Offensive de la finance américaine sur la Seine-Saint-Denis

le 30 mai 2020

Après avoir proposé que les travailleurs paient les conséquences de la crise sanitaires en supprimant des congés payés et les 35 heures de travail hebdomadaire, voici que le très libéral institut Montaigne commande un rapport sur le département de la Seine-Saint-Denis, à une enquêtrice du « Boston Consulting group » avec le concours du géant de la finance nord-américaine, la banque J P Morgan.

A quelques jours de la présentation d‘un rapport parlementaire devant l’Assemblée nationale sur la situation de ce département, l’institut ultra libéral, aidé par la banque états-unienne, cherche à prendre les devants. Il est vrai que la Seine-Saint-Denis fait de longue date  l’objet d’une offensive de cette banque,  épaulée par l’ambassade des Etats-Unis en France, et JP Morgan investit régulièrement et depuis des années des dizaines de millions de dollars en Seine-Saint-Denis, dont les habitants ne voient jamais la couleur. L’un et l’autre cherchent à court-circuiter l’action de l’Etat et des collectivités locales. Ils militent pour une politique ciblée sur les « minorités » appelées à se former aux Etats-Unis pour y apprendre les règles de la finance et du « community organizing » (organisation communautaire), au nom d’une « stratégie d’engagement vers les minorités » comme l’ont révélé des câbles diplomatiques interceptés par Wikileaks.

Une insulte pour les élus et acteurs locaux

Le rapport constitue d’ailleurs une insulte pour les élus et acteurs locaux notamment ceux de l’économie sociale et solidaire soupçonnés de ne pas bien gérer les deniers publics et de laisser se développer la pauvreté. Les contrats de ville sont critiqués pour être remplacés par des financements de projets individuels et y faire flamber la spéculation immobilière. Ainsi, les pauvres seront repoussés plus loin sans toucher à la pauvreté ! Les appels d’offres disparaîtraient et avec eux le tissu des PME au profit de « Consortiums ». Et, puis viendrait la généralisation des programmes « public-privés »,  antichambres de la privatisation générale, des crèches jusqu’à l’université et aux services de santé. A la veille du second tour des élections municipales les salariés, les jeunes, les retraités et tous ceux qui ont eu à souffrir de l’actuelle pandémie, doivent être informés de ce qui se trame dans les laboratoires du capital et y trouver des raisons supplémentaires de ne pas se priver de leurs municipalités progressistes. Ajoutons que depuis des années, les libéraux Nord-Américains dépensent des sommes colossales pour former des militants, affublés du qualificatif de « progressistes », chargés de déboulonner les élus de gauche du département, en commençant par les maires communistes. Le département est en effet considéré à « fort potentiels » du fait de sa jeunesse et d’équipements souvent issu du « communisme municipal ». Et la vingtaine de milliards d’euros qui vont y être investis dans les quinze années à venir font saliver du côté de l’empire de l’oncle Sam jusqu’à tenter d’en faire une petite colonie dans laquelle, selon ce que le rapport contient en creux il faudrait supprimer le RSA pour répandre les petits « jobs » sous payé à l’américaine.

Délibérément, l’alliance « institut-Montaigne –JP Morgan « évacue l’enjeu des  moyens déployés pour la Seine-Saint-Denis » pour nous dit-on « sortir de la bataille des chiffres ». La scandaleuse différence de traitement que subissent les habitants de Seine- Saint Denis en nombres de services publics, en dotations publics,  en nombres d’enseignants, de services de santé ou juridictionnels etc… n’aura pas eu l’heur d’intéresser les rédacteurs qui misent sur une stratégie de réussite individuelle.

Un « département test »

Pour tout avenir, la Seine Saint-Denis serait vouée à devenir le « département test » d’un développement effréné des technologies numériques. Manière de tirer un trait sur le réseau de PME et le développement industriel dont ce département aura particulièrement eu à subir la brusque disparation.

Problème éducatif réel ? Développement du « numérique éducatif » nous dit l’institut. Problème d’accès aux droits ? « Développement de la e-administration » crache t’il… Et pour finir, il faudrait optimiser les politiques publiques par « une plus grande utilisation des données via les techniques de big data ou d’intelligence artificielle ». Si le développement des technologies numériques doit bien évidemment avoir toute sa place en Seine-Saint-Denis, on ne comprend pas pourquoi il serait l’apanage de ce département. Mais il est vrai qu’en matière de numérique, les donneurs d’ordre  sont situés outre atlantique. La banque J P Morgan est d’ailleurs un cheval de Troie des groupes du GAFAM et particulièrement d’Amazon. Au-delà c’est le capitalisme sanitaire, le capitalisme numérique et la profonde modification de notre système éducatif qui est envisagé.

Allons-nous laisser une banque américaine alliée au plus libéral des instituts dicter l’avenir de ce territoire pour y promouvoir un développement encore plus inégalitaire laissé aux mains des géants du numérique ? Les populations et les élus doivent être respectés. Et, le second tour du municipal doit aussi à choisir des maires et des élus pour se protéger des visées de la finance Nord-Américaine.

Patrick Le Hyaric

27 mai 2020

1 commentaire


michel mourereau 1 juin 2020 à 10 h 41 min

ne pourrait-on rapprocher l’action de groupes, style « Indigènes de la république », ou des candidatures communutaires (St Denis, Bobigny, Epinay, l’ Ile St denis, de l’action financière de la banque Morgan &Co

Laisser un commentaire

Commentaire

Nom *

Les champs marqués * sont obligatoires

Email *

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Restez en contact

Inscrivez-vous à la newsletter