Quand le système de santé se grippe…

le 19 janvier 2017

Saluons le dévouement, l’abnégation des personnels de santé à travers l’ensemble du pays, contraints de faire des miracles face à l’épidémie de grippe, dans un état de surchauffe des hôpitaux et des services d’urgences. Ces derniers sont devenus les maillons les plus exposés venant combler et révéler les carences de structures de la médecine de proximité et la baisse drastique du nombre de lits dans les hôpitaux. Ces professionnels n’ont pourtant pas manqué ces dernières années d’alerter avec leurs organisations syndicales sur leurs conditions de travail, incompatibles avec une prise en charge digne des patients, sur le manque de lits et les effets désastreux des différentes lois qui ont déshabillé notre système de soins.

Il ne pouvait pas en être autrement dès lors que prime d’absurdes objectifs budgétaires défendus par des gouvernements successifs qui cachent une nouvelle manière d’engraisser les groupes privés, lorgnant sur cette part considérable de la richesse nationale. Voilà la raison essentielle pour laquelle les pouvoirs n’écoutent ni les salariés, ni les élus locaux ! L’autosatisfaction affichée il y a encore quelques semaines par la ministre de la Santé pour tenter d’enjoliver un bilan quinquennal désastreux se heurte à la vérité des faits. Aucune déclaration ministérielle, aucun communiqué gouvernemental, aucune réunion même tenue dans les salons élyséens ne peuvent les effacer pas plus que la responsabilité des choix qui les ont produits ! Quelle attitude irresponsable de demander aux hôpitaux de déprogrammer des opérations considérées comme non urgentes ou de faire libérer des lits qui font défaut pour traiter une épidémie dont on sait qu’elle se répète chaque année. Un sentiment de honte nous gagne au moment où notre pays, autrefois mondialement reconnu pour l’efficacité de son système de soins, est pris au dépourvu par une épidémie de grippe saisonnière qui progresse sur la bêtise comptable posée sur l’autel de l’argent roi.

Le nouveau plan d’économie de plus de 3 milliards prévoit la suppression de 22 000 postes ainsi que de nouvelles suppressions de lits. C’est avec de telles mesures que le gouvernement a pu fanfaronner sur le prétendu « équilibre » retrouvé des comptes de la sécurité sociale. On en voit aujourd’hui le coût humain, alors même que ces économies ne sont pas encore réalisées…

Il faudrait aussi demander au sourcilleux M. Fillon, armé du poignard qu’il compte planter dans le cœur de la sécurité sociale, s’il considère la grippe comme une infection grave, ou s’il préfère attendre que les patients soient à l’article de la mort pour la considérer comme telle ? Si la grippe n’est pas considérée comme une infection grave, faut-il attendre que le seuil épidémique soit atteint et les coûts pour la collectivité en termes de prise en charge et de soins décuplent pour qu’elle devienne l’affaire de la puissance publique ? L’absurde rejoint l’inhumain avec ces politiques budgétaires à la petite semaine qui ne connaissent que les soustractions. Plus de 20 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de santé sont prévus par le candidat de la droite. En réalité, elles pourraient s‘avérer d’un coût humain et financier bien supérieur aux économies prévues, surtout si perdure la catastrophe environnementale et les pollutions en tous genre qui entament toujours plus la santé de chacun. Voilà démontrée à l’épreuve des faits non seulement le ridicule mais aussi le caractère foncièrement inhumain des politiques libérales.

Pourquoi vouloir briser le principe de solidarité alors que les virus, contrairement aux politiques, ne choisissent pas leurs victimes. Riches ou pauvres, étrangers ou français, chacune et chacun doit pouvoir bénéficier sur le territoire national du système de solidarité qu’induit la sécurité sociale. Elle est un outil universel de solidarité. Il s’agit à la fois d’un principe moral et d’une garantie d’efficacité.

