Banques et biens communs !

le 13 octobre 2016

Il y a quelque chose d’indécent à voir les banques ponctionner de plus en plus d’argent sur nos comptes  au prétexte de frais liés à leur tenue ou à des retraits en dehors de leur réseau d’établissements. Ceci s’apparente à un pillage en silence alors que boucler la fin du mois devient toujours plus difficile pour des millions de nos concitoyens. Leur salaire mensuel ou leur retraite déposée automatiquement à la banque permet à cette dernière de dégager des profits grâce au placement au jour le jour sur les marchés financiers. Cet argent « gagné en dormant » est parfois déposé dans des paradis fiscaux pour échapper à l’impôt. Aujourd’hui, les banques en sont au point de privatiser une part de plus en plus importante de notre propre argent. La justification de ce vol et des scandaleuses 20 000 suppressions d’emplois annoncées la semaine dernière dans ce secteur d’activité serait la baisse des taux d’intérêt qui font diminuer leur taux de profits. Or, pour une part essentielle, les établissements financiers se nourrissent chaque mois des quatre-vingt milliards d’euros que leur fournit la Banque centrale européenne, à taux nul voir parfois négatif, pour être ensuite prêtés à des particuliers ou à des entreprises à des taux évidemment positifs. Si de ce côté, le bénéfice n’est pas assez juteux, les prêts de la BCE sont remis dans le circuit des marchés financiers. Et vogue la galère !

Or, dès lors qu’une bonne partie de ces sommes ne sert pas à l’économie réelle, à l’investissement dans le développement humain, dans l’indispensable mutation environnementale de l’économie, se crée une nouvelle bulle financière grosse de dangers. On parle de plus en plus d’une possible nouvelle déflagration financière et bancaire. Plus violente encore que celle de 2008.

Le combat unitaire pour que cette création monétaire serve d’abord l’emploi, le développement des services publics, des projets structurants de la transition écologique, est un enjeu d’intérêt public. Au lieu de cela, les taux d’intérêts historiquement bas sont le prétexte pour faire la poche des déposants avec l’augmentation considérable des frais bancaires.

Ces tumultes sont des signes avant-coureurs extrêmement inquiétants. Ils indiquent l’urgence à combattre la financiarisation des économies par la maitrise public du crédit, par l’appropriation démocratique et sociale d’une partie du système bancaire et des compagnies d’assurance, autant d’éléments qui devraient être considérés comme des biens communs et non comme des outils au service d’une caste dont l’utilisation mène à la catastrophe.

Les secousses se ressentent avec vigueur sur le continent européen. En Italie, 360 milliards d’euros de créances douteuses, c’est-à-dire non remboursées ou remboursables, traînent dans les coffres de quelques-unes des plus importantes banques du pays. La situation est tout aussi alarmante au Portugal ou en Irlande.

En Allemagne, pourtant gouvernée par les apôtres de l’orthodoxie budgétaire, la Deutsche Bank, principale banque du pays et l’une des plus importantes au monde, est à deux doigts de la faillite. Quelques jours après l’amende infligée à Apple par la Commission européenne et l’arrêt impulsé par l’Allemagne des négociations sur le traité transatlantique, la justice états-unienne a -comme par hasard- requis une amende record de 12.5 milliards d’euros à la Deutsche Bank pour la punir du rôle joué dans le krach de 2008. Cette somme correspond à plus du double des provisions inscrites pour faire face à cette sanction. Si la banque allemande venait à tomber, l’effet domino serait dévastateur pour tous les peuples européens et sans doute au-delà du continent.

Certes, cette banque est un parangon de voracité financière et son rôle dans le krach de 2008, comme celui de bien d’autres banques européennes, doit être fermement condamné. Mais cette affaire a également tout du règlement de compte géopolitique, avec pour décor la féroce guerre économique intra-capitaliste qui se déploie sur la planète, pour maintenir des positions hégémoniques. Les requins s’entre-dévorent dans le marigot financier et il est sûr qu’une fois encore, les peuples en feront douloureusement les frais.

