Les communes au pain sec !

le 18 novembre 2014

manif15nov

 

Les maires et les conseils municipaux, comme les conseils généraux et régionaux, vont entrer dans la phase de préparation de leurs budgets avec le souci de répondre aux besoins de la population. Rappelons que les collectivités territoriales réalisent près des trois quart des investissements publics dans le pays. Réduire leurs budgets, comme le réclame à corps et à cris le consortium des journalistes, des économistes libéraux, porte-voix des grands patrons, de la Commission européenne et du gouvernement, revient donc à handicaper l’avenir et à réduire l’emploi dans une multitude de secteurs.

 

C’est malheureusement ce qui est en train de se passer. Après plusieurs années de gel, puis de baisse des crédits aux collectivités, le gouvernement s’apprête à franchir un nouveau cap en diminuant drastiquement les dotations d’Etat, dont elles dépendent de plus en plus. En 2014, ces dotations ont déjà diminué d’1,4 milliards d’euros. Jusqu’en 2017, le gouvernement s’apprête à retirer autoritairement aux collectivités la somme de 11,5 milliards d’euros. Une véritable saignée dans les budgets des communes et des départements ! Autrement dit le pouvoir empêche les collectivités de remplir leurs missions de service public.  Ceci s’inscrit dans les choix d’austérité visant à diminuer les crédits publics utiles de 50 milliards d’euros.  Est-ce pour réduire les déficits publics ? Pas du tout ! Sur ces 50 milliards, 20 iront directement dans les caisses des grandes entreprises. Pour l’emploi ? Pas du tout ! Le chômage ne cesse d’augmenter. Par contre les dividendes versés aux actionnaires ne cessent de monter. Voilà ce qu’ils appellent le  pacte dit « de responsabilité ». C’est plutôt de l’irresponsabilité !

 

En effet, l’INSEE, vient de montrer que le peu de croissance existant n’est dû qu’à l’activité des administrations publiques. Ce sont donc bien les collectivités qui tirent la croissance du pays. Voilà qui confirme l’impasse de la politique austéritaire du pouvoir à l’égard des classes populaires alors que les grands groupes sont favorisés, se détournent de l’intérêt général, préfèrent satisfaire leurs actionnaires et placer leur argent dans les paradis fiscaux plutôt que de réaliser des investissements utiles, sécuriser le travail et participer au bien commun.

 

Désormais, ce sont les professionnels du bâtiment qui tirent la sonnette d’alarme. Ils craignent que leurs carnets de commande ne s’assèchent encore plus. En s’attaquant aux collectivités, le gouvernement met en danger un des moteurs les plus indispensables pour assurer un redémarrage de  notre économie.

 

Un rapport sénatorial publié la semaine dernière, confirme l’absurdité de ces choix. La réduction des dotations de l’État aux collectivités territoriales, y-est-il écrit, va plonger la grande masse d’entre elles dans « l’impasse financière », à moins d’une « diminution de 30% » de leurs investissements. C’est colossal ! Cela va  considérablement aggraver la spirale récessive créée par les politiques d’austérité.

 

Il faudrait, en tout état de cause, s’attendre à une multiplication des cas de petites et moyennes communes en difficulté, en particulier des bourgs-centres pour lesquels il existe de fortes attentes en matière de services et d’équipements.

 

Pour les communes, c’est donc la quadrature du cercle. On les oblige à augmenter la fiscalité locale qui étrangle de trop nombreux ménages, à supprimer de nombreux investissements et services indispensables, ou à augmenter leur niveau d’endettement. Tout le contraire d’une sortie de crise !

 

Les communes doivent déjà faire face à d’importants transferts de charges, certains inscrits dans la loi, d’autres inavoués. Combien de communes rurales, chefs- lieux de canton,  sont contraintes d’abriter un bureau de poste, ou de subventionner des associations caritatives qui croulent sous la demande ?

 

La promesse, incertaine, du Président de la République de ne pas augmenter les impôts jusqu’à la fin de son mandat n’engage que l’Etat qui se défausse sur les communes et départements. Cette promesse ne vaut pas celle, tenue pendant la campagne de 2012, d’établir une vraie réforme de la fiscalité qui mette de manière conséquente le capital à contribution pour répondre aux besoins des collectivités et desserrer l’étau sur les couches moyennes et populaires de la population.