La qualité de soins et d’accueil dans les infrastructures de santé suit depuis une trentaine d’année la pente funeste de cette gestion libérale et bureaucratique. Avec force, il convient de rappeler la position centrale de l’hôpital dans notre système de santé en débloquant les moyens à hauteur des besoins, avec plus de lits d’aval et une médecine de proximité pour prévenir et empêcher que les infections n’atteignent des seuils épidémiques.

La médecine ambulatoire, nouveau mantra pour légitimer la purge en cours dans les hôpitaux publics, ne peut être bénéfique que si elle s’insère dans un parcours de soins bien défini dans l’intérêt du patient, et non comme un moyen de débarrasser les hôpitaux de malades considérés comme étant en situation « moins grave » que d’autres, qui sont « invités », le jour même d’une intervention à rejoindre leur domicile.

Décidément « l’humain d’abord », est une nécessité  pour l’efficacité. Le combat pour la santé est un autre exemple de la nécessité de rompre avec les privations et privatisations pour porter haut le flambeau des moyens publics pour le bien commun.

6 commentaires


Moreau 19 janvier 2017 à 22 h 59 min

Il faut une politique de santé publique européenne, elle est illisible. L’absence des politiques auxquelles les gens tiennent par-dessus lisibles pour l’Union Européenne en précisant les deux niveaux s’il y a deux niveaux est une cause du brexit ; la culture c’est aussi savoir comment vit l’Union Européenne. Les politiques indispensables existantes et surtout les politiques proposées comme meilleures politiques pour les remplacer doivent être décrites pour leur compatibilité avec les 27 pays de l’Union Européenne même s’il y aura deux vitesses de réalisation. Les gens ont besoin de connaître l’Union Européenne sur laquelle ils manquent gravement d’informations, on ne peut pas débattre de tout sans savoir comment ça va dans les autres pays de l’Union Européenne et si nos idées sont pro-européennes ou préjudiciables à la construction de l’Union Européenne. Le vide politique médiatique a permis à ce qui voulaient le brexit de mentir au Peuple anglais sur la sécurité sociale.
Si les peuples de l’Union Européenne avait été bien informé, le mensonge n’aurait pas été commis, ou n’aurait eu aucune incidence sur le référendum.
Donc ce que les gens demandent, à savoir être informés selon notre appartenance à l’Union Européenne et non comme si notre pays n’était pas membre de l’Union Européenne, afin de se déterminer éventuellement à voter plutôt que s’abstenir lors de l’élection présidentielle ou lors des élections législatives par exemple ; est aussi sage que légitime. Je ne comprends pas qu’il y ait tant de gens qui votent sans en savoir assez, c’est ce qui s’est passé lors du référendum sur le brexit. Le mensonge politique et la désinformation forment une fraude électorale qu’elle soit involontaire ou volontaire. Donc plus d’informations notamment sur la sécurité sociale, les services publiques, en nous informant de la situation dans les autres pays titre par titre. Maintenir la France coupée sur le même sujet des informations concernant les autres pays membres de l’Union Européenne, capitalise pour les droites extrêmes parce que nous sombrons forcément dans l’irréalisme et l’utopie négative.

Sonny 18 mai 2017 à 1 h 19 min

It’s not just them, but lots of different girls from all different countries doing this. I do1;8#2n7&t think they do this so men will have sex with them… but these women do probably meet their share of interested men.

pervez 21 janvier 2017 à 23 h 30 min

Effectivement, on m’a relâché dans la nature après une opération de hernie ombilicale sous anesthésie générale, je ne tenais pas debout. Et il y a des sutures qui ont lâchées, tout est à refaire.

