Scandale politique à la Commission européenne

le 15 mars 2018

Comme toute institution, de la commune jusqu’à la présidence de la République, la Commission européenne dispose d’une structure administrative et d’un secrétaire général qui dirige ses services.

Le secrétaire général de la Commission européenne est un rouage stratégique. Il est le véritable chef de cette administration de plus de 30 000 fonctionnaires. C’est lui qui met en œuvre les décisions du Président de la Commission et qui a la main sur les différentes directions générales. Il a donc une parfaite vision d’ensemble des politiques européennes et contrairement aux postes de commissaires, plus exposés au sein de l’exécutif européen, le secrétaire général n’est pas soumis au contrôle politique des États membres et du Parlement européen et peut donc rester pendant des années.

La nomination du secrétaire général actuel Monsieur Selmayr, ancien directeur de cabinet de Mr Junker Président de la Commission, relève d’une opération très politique très calculée.

Il y a quelques semaines le secrétaire général en poste a fait valoir son droit à la retraite. À la suite de quoi Monsieur Selmayr a été nommé secrétaire général adjoint de la Commission européenne. Sa carrière à ce poste ne dure que dix petites minutes, car il est en fait un marche pied obligatoire avant de pouvoir postuler au poste de secrétaire général. Une fois cette rapide formalité administrative remplie, il est nommé secrétaire général. Comme il est également impératif qu’il y ait plusieurs candidatures à ce poste, sa propre chef adjointe de cabinet a servi d’alibi. Elle a retiré sa candidature aussi rapidement que son chef est monté en grade.

Monsieur Selmayr a donc été doublement promu en quelques minutes dans le seul but de répondre aux formes légales. Les nominations à des postes de cette importance sont normalement des procédures longues où tous les candidats doivent auditionnés. Ici rien de cela.

Après cette opération politique, l’Allemagne détient l’essentiel des postes importants de l’administration européenne. Outre le secrétaire général de la Commission européenne, on compte un secrétaire général allemand à la tête du Parlement européen, au service d’action extérieure, ainsi qu’au Mécanisme européen de stabilité. En plus de cela ils viennent presque tous du même parti la CDU d’Angela Merkel.

La plupart des hommes et femmes placés là sont les défenseurs d’une même politique ordo-libérale austéritaire conforme aux vœux des dirigeants Allemand.

La nomination surprise de Martin Selmayr est le symptôme d’une maladie profonde : l’absence de responsabilité démocratique de la Commission européenne. Cette institution est sensée être la garante de l’intérêt général des européens, pourtant elle met en œuvre des politiques opposées aux intérêts des citoyens et des travailleurs européens.

Nous avons ici à faire à un nouveau scandale, qui a été amplement discuté et très critiqué au Parlement européen. Nous demandons une enquête et avons menacé du dépôt d’une motion de censure, qu’évidemment la droite veut éviter.

4 commentaires


Moreau 15 mars 2018 à 21 h 14 min

Je lis bien :  » l’absence de responsabilité démocratique de la Commission européenne. Cette institution est sensée être la garante de l’intérêt général des européens, pourtant elle met en œuvre des politiques opposées aux intérêts des citoyens et des travailleurs européens. »
Il serait bon de savoir ce que monsieur Macron en pense puisqu’il veut changer l’Union Européenne.

alain harrison 4 avril 2018 à 6 h 25 min

Macron n’en pense rien, il accélère les ordres du système UE.
Deux choses à faire à court terme.
Renverser le gouvernement Macron et faire les 4 sorties.
Pour cela, quelle instance ?
Que faut-il attendre ? Comme pour la seconde guerre, qui a dégénéré mondialement.
La première a servi d’exercice ???
Les conditions étaient en place, mais comment se sont mis en place, les conditions ?
Tout n’a pas été dit et quelle trame (les acteurs responsables) était en place ?
Le su et le non su, Korzybski

alain harrison 4 avril 2018 à 6 h 59 min

Maintenant.
L’ accumulation des expériences, des connaissances et des tromperies est à un tel niveau, que le militant qui a atteint la vision d’ensemble peut faire la différence.

De nombreux textes sur internet approfondissent les thèmes essentiels, qui nourrissent les exposés synthétiques (la vue d’ensemble) sur plusieurs dimensions historiques.

J’en reviens à ces deux textes que je considère fondamental.
Crime contre l’Humanité, l’ultime retour des barbares.
Qui sauve qui ? (CADTM).

Deux documents de base pour avancer dans notre compréhension de la problématique qui nous concerne.

Mais , il y a l’aspect de notre condition humaine.
Et en ce moment, il est plus que nécessaire de comprendre le principe manipulation-conditionnement. Ne pas considérer cette question, c’est tout simplement abandonner aux exploiteurs leur potentiel de continuer.
Il y a des urgences autour desquelles la gauche doit se rassembler.
Et c’est aux militants d’y voir, parce que les élites ont leur propre intérêt.
Nous ne sommes pas dans un jeu vidéo, les problèmes se multiplient et s’accumulent.
Et il faut voir à court terme, à moyen terme et à long terme.
Établir les actions en fonction de ces termes. Éviter de mettre la charette devant les boeufs.
La gauche doit se remettre à ZÉRO.
Refaire le chemin pas à pas, mais avec une connaissance, une expérience, et les leçons qui devraient faire la différence.
L’Art de mettre en priorité.
C’est dans le choix des priorités ?

glok 30 avril 2018 à 22 h 54 min

Je t’ai rencontré à l’époque où tu liquidais l’humanité et soldais Pif
Ca sentait le whisky complet dans le bureau, et pas que ?
tu en es où sinon ?
à faire communiste pour 25 KE/mois à bruxelles hors avantage ?

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