La Grèce, cela nous concerne !

le 6 mai 2015

solidarité avec le peuple grec

Ce qui se passe en Grèce, les pressions qu’elle subit, concernent chacune et chacun d’entre nous. Ce dont il s’agit d’abord c’est du droit pour un peuple, au sein de l’Union européenne, de choisir une autre politique que celle de l’austérité, du chômage et de la régression sociale qu’imposent, ensemble, institutions internationales et européennes, fonds financiers et banques avec les droites et les socialistes mués en soutien zélés de l’oligarchie. Les mêmes avaient rejeté les « non » français et néerlandais, au projet de traité constitutionnel européen. Ils ne supportent pas le vote émis par le peuple grec le 25 janvier dernier, ni le gouvernement qu’il s’est donné. Celui-ci est sans cesse vilipendé, moqué, contourné et mis sous pression parce qu’il présente un programme nouveau plus favorable aux travailleurs, aux retraités, aux familles populaires et aux créateurs.
Un raisonnement simple permet de comprendre que ce changement de cap est bien nécessaire parce que toutes les recettes précédentes ont échoué. Elles n’ont permis ni la réduction de la dette, ni d’améliorer l’efficacité économique, ni les conditions de vie des familles. Que les vautours de la finance et leurs affidés dans les institutions osent donc dire ouvertement qu’ils s’opposent à la loi humanitaire votée par le parlement grec qui rétablit l’électricité dans les foyers et met en place une aide alimentaire ! Qu’ils disent ouvertement qu’ils refusent les réembauches de quelques quatre mille salariés des secteurs publics et la mise en place d’un salaire minimum ! Qu’ils s’élèvent publiquement contre la réouverture de la télévision publique ! Jamais, sous les gouvernements précédents, le versement des tranches de prêt n’était conditionné à la lutte contre la fraude fiscale et la corruption, mais toujours à la baisse des salaires, des pensions de retraite et à la vente des biens communs publics de la Nation. Et pour cause ! Ceux qui bénéficiaient de la fraude et de la corruption se trouvent dans cette oligarchie. Que les autorités européennes et le Fonds monétaire international livrent au public ce que ces profiteurs exigent réellement de la Grèce. Cette vérité éclairera les consciences.
Qu’ils disent que le nouveau gouvernement grec a déjà honoré cette année sept milliards d’euros en remboursement et versement d’intérêts. Et qu’ils disent aussi que depuis le mois d’août, l’Etat grec n’a touché aucun centime d’aucune institution. Et les dix milliards d’euros exigés au pays d’ici la fin de l’été le place dans une situation très critique. L’objectif pour les puissances dominantes est bien de faire plier le gouvernement grec jusqu’à l’épuisement des liquidités budgétaires dont dispose l’Etat pour obtenir, soit plus de compromis défavorables aux travailleurs et à leurs familles, soit la capitulation. Déjà, le gouvernement a été contraint de prendre les liquidités des collectivités locales et de différents organismes publics. Dans les deux cas, le sabordage de l’économie qui empêche tout projet d’avenir, vise à faire chuter le gouvernement de gauche.
Autre méthode que celle employée au Chili contre le gouvernement de S. Allende, présentée comme plus… légale !
Les milieux d’affaires internationaux veulent démontrer qu’aucune politique alternative n’est possible. Ils souhaitent désormais, à haute voix, éjecter la Grèce de la zone euro pour empêcher tout débat sur une transformation progressiste de la monnaie et de la Banque centrale européennes. Ils veulent poursuivre la contre-révolution anti-progressiste entamée depuis deux décennies et modifier profondément le spectre politique, afin d’éliminer dans tous les pays, les gauches de transformation sociale et écologique.
Le fait que le magazine « Time », dans un classement annuel ait désigné Mme Le Pen comme personnalité française de l’année en dit long, très long sur leur projet.
Raison de plus de ne pas laisser faire, d’alerter, de provoquer des débats et des initiatives de solidarité. Une occasion est donnée avec la réussite du Forum européen des alternatives qui va se tenir à Paris, place de la République, les 30 et 31 mai prochains. Ce qui est en jeu concerne nos vies quotidiennes, l’intérêt général, l’efficacité économique, les moyens de sortir de l’austérité, donc de la crise. En jeu, tout autant, le droit pour chaque peuple de choisir son destin et de pouvoir compter sur une Union Européenne qui y contribue au lieu de s’y opposer.
Derrière cette question, il y a celle des « dettes » imposées dans le débat public par ceux qui en profitent allègrement. Ainsi l’essentiel de la progression de la dette française durant le précédent quinquennat, -soit 600 milliards d’euros-, est le résultat du soutien aux banques. Elle grossit sous l’effet des taux d’intérêt exorbitants que paie l’Etat à ces mêmes banques ou fonds financiers qu’il a contribué à sauver. La dette grecque est le résultat de multiples actions telles que le paiement de lourds emprunts pour le financement des jeux olympiques, les contrats d’achat d’armes inutiles à la France et l’Allemagne, des taux d’intérêt très élevés versés aux banques françaises et allemandes, la fraude fiscale profitant essentiellement aux richissimes familles.
La décision d’installer à Athènes, « une commission pour la vérité de la dette grecque » est donc une importante initiative à soutenir. Elle devrait être doublée d’une conférence européenne sur les dettes dans l’Union européenne pour faire la clarté sur leur nature, leur part illégitime et les moyens d’en sortir.
De nombreux pays ont bénéficié d’effacement de dettes. L’Allemagne elle-même en avait bénéficié en 1953 à l’occasion de la conférence de Londres. Et son président vient lui-même d’évoquer, pour la première fois, la dette d’au moins 13 milliards d’euros que l’Allemagne continue de devoir à la Grèce du fait d’un crédit forcé que le pouvoir hitlérien avait contracté auprès de la banque nationale grecque en 1942, auquel il faudrait ajouter les réparations pour crime de guerre jamais honorées.
Voilà une brèche ouverte qui donne raison à Alexis Tsipras.
Ne laissons pas les banquiers et l’oligarchie écraser le pays d’Homère, d’Hérode, Xénophon, Démocrite, Procope, Ritsos, Seféris et Elytis.
Nous sommes concernés. Ne laissons pas assassiner la civilisation grecque.

