L’argent-roi !

le 17 février 2015

_riches-pauvres_m

La planète finance est l’exact opposé de la planète réelle. Cette dernière est faite de travail, où de privations de travail et de revenu, de dur labeur, de souffrances, d’insécurité sociale, sanitaire ou alimentaire. L’autre est faite de profits qui explosent, de dividendes qui gavent la petite minorité des propriétaires des grandes entreprises, des banques et autres fonds financiers rapaces, de fraudes fiscales ou d’exonérations d’impôts, de tricheries diverses. Ici, les bonnes nouvelles succèdent aux bonnes nouvelles dans les stations de ski huppées, ou sous le doux soleil des îles pour tous les requins de l’économie casino. Nous sommes plus de seize millions à ne boucler la fin du mois qu’à dix euros près mais les actionnaires des quarante plus grandes entreprises cotées en bourse vont toucher 56 milliards d’euros en dividendes, 30% de plus que pour l’année 2013.

 

Il a été récemment confirmé que la  toute petite minorité  de  1% de la population mondiale dispose d’un patrimoine dépassant celui des autres 99%.  C’est dire la profondeur des inégalités qui rongent notre monde. C’est de ce côté qu’il faut rechercher les causes de ce que l’on appelle « la crise ». Celle-ci est le résultat de cette grave distorsion: l’accumulation du capital à un pôle de la société et du monde quand l’immense majorité manque de tout. Réparer cette béante fracture appelle une nouvelle répartition des richesses au profit des travailleurs et de celles et ceux qui aspirent à pouvoir travailler. Cela passe par des politiques de  justice fiscale et sociale, l’amélioration des rémunérations du travail salarié et paysan.

 

Il y a plusieurs mois, un groupe de journaux enquêtant ensemble avait mis au jour une vaste opération consistant à accueillir au Luxembourg  les profits cachés de grandes multinationales déplacés dans ce pays-paradis fiscal de l’argent-roi pour échapper à l’impôt, c’est-à-dire à la juste contribution au bien commun. Et il y a quelques jours, ce même consortium de journaux a révélé qu’entre 2006 et 2007, 180 milliards  d’euros ont transité par la succursale genevoise de la banque britannique HSBC pour se soustraire aux prélèvements fiscaux. Il y a là tout le gotha du business qui va de vedettes du showbiz, à des capitaines d’industries, de chefs d’Etats à des trafiquants de drogue et  d’armes mais aussi des financeurs du terrorisme que Ben Laden appelait la «Golden Chain». Bref, les mêmes qui donnent des leçons de moralité et d’austérité pour ….les autres, ceux qui souffrent déjà beaucoup.

 

Alors qu’au lendemain de la grande crise financière de 2008, où l’on demanda aux Etats de s’endetter pour remettre à flot le système financier, nous n’avons pas manqué de discours sur la nécessité de moraliser la finance, de la mettre au service de l’économie, qu’il fallait en finir avec les paradis fiscaux. Où en sommes-nous aujourd’hui ?  Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg, paradis fiscal s’il en est, a été promu Président de la Commission européenne ! Et il s’évertue à empêcher, avec la complicité des institutions européennes, toute enquête sur le sujet. Il est d’autant plus urgent d’harmoniser les fiscalités du capital vers le haut et de combattre pied à pied l’évasion fiscale afin d’assécher les paradis fiscaux, au lieu des comptes en banque des travailleurs. Même le système du crédit et des dettes sert à grossir aujourd’hui les fonds financiers et les banques contre les peuples en imposant des taux d’intérêts usuraires qui étranglent les pays comme la Grèce ou l’Espagne mais aussi le nôtre. Les peuples le payent en destruction de leurs droits sociaux, dont le droit au travail ou à la santé, tandis que sont vendus des biens publics. C’est sous le prétexte fallacieux de payer les dettes des Etats que les politiques d’austérité se succèdent. Et les dettes censées être remboursées ne cessent d’augmenter pour une part à cause de l’étouffement de l’austérité et pour une autre part des frais financiers exorbitants ! L’austérité est inefficace et injuste. Elle n’est qu’un poisson qui fait souffrir les plus démunis alors qu’elle enrichit les plus riches.

