Banlieues en souffrance !

le 11 avril 2018

Un cri continu, sourd et diffus, court dans le pays, celui des villes et quartiers populaires qui vivent avec une violence accrue la crise économique et sociale et subissent une relégation qui s’aggrave de mois en mois. Loin d’en faire une priorité, le gouvernement commence à entonner une petite musique qui consiste à opposer l’urbain et le rural, métropoles et campagnes sous la forme d’une mise en concurrence des territoires.

Pourtant, les raisons du malaise qui s’exprime en milieu rural comme urbain pourraient bien avoir les mêmes causes. S’y expriment des inégalités territoriales fortes au profit des métropoles intégrées à la mondialisation capitaliste, loin, elles aussi, d’être des paradis sociaux. Services publics, postes, maternités de proximité, médecins, Caisses d’Allocations Familiales, écoles et classes, tribunaux, gendarmerie, disparaissent un à un malgré la mobilisation des habitants et des élus. L’activité économique et commerciale migre vers les pôles dit « d’attractivité » avec pour conséquence une désertification des centres urbains. En matière d’aménagement du territoire comme de politiques urbaines, M. Macron reste le Président de la France dont on dit qu’elle va bien et qui profite de la mondialisation capitaliste.

Le gouvernement ne semble pas vouloir prendre la mesure du malaise comme en témoigne la réunion organisée le 15 mars dernier consacrée aux villes et quartiers populaires sous la tutelle du Ministre en charge de l’aménagement des territoires. Véritable « douche froide » selon les participants qui témoignent d’une méconnaissance et d’un désintérêt flagrant pour la situation des territoires en difficulté. Il aura fallu la démission du maire de Sevran en Seine-Saint-Denis pour que les médias se fassent écho de la situation dramatique des quartiers populaires où le taux de chômage et la ségrégation croissante ont de terribles conséquences : violence, repli, montée du fondamentalisme religieux, etc. Signe des temps, les mots lourds de sens « ghetto » ou « apartheid » refont leur apparition. Peut-être sont-ils exagérés voire inappropriés mais au moins disent-il l’urgence de s’atteler à résoudre une situation qui fait mentir chaque jour un peu plus la promesse républicaine. La ségrégation spatiale qui s’opère à l’intérieur même des villes rend ainsi les cartes scolaires inadaptées. Les plus pauvres et vulnérables et les populations précarisées d’origine immigrées pourtant bien françaises sont condamnés à survivre dans des territoires qui s’apparentent au « sas » des métropoles. La métropolisation, un des aspects les plus frappants de la mondialisation capitaliste, ne répond qu’à l’objectif d’attractivité des grandes places dans le Monopoly financier mondial. Telle qu’elle se déploie, elle se nourrit de l’inégalité par la mise en concurrence et des populations et des territoires.

Un rapport doit être rendu par Jean-Louis Borloo dans les prochains jours, sous la forme de « fiches-actions ». Le niveau de colère et d’inquiétude est tel que nombreux sont ceux qui parlent d’un rapport de la « dernière chance »… Mais la page des propositions n’est pas blanche ! Au moins pouvons nous conseiller à M. Borloo de s’appuyer sur les propositions émises il y a six mois par 150 maires de sensibilités diverses, signataires de « l’appel de Grigny », sous la houlette du maire communiste Philippe Rio, en commençant par stopper l’hémorragie des dotations, engager une vraie réforme de la fiscalité locale et pour faire de la formation de la jeunesse de ces quartiers une priorité absolue.

Dans un tel contexte, les économies demandées aux collectivités territoriales à hauteur de 13 milliards d’euros sur cinq ans sont, à l’évidence, insupportables et intenables, d’autant que la suppression de la taxe d’habitation amputera de moitié la principale ressource fiscale des communes ! Comment accepter ce nouveau sacrifice demandé aux garants de l’intérêt général quand est supprimé l’impôt sur la fortune pour les actionnaires et baissée la fiscalité des entreprises ?

