Stopper le basculement de la Turquie dans la dictature !

le 11 novembre 2016

Stupéfiant, inquiétant, révoltant ! La dérive du pouvoir de M. Erdogan parait ne plus avoir de limite jusqu’à progressivement basculer dans la dictature. « Un régime de terreur » aux portes de l’Europe selon les mots du Nobel Orhan Pamuk. Après les villes kurdes rasées par les chars de l’armée turque, les arrestations du rédacteur en chef et de huit autres journalistes de Cumhuriyet, l’un des principaux journaux d’opposition, puis des maires de villes kurdes, c’est au tour des parlementaires progressistes de subir la traque du régime. Les deux coprésidents du Parti démocratique des peuples (HDP) dont notre ami Selahattin Demirtas, le président du groupe parlementaire et huit autres députés ont été arrêtés en pleine nuit. Erdogan va jusqu’à remettre la peine de mort, pourtant abolie, à l’ordre du jour, violant sciemment la convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales que la Turquie a pourtant signée.

Depuis la promulgation de l’état d’urgence à la suite du coup d’état avorté de juillet dernier, le pouvoir turc gouverne par décret sans l’aval du Parlement. Le délai de garde à vue est porté à trente jours dont cinq au secret, sans accès à un avocat. Des dizaines de milliers de militaires, policiers et magistrats sont arrêtés ou mis à pied. La purge dans la fonction publique s’accroit d’heure en heure sur simple présomption de culpabilité.

L’heure est grave pour le peuple turc. La politique de terreur d’Erdogan risque de déboucher sur une déstabilisation profonde du pays avec des conséquences redoutables pour la région.

Le HDP s’est opposé à la tentative de coup d’état car il sait combien l’armée turque, qui a consolidé son pouvoir depuis le putsch de 1980, est opposée à toute forme d’émancipation sociale et politique du pays. Il sait également que l’accession au pouvoir des islamo-conservateurs a été rendue possible par un pacte entre la confrérie Gülen et le Parti de la justice et du développement (AKP), amis d’hier et ennemis d’aujourd’hui. Dans cette région, les progressistes sont payés de leçons pour savoir que les intrigues et retournements d’alliances s’effectuent toujours contre la constance du combat pour l’émancipation humaine, sociale et politique.

Depuis son accession au pouvoir en 2003 au poste de premier ministre, Erdogan s’est forgé avec l’AKP, son parti islamo-conservateur, un instrument de conquête de tous les pouvoirs civils et militaires en jouant sur les contradictions de la région.

Pro-européen à son arrivé au pouvoir, l’AKP noue une alliance avec Bachar El-Assad avant que les révolutions arabes et l’effondrement des régimes autoritaires ne lui offrent l’occasion de se poser en défenseur des peuples de la région. Erdogan tente de réactiver une hégémonie politique et culturelle ottomane sur ceux jadis soumis au pouvoir impérial. Pour y parvenir il appuie, de concert avec les monarchies du Golfe, les franges les plus intégristes de la contestation sociale voire les terroristes du groupe Etat Islamique.

Avec la deuxième armée de l’Alliance atlantique, la Turquie bénéficie d’une indulgence coupable des Etats-Unis comme des pays de l’Union européenne. D’autant que ces derniers lui ont laissé les mains libres en troquant de manière indigne contre quelques milliards d’euros le sort de centaines de milliers de réfugiés qui fuient les combats en Irak et en Syrie.

Le peuple kurde et tous les démocrates de Turquie paient chèrement le jeu d’alliance qui rythme l’évolution politique du Moyen-Orient. Le fait que le mouvement kurde soit parvenu à fédérer la gauche de transformation turque dans un même combat pour la liberté et la justice sociale est insupportable pour les pouvoirs en place. Plus encore l’est son combat héroïque contre l’Etat islamique !