Considérer l’argent comme un outil d’échanges, une valeur d’usage pour le bien commun humain et environnemental et non plus comme une valeur marchande, devient une question d’ordre civilisationnel. Ceci implique de reprendre le pouvoir sur l’argent et passe par des réappropriations sociales et citoyennes des banques, et des assurances, le développement du mutualisme, la création d’un bras financier national autour de la caisse des dépôts et de la Banque publique d’investissement fédérant les banques publiques et coopératives pour des projets nouveaux combinant  réindustrialisations, transition environnementale,  développement numérique, revitalisation des campagnes avec une agriculture à base paysanne soucieuse de la qualité alimentaire et de l’environnement ; un combat à l’échelle européenne pour sortir de la domination financière sur l’économie avec un changement des statuts et missions de la Banque centrale européenne. Un fonds consacré au développement humain, social et environnemental devrait être créé, accompagné d’une lutte conséquente contre l’évasion fiscale. Une conférence européenne pour annuler des dettes illégitimes, des lois pour que les salariés acquièrent des pouvoirs nouveaux dans les banques et les entreprises, viendraient compléter un processus pour mettre la finance au service des activités humaines et de la préservation de la planète.

Autant d’enjeux qui devraient être placés au cœur des débats et des combats pour une alternative progressiste et humaniste.

3 commentaires


breteau jean claude 17 octobre 2016 à 8 h 02 min

Le racket opéré par les banques dont sont victimes d’abord ,les plus pauvres ,montre l’absence de moralité des financiers avec la complicité évidente des pouvoir successif Désormais se sont les banquiers qui commettent en toute impunité le casse permanent contre les français Parmi les bénéficiaires ,le patron de SFR et ses 50 milliards de découvert .Il s’est approprié des média pour imposer le silence ,sur cette société pourrie que nous subissons .Seule une insurrection populaire peut mettre fin à ce systéme organisé sur le mode mafieux 99% de nos compatriotes sont victimes de ces agissements ,pour faire le ménage les prochaines élections sont le moyen de remettre de la moralité en France .OUI il faudra nationaliser des secteurs stratégiques qui compte tenu du pillage réalisé devraient étre sans contrepartie financiere .Les communistes ne trembleront pas,pour agir ,vite et fort ,ils sont LA clef du changement .Ceux qui les écartent ,pour mieux les liquider ,indiquent clairement une absence de volonté pour créer les conditions d’un véritable changement ,à l’image de ce qui vient de se passer avec Hollande ,trahissant des son élection ,ceux qui pensaient étre de son camp .D’autres traitres sont en course ,nous serions responsables d’une deuxiéme déception ,si l’un d’eux venait se substituer à l’actuel locataire de l’Elysée ,il faut plus que de la vigilance ,,mieux vaut prévenir ,tirons les conséquences de cette expérience douloureuse dont profitent 1% de voyous

Joad 17 octobre 2016 à 9 h 07 min

Il est vrai (et l’article le démontre bien) que l’on assiste, tel un peuple spectateur !, à un emballement de la finance sur l’activité économique. On ne nous laisse pas le temps de réfléchir et même de respirer ! Nous sommes cantonnés dans le rôle d’analystes et l’air médiatique ambiant prône encore plus de libéralisme.

alain harrison 19 octobre 2016 à 21 h 44 min

Bonjour.

«« On parle de plus en plus d’une possible nouvelle déflagration financière et bancaire. Plus violente encore que celle de 2008. »»

Et bien la gauche a une belle occasion, si elle est capable de réfléchir sur les crises.

Mais en regard de tout ce qui se dit sur les crises, aucune réflexion n’a été fait à ce sujet.

Les supporters de Marx, n’ont aucune stratégie en ce sens. Sauf de la dialectique et de dire Marx avait raison point.
Mais rien, aucune stratégie. Après tout ne dit-on pas creusement qu’une crise est une occasion.
Le capitalisme a sa stratégie, lui. Mais comment se fait-il que la gauche reste aussi impassible…Ha oui, on critique……

Il y a deux fondamentaux dont tout le reste dépend.
Mais d’abord faire la pédagogie de base auprès de la population, le temps partagé des ateliers (le questionnement…) sur les deux fondamentaux, les deux solutions synergiques a effets collatéraux sur l’ensemble.

Alors à quand le réveil……………..zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

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