11 commentaires


Potier Jacques 6 mai 2015 à 17 h 42 min

Ce qui se passe en Grèce est encourageant pour les gens de bonne volonté.

Jacques

Franchet Pascal CADTM 6 mai 2015 à 18 h 04 min

Bonjour et merci pour cet article.
Pour exprimer concrètement notre soutien au peuple grec, il me semble important que les dirigeants des organisations du Font de Gauche, leurs adhérents et leurs sympathisants soutiennent et signent l’appel lancé par 300 personnalités de par le monde et publié le 5 mai et qu’on peut trouver en français sur le site dédié : http://greekdebttruthcommission.org/
merci d’avance

alain harrison 6 mai 2015 à 20 h 26 min

L’Angleterre !

Repense à L’UE.

alain harrison 7 mai 2015 à 1 h 30 min

Bonjour.

La première question, celle fondamentale, que nous DEVONS nous poser, elle est déterminante pour la suite des choses, est celle-ci.

Qu’est-ce que nous voulons ?

C’est une question en apparence banale, n’est-ce pas !

Pourtant, c’est la plus fondamentale pour l’époque que nous vivons. OUI NON

Krishnamurti: pour vous est-ce une idée ou un fait ?
La réponse à cette question a des conséquences bien réelle.
Ou bien, nous restons dans le giron du méta-conditionnement dans lequel nous maintien la pensée unique, ou bien nous voyons clairement le conditionnement.
En mes mots.
Krishnamurti: la liberté réside dans la perception claire du conditionnement…

La pluspart d’entre-nous percevons et saisissons « partiellement » le phénomène accablant du néo-libéralisme, seulement.
Comment le savoir ?
Très simple, en voyant clairement que nous sommes dans la réaction et aveugle aux solutions qui sont à porter de mains.
Attention, nos petits égos sont très attachés à leurs opinions-véritées et argumentaires.
Nous devons être au claire avec nous-mêmes et avoir assez de lucidité à ces faits.
L’humour peut nous aider: le poisson, c’est dans l’eau qu’on le fait bouillir. Et nous sommes le poisson.
Parfois notre vision va au-delà de l’eau de surface.