Le HDP est né pour fédérer les aspirations démocratiques exprimées au printemps 2013 lorsque des dizaines de milliers de turcs se sont rassemblés sur la place Taksim d’Istanbul pour contester les dérives du pouvoir. Sa percée spectaculaire aux élections législatives de 2013 où il rassemble 13% des suffrages et obtient 80 députés empêche Erdogan d’obtenir les pleins pouvoirs et de modifier à sa guise la Constitution. Le HDP devient par la même occasion un acteur clé d’une solution pacifique au problème kurde.

Si le pouvoir turc s’enfonce dans cette dérive liberticide et réactionnaire, c’est justement parce que ce pays est l’un des rares de la région à compter une force politique de progrès, capable de faire bouger les lignes pour la justice et la paix. Que la France comme l’Europe se murent dans leur silence complice ne peut que révolter tous les démocrates.

Qu’ils interviennent pour que cesse cette quasi-complicité est une urgence. L’Union européenne doit décider d’une mission de soutien aux journalistes et parlementaires emprisonnés et exiger leur libération sans condition. Les Parlements doivent s’exprimer et déployer des délégations auprès de leurs collègues turcs. Les autorités françaises et européennes peuvent agir en réclamant le respect de la convention européenne des droits de l’Homme et entamer un processus de sanctions politiques et commerciales.

Ce combat pour la paix et la démocratie en Turquie peut bénéficier à tous les peuples du proche et Moyen-Orient mais aussi à ceux de l’Union européenne.

14 commentaires


eberhard mireille 11 novembre 2016 à 11 h 13 min

non à la dictature

Louis Arti 12 novembre 2016 à 9 h 22 min

La liberté n’isolera pas la Turquie, la dictature non seulement l’isolera mais en fera un pays musulman comme les autres : incapable d’inventer même une boîte d’allumettes.

CLAUDE CARRON 14 novembre 2016 à 6 h 30 min

Les dictatures sont en attente en europe et les peuples doivent vite se réveiller. Pour nous, français, ca passe par la 6e république citoyenne et solidaire. JLM2017.

Noguera Michelle 14 novembre 2016 à 7 h 01 min

Stop !

chb 14 novembre 2016 à 7 h 51 min

A la remorque de l’OTAN, la France soutient pourtant le régime Erdogan. Elle soutient de même les dictatures du Golfe, livrant des armes qui martyrisent le Yémen depuis des mois… et la Syrie depuis 5 ans.
Le combat solidaire avec les démocrates contre l’impérialisme doit gagner en élan et en combativité.

Silberstein Jacques 14 novembre 2016 à 7 h 54 min

Je me joins d’autant + à cette pétition que les fascismes et les dictatures apparaissent un peu partout dans le monde .
Courage même si l’esprit du C.N.R. s’estompe avec le Générations , il renaîtra de ses Cengres .

izzi 14 novembre 2016 à 8 h 20 min

l’avidité du pouvoir et des richèsse de certains, provoque des brasiérs difficile à arreter.

Anonyme 14 novembre 2016 à 14 h 29 min

Il est parfaitement inadmissible que la france et l’ Union européenne ne prennent pas position , devant l’établissement d’une telle dictature !
Réclamez la liberté pour les journalistes n
Erdogan DEMISSION
Colette Monier
39500 Damparis

Patrick le comique 14 novembre 2016 à 21 h 33 min

Ce qui est bien c’est que c’est uniquement les turcs qui choisissent !!!

Patrick le comique 14 novembre 2016 à 21 h 31 min

L’article est tragi-comique on sent que vous êtes très mal informé sur la Turquie

alain harrison 15 novembre 2016 à 5 h 32 min

Bonjour.

Difficile à suivre et de comprendre tous ses imbroglios d’une extrême dangerosité, et ceci pour l’Europe même.
Il y a quelque chose qui m’apparaît. Tout ça découle des printemps Arabes. Mais il faudrait trouver la vérité sur ces fameux printemps Arabes.

Il y a un article à lire et à relire: Crime contre l’Humanité, l’ultime retour des barbares.

