principaux pays de l’Union Européenne : en France et en Allemagne. Il faut le communisme républicain universaliste dans toute l’Union Européenne tout en sachant que tous les pays de l’Union ne pourront bénéficier simultanément du même régime mais qu’ils pourront y accéder. On peut avoir la sécurité sociale à 90% en France et en Allemagne, ce serait un réel progrès.

Moreau 2 octobre 2017 à 18 h 14 min

L’Union Européenne, c’est la sécurité de vie, si elle est construite comme elle doit, l’être, et pour la construire il faudrait le communisme républicain universaliste dans chaque pays.

Moreau 2 octobre 2017 à 18 h 40 min

Monsieur Macron a un peu la confiance du pays, plus que monsieur Hollande. Il a apporté en 2017 un libéralisme français et européen universaliste, mais en toute objectivité, il ne peut pas tout apporter.
Ce n’est pas de sa faute si les Socialistes n’apportent pas le socialisme français et européen universaliste, si les Communistes n’apportent pas le communisme français et européen universaliste. Les principaux responsables de tout ce qui ne va pas sont ceux qui ne font les apports qu’ils devraient faire, et ils sont des grands responsables de l’abstention électorale. Il faut être juste.

Moreau 4 octobre 2017 à 13 h 18 min

Charles Baudelaire a reconnu aux poètes qui remplissent leur fonction de poète, la compétence pour la critique qui construit l’Homme (Ecrits sur l’Art; c’est un livre au service de la Révolution d’Art.)
Ce n’est pas par je ne sais quelle audace de ma part, je pense qu’il est excellent d’en parler, que la vérité qui construit l’Homme est excellente pour toute l’Humanité.
Monsieur Le Hyaric travaille le journalisme politique et la politique. Selon mon évaluation que je pense exacte ou je ne l’écrirais pas, le talent majeur de Patrick Le Hyaric est le talent de journaliste même si l’exercice du journalisme peut rencontrer comme tout exercice certaines critiques.
La critique est l’un des mots qui définit le mot Poésie. Le mot « insulte(s) est absent dans la définition de la Poésie, la Poésie n’est une insulte au sens littéral de qui que ce soit.
Mon appréciation pour Patrick Le Hyaric est : Grand journaliste. Mention Très bien.
Je pense que je n’exagère pas. En ce qui concerne le travail de la politique, mon appréciation est : Beaucoup de connaissances, mais ça ne va pas.
Je ne sais pas si le talent de journaliste de Jean Jaurès était aussi grand que celui de monsieur Le Hyaric, les Hommes ont tous un talent majeur, ceux qui ont plusieurs talents majeurs sont très rares ; tant j’ai pu évaluer que le talent majeur de Jean Jaurès était celui d’Homme politique. Jean Jaurès : Grand Homme politique. Mention Très bien.
Etant poète j’arrive à très bien évaluer talent par talent tout en évaluant aussi des incidences. C’est une évaluation aussi juste qu’objective qui s’inscrit dans la vérité qui construit l’Homme.
Je ne brime personne, la brimade n’est pas un mot qui définit le mot « Poésie » ; je voudrais faire partager que l’interdépendance pour être positive, ce qui se vérifierait par des victoires communistes républicaines universalistes dans plusieurs pays de l’Union Européenne a besoin du meilleur de chaque Homme voire du grand Homme et du travail à la mention très bien.

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