Une conscience du siècle s’en est allée

le 1 juillet 2017
Simone Veil, lors de son discours devant l'Assemblée nationale française, en 1974.

Simone Veil, lors de son discours devant l'Assemblée nationale française, en 1974.

Une grande dame s’en est allée, femme de convictions, happée par la tourmente du siècle, une belle personne en tout moment porteuse en son cœur et dans ses actes de l’étendard de la Liberté.
Simone Veil aura survécu à l’horreur définitive, celle des camps d’extermination nazis, dont ses parents et son frère ne revinrent jamais.
Elle était d’un autre courant de pensée et d’actions que nous. Et, pourtant, nombre de combats communs nous auront unis : contre la gangrène négationniste, pour la reconnaissance des crimes commis par l’Etat français pendant l’occupation, et enfin, pour le droit à l’interruption volontaire de grossesse et celui des femmes à disposer de leur corps. Son courage et sa détermination lors du vote de la loi en faveur de l’IVG, sont aujourd’hui reconnus. Pourtant, à l’époque, c’est la gauche qui la soutenait contre les foudres et opprobres d’une grande partie de son propre camp. Elle réussit à tenir le cap d’un engagement rebelle pour la défense d’une idée qu’elle savait juste. Une fois encore elle portait sur elle et en elle cette belle écharpe de l’Humanisme qui en France réunit de larges spectres de la société. Dans une belle lettre à l’académie Française en 2005, elle nous a lancé cet appel à se remémorer sans cesse : « l’humanité est un vernis fragile ».
Marquée à jamais par l’expérience des camps de la mort, elle devint au fil des ans une vigie incontournable de la mémoire de la Shoah. Éprise de justice, elle aura marié ses convictions humanistes et son engagement au sein de la famille centriste, jusqu’à défendre les populations immigrées ou en réclamant justice pour le peuple palestinien. Ses relations amicales et ses affinités intellectuelles, forgées au contact d’événements douloureux, dépassaient largement son cercle partisan. Elle aura noué des relations intimes avec des camarades de déportation dont la dirigeante communiste Madeleine Vincent.
Nous saluons aujourd’hui la mémoire d’une conscience morale, d’une femme de caractère et de valeurs dont le nom restera à jamais attaché au combat toujours recommencé pour le droit des femmes. Retenons cette demande couchée dans cette lettre citée plus haut : « Il nous appartient que la vigilance ne soit pas un vain mot, un appel qui résonne dans le vide de consciences endormies ». Que s’ouvrent à elle les portes du Panthéon. Nous le lui devons bien !

2 commentaires


DOUCET anne-marie 7 juillet 2017 à 21 h 58 min

Je remercie Patrick Le HYARIC pour son article concernant Simone VEIL , elle a vécu la déportation dont elle explique sa souffrance et celle des déportés , en plus elle a subi l’épreuve de voir sa famille exterminée par les nazis . elle même aura survécu à cette horreur ,.
C’était une femme éprise de justice et de liberté , reconnaissant les crimes commis par l’Etat Français de Vichy.
En 1974 , à l’assemblée Nationale elle s’est battue courageusement et dignement contre son propre camp , pour faire Voter la loi pour l’interruption volontaire de grossesse ; ( IVG LOI VEIL )
Elle fut huée sur les bancs de l’assemblée par les députés de son groupe .
Toutefois sa détermination fût à l’Epoque seulement soutenue par la Gauche . ,lesquels l’ont honorée et dont les médias n’ont pas parlé e leur présence .
Désormais elle rentrera au Panthéon et elle le mérite tout à fait .
Nous pouvons d’ailleurs regretter qu’il y a peu de femmes qui ont eu cet honneur , et pourtant certaines d’entre elles , déportées également et beaucoup d’autres y auraient eu leur place . Pouvons nous l’espérer !

Mme Costes colette 8 juillet 2017 à 9 h 08 min

Je partage votre texte suite au décès de Madame Simone Veil.

Colette Costes

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