 

Par ailleurs, voilà qui éclaire un peu plus l’objectif profond de la réforme territoriale, concomitante de cette baisse brutale des dotations : il s’agit bien, à travers la réorganisation des administrations publiques, de réduire les services et les investissements utiles aux populations.

 

La mobilisation qui a rassemblé des dizaines de milliers d’hommes et de femmes pour dire non à l’austérité samedi dernier n’est qu’une étape. Elle doit s’amplifier et rassembler plus largement partout dans le pays, dans les semaines et mois à venir. Il y a urgence à ne plus attendre pour imposer des  choix de justice et d’égalité territoriale.


12 commentaires


Yves MIQUEL 18 novembre 2014 à 12 h 35 min

Il est grand temps de réagir en s’opposant à cette politique d’austérité qui nous amène droit dans le mur signons massivement contre par l’intermédiaire de ce lien et signons également pour la 6è République https://www.facebook.com/JLMelenchon/photos/a.10150182498938750.330639.11450328749/10152838748458750/?type=1

Michel Berdagué 18 novembre 2014 à 14 h 37 min

Oui Patrick : ” Elle doit s’amplifier et rassembler plus largement partout dans le pays, dans les semaines et mois à venir. Il y a urgence à ne plus attendre pour imposer des choix de justice et d’égalité territoriale.” Oui car nous n’ étions pas 2 millions à Paris dans le 7 ie arrondissement au coeur du pouvoir politique . Il y a encore de la marge …et pourtant ce n’ était pas un jour de semaine , souvent reproché quand nous manifestons en Appel pour dire NON et OUI à l’ Alternative . Encore du boulot et toujours du boulot un par un ,une par une , pour nous rejoindre et constituer une telle force que les moins de 1 % seront ridiculement isolés et bien seuls avec les milliards à ne plus savoir où les mettre .

RABOTOT Robert 18 novembre 2014 à 15 h 14 min

Non à l’austérité, ne laissons pas asphyxier le collectivités territoriales, dernier espace de liberté dans une France malmenée par les dérives libérales du pouvoir. Il est grand temps que les forces vives du pays se réveillent pour empêcher les mauvais coups en gestation.

Michel Berdagué 18 novembre 2014 à 16 h 15 min

Oui Robert surtout que les territoires seront sauvés avec cette année :
2014 s’annonce comme un millésime record pour les dividendes
Les 1200 plus importantes sociétés de la planète devraient verser à leurs actionnaires l’équivalent de 1190 milliards de dollars sous forme de dividendes cette année. Du jamais vu ! Après des années de vaches maigres … ça dépend pour qui .

Le.Ché 18 novembre 2014 à 18 h 23 min

Hollande avec sa politique d’austérité est en train de livrer la France
à l’extrême droite.
Il donne l’argent des communes aux grands groupes capitalistes qui vont s’empresser de délocaliser de plus belle.

pellizzoni 18 novembre 2014 à 18 h 57 min

Hollande n’est pas à la hauteur, il nous mène dans le mur, les promesses qu’il à faites, ne sont que mensonges, il est temps que les choses changent

Quillet-Vilette jean-Claude 19 novembre 2014 à 17 h 44 min

Non seulement il livre la france à l’extrême droite, mais on se retrouve pieds et mains liés au bon vouloir de l’Europe, des USA et de l’Otan qui font payés à la France les dépenses coloniales qu’ils n’engagent pas eux-mêmes et dont ils seront les premiers à se servir lorsque ces guerres qui nous coûtent chers s’arreteront.

vincent 18 novembre 2014 à 21 h 46 min

Tiens besancenot à disparu de la photo.
Le partie meure mais ne se rend pas ?

telefe ZICCHINA 19 novembre 2014 à 8 h 13 min

Samedi15 novembre a été un temps contre la politique d’austérité du gouvernement socialiste qui applique avec zèle les dictats de l’union européenne du capital qui consiste a faire payer a l’ensemble des couches populaires la crise dont le patronat et la finance sont les seuls responsable fort les luttes multiples,
A Ajaccio nous devons continuer a rassembler sur le terrain électoral-(troisième tour des élections municipale courant janvier 2015)contre la droite et l’extrême droite et
dans le même mouvement contre la politique d’austérité du gouvernement soutenue par le Ps,la sociale -démocratie et les radicaux EN Présentant UNE LISTE DE RASSEMBLEMENT PCF CONTRE LES POLITIQUES D’AUSTÉRITÉ AU NIVEAU LOCAL,NATIONAL,EUROPÉEN

alain harrison 19 novembre 2014 à 8 h 34 min

Bonjour.

