Éditorial. Solidarité Liban

le 9 août 2020

L’éditorial de L’Humanité du 10 août – par Patrick Le Hyaric.

Plus l’immensité de la catastrophe qui a dévasté le Liban se découvre, plus manquent les mots pour la décrire. Le champignon noir et orange qui est monté dans le ciel de Beyrouth ressemble à l’apocalypse qui s’abat sur un pays dans lequel un habitant sur deux vit en deçà du seuil de pauvreté, aux coupures d’électricité quotidiennes, avec un système scolaire effondré, des ordures ménagères qui s’entassent, une monnaie nationale vidée de sa valeur alors que les prix des produits de première nécessité s’envolent et que le système bancaire est en faillite, aspiré par les élites financières. Tout ceci, au moment où la pandémie du ­Covid-19 redouble de vigueur. Cette sanglante explosion est le révélateur de l’implosion d’un système politique disqualifié, détesté, rejeté et d’un état de pourrissement avancé, des institutions minées par le clanisme et la corruption : « une classe dirigeante qui ne dirige que ses propres intérêts et les intérêts de ceux qui l’ont placée à la tête du pays », comme l’écrit avec tant de force le comédien et metteur en scène Wajdi Mouawad.

Le peuple libanais – et à ses côtés les réfugiés palestiniens et syriens – a beau être habitué aux épreuves, aux guerres, aux morts, aux disparitions, aux misères et aux exils, il ne pourra s’en sortir sans notre aide. Sans notre solidarité agissante, financière et politique. L’Humanité s’associe au Secours populaire français pour vous proposer d’organiser autour de vous des collectes de dons. Cet argent sera remis directement à celles et ceux qui en ont besoin grâce à l’organisation sœur du Secours populaire au Liban.

Le cataclysme du 4 août assomme des familles, affaiblit encore une population à bout de force. L’aide financière est indispensable et la solidarité des États ne doit pas manquer, à condition que l’argent ne soit pas détourné et serve réellement à panser les plaies et à reconstruire. De ce point de vue, une conférence des donateurs, sous l’égide de l’ONU, et une mobilisation des banques centrales avec un contrôle strict de l’utilisation des fonds est indispensable. Mais c’est le peuple, qui a encore puissamment manifesté samedi dernier, qui doit pouvoir être maître de son avenir. En ce sens, une tutelle du Fond monétaire international conditionnant les aides à plus d’austérité et de destruction des services publics ne ferait qu’ajouter du malheur au malheur. De même, tout ce qui prendrait l’allure d’une ingérence étrangère est à bannir. Le pays n’en a que trop souffert.

Le peuple libanais a besoin qu’on l’aide vite à étancher sa soif de justice, pas qu’on se substitue à lui. L’un des premiers actes pour ce faire est de lui permettre d’accéder à la vérité sur cette catastrophe. Une ­commission d’enquête internationale, in­dépendante, transparente, avec des inspecteurs nommés par les Nations unies, doit le permettre. On aidera les Libanais à prendre leur destin en main en contribuant à ce qu’ils se libèrent de ceux qui étouffent leur pays depuis si longtemps et les ruinent. Ils ont donc besoin que le pays du cèdre ne soit plus enserré dans les tenailles des grandes puissances mondiales pour leurs intérêts géopolitiques et économiques. La France devrait se placer de ce côté, celui de l’intérêt général contre les grands prédateurs internationaux qui ne manqueront pas de profiter du martyre de Beyrouth. L’Humanité va continuer d’informer sur ces enjeux et prend le parti du peuple et de la jeunesse libanaise pour la justice et le renouveau. Ils sont debout. Nous sommes à leurs côtés. ­Solidarité Liban !

Par Patrick Le Hyaric

6 commentaires


Dudt 13 août 2020 à 17 h 54 min

Tant que l’économie et ses règles absurdes, domineront le monde, il n’y aura pas de paix, pas de justice et pas de fraternité.
Le capitalisme détruit notre planète

alain harrison 6 septembre 2020 à 23 h 48 min

Macron a réussi là ou Guaido -Trump-UE c’est complètement planté, muselé le Peuple Libanais, ce que tente la communauté au Mali.