 

En France, on somme les assurés sociaux de moins se soigner au prétexte que la sécurité sociale connaitrait un déficit de 14,7 milliards d’euros en 2015. Dix fois moins que l’argent détournée en deux ans par HSBC! Surtout ce déficit n’existerait pas si les plus grands employeurs payaient enfin les 22 milliards qu’ils doivent aux caisses de protections sociales. Le pouvoir d’achat des français a baissé de 1500 euros  depuis cinq ans, quand les dividendes augmentent dans des proportions qui non seulement sont indécentes, mais sont un coût insupportable pour notre économie. Alors que les promoteurs de l’austérité ne cessent de faire grincer l’antienne du « coût du travail » qu’il faudrait réduire, c’est bien « le coût du capital », c’est-à-dire les frais financiers et les dividendes aux actionnaires, qui plombent l’économie de notre pays.

 

L’argent doit être utile pour le bien commun et non servir la minorité des rapaces. Des réformes progressistes du crédit avec une appropriation publique de banques, une révolution fiscale, une amélioration des systèmes de  protection sociale, et des retraites, une meilleure rémunération du travail, le combat contre l’évasion fiscale et la fin des cadeaux au grand capital  le permettrait. Ce sont des conditions indispensables pour enfin progresser vers la justice et l’égalité républicaine.


8 commentaires


Le.Ché 17 février 2015 à 12 h 21 min

Si on avait respecté le CNR (conseil national de la résistance) il y aurait beaucoup moins de riches, puisque dans ce programme les grands groupes capitalistes devaient être nationalisés et nous n’aurions aucun problème pour la sécurité social, les retraites par répartition et l’emploi.
Aujourd’hui les différents gouvernement aussi bien de « Gauche » que de droite ont tout fait pour que le capitalisme redevienne « Roi » ce qui fait que tout a été privatiser qu’il n’y à plus d’emploi et que les fortunes explosent.
Si nous voulons que ça change revisitons ce programme du CNR, car il est encore d’actualités aujourd’hui et nous empêcheront une 3ième guerre mondiale.

Le.Ché 18 février 2015 à 10 h 07 min

Le capitalisme, depuis qu’il existe, c’est vraiment la plus grosse arnaque que les peuples ont connu.
Il risque aujourd’hui avec l’armement nucléaire de détruire la planète,
attention à ce qui se passe à Kiev.

alain harrison 19 février 2015 à 7 h 01 min

Bonjour.

«« appropriation publique de banques, une révolution fiscale,»»

Reprendre le pouvoir sur l’économie.
Éliminer les frais gouvernementaux divers, qui sont dégressifs, réduire le nombre des cliniques privées selon des critères d’ordre médical versus « purement » esthétiques, dans un premier temps (artificiels ou absence d’ordre psychologique)non-subventionnées,les taxes à la consommation qui sont dégressives,….

Remettre au compte de l’impôt: taxes, frais publiques..

L’impôt progressif, avec les supers ordinateurs seraient facile à mettre en place.
Il s’agirait d’un programme sophistiqué, de telle sorte que toute variation et différence de revenu serait ajusté au % près.

Fini les bonds d’impositions.
De 25milles à 50milles: 14% d’imposition
De 51milles à 100milles: 18% etc
Mais par incrémentation:
25milles 14%
27milles 14.5%
42milles 16% etc…

Un impôt progressif.

Question:
C’est impossible OUI NON.
Avec les programmes sophistiqués d’aujourd’hui ???

Nous devons mettre des propositions sur la table, nous les citoyens, être pro-actif.
Ne pas attendre d’être au pouvoir et ne pas savoir quoi faire.
L’improvisation au pouvoir détruit irrémédiablement un parti, de gauche à coup sur, si c’est un parti de droite, ça passe ?????

Ici au Québec, on la connaît celle-là.

