Le 28 juin, pour des majorités de progrès

le 10 juin 2020

(Ludovic Marin / AFP)

L’éditorial de L’Humanité-Dimanche du 11 juin 2020 – par Patrick Le Hyaric

Le second tour des élections municipales fixé au 28 juin ne conclura pas réellement le premier. Séparés de plus de trois mois, c’est dans un tout autre contexte que les citoyennes et citoyens devront se prononcer : celui d’une crise sanitaire inédite qui se prolonge par une crise économique et sociale aux conséquences annoncées comme les plus graves depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. « Le plus dur reste à venir » prévient le gouvernement qui entend faire payer la crise aux familles populaires. Chômage de masse, baisse du pouvoir d’achat, austérité pour les services publics, restriction des libertés collectives et individuelles sont au menu si l’on en croit les propos de ministres et du Medef. Rarement les municipalités auront, à ce point, eu la responsabilité de jouer leur rôle de bouclier social, de protection du monde du travail et de la culture.

Partout, un front large doit pouvoir se constituer reposant sur des politiques publiques de soutien des classes populaires, opposant à la casse des solidarités nationales des solidarités communales par la défense et le développement de services publics, la promotion de la vie associative et sportive,  du logement social, un développement culturel et écologique.

Les communes sont des lieux importants pour la réalisation d’investissements utiles et la création de nouveaux équipements. Les prochains mandats seront l’occasion de repenser un certain nombre de projets pour les orienter vers la métamorphose environnementale et du cadre de vie. La période de confinement aura confirmé la nécessité d’une ville plus habitable, plus respirable et d’un autre aménagement des territoires cessant de délaisser les campagnes qui auront révélé tout leur potentiel de mieux-être. Décisifs pour la vie quotidienne de nos concitoyens, ces débats sont malheureusement étouffés par un triste spectacle politicien.

Ainsi, le parti présidentiel fait le choix dans de nombreuses villes de s’allier avec la droite au second tour, confirmant le glissement de son socle électoral de 2017. La constitution de telles majorités, reposant sur l’alliance des classes possédantes en appui à la politique de démantèlement de l’Etat social menée par le gouvernement, serait de très mauvais augure pour les familles populaires. La « peur du rouge », ressuscitée par la droite et les macronistes est un bon indicateur de la crainte qui assaille le pouvoir et ses alliés face à des listes d’union assises sur de projets bien inscrits à gauche, au service exclusif des populations.

La crise sanitaire et les suites que compte lui donner le gouvernement appellent dès maintenant au sursaut. Le chômage, l’aggravation de la précarité et de la pauvreté vont durablement frapper les milieux populaires qui peuvent se trouver désarmés sans représentation politique forte. Or, l’échelon communal permet d’opérer des choix à rebours de ceux impulsés par l’Etat et les puissances d’argent. Les communes doivent être des remparts autant que des laboratoires de solidarités nouvelles. C’est la fonction historique de cet échelon crucial de la vie démocratique que les gouvernements successifs soumis aux impératifs libéraux s’échinent à vouloir détruire au profit d’une « gouvernance » technocratique éloignée des citoyens et de leur pouvoir de contrôle.

Les bons scores enregistrés par les listes conduites par le Parti communiste français au premier tour témoignent de la résistance des milieux populaires. Ils témoignent tout autant d’une forte attente de citoyens à l’égard des élus locaux pour qu’ils se dressent et défendent leur population et leur territoire contre les ravages d’une organisation territoriale co-pilotée par le gouvernement et l’Union européenne. Il reste quelques jours aux forces de progrès, de l’écologie et aux citoyens pour créer les conditions de majorités de résistance et d’innovation sociale et écologique, tout en conjurant la menace d’une forte abstention liée à l‘épidémie. Y parvenir dans le plus d’endroits possibles sera gage de nouveaux possibles pour l’ensemble du pays.

2 commentaires


alain harrison 17 juin 2020 à 1 h 50 min

Dans ces élections municipales, une belle occasion de manquer pour la gauche de faire la promotion d’une Constituante Citoyenne pour changer le mode du pouvoir municipal. Les municipalités ont un rôle vital pour le développement responsable du pays. Il n’y a pas de tout sans parti, et voir clairement les interrelations et les effets collatéraux entre le pays et les municipalités est un exercice crucial pour l’avènement d’une alternative à ce système économique financier policier qui pointe. Mais quels seront les barreaux de la prlson qui se construit petit à petit ? Nous savons qui sont les gardiens de la prison, dont la pandémie sert d’avant coureur.
Comme le titre l’indique, pour des majorités de progrès, en définitive la continuité de ce système avec des variantes, pour enfin de compte se retrouver à la case départ.

Oui, la gauche, en lambeau, continue de disserter.

Au peuple de se réveiller, et le journal l’Humanité a ce devoir face à Jean Jaurès pour qui :

Pour Jean Jaurès, la révolution socialiste n’est concevable que dans le cadre de la légalité démocratique, c’est-à-dire par une conquête graduelle et légale par le prolétariat des institutions parlementaires et de la puissance de la production.

