La Fête de l’Humanité, une soif d’idéal

le 15 septembre 2021

(Photo : Caroline Doutre)

L’éditorial de L’Humanité Dimanche du 16 au 22 septembre 2021 – par Patrick Le Hyaric.

A l’aube de l’automne, le soleil lui aussi devenu rebelle,  a décidé de se venger de ses absences estivales en inondant de ses rayons la Fête de l’Humanité. Il s’est engouffré dans les cœurs des participants et acteurs de ce grandiose événement qui fut comme le premier pas d’un mouvement libérateur des affres de la pandémie.

La fête portait bien son nom tant les yeux brillaient de la joie de se retrouver, de s’étreindre, de communier dans de multiples concerts, d’échanger des idées, de partager convivialité et fraternité, de s’enrichir de débats et de rencontres avec une multitude de penseurs, d’auteurs, de chercheurs, de militants politiques, syndicaux ou associatifs.

Loin des serres de l’individualisme qu’ensemencent les  géants du numérique et les crachats des dominants, cette fête a cultivé le lien, la relation fraternelle, l’échange pour un nouveau contrat social et environnemental. On y a parlé du collectif humain où résonne le désir d’être reconnu tout en arrimant son avenir personnel à l’autre, dans un destin librement choisi, commun et solidaire.

La jeunesse a généreusement pris possession de la Fête, inondant de sa vigueur les stands de débats et les scènes musicales, voguant des uns aux autres en glanant ici des arguments pour exiger la hausse des salaires, là quelques idées pour rénover le système de santé, ici encore s‘instruire des luttes des peuples du monde pour leur dignité, sans oublier ces émotions partagées devant des spectacles de  grande qualité.

A plusieurs reprises, cette jeunesse aura pu entendre Fabien Roussel leur proposer un pacte nouveau entre eux, les travailleurs, les créateurs et l’ensemble de la société pour que les portes d’un autre avenir que celui dépendant des cours de bourse, des marges de profits et de la tyrannie des paramètres comptables leur soient ouvertes. Pour que leur bonheur redevienne une idée neuve.

Beaucoup de caricaturistes de notre Fête seraient sans doute étonnés de la participation et de l’attention  d’une assistance dominée par des jeunes à un débat portant sur le communisme. En ces lieux on parle moins d’assistanat, de concurrence ou « des flux de réfugiés » que de solidarité. On n’étale pas sa haine contre le prétendu « coût » du travail mais on met en procès son exploitation et les coûts du capital avec ses dividendes, ses délits d’initiés, ses évasions fiscales et ses spéculations.

Loin des saillies aussi médiocres que répugnantes de cette rentrée lancées par l’extrême-droite avec de larges fractions de la droite, et des provocations antipopulaires du pouvoir, ce carrefour des gauches et des progressistes aura été un immense ballon d’oxygène, offrant de saines confrontations entre convictions parfois opposées mais toujours aiguillées par les préoccupations populaires et le sens de l’intérêt général.

Toute l’utilité de la Fête s’est manifestée en s’affirmant comme puissant contre-feu au duopole Macron-le Pen qui s’organise pour cadenasser les prochaines échéances présidentielles. Les héritiers de la République sociale, les femmes et hommes de progrès ont relevé la tête quand on tente par tous les moyens de les effacer du scénario préparé en haut lieu pour garantir la domination du capital dans les prochaines années et décennies.

Les mots salaire, propriété publique et sociale, services publics, garantie du travail et de la formation tout au long de la vie, éducation et culture parcouraient les allées. On redonnait ses lettres de noblesse à la politique en y discutant de la levée des brevets sur les vaccins et de solidarité avec les femmes afghanes, de féminisme, de biodiversité, de protection du climat, de  désarmement atomique, et de liens et coopérations nouvelles. Puisse cette chaleur, ce respect, cette fraternité nous habiter encore longtemps, alors que nous allons préparer le déplacement de la Fête au cœur de l’Essonne pour l’an prochain tout en lui donnant un coup de jeune. Une fête qui sera toujours aussi utile !


3 commentaires


Moreau 15 septembre 2021 à 11 h 02 min

La Fête de l’Humanité, une soif d’idéal. Oui, bien sûr, il est excellent pour la nouvelle république hélas freinée par la lutte contre la pandémie, de voir commencer à arriver les socialismes et les communismes authentiques universalistes du vingt et unième siècle enfin ; tout ce qui se passe en 2021 correspond à une vraie espérance, la république en marche aura réussi pour sa part et c’est souhaitable pour tout le monde, dans la mesure ou la France et l’Union Européenne seront délivrées des droites extrêmes et de leurs extrémismes en pagaille, tout diviseurs mais ainsi s’avérant tout de même échouer parce que la vraie gauche du vingt et unième siècle peut et doit empêcher tout passage à toute dictature, à toute fausse république, à tout Etat totalitaire. La République en marche s’est révélée une certaine continuité de la France fondatrice de l’Union Européenne grâce à beaucoup d’inédit ; et il faut maintenant à la France République authentique originale universaliste sa vraie gauche faites des deux vraies gauches unies et solidaires tout en travaillant la spécificité respective, et ainsi universalistes pour un vingt et unième siècle permettant à toutes les femmes et à tous les hommes, à tous les Enfants, à toute la Jeunesse, de vivre.

Moreau 15 septembre 2021 à 11 h 13 min

La France et l’Union Européenne ont besoin exactement comme le Monde d’une authentique et chaleureuse Union de la Gauche universaliste du vingt et unième siècle et comme disait Voltaire, mieux vaut tard que mal.

alain harrison 1 octobre 2021 à 6 h 13 min

La Fête de l’humanité: une soif d’idéal.

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