La mobilisation sociale en cours concerne avant tout ces territoires en grande difficulté. Les quartiers dits « prioritaires » concentrent 30% de services publics de moins que la moyenne nationale alors qu’il en faudrait 30% de plus. La question du transport et de sa maitrise publique y est prépondérante pour assurer la mobilité et développer l’emploi, celle des hôpitaux publics l’est tout autant. Les quartiers populaires concentrent une population qui, pour une grande part, ne vit que de son travail ou des minimas sociaux quand elle n’en est pas privée. C’est là que s’exprime avec la plus grande vigueur le besoin d‘égalité sociale et politique.

L’enjeu est essentiel qu’ils puissent devenir des acteurs décisifs de la mobilisation sociale. De nombreux élus mobilisés dans les luttes actuelles les aident déjà en se faisant le relai de leurs aspirations. D’autres pourraient les rejoindre et contribuer ainsi à construire une unité populaire de nature à nous dégager des entreprises de divisions entre travailleurs, entre français et immigrés ou enfants d’immigrés, entre populations des territoires ruraux et urbains. N’est-ce pas la tâche la plus urgente pour donner à la mobilisation sociale un vrai souffle transformateur et hisser la République à hauteur de sa promesse ?

9 commentaires


Moreau 11 avril 2018 à 19 h 22 min

Oui, il faut d’urgence une politique forte du ministère de la ville en faveur de toutes les villes grandes, moyennes,ou petites ,ou qu’elles soient en France, qui ne peut être efficace qu’avec la vraie démocratie, et un centralisme et un décentralisme justes qui dépendent de la refondation de la république pour la répubique française et européenne universaliste du vingt et unième siècle. Il faut que le ministère de la ville puisse aussi évaluer si les maires remplissent bien et efficacement leurs devoirs de maire. Il faut un service de santé dans chaque commune ou au pire pour les petites communes un service de santé capable d’accueillir même sans rendez-vous chaque jour, dans chaque communauté des communes. C’est inacceptable et barbare même de concevoir la communauté de commune sans service de santé. Des personnes souffrent partout dans le pays, dans les grandes villes et dans les milieux ruraux ; et pour améliorer la vie de tout le monde il faut un ministère de la ville à la hauteur pour une politique forte.

Moreau 12 avril 2018 à 14 h 31 min

Je lisais récemment ces mots simples « notre monde est malade, il a besoin de culture et d’art.

Selon l’article « Banlieues en souffrance » les mots « apartheid » et « ghettos » qui hélas ont été sans interruption d’actualité en France refont leur apparition, sont peut-exagérés ou inappropriés. Je pense que c’est ni l’un ni l’autre, qu’il y a simplement un manque de renouvellement du vocabulaire du vingtième siècle pour le vingt et unième, mais que ces mots correspondent au réalité de notre pays qui est de l’enfer, tant la laïcité c’est du vent en France, c’est du diabolisme, je le dis chaque fois qu’il y a débat, c’est de l’ineptie, la loi 1905 n’a pas tout résolu (elle a empêché l’intégrisme hégémonique de toute religion par rapport à l’Etat) , nonobstant les religions sont insuffisamment corrigées, la France comme le reste du monde est régie par le diabolisme ou l’ineptie. Monsieur Macron a raison de soulever tout problème non résolu par la loi 1905 et qui a abîmé la république française en empêchant la république française et européenne jusqu’à présent, mais il ne faudrait pas que ce soit seulement pour en revenir à la constitution européenne de 2005 qui a fait pschitt mais qui est la seule constitution made in Europe émanant de la classe politique parce que ce ne sera rien que l’économie sociale du marché. Alors qu’il faut l’économie social, mais aussi l’associatif social, et bien sûr les bons services publics nécessaires et indispensables : et notamment tant c’est d’actualité, il faut plutôt plus de rails et de gares que moins, ça doit être très minime ce qu’il faut supprimer, or la majorité parle de supprimer des milliers de kilomètres, non, il ne faut pas moins de trains sauf peut-être sur des lignes de métro et de RER, il faut des tramways en province tout comme il faut un service de santé digne de ce nom au moins dans chaque communauté des communes (à quoi serve les Conseils pour le département et le Conseil régional?), il faut alors que de nombreux particuliers se trouvent obligés de faire de plus en plus d’achat sur internet parce que les grandes surfaces ne proposent que ce qu’elles veulent vendre plus de trains pour le fret, comment feront les gens pour que leur commande soit livrée ? Ils devront faire le covoiturage pour aller chercher ce qu’ils ont commandé ? Diabolique !
Le mot « apartheid » pour parler de la ségrégation en France perpétrée par la classe politique toute entière, désigne l’utilisation abusive du mot « immigration », l’amalgame manipulatoire de l’asile pour l’exil qui est provoqué par des guerres qui est un vrai problème qu’il faut résoudre dans le sens de faire du mieux que c’est possible de faire et qui n’est pas un thème de société ; et des migrations qui sont des échanges de populations naturels qui elles sont un thème de société pour améliorer la vie de toutes les personnes de la population or l’amagame l’empêche et empêche la vie. La dénonciation de l’apartheid français désigne non seulement cet amalgame manipulatoire ; mais la ségrégation réelle à la fois xénonophobe et sociale pour les riches trop riches qui ne savent pas ce que c’est la vie ainsi que les nantis trop nantis.