Je reviens avec:
Passer du capitalisme à la cotisation !!!!
Un article utile:
Revenu inconditionnel ou salaire à vie ?

31 mars 2014

Réseau Salariat vise l’institution d’un statut politique du producteur, donnant droit à un salaire à vie attaché à la qualification personnelle. Or cette proposition fait souvent l’objet de comparaison avec celle du revenu de base. Parmi les différentes versions existantes, nous choisissons de nous intéresser ici au revenu inconditionnel (RI) tel qu’il est promu ces dernières années dans plusieurs livres et articles par Baptiste Mylondo. La proximité, en première approche, des objectifs de sa proposition avec ceux du salaire à vie nous semble propice à mettre en relief ce qui fonde finalement leur opposition.
http://www.reseau-salariat.info/d60e8d6f2500d2a81466e1d205be9c59

««« ce qui fonde finalement leur opposition »»»
Regardons plutôt ce qui les unit.

C’est le questionnement que nous permet cet article.
Et c’est à travers le questionnement que la prise de conscience se fait.
Krishnamurti: une idée ou un fait ?

Michel Berdagué 20 novembre 2014 à 4 h 09 min

Merci pour la doc . Notre programme doit être articulé avec : “Revenu inconditionnel ou salaire à vie ?” et ” Regardons plutôt ce qui les unit.” Il y a aussi les différents temps à débattre et à réfléchir : dans le système capitalisme sous l’ impérialisme financier privé prédateur … la lutte s’ impose avec le chômage systémique et qui ne peut que s’ agrandir du fait de la surexploitation des forces de création de richesses avec les technologies actuelles qui ne sont pas toujours appliquées , et à savoir et prendre en compte de nouvelles technos. qui vont être découvertes . Donc le temps de travail est d’ une sensibilité extrême . Si la Révolution se fait , souvent il est dit suite aux travaux de : Jean Lojkine « Révolution informationnelle » article paru en 1993 dans l’Humanité. ” et les travaux de Paul Boccara ; Révolution numérique , en effet avec ces bécanes actuelles et à venir le travail et son temps sont complètement bouleversés . Et il est Urgent de changer de société de capitalisme/impérialiste en une société communiste , libertaire , socialiste à la Jaurès , car avec la société où tout est basé sur les profits de l’ exploitation et de la spéculation , la bourgeoisie/capitaliste/impérial possédant tout en pleine propriété privée de ” droit” te fera marner , suer le burnous en te culpabilisant un max : ce système engendre le chômage et prolonge ta vie professionnelle salariée jusqu’ à presque ta mort ,- pour ceux et celles qui n’ ont jamais taffer dur physiquement et intellectuellement ils ont tout le loisir d’ être peinards assez longtemps – . Il est donc Urgent de baisser un max le temps de travail dans ce système , de faire la Révolution incluant l’ informationnelle / numérique , et pour le communisme nous pouvons imaginer et non pas rêver/utopique qu’ il y aura différents temps , salarié , loisirs , voyages, études , formations, …sans ça le plus que malaise continuera et vers le pire certain , Nous sommes donc en période révolutionnaire de vie en de-venir , et c’ est Urgent à le vivre .

OLEARAIN Luis 21 novembre 2014 à 18 h 49 min

Et on a pas tout vu ! Ex:membre du CODERPA (qui organise un point rencontre dans ma commune)j’ai demandé à la mairie de Marignier 74 si elle pouvait adresser un prospectus(qui annonce cette réunion publique)
aux personnes de plus de 60 ans.Réponse: mais ça coûte très cher ! C’est le bureau municipal qui va en décider.Ma commune compte 5800 ha.
Un envoi qui coûterait environ: 100 € (peut être moins)serait ruineux. Quand on voit ça,on est pas au bout de l’austérité !! Mr Hollande appelle ça,la maîtrise des dépenses.

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