Un crime contre

Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels

Adopté et ouvert à la signature, à la ratification et à l’adhésion par l’Assemblée générale dans sa résolution 2200 A (XXI) du 16 décembre 1966
Entrée en vigueur: le 3 janvier 1976, conformément aux dispositions de l’article 27
Préambule
Les Etats parties au présent Pacte,
Considérant que, conformément aux principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde,
Reconnaissant que ces droits découlent de la dignité inhérente à la personne humaine,
Reconnaissant que, conformément à la Déclaration universelle des droits de l’homme, l’idéal de l’être humain libre, libéré de la crainte et de la misère, ne peut être réalisé que si des conditions permettant à chacun de jouir de ses droits économiques, sociaux et culturels, aussi bien que de ses droits civils et politiques, sont créées,
Considérant que la Charte des Nations Unies impose aux Etats l’obligation de promouvoir le respect universel et effectif des droits et des libertés de l’homme,
Prenant en considération le fait que l’individu a des devoirs envers autrui et envers la collectivité à laquelle il appartient et est tenu de s’efforcer de promouvoir et de respecter les droits reconnus dans le présent Pacte,
Sont convenus des articles suivants:
Première partie
Article premier
1. Tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel.
2. Pour atteindre leurs fins, tous les peuples peuvent disposer librement de leurs richesses et de leurs ressources naturelles, sans préjudice des obligations qui découlent de la coopération économique internationale, fondée sur le principe de l’intérêt mutuel, et du droit international. En aucun cas, un peuple ne pourra être privé de ses propres moyens de subsistance.
3. Les Etats parties au présent Pacte, y compris ceux qui ont la responsabilité d’administrer des territoires non autonomes et des territoires sous tutelle, sont tenus de faciliter la réalisation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et de respecter ce droit, conformément aux dispositions de la Charte des Nations Unies.

Est-ce assez claire.

Mais que vaut un pacte ?
Comme les promesses de l’UE ?

S’entêter à penser et promouvoir l’idée que l’UE est réformable tient de la naïveté ou de la malhonnêteté (mobile). Mais au point où c’est rendu à vous de tirez les conclusions.

alain harrison 7 septembre 2020 à 0 h 31 min

Un l’indcateur de l’UE: son sens dans les pays.

«« des fusils d’assaut pour une simple question de masque. »» ?

L’espace public est réduit à un théâtre d’opérations policières et marchandes
SOUS PRÉTEXTE DE MASQUES : POLICE PARTOUT, RÉPRESSION ET SURVEILLANCE – CREST TRANSFORMÉ EN ZONE SURVEILLÉE ?

lundi 31 août 2020, par Camille Z.

A Crest, à Paris, à Nice, partout, l’Etat policier (pléonasme) étend son emprise. Les flics sont partout, armés de fusils d’assaut pour une question de masque, ils quadrillent l’espace public et font régner leur loi, la loi, celle de la terreur et du capitalisme, celle de la dystopie totalitaire où tous les prétextes sont bons pour surveiller et punir !
Nous y sommes : des policiers patrouillent avec des fusils d’assaut pour une simple question de masque.
A quel moment avons nous basculé ? Quand « l’antiterrorisme » est devenu un prétexte à la militarisation de l’espace public ? Quand les médias ricanaient à la simple évocation de l’expression « violence policière » ? Quand la population est restée indifférente face à l’état d’urgence et aux mutilations causées par les forces de l’ordre ?

A force de hausser les épaules et détourner les yeux, on en arrive à ça.

(post de Nantes Révoltée)

Site Ricochets

alain harrison 8 septembre 2020 à 1 h 28 min

«« Quand la population est restée indifférente face à l’état d’urgence et aux mutilations causées par les forces de l’ordre ? »»

La classe moyenne a peur (si nous faisions la somme de toutes ses peurs) de perdre son pouvoir d’achat, de ne plus voyager, de l’inflation galopante, de l’austérité (de toute façon l’austérité __les ajustements__sera au rendez-vous, dosé selon la soumission progressive), etc..

Nous pouvons nous demander comment contrer ces peurs ?

La constituante et la défense de la Révolution française – #AMFiS2020
28 août 2020 dans AMFiS 2020
https://lafranceinsoumise.fr/2020/08/28/la-constituante-et-la-defense-

La Terreur n’est pas ce qui en est dit, déterrer les archives.

Ceci vous intéressera sûrement.

« 1870-2020 : 150 ans de République » : le mandarinat qui sert le « républicain » Macron… et détruit la République
par taktak
samedi 5 septembre 2020

