Transports – Introduction des rencontres de Tours 2018

le 12 octobre 2018

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Messieurs les parlementaires et vice président de région de Bretagne et Nouvelle Aquitaine

Mesdames, Messieurs les représentants syndicaux, associatifs

Mesdames et messieurs représentants les entreprises et les partenaires

Cher Jean Michel Bodin,

Bienvenue à chacune et chacun d’entre vous à ces 14e rencontres du ferroviaires dans cette ville de Tours.

Ces rencontres interviennent à un moment de notre histoire où peut-être, la question des transports n’a jamais été posée avec autant de profondeur.

Elle l’est pour au moins deux raisons. La première tient au fort besoin de mobilité qui s’affirme dans toutes les sociétés et dans la nôtre en particulier. La seconde – et ce n’est pas un classement de valeur tant elle me parait essentielle – tient dans la preuve désormais irréfutable du réchauffement climatique, dont la principal cause réside dans les émissions massives de gaz à effet de serre. Les politiques de transports sont ainsi au cœur de tout projet de société, de tout projet de développement. Elles sont également lourdement conditionnées par la lutte impérative contre le réchauffement climatique.

Dans cette lutte, la défense du transport ferroviaire est plus qu’un atout. Il est l’une des conditions de cette lutte. Dans son dernier rapport alarmiste, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat appelle, je le cite, à « une transition rapide et de grande portée en matière d’énergies, d’usage des sols, de transports, bâtiment et systèmes industriels ».

Pour conjurer le péril climatique, dont je sais que chacun de vous mesure la portée, ce rapport stipule que les transports doivent passer aux énergies « bas carbone » en réduisant leurs émission de gaz à effets de serre entre 35 et 65% en 2050, c’est-à-dire demain.

Indéniablement, le transport ferroviaire est le mode de transport désigné pour répondre à cet enjeu fondamental.

Un enjeu qui ne pourra être relevé que dans un climat de confiance de l’ensemble des acteurs de la filière du transport ferroviaire dont les cheminots et de respect de la parole donnée. Nous ne pouvons à cet égard que regretter les annonces faites contre le statut des cheminots ces derniers jours par la direction de la SNCF, à rebours des promesses tenues au printemps dernier, et qui ne peut qu’entamer un peu plus l’indispensable cohésion des acteurs de la filière.

Mais au-delà, je ne peux que manifester mon inquiétude sur l’avenir du système ferroviaire national, plongé dans un bain concurrentiel dont le bénéfice sur le service rendu aux usagers, les conditions de travail, la sécurité ou encore la lutte contre le réchauffement climatique n’a jamais été démontré. Bien au contraire, les exemples abondent d’atteinte à la sécurité et de diminution du nombre de lignes, transférée, notamment s’agissant du fret, vers des modes de transport extrêmement polluants. Plongé aussi dans le grand marché de la finance qui l’étrangle ave une dette portée par la SNCF dont une part est illégitime parce qu’elle est issue pour une part des demandes de L’Etat et de l’autre des taux d’intérêts usuraires. En ce sens le chantage valant faux échanges entre statut des cheminots et remboursement de la dette est révoltant.

L’objectif répété de réduction des coûts ne fait pas une politique. Pas plus que l’étranglement des collectivités territoriales, dont les régions, ne permettra de répondre aux lourds défis qui sont devant nous, notamment ceux liés à la mobilité et à la préservation de notre environnement.

Nous avons, il ya 16 ans, réussi un pari que beaucoup croyait hasardeux voire impossible: celui de faire vivre un service public du transport ferroviaire au plus prêt des territoires avec des lignes régionales au service d’une nouvelle cohérence du transport sur l’ensemble du territoire national. Ce fut une éclatante réussite grâce à l’implication de nombreux élus, de haut fonctionnaire et d’ingénieurs mobilisés par la puissance publique.

Les régions ont, avec courage, financé une grande partie de ce défi avec pour résultat un trafic des trains express régionaux qui a progressé de plus de 50% en 20 ans, au bénéfice des territoires, de leur habitant et du tissu économique. Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins avec une baisse substantielle de l’offre qui affaiblit les territoires.

Je crois, et ce n’est pas anodin au regard de notre actualité, que cet investissement fut de nature à donner du sens à l’action publique. Cette action publique aujourd’hui largement discréditée  quand elle se révèle incapable de répondre aux besoins de la nation et des citoyens qui le peuplent, au nom de contraintes budgétaires imposées par les autorités européennes.

Aujourd’hui, les exigences montent chez les professionnels du  rail, au premier rang desquels les cheminots, mais aussi chez les usagers qui s’organisent et se mobilisent pour la défense de leur ligne régional un peu partout en France. Il faut les écouter.

Nous avons les capacités de mener une stratégie globale pour avancer un projet de développement économique, social, sanitaire et écologique. A et égard, nos atouts industriels doivent être préservés et développer, à commencer par l’entreprise Alstom.

Placer la France à l’avant-garde du grand combat pour un développement écologique et égalitaire, passe par une ambition renouvelée pour un service public national du rail.

Notre journal se met régulièrement au service de cette cause en donnant la parole aux travailleurs du rail, aux usagers, en enquêtant que les libéralisations et leurs conséquences ou en donnant à voir notre capacité industrielle dans le domaine du ferroviaire.

Je vous remercie de votre attention et vous souhaite d’excellents débats.

1 commentaire


ALORY THIERRY 12 octobre 2018 à 16 h 52 min

BRAVO CAMARADE PATRICK

TRES CLAIR

SI ON EST HONNETE ON NE PEUT QU’ETRE D’ACCORD

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