Il y avait aussi un article qui mis en perspective des visites de John Kerry au Moyen-orient dans cette période. Wikilicks avait sorti des info aussi.
Je crois que cette période est importante à plus d’un titre, vue les conséquences et la séquence des événements qui nous mènent au proche orient à un Erdogan, versus en Amérique latine à un Macri. Je crois que des liens existent.

Sur une autre échelle, il y a l’encerclement par l’OTAN de la Russie, de même que la Chine.

Il faut compter sur la futur compétition entre la Chine et l’Inde qui risque d’être instrumentalisée.

L’Afrique se rend aux investissements protégées. Bien sûr la Chine fait certain développement, les conditions ne sont pas les mêmes que celles occidentales.

En regard du monde, le Québec-Canada m’apparaît de plus en plus comme hors du monde, bien traité par les US. Ce dernier sait instrumentaliser et la PUB en marche: Il faut plus de Canada dans le monde. Vous voyez.

Trudeau grand sourire sert la main d’Erdogan déjà à la tâche de la purge. Pas un signe d’incommodité chez Trudeau.

Est-ce que son père qui a serré la main de Castro se retourne dans sa tombe ?

Mais , business as usual, Trudeau fils sert la main à Castro.

Décidément la finance a bien breefer (formater) ses valets.

CE QUI VAUT POUR L’UN VAUT POUR L’AUTRE.

«« Le peuple kurde et tous les démocrates de Turquie paient chèrement le jeu d’alliance qui rythme l’évolution politique du Moyen-Orient. »»

De même la gauche et les jeux d’alliance pour contrer le FN. N’est-ce pas.
Et les OUI mais au sujet des 4 sorties, non, c’est vrai, maintenant, il y en a 5. Quand on ne voit pas claire ou qu’on fait semblant.

Moi je suis du Québec, et le même jeu mais très très soft. la masse n’y voit que du feu, je veux dire qu’elle est tellement habitué à se faire emboucanner par PLQ, tantôt PQ, que je crois que la CAQ, un autre enfumeur risque de rentrer en poste aux prochaines.
Je vous dit que les québécois, en politique, ils sont folkloriques. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, les politiciens étaient de bonnes personnes un peu naïve quand même, mais depuis quelque temps, chez les libéraux principalement, il y a un changement, ils sont d’une arrogance , je dirais pragmatique.
Les causes contre le crime organisé tombent à cause que la saison tarde.
Il y a du pourri au Québec et au Canada.

Bien, la terre est notre seul vaisseau, et il ya une génération baby boomer pourri jusqu’à l’os: après nous le déluge.
Si vous aimez vraiment les enfants, aller l’éprouver en visionnant avec grande attention le documentaire Naissance sans Violence.
En airai vous le Coeur ?

La crise est multidimensionnelle, et c’est la finance qui l’a initié, tout comme busch a inauguré le nouvel aire du vieux monde dans ce qu’il a de plus vil, la guerre limité ou à valeur ajouté, parce que limité dans l’espace, pas dans le temps. Les champs de bataille ça se déplace, ou plutôt ça se délocalise vers de nouveaux marché lucratif, le temps de refaire à bon compte ce qui a été détruit avec du cheap cheap labor en prime pour de nouvelles délocalisations, etc. etc.

Le tableau se dévoile !?

Ou suis-je dans le champ !?

Roche 14 novembre 2016 à 23 h 01 min
chb 24 novembre 2016 à 20 h 47 min

La décision de censurer les infos issues de Moscou tient aussi, à mon avis, d’un basculement dans la dictature. Ca, c’est dans l’Union Européenne, donneuse de leçons ! Alors que l’essentiel des médias occidentaux est aux mains du fameux 1%, le Parlement Euro conforte le verrouillage des infos.
Au passage, une larme pour La Marseillaise !

Tilman 25 novembre 2016 à 18 h 04 min

Notons le silence coupable de UE …

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