Que s’avancent les progressistes

le 26 décembre 2018

Pour tenter d’étouffer le mouvement populaire des gilets jaunes, réduire son ampleur, dévoyer son contenu, élimer sa détermination et affaiblir le soutien dont il bénéficie, il a été décidé en haut lieu d’instrumentaliser des violences, et les hideux visages de l’antisémitisme et des racismes qui parcourent certains cercles minoritaires du mouvement.

A cette fin, des images ont abondamment tourné en boucle sur les écrans de télévision, cachant du même coup l’ampleur de manifestations pacifiques dans plusieurs villes, les demandes sociales et démocratiques alors que, par ailleurs, le pouvoir prétend organiser un grand débat public. Nous n’excuserons jamais des violences gratuites contre des policiers, des commerçants, ou ces insultes proférées dans le métro parisien envers une dame déportée à Auschwitz. Mais elles sont infiniment minoritaires comme le sont les violences policières contre des manifestants.

Ce ne sont ni le mouvement, ni les forces de l’ordre qui produisent ces tensions. Pourquoi les met-on alors ainsi en scène ? Tout simplement pour faire retourner les gens de peu, les invisibles à leur invisibilité. La nature originelle du mouvement doit être recherchée dans la soif d’égalité face à l’injustice fiscale et sociale, face à l’inégale répartition des richesses et contre le mépris et la dépossession des citoyens et des classes laborieuses des affaires qui les concernent. Aucune complaisance ne doit donc exister vis-à-vis des tentatives de récupération de l’extrême droite antisémite, raciste, xénophobe, parce que cela reviendrait fondamentalement à détruire les exigences démocratiques, sociales que porte ce mouvement.

Le poison identitaire n’est que la grande béquille pour perpétuer l’ordre des inégalités sociales et économiques. Il n’est que l’antichambre des pouvoirs autoritaires à rebours des exigences démocratiques qui s’expriment notamment avec le référendum d’initiative citoyen. Le racisme a toujours été une arme utilisée par les dominants décadents pour tuer les demandes sociales et les aspirations démocratiques. Mais, tout est fait dans les allées du pouvoir et dans quelques salles de rédaction pour grossir tel ou tel incident ou acte inadmissible afin de discréditer le mouvement, à la façon des bourgeoisies du 19ème siècle assimilant les « classes laborieuses à des classes dangereuses ». Tout est ainsi fait pour que l’extrême droite sorte gagnante de cette profonde crise venant de loin, afin de la retrouver, demain encore, dans des seconds tours de scrutins pour sauver la mise aux tenants du système. Tel est le jeu dangereux que jouent le pouvoir et les institutions européennes qui ne tirent aucune leçon de ce qui se passent dans de nombreux pays en Europe depuis des mois. A moins que pour empêcher l’alternative progressiste ils n’aient, comme en d’autres temps, choisi le pire. Il convient donc de mesurer la gravité du moment et de se hisser au niveau des exigences historiques. Dans ces conditions, tout militant de gauche et écologiste a la responsabilité de se porter au-devant du débat, de conforter son esprit unitaire, de mettre sur la table des propositions de transformation progressistes et écologistes. Au fond, n’est-ce pas le système capitaliste financiarisé et mondialisé qui est aujourd’hui puissamment contesté ? Ce mouvement était bel et bien imprévisible, mais ses causes aisées à cerner. Il n’est qu’à parcourir « L’Humanité » depuis le référendum sur le traité de Maastricht pour s’en convaincre. Il peut déboucher sur des avancées significatives. Il ne restera pas, quoi qu’il advienne dans les jours et semaines qui viennent, sans conséquence. Tout en respectant son autonomie, les forces de gauche et d’émancipation devraient avoir pour seule ambition d’unir et de se mettre à son service.

11 commentaires


Mr chapelier 27 décembre 2018 à 10 h 58 min

Et ,oui de tout temps ils se servent de ce moyen pour briser les injustices ils ne veulent surtout pas perdre leurs privilèges.les medias participent beaucoups à cet instrumentalisation , faut surtout pas prendre leurs commentaires la lettre et surtout le ton catastrophique de leurs paroles, manipulation des cerveaux .le monde vat très mal mais ils en ont rien à foutre le plus grave dans tout ça c’est qu’ils se servent d’une partie de la population contre l’autre pour faire leurs sales besognes,faut avoir peur du monde qu’il prépare mais les gens ont perdu le sens du mot aime ton prochain ,pauvre planète qui a mis tant de temps pour se construire et nous créés à

Viens yann 27 décembre 2018 à 20 h 26 min

Très bien je partage cette analyse

Moreau 28 décembre 2018 à 9 h 31 min

La vie en France va très mal parce que le pays, les Travailleurs ne produisent pas pour tous en adéquation avec les besoins prioritaires réels. De même travaillent un bon nombre de commerces connus de proximité ou de relative proximité. Tout le monde ne consomme pas en achetant en ligne. Conséquences : des besoins de première nécessité au vingt et unième siècle ne sont pas satisfaits (automobile, informatique, médical, services publiques).

