Les leçons d’Irma, Katia, José et… de tous les autres

le 13 septembre 2017

Nous sommes à court de mots et de qualificatifs face au paysage d’apocalypse que laisse derrière lui le cyclone Irma. Nos pensées vont évidemment aux familles qui ont perdu l’un des leurs, aux blessés. L’urgence est bien sûr d’apporter la solidarité aux populations qui ont souvent tout perdu dans l’incroyable souffle de l’ouragan. La fête de l’Humanité, en partenariat avec le Secours Populaire, sera un moment important de cette indispensable solidarité en actes.

Un cyclone ne trie pas, ne s’arrête pas aux délimitations des pays. Il se joue des hommes, de leurs frontières et de leurs disputes. Il avale et dévale, pousse et repousse tout sur son passage ne laissant derrière lui que désolation et dénuement. Ce type de phénomène indique l’urgence de nouvelles solutions opposées au type de développement qui stimule ces monstres naturels.

Toute la planète subit désormais des catastrophes historiques qu’amplifie sans cesse le réchauffement climatique : d’immenses incendies sur tous les continents, des sécheresses, de meurtrières coulées de boue en Afrique occidentale, des pluies torrentielles au Népal et en Inde, des moussons qui ont touché des dizaines de millions de personnes en Asie du sud, des éboulements de terrains provoqués par le dégel du permafrost, et aujourd’hui, ces ouragans des Caraïbes aux États-Unis…

La fréquence de ces catastrophes a doublé ces derniers temps, avec des destructions aux coûts astronomiques. Notre planète entre dans une nouvelle phase inquiétante et les scientifiques sonnent l’alerte. Pour eux, si rien ne change, le pire est à venir. Comment maintenir la stabilité du monde avec une atmosphère et des mers réchauffées de trois degrés, alors qu’au niveau actuel, les difficultés sont déjà énormes ?

Or, ces ouragans qui se suivent percutent d’autres actualités qu’il nous faut mettre en lien. Ainsi, la présentation du projet de loi de M. Hulot sur la réduction de l’exploitation des hydrocarbures, s’il marque un sérieux pas en avant, comporte plusieurs ambigüités notamment sur les permis d’exploitation en cours et la fracturation hydraulique. Il en est de même de la découverte d’une fraude des moteurs diesel chez PSA, après Volkswagen, comme de la poursuite de l’adoption du traité de libre échange avec le Canada. Ce dernier contient pourtant tous les ingrédients pour martyriser plus encore la planète. Il ne prévoit rien contre le commerce des énergies fossiles et la hausse des émissions de gaz carbonique induite par les transports internationaux aériens et maritimes. Il ne met aucune conditionnalité aux investissements notamment pour l’utilisation de technologies moins émettrices de carbone, ni aucune clause contre le changement climatique.

Que dire de sa pression sur les êtres humains placés dans une féroce guerre de tous contre tous ? Les concepts de compétitivité des économies, des entreprises, des États ; la recherche du plus fort dividende pour les détenteurs de capitaux sont à l’opposé des conditions qui permettraient de jeter les bases d’un monde commun des travailleurs et des citoyens. On ne peut désormais plus dissocier le combat pour le progrès social de celui pour le progrès environnemental. La condition humaine ne se disjoint pas de la nature. L’une et l’autre appellent à rompre avec le capitalisme financier mondialisé au profit d’une politique et d’une économie de développement durable.

Changer de modèle réclame de considérables efforts pour la recherche et la connaissance, la formation et l’association des travailleurs entre eux, des chercheurs, des créateurs, des étudiants pour porter un nouveau projet mondial social et écologique impulsé dans le cadre d’une éco-politique planétaire.

Cela commande de changer les missions et les modes de délibération des institutions internationales, du Fonds Monétaire International à l’OCDE, de la Banque mondiale à la Banque centrale européenne. Les banques et entreprises qui jouent un rôle essentiel dans l’orientation des économies doivent devenir propriété publique et citoyenne. Le disque rayé susurrant que la puissance publique n’a pas à s’occuper des transports, de l’eau, de l’habitat ou de l’énergie, de la qualité alimentaire, des équilibres des territoires ou de la répartition de l’argent ne vise qu’à servir les intérêts immédiats des possédants. Il est vrai que ce sont ces mêmes firmes qui vont se présenter demain pour les reconstructions avec la ferme intention d’y accumuler encore des profits !