Les gens qui vivent en s’endettant ou sous le seuil de pauvreté forment une communauté évanescente que j’ai moi même appelé ghetto du milieu urbain ou ghetto du milieu rural, leur vie qui est difficilement survie.

Plutôt que de dire « quartiers populaires », il faudrait dire « quartiers les plus pauvres » parce que justement « quartiers les plus pauvres », c’est synonymes de « ghettos » même si leus lieux ne sont pas dégueulasses. Il est vrai qu’il y a un manque de mots nouveaux du vingt et unième siècle pour parler de l’enfer en France.

Les vrais communistes sont les républicains authentiques universalistes qui n’ont pas renoncé à la politique spécifique pionnière que devrait être bien davantage l’eurocommunisme universalisme parce qu’il la faut pour un plan B réel correspondant aux intérêts humains et matériels de tous les Hommes, pas ceux qui font des allégeances, pas ceux qui font allégeance au diabolisme pour ne pas réaliser le changement dont notre pays a tant besoin parce que le diabolisme a fait de notre pays de l’enfer dans ce monde fou et ça continue si monsieur Macron ne réussit pas à faire passer la France à l’équilibre réel que serait la laïcité réelle. Le diabolisme, ce n’est pas la véritable laïcité, c’est du despotisme et beaucoup d’inadéquats.
C’était ce diabolisme devenu chronique qu’il fallait arrêter, pas l’eurocommunisme ! Ce n’est pas en abandonnant le meilleur de ce qui peut s’écrire, et en entretenant le pire ; que les Peuples pouvaient, peuvent réussir.

Banlieues en souffrance est un titre incomplet. Banlieues et communauté des communes en souffrance ; ça fait un titre plus complet.

Oui, il faut plus de vocabulaire du vingt et unième siècle, mais ce que je dénonce n’en est pas moins inadmissible pour autant, c’est de la grande violence politique, c’est de l’inhumanité, c’est de la cruauté ; il y a pire ailleurs dans le monde ; mais l’enfer qu’il y a en France, c’est inacceptable. Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, n’approuverait pas de faire du pays de l’enfer d’un monde fou dominé par le Diable.

Je n’appellerai pas personnellement « quartiers ou lieux populaires » des quartiers ou des communautés des communes pauvres au point que des droits de l’Homme n’y sont pas appliqués. Et les maires de France qui ne disent rien !

Halte à toutes les facéties ! Liberté Egalité Fraternité universelles !

Moreau 12 avril 2018 à 15 h 04 min

Quand des assurés cotisent pour un désert médical, ça s’appelle l’apartheid et le ghetto en attendant de trouver quelques justes synonymes.