HIH Princess Edwige Vincent de Bourbon Pahlavi 28 décembre 2018 à 15 h 39 min

Dans tous les pays de UE une flamme doit être transportée et arriver à Strasbourg au Parlement Europeen
Excellente idée la Flamme de nos Droits Fondamentaux doit arriver à Paris pour :
Rendez vous au CHAMPS DE MARS LE 31/12/2018 pour le feu d’artifice avec vos gilets jaunes !!! Coller ce message sur tous les postes du fb d’emmanuel macron viiiite
HIH Princess Edwige Vincent de Bourbon Pahlavi
Tel 0033755709223

jose plaquet 28 décembre 2018 à 19 h 13 min

vive la lute la victoire é a la porte

Arniaud 29 décembre 2018 à 12 h 52 min

Nous adhérons pleinement à cet article qui correspond entièrement à nos pensées citoyennes de progrès de solidarité de justice sociale démocratique et de fraternité. Ce mouvement se doit de s’emplifier pour rassembler toutes les forces de travail vers un vivre mieux, vivre dignement par la juste répartition égalitaire des richesses produites par les travailleurs du monde entier.

DEFFIEUX mARCEL 31 décembre 2018 à 16 h 12 min

depuis 40 ans ,nous communistes et cégétistes demandons aux gouvernements qui se sont sûccèdés de faire des augmentations de salaire et de pensions de retraite raisonnables,pour que le peuple vive dans la décence et non dans la misère,ce que les gouvernants et la société capitaliste a toujours refusé aujourd’hui le peuple en a marre et même s’il ne veulent pas faire de politique les gilets jaunes reprennent en coeur nos revendications .
pour cela je leur dit MERCI,mais qu’il n’oublient pas que ce qu’ils font c’est de la politique

colombe 5 janvier 2019 à 5 h 18 min

Demandons nous pourquoi l’extrème droite est invitée presque tous les jours dans les médias depuis … 1982 ? A force de jouer avec les allumettes …

Arthurr 5 janvier 2019 à 13 h 09 min

Eh oui, et en 1982, il y avait une crapule au pouvoir qui s’appelait François Mitterrand, élu en 1981 grâce aux communistes.
Une crapule qui dès son arrivée au pouvoir a accentué son travail de sape, de manipulations et de démobilisation de la base du PCF pour les affaiblir.

C’est aussi Mitterrand qui dans la même stratégie a tout fait pour dédiaboliser l’extrême droite à des fins politiciennes, ouvrant les portes des média au FN des Le Pen en espérant gêner la droite sur sa droite .

Un PS qui comme la droite, dans cette pseudo démocratie à scrutin majoritaire à deux tours conduisant des politiques libérales similaires une fois installés au pouvoir , comptent sur un adversaire d’extrême droite au deuxième tour pour se faire élire par défaut.

Pour ficeler le tout dans l’instauration de cette monarchie, Jospin, digne héritier de Mitterrand a fait passer l’alignement du scrutin présidentielle/ Législatives qui conduit inéluctablement au désastre institutionnel que nous vivons,.

Désastre logiquement accentué avec des citoyens -clients /consommateurs des acquis sociaux, faisant grève par procuration (ou se baladant lâchement avec un gilet jaune sur le tableau de bord) se sentant toujours moins concernés par des « cuisines « électorales qu’ils cautionnent finalement en s’abstenant au lieu de s’investir activement dans le militantisme syndical ou politique.

Macron a bien profité de cet héritage

colombe 7 janvier 2019 à 11 h 10 min

Tout a fait d’accord , maintenant nous sommes dans une situation dangereuse .
Les dirigeants  » socialistes  » porteront une lourde responsabilité devant l’histoire ,si la catastrophe arrive.

CLAUDETTE DETRY-MOREAU 6 janvier 2019 à 12 h 03 min

Tu as complètement raison Patrick, je pense que les gens du mouvement des « gilets jaunes » au départ, ne connaissaient rien à la Politique et que aujourd’hui ils s’éveillent, s’ouvrent à la « lutte de classe » mais une marge de ceux-ci, se tournent vers la droite et il nous faut expliquer,les vérités, aux citoyens, à la population…nous avons du boulot !!! Merci de te retrouver sur mon ordi chaque dimanche !

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