Voir le conditionnement de la réaction, nous invite à chercher les solutions et à s’extirper de la réaction, qui est devenue une habitude, et qui abouti au phénomène des conflits au sein même de la gauche.
La frustration vécue par la gauche__se retourne contre elle__ se traduit inévitablement par l’impuissance, face au véritable opposant, de nos aspirations « diluées » et actions « stériles » qui s’en suit inévitablement, par le manque de vision globale qu’implique un agenda politique complet et bien articulé. Que la gauche n’a pas.
Un agenda politique complet et bien articulé, ce n’est pas la nostalgie du passé.
L’histoire ce n’est pas une affaire de nostalgie mais d’apprendre à ne pas refaire.
La gauche doit se renouveler, et cela passe par la participation active des citoyens comme maître d’oeuvre.
Mettre un terme à l’instrumentation des populations, voilà un des enseignements de l’histoire.
Podemos: Monde Diplomatique Janvier 2015
Un bon article à lire et à répandre.
Le néo-libéralisme, est bien au fait de l’histoire, mais il ne le dira jamais.
Le néo-libéralisme a les moyens financier de développer des scénarios qui servent ses fins.
Il les faits à court terme, bien qu’il improvise de plus en plus et dont les dommages collatéraux finiront par le rattraper, c’est déjà commencé, sa gaffe monstrueuse au Moyen-Orient,«« le déni est total »»; à moyen terme, son efficacité a déjà démontré son efficacité redoutable, l’exemple emblématique de cette réussite la CRISE de 2008, le transfert des argent publiques au privé, les banques privées, le TRANSFERT DE L’ENDETTEMENT aux Peuples, et maintenant le nouveau plan d’affaire:
l’AUSTÉTITÉ qui fonctionne bien malgré quelque raté LA GRÈCE rebel.
À long terme, il semble bien que son fonctionnement est devenu caractériel, et ne peut que déboucher que sur la violence institutionelle, un indice probant:
Voir le document de JPMorgan, réclame des états autoritaires.
L’UE a bien répondu à cet appel par l’entremise de Junker:
« Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »

Il va même contredire l’article 50:
Même dans le figaro….
Correspondant à Bruxelles
Le Royaume-Uni peut-il sortir unilatéralement de l’Union européenne? La réponse est clairement oui et la décision n’appartient qu’aux Britanniques. Pour la première fois, le traité de Lisbonne (2009) a institué une clause de retrait qui prévoit que «tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union» (article 50 du traité sur l’Union européenne).

Cette clause n’a bien sûr jamais été invoquée. Mais elle a été ouvertement discutée au plus fort de la crise grecque: sortir de l’euro est pratiquement impossible d’un point de vue légal, la seule option réaliste offerte à Athènes aurait été de quitter l’UE grâce à l’article 50.
http://www.lefigaro.fr/international/2013/01/23/01003-20130123ARTFIG00451-comment-un-pays-peut-il-sortir-de-l-union-europeenne.php

L’Angleterre n’a pas de dette ?!?
Elle n’est pas dans l’euro, le gouvernement d’affairistes contrôlent l’économie-financière, par le stratagème du PPP économique.
Une stratégie invisible !?
Les US n’ont pas de dette ?!?
Une dette fictive pour soumettre le peuple….!?!
La vision globale et le questionnement lèvent bien des voiles…..
Qu’est-ce que la fausse dette ?

Bien, comprendre et faire le bon diagnostique du problème, c’est bien.
Mais sans solutions………..rassembleuses….

Albert Einstein: un problème sans solution est un problème mal posé.
Quel est notre problème ?

CHAUVINEAU JEAN - MARC 7 mai 2015 à 3 h 30 min

BONJOUR,SE POSER LA QUESTION EST DÉJÀ EN SOIT UNE RÉPONSE. TROIS PEUPLES EUROPÉEN ONT DONNÉ UNE BONNE RÉPONSE EN 2004-2005 MAIS LEUR DÉMOCRATIE NOUS A DICTÉ OUI ET LES IRLANDAIS ONT VOTÉ…2 FOIS.LA SOLUTION, EST PAS DE NÉGOCIER, NOTRE VIE NE SE NÉGOCIE PAS. IL FAUT SORTIR DE: LEUR EUROPE, LEUR EURO, ET LEUR GENDARME CAPITALO-U.S.A LA GÉNOCIDAIRE OTAN. QUI OSERA ME DIRE QUE MARCHAIS,PLISSONIER, GOSNAT, A.LAJOUANIE OU KRASU AVAIENT TORT??? BENOIT FRACHON C’EST TROMPÉ EN 1957 AVEC LE TRAITÉ DE ROME!QUI OSERA DIRE QUE L’ANCIEN P.C.F OU/ET LA C.E C.G.T+ LA FSU…ONT COLECTIVEMENT COMIS DES ERREURS…MANUEL BAROSO L’EX-TROSKISTE, JUNKER, DRAGHI SONT POUR LES PEUPLES?

alain harrison 7 mai 2015 à 5 h 14 min

Mauvaise nouvelle ?