Moreau 12 avril 2018 à 15 h 55 min

A propos du mot ghetto encore, le président Macron a dit aujourd’hui sur TF1 :
il y a une France des quartiers, qui vit très difficilement, un peu ghettoïsée (…). Il y a une France périphérique, qui vit mal (…). Il y a une France rurale, qui perd des habitants mais il y a aussi une France qui gagne des habitants (…)» ; il emploie le mot ghetto, donc ce que j’écris est bien la réalité ainsi que d’actualité.
Mais il se défausse en opposant une France qui perd des habitants et un France qui gagne des habitants ; les droits de l’Homme doivent être appliqués sur tout le territoire. En opposant une France à une autre, il dépasse des limites, il commet des fautes.

Moreau 12 avril 2018 à 15 h 59 min

La vie de l’Homme n’est pas un concours de nombre d’habitants entre des territoires.

Moreau 13 avril 2018 à 18 h 49 min

La France est : Banlieues des grandes villes et Communautés de communes de province, en souffrance ; que font les maires pour une alternative politique non violente, non cruelle, voire pour tous ? Les gens qui souffrent n’ont aucune réponse à ce questionnement. Il faut refonder tout ce qui est à refonder, de façon républicaine authentique et universaliste.

Moreau 14 avril 2018 à 12 h 40 min

A redire aussi : le bon suivi du réseau téléphonique extérieur n’est pas assuré alors qu’il est indispensable notamment pour l’accès à internet, en province. Et c’est comment dans les banlieues, le bon journalisme serait de pouvoir s’en assurer. Les années passent, on vieillit et puis on va mourir, et aucune amélioration. Le site de Orange pour signaler ce qu ne va pas fonctionne mal et on n’est jamais rappeler.  Même le service de la mairie ne parvient à aucun résultat, tout reste mort.
C’est quoi ce pays ? Les gens n’ont pas le pays qu’ils mériteraient d’avoir mais c’est à eux aussi de le réclamer. Et bien alors il faut au moins un site des réclamations sur internet avec la liste pour indiquer le ministère concerné en le cochant. De plus en plus d’administrations abusent en n’étant plus à la portée des gens, de leur utilisation d’internet, en empiétant à la fois sur la liberté et indirectement le budget des personnes et en mettant certaines personnes dans des situations dont elles ne veulent pas, ça va finir comment, tout ça ? De plus en plus d’administrations font tout ce qu’elles veulent aux détriments de la vie des personnes, ça doit aussi vrai dans les banlieues que dans la province. Il faut un site des réclamations tout comme auparavant il y avait un registre des réclamation dans chaque administration. Il est possible de faire mieux en faisant un site des réclamations avec la liste des ministères pour cocher le ministère concerné. Tous les établissements du ministères concerné pourront s’en servir pour les améliorations comme pour leurs formations !
C’est aussi ça l’eurocommunisme authentique républicain universaliste. Les administrations profitent qu’il n’y a plus de registres des réclamations bien accessibles, plusieurs lieux des administrations ayant été fermés… Alors il faut rétablir un moyen de réclamation qui soit fort, fiable, et efficace.

BONAFE Sylvie 14 avril 2018 à 14 h 06 min

Et que pensez vous de ces frappes de cette nuit décidées en catimini sans discussion avec l assemblée nationale ?
Des millions d euros partis en fumée !!!
De l argent à mon sens bien mal utilisé voire dangereusement utilisé

Moreau 15 avril 2018 à 10 h 46 min

Et que penser surtout de 2000 milliards par an partant dans la course mondiale aux armements ; il faut surtout comprendre que pour passer de la course aux armements à la course au désarmement, il faut l’élimination effective des armes de destruction massive interdites. Je pense qu’il faut vaincre tous les fléaux et donc ce qui peut permettre de vaincre des grands fléaux n’est pas inutile. Tolérance zéro, c’est de la tyrannie s’il n’y a pas tout de fait pour Zéro fléau en dehors de ceux qui ne peuvent pas être évités par les Hommes.
Réaliser le désarmement mondial résoudrait le problème de la pauvreté, limiterait les demandes d’asile, régulerait les migrations. Je pense que ça répond sur la question de l’aspect économique ; l’argent dangereusement utilisé, c’est ce que coûte la course aux armements.

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