Landeau 22 janvier 2017 à 9 h 41 min

Mon ami c est fait opéré d un cancer du rein avec ablation de celui ci et on l a fait sortir au bout de 4 jours les suites ont été sutures qui lâchent, infection , et supuration pendant 1 mois et obligation de prolonger les soins infirmiers pendant 2 mois ou sont les économies

Moreau 22 janvier 2017 à 10 h 53 min

L’Union Européenne est une communauté de 28 ou 27 pays, mais ces pays européens qui devraient être au regard de la réalisation de la vision européenne des pays pionniers tant pour l’Europe que le reste du monde, ne savent pas bien vivre en communauté parce que la politique de la culture est indigente d’une part, et d’autre part parce que les médias ne remplissent pas bien leur rôle pédagogique. Le plus simple aurait été, serait, de s’en tenir aux promesses faite d’une Europe sociale, et Europe sociale signifie que le business ne doit pas remplacer le sociale et surtout ne pas remplacer la protection sociale de la santé. Je ne crois pas à partir du peu d’informations dont chaque personne peut disposer, que la communauté européenne constituée peut réaliser l’idéal que représente la sécurité sociale à 100% qui serait réalisable selon ma compréhension seulement dans une minorité très faible de pays de l’Union Européenne dont la France, rapidement. Par contre je crois que tous les pays de la communauté européenne à laquelle nous appartenons peut réaliser un progrès social et notamment dans la protection sociale de la santé même à des taux de sécurité sociale et à des taux de mutuelle différents en raison que l’Union Européenne est à deux niveaux, à deux vitesses.
C’est à notre portée je crois, à condition de concilier la progression vers la sécurité sociale à 100% qui sera un jour l ‘idéal pour tout le monde à condition de ne pas sombres comme nous y sombrons depuis 2012 dans la protection-business de la santé ; c’est à dire d’associer la proposition de Rama Yade d’une sécurité sociale à 90% qui va dans le sens de la sécurité sociale à 100% et la proposition de Arnaud Montebourg de la mutuelle publique à 10 € par mois ; parce que nous créons en même temps ainsi un modèle européen de nature à encourager dans le sens de la sécurité sociale à 100% les autres pays de l’Union Européenne. Nous pouvons alors dire aux autres pays que ce que la France peut réaliser en protection sociale de la santé ils le peuvent progressivement car c’est évolutif ; je pense qu’il ne faut pas perpétrer de trop grandes inégalités sociale dans la communauté des 28 ou 27 pays de l’Union Européenne, et que c’est ainsi que l’extrême droite et les droites extrêmes peuvent voir leurs extrémismes respectifs mis en échec au grand bénéfice de la vie de tous les êtres humains car nous sommes interdépendants.
Nous sommes passés à une protection hybride voire sociale et business, de la santé, c’est une régression de la France, alors que réaliser une meilleure protection sociale de la santé, c’était et c’est encore possible. Il était possible de faire mieux que le dispositif du gouvernement de monsieur Valls ; et dépasser le capitalisme c’est ne pas laisser en politique de protection de la santé le business remplacer le social. Ceci dit le social et le progrès social doivent être pensés pour l’Union Européenne sociale.
Si tous les partis politiques français avaient eu à coeur une telle évolution, monsieur Valls n’aurait pas pu faire son dispositif décevant et très perfectible surtout pour les personnes sous le seuil de pauvreté, l’extrême droite anglaise n’aurait pas pu duper des électeurs et le référendum sur le brexit aurait été probablement favorable à l’Union Européenne.
Le modèle de protection sociale de la santé français restait malgré les problèmes à résoudre, l’une des forces de l’Union Européenne. Seule la construction de l’Union Européenne démocratique universaliste, sociale, peut réussir.

chb 22 janvier 2017 à 23 h 24 min

Le « modèle de protection sociale » pourrait se trouver en France ? Plus précisément en Moselle, où le système Maladie a des particularités héritées de l’histoire telles qu’il fonctionne bien, avec même un excédent de trésorerie.
Fillon et les autres n’en ont sans doute pas connaissance, qui ne jurent que par les limitations des remboursements, le glissement vers les mutuelles (et « mutuelles », masque des banques-assurances avides de profit) et même l’exclusion des malades indésirables.
Rendre aux assurés le pouvoir qu’ils avaient en 1947 dans la gestion de leur Sécu serait un minimum.

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