L’influente Association de l’Armée allemande demande un réarmement massif.
C’est le lobbyisme..de qui ?
Le peuple on le désinforme… si facile !
Goering: sa citation préférée du néo-libéralisme.

Par Denis Krassnin et Johannes Stern
16 février 2015

«« Sur fond de crise ukrainienne,….

«« La raison la plus importante cependant des appels au réarmement n’est pas l’insistance de l’OTAN mais la fin de la retenue allemande en matière de politique étrangère et de sécurité annoncée il y a un an par le président Gauck et le gouvernement allemand. Pour pouvoir intervenir au niveau mondial pour la sauvegarde des intérêts économiques, géopolitiques et sécuritaires allemands, l’Allemagne a besoin d’une armée équipée et organisée en conséquence. »»
https://www.wsws.org/fr/articles/2015/fev2015/alle-f16.shtml

Les US rejouent le même jeu…..
Les médiats occidentaux….

Quand comprendrons-nous, que les Peuples doivent se soulever en prenant le pouvoir politique.

Avons-nous des solutions rassembleuses que tous peuvent reconnaître du premier coup d’oeil ?

Podemos: plus de mille à travers le pays..

Jean Jaurès et l’Humain d’Abord.
Le parti citoyen

Colombe 7 mai 2015 à 6 h 29 min

On aide pas suffisamment le peuple grec ,il faut creer un rapport de force au niveau européen.Nous sommes tous concernés.
Hollande se conduit comme L Blum lorsque celui ci a tourné le dos aux républicains espagnols en 1936.

echard 7 mai 2015 à 8 h 58 min

CE QUI SE PASSE EN GRECE EST AFFREUX JAMAIS AU GRAND JAMAIS ON AURAIT PENSER QUE L ON PUISSE CONTINUER A AFFAIBLIR A ARNAQUER CE PAYS QUI SOUFFRE DEJA ASSEZ ON AVAIT PENSER QU EN CHANGEANT DE GOUVERNANCE CELA S ARRANGERAIT HELAS MEME DE BONNNE VOLONTE POURTANT IL Y AVAIT UN ESPOIR MAIS COMME VOUS LE DITE SI BIEN C EST A CAUSE DES BANQUIERS EST DES ACTIONNAIRES DE LA FINANCE SINON LA GRECE AUTREFOIS ETAIT UN PAYS OU IL FAISAIT BON VIVRE HELAS TOUTES LES TRADITIONS Y COMPRIS NOTRE CULTURE ON ETAIT FOUTUE EN L AIR EST VU CE QUE L ON APPREND CE N EST PAS PRES DE S ARRETER

Le.Ché 8 mai 2015 à 9 h 10 min

D’après un des meilleurs spécialistes des dettes des pays au monde Eric Toussaint du CADTM si la Grèce veut s’en sortir, il faut qu’elle sorte de l’euro, qu’elle nationalise ses banques et contrôle les mouvements de capitaux.

DOMART Jean-Marc 14 mai 2015 à 22 h 20 min

Il y a plusieurs manières de détruire un pays. La guerre armée est plus visible, mais la guerre économique est moins voyante, moins facilement explicable, donc c’est la méthode choisie par les eurocrates (l’ « Europe nouvelle », d’une autre manière!), le pays dominant en Europe restant le même. Notre gouvernement se comporte avec la Grèce comme celui de la même tendance en 1936 avec l’Espagne républicaine en lutte contre le franquisme. Lors de la Retirada au début de 1939, les Espagnols disaient aux Français: « aujourd’hui nous, demain vous ». La solidarité avec la Grèce, tant financière qu’en actes est plus que nécessaire, n’oublions pas les leçons de l’Histoire.

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