Le point 2:

«« une amélioration des systèmes de protection sociale, et des retraites, une meilleure rémunération du travail »»
Attention, ici, les demies-politiques ne changent rien. Elles rempirent les choses, parce que les jeux du un ptit peu ici, un ptit pu moins là….le bla bla économique du vieux monde.
Il faut une réelle révolution, ça va chauffer, mais les nantis seront soulager de ne pas être mis en prison, s’ils sont coopératifs et dans la mesure ou ils seront proactifs.
Le détournement d’argent est un crime…..

Et puis les lois , ça se changent, la droite déguisée en fausse gauche, l’a amplement démontré.
Ne jouons pas au chat et à la souris, sortons de leurs jeux hypocrites, aulourd’hui, c’est vrai que ils sont à découverts.
Mais le système-complexe économique-financier a pris une telle ampleur et ses sbires sont tellement répendu qu’ils font peur.
Un peu comme la mafia en Italie.
C’est un système criminel.

La Grèce a-t’elle le mandat nécessaire ?
Il faut regarder les résultats du vote et sa répartition (coalition…). Pour réaliser un changement significatif.
Pour un changement raqdical, il faut un déplacement du peuple dans le sens voulu.
Mais les peuples sont écartelés : acquis, concessions, intérêts, peurs, idéologies…

Comment unir le Peuple ?
Voilà la véritable question ?
Trouver la bonne recette..
Ensuite, la stratégie de mise en place de l’agenda.
Protection social.
Retraite.
Rémunération.
Voilà les questions primordiales à solutionner.
C’est là qu’il faut mettre l’énergie.
Là, on commence à parler d’agenda.
C’est à la gauche d’y voir claire.

point 3:
«« combat contre l’évasion fiscale et la fin des cadeaux au grand capital »»

Qui doit à qui ?

La crise 2008, qui a renfloué qui ?

Je crois que la colère doit s’exprimer à travers l’exigence « arrêter » de faire les changements radicaux incontournable, et ici, le no choice prend son sens réel.

casadesus 19 février 2015 à 11 h 58 min

Constater que le capitalisme fait du ravage dans le monde du travail est une chose que le PCF à sa création avait déjà fait ,le PCF se battait pour construire le Socialisme-communisme,quant en est-il aujourd’hui? point de socialisme dans son projet,le PCF était partisan de la souveraineté du peuple,de la dictature du prolétariat(l’inverse de la dictature de la finance constaté),aujourd’hui il soutient le maintien dans l’ UE de la France et la monnaie « euro » qui empêche toute transformation de société ,l’UE & sa monnaie sont les piliers du capitalisme au niveau du continent avec sa force de frappe l’OTAN
Constater les ravages c’est bien! Ne pas s’attaquer à la superstructure
du capitalisme en Europe (UE,euro,OTAN,& sortir de l’économie capitaliste)c’est à dire par le retrait , croire que cette superstructure est réformable ,c’est ne rien faire contre la « La Bête »qui produit ce ravage

breteau jean claude 19 février 2015 à 15 h 23 min

S’il manque de l’argent dans les caisses sociales il y aune solution simple ,c’est de taxer les robots ,qui ont remplacé des salariés ,distributeurs de billets ,caisses automatiques,robots dans les entreprises,caisses des péages autoroutiers,radars ,répondeurs téléphoniques ,traders informatiques …La liste peut étre complétée

Le.Ché 20 février 2015 à 15 h 08 min

De l’argent il y en a, pas besoin de taxer les robots, il suffit de taxer les entreprises du CAC 40, tous les ans c’est entre 70 et 100 milliards d’euros de profits, ce n’est pas l’argent qui manque dans les poches de ces gens là, la misère ce n’est pas pour tout le monde.

John MICTHELL 12 septembre 2015 à 23 h 40 min

Je suis d’accord avec vous. J’ai une page web sur le sujet à
http://mouv4x8.perso.neuf.fr/FrLstROS.htm

roge robert 7 mars 2015 à 1 h 40 min

ce triste pour la françe

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