Mais, il faut légitimer et légaliser. Le peuple veut savoir dans quoi il marche. Nom de deux, comme les choses vous échappe, à vous la gauche dans vos querelle, vos coups bas entre vous. La langue de bois, l’arbre qui cache la forêt.

La Constituante Citoyenne est plus que les institutions, c’est elle qui donne le ton.

Et Macron sans tire avec des pirouettes. La nouvelle nouvelle efface la nouvelle….

Krishanmurti: le tigre qui chasse le tigre

alain harrison 17 juin 2020 à 6 h 24 min

Au sujet du racisme, Toute la tergiversation politique n’y changera rien du tout. C’est un problème à long terme, on en réduira les effets dans le temps, dans la mesure qu’une société juste surgira. Mais c’est pas en jouant aux progressistes, un terme déjà galvaudé et confus, condition humaine oblige. Et quand il s’agit de l’Éducation comme fondement, il ne s’agit pas de l’académique (apprendre une profession, faire de la philos ou culture générale) ce sont des objets de l’éducation, mais ce qui est le sujet primordial est la connaissance de nous-mêmes, pas religieusement, pas philosophiquement, ni politiquement, mais qui relève de la culture et de notre nature, de la condition humaine, une vue globale vivante. Nous avons tout à faire pour une véritable Éducation qui touche les aspects et leur progression tout le long de l’éducation et de la vie.

Mais cette question n’est abordable que si nous cessons d’être « narcissique » et de prendre au sérieux cette question. La question fondamentale que soulève l’histoire (mais partiellement), c’est la propension à la violence, pour compléter la question sur la violence, la préhistoire est, comment dire: nous voulons marcher sur deux jambes ou quoi?

L’idéologie à remplacer la religion, bien que le capitalisme est le rejeton de celle-ci et que Marx en est délimité les contours , les effets collatéraux dans le temps et son effondrement, rien n’a été fait, aucune conception, juste le capitalisme va s’effondrer sous son propre poids.

Mais la Vie et les interactions humaines ont des effets collatéraux, et la pandémie (une énième dans l’histoire et avant) sont imprévisibles, la chance semble un élément autant que le hasard.

Nous avons un puissant instrument, la science, plus précisément la démarche scientifique, mais les comportements humains erratiques font un gaspillage inconsidéré et ses dommages collatéraux s’accumulent. Et nouscroyons que l’Intelligence artificielle fera mieux que la nature.

Il y a ici, une erreur de perception dangereuse, confondre le vivant avec la techno, et que les apprentis sorciers tenteront l’amalgame organique-techno pour améliorer et dépasser l’évolution naturelle. D’ailleurs que comprenons-nous , les scientifiques je veux dire, comprennent la manière de faire de la nature ? Nous avons sans doute de réel piste, mais partielle, et oublions que le vivant est vivant et toujours en évolution et en interaction continuelle: nous avons traduit les interactions en terme d’information (chimique, électrique, photonique,…..) mais notre manque d’attention et notre empressement nous fait déboucher sur l’impossibilité de régler les problèmes humains. Macron donne plus pour la police que pour l’éducation, par exemple. Macron et ci. nous amène à confondre ce qui relève du publique et du privé, ou plutôt nous mène à la confusion, la porte pour faciliter le conditionnement souhaitable reconduit à travers le temps, et l’histoire nous en montre l’ampleur et les horreurs. Mais sans une compréhension adéquate de la préhistoire, l’hominisation (notre nature) qui sont les racines de notre histoire (l’élaboration des cultures), nous sommes arrivés au stade des connaissances suffisantes pour concevoir une société saine où les différences culturelles peuvent se côtoyer, dans la mesure ou chacun est conscient que ces différences sont artificielles. Comment dire, que l’ego, la personnalité est comme un habit selon les circonstances. Le problème de l’identité versus le racisme.

Einstein: nous ne pouvons résoudre un problème au même niveau que nous l’avons créé(dans mes mots)

Pour que nous en arrivions à une compréhension mutuelle, chacun doit aborder la vision globale: histoire, préhistoire et évolution naturelle. Et l’aspect le plus déterminant actualisé, est la question de l’économie, arriver à démystifier cette question nous ouvre la porte à une alternative souhaitable. Les derniers siècles sont pleins d’enseignement et bien des expertises à prendre en compte.

Le communisme, l’anarchisme, le capitalisme et les systèmes de croyances sont à regarder avec une autre point de vue: la vue d’ensemble nous donne accès aux tenants et aboutissants, aux causes et aux acteurs responsables, la cohérence du questionnement aux solutions.
Il y a des expertises et des enseignements à considérer.
Krishnamurti: ne rien rejeter, mais tout examiner.
Nous avons développer l’esprit de synthèse, servons-nous en à bon escient, mais un langage adapté selon les populations.

La Constituante ne s’improvise pas, mais se prépare en conséquence.
Constituante-pacte-paradigme et parti de transition par et pour les citoyens comme maître d’oeuvre. Ou la case départ.

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