« « Pour les partisans de « l’histoire consensuelle », les deux premières républiques n’obéissent pas à cette logique : épousant les vues de l’école antitotalitaire et anticommuniste incarnée par François Furet, ceux-ci s’engagent dans un vibrant plaidoyer républicaniste selon lequel la Troisième République met un terme définitif à la Révolution française, cette horreur dévoyée par la (fantasmée) « Terreur » robespierriste – terme désuet et dénoncé par les historiens, à l’image de Jean-Clément Martin récent auteur deLes Échos de la Terreur. Vérités d’un mensonge d’État, 1794-2018 – puis par les « rouges » en 1848. Furet s’extasie dans son ouvrage Penser la Révolution française– aux conséquences désastreuses pour l’histoire critique (cela est implicite quand on pratique réellement la discipline…) – sur la fin de la Révolution française affirmant qu’« avec la fondation de la République sur le suffrage populaire, et non plus sur l’insurrection parisienne, la Révolution française est enfin ‘‘terminée’’ »[ii][(ce que le « premier flic de France » Clemenceau considérait comme faux). Et c’est ainsi que les « spécialistes » de Sciences Po, forcément « neutres », développent les contes pour enfants martelés dans les programmes scolaires depuis des décennies : la « bonne Révolution » (bourgeoise et libérale) de 1789 et la « Terreur » de 1793-1794 ; la « République apaisée » pour reprendre le titre d’un ouvrage de Christophe Bellon évoquant l’action d’Aristide Briand au sujet de la laïcité (Christophe Bellon est membre correspondant du Centre d’histoire de Sciences Po Paris et a reçu le prix de thèse 2010 de l’Assemblée nationale), et ce après avoir massacré la Commune de Paris ; la « culture républicaine » bien ancrée à partir des années 1880, au point qu’affirmer qu’il y a bien eu trahison des grands industriels, banquiers, technocrates, politiques réactionnaires et fascistes, etc., en 1940 relève du « complotisme » pur et simple (l’historienne Annie Lacroix-Riz peut en témoigner[iii]) ; enfin, « la fin de la guerre froide » consacrant « la fin de l’Histoire », forcément caractérisée par le triomphe de la « démocratie libérale », de « l’économie de marché » et de la « société de consommation », suivant en cela – même inconsciemment – les préceptes des idéologues Walt Rostow, auteur en 1960 des Etapes de la croissance économique : un manifeste anticommuniste (tout un programme !), et Francis Fukuyama, célébrés par la presse aux ordres du monde capitaliste euro-atlantique. » »
Sur Agoravox.fr

Comment contrer les peirs.

Et bien d’abord la gauche doit se rencontrer et et s’unir, mais autour de quoi (le flambeau) ?

alain harrison 8 septembre 2020 à 1 h 40 min

Comme on peut le voir ci-haut (fin de la révolution), Trump n’est pas le premier sur la question des réalités alternatives. Le capitalisme a une longue expérience de la manipulation et du conditionnement, condition humaine oblige.

alain harrison 8 septembre 2020 à 7 h 26 min

Assez les mensonges sur la Biélorussie. Avant qu’il ne soit trop tard.
Un article qui fait le point.

Guaido, « président du Bélarus »
Par Israel Shamir
Mondialisation.ca, 20 août 2020
Unz.com 14 août 2020

«« Le Bélarus nous montre en quoi consiste vraiment « l’ingérence étrangère dans les élections ». On n’en est plus à placer quelques publicités sur Facebook. On forme des centaines de jeunes hommes aux arts obscurs de la guerre urbaine : la recette pour bien utiliser les cocktails Molotov, le braquage de voitures, l’infiltration transfrontalière, la contrebande d’argent, le recrutement et le paiement de mercenaires, comment gérer un centre de crise 24 heures sur 24 depuis l’étranger, où et comment attaquer la police, comment préparer et mener une révolution de couleur scénarisée – voilà comment l’ingérence étrangère influence les élections au Bélarus.

Que veulent les manifestants au-delà de la suppression d’AGL ? Il s’avère qu’ils ont un programme : ils veulent faciliter l’embauche et le licenciement des travailleurs, mettre fin à la protection par les syndicats et à la législation sur le droit du travail, et mettre fin à la réglementation des prix. Ce sont les idées néolibérales habituelles, mais voici la plus importante : ils prévoient de privatiser et de vendre les actifs du pays. Seulement voilà, c’est là que leur front unifié s’effondre : l’opposition pro-occidentale veut vendre la Biélorussie à des investisseurs occidentaux, tandis que l’opposition pro-russe veut la vendre aux oligarques russes. Ces actifs sont appétissants et abondants, car 80 % de l’industrie et de l’agriculture restent dans le domaine public, plus que dans tout autre État européen.

La Biélorussie est le dernier vestige de l’Union soviétique, la dernière république socialiste soviétique.L’URSS était fondée sur la propriété de l’État sur les moyens de production, c’est-à-dire les usines, la recherche, l’industrie et l’agriculture. Dans la Fédération de Russie, ces biens nationaux ont été privatisés par Boris Eltsine et donnés à quelques oligarques. Ce n’est pas le cas en Biélorussie. Leur industrie est toujours un bien national ; leurs exploitations appartiennent toujours à des coopératives agricoles locales et non à des exploitations agricoles mondialistes.

Le Bélarus est toujours assez riche ; son industrie a été modernisée, tout comme son agriculture. Ils produisent et exportent beaucoup de tout, principalement vers la Russie voisine. L’Europe s’intéresse peu aux camions et aux saucisses du Bélarus parce qu’ils ont leurs propres camions et saucisses à vendre, mais la Russie les achète parce qu’elle les préfère et sait qu’ils offrent un bon rapport qualité-prix. Les produits laitiers, les meubles et la mode biélorusses continuent d’être populaires en Russie. »»

Encore un coup de cochon EU.

Ha! oui, l’UE est réformable. Ceux qui prône cette idée sont des vichystes.

Répondre à alain harrison Annuler la réponse

Commentaire

Nom *

Les champs marqués * sont obligatoires

Email *

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Restez en contact

Inscrivez-vous à la newsletter