Une nouvelle internationale citoyenne et progressiste est bien à inventer, qui aiderait à unifier les travailleurs et les citoyens face aux mastodontes qui ont pris possession du monde et de nos vies. Il en sera fortement question au cours des trois jours de la fête de l’Humanité. Seul un essor sans précédent des libertés et de la démocratie donnerait aux populations les moyens d’agir et de se rassembler afin que l’Humanité existe, porteuse d’une civilisation assurant à chacune et chacun sur notre Terre une sécurité de vie dans l’harmonie et la paix. L’urgence est là ! Nous venons d’en sentir les terribles souffles.

5 commentaires


Moreau 13 septembre 2017 à 19 h 02 min

Il faut comme je le propose souvent l’austérité nécessaire et indispensable pour une construction sobre de chaque pays pour la vie telle qu’elle doit être, Jacques Brel a écrit vrai et juste, la folie suprême a toujours été de voir la vie telle qu’elle est et de ne pas la voir et la vouloir telle qu’elle devrait être. Elle a induit, elle induit encore des gens et notamment des Hommes de pouvoir à l’irresponsabilité.

Il faut une politique d’austérité prélevant aux Riches trop riches, il ne faut pas de politiques d’austérité envers les pauvres et les précaires.

Il faut : discrimination zéro, et nationalisme zéro.

Il faut supprimer les partis qui sont manifestement inutiles : l’abstention atteint presque 60% en France et pourrait monter si rien ne change réellement à 70 ou 80%.

Il faut la démocratie entière et réelle, je n’ai pas dit la proportionnelle ; j’ai dit la démocratie entière et réelle et ses exercices parfaits et irréprochables, et il faut la république authentique universaliste.

Toutes les politiques échouent, tous les bilans des présidences françaises successives sont plus négatifs que positifs, parce que c’est impossible, irréalisable, un bilan présidentiel positif sans le progrès de la culture réelle, sans le développement de l’associatif de la culture réelle, de l’utile, et des sports. Le moins pire n’empêche pas le pire comme en attestent les catastrophes naturelles, tant quand le moins pire dure trop longtemps, ça fait le pire. Les partis politiques ont été incapables de l’anticiper ainsi, pour assouvir des surégoïsmes.

Toute politique écologique est vouée à un bilan négatif avec des conséquences qui seront fatales et irréversibles si elle n’est pas associer à une politique d’austérité pour la construction sobre du pays de chaque Peuple. La diversité au niveau des production est incompatible avec l’écologie, ce n’est pas la diversité c’est la sobriété qu’il faut, et la meilleure sobriété, celle qui associe le meilleur de chaque Homme. Sans quoi tout le monde échouera.

Il est impossible d’avoir un bilan positif sans la culture réelle et sans ses progrès.

Il faut inscrire dans la liste des délits et des crimes, toute domination de l’Homme par l’Homme, et appliquer les lois nouvelles.

Les gens ne votent pas pour les partis qui ne sont pas utiles, il faut donc supprimer les partis qui ne sont d’aucune utilité à tous ces Hommes qui s’abstiennent et qui le font savoir en ne votant pas. Et il faut tous les exercices de la démocratie entière réelle de façon à associer les meilleures idées pour la transformation en profondeur nécessaire et indispensable.

Moreau 13 septembre 2017 à 19 h 21 min

L’Humanité ne peut plus continuer avec des partis politiques qui provoquent des catastrophes naturelles, il faut le changement nécessaire et indispensable, tout le changement nécessaire et indispensable, rien que le changement nécessaire et indispensable ; en France, dans l’Union Européenne, et partout ailleurs dans le Monde.
Il ne sera accepté que s’il se traduit par la vie telle qu’elle doit être.

françois plet 16 septembre 2017 à 6 h 42 min

je me réjouis de cet édito qui marque la prise en compte par le PC des problèmes écologiques et se rapproche ainsi de plus en plus de celui de la .FI . Devant la gravité des problèmes, l’heure n’est plus au repli sectaire ni à la quête éperdue d’alliances du genre gauche plurielle

Chantal Potier 16 septembre 2017 à 9 h 22 min

Bravo.
Pour ma part je suis « catastrophée » et je doute du bon sens et de la raison humaine
Courage à vous

Chantal Potier

Kavita Devi Height 18 septembre 2017 à 22 h 46 min

I like reading an article that will make men and women think.
Also, thank you for permitting me to comment!

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