En Bretagne et ailleurs, unité populaire dans la clarté pour d’autres choix !

le 4 novembre 2013

manif Carhaix 2

Le gouvernement a été bien inspiré de suspendre l’application de l’écotaxe qui était prévue au 1er janvier prochain. L’idée de taxer le transport poids lourds pour réparer les routes –  payées par la collectivité publique – qu’il dégrade et pour trouver des recettes nouvelles afin de développer le fret ferroviaire et fluvial, doit être réétudiée. Ce devrait être l’objet des discussions nécessaires à venir. Mais cette taxe a aussi été inventée pour palier le manque à gagner pour les finances publiques dû à la privatisation des autoroutes, vendues par les gouvernements de droite à Vinci et Effage.

 

A ceux qui à droite crient et manifestent contre l’écotaxe, rappelons qu’elle a été créée et votée lorsqu’ils étaient au pouvoir ; que le décret d’application a été signé la veille du second tour de l’élection présidentielle ; que le  faramineux   contrat  entre l’état et la société privée italienne « éco-mouv» chargée de collecter le produit de cette taxe a également été signé aux derniers jours du gouvernement de droite. Une société en partie propriété de Benetton et de la méga banque nord-américaine Goldman-Sachs, qui d’ailleurs prenait 300 000 euros chaque année sur une recette d’un peu plus d’un milliard. Ce seul fait rendait le contrat très contestable. En principe, les transporteurs devaient répercuter le coût de cette taxe sur les donneurs d’ordres. Il est à craindre que, telle qu’elle était conçue, cette contribution ne soit en réalité répercutée sur les petits producteurs et les consommateurs. Elle aurait donc été un impôt de plus sur la consommation.

 

Compte-tenu de la situation géographique de la Bretagne, des aménagements avaient été décidés. Mais, même avec eux, l’application mathématique des règles retenues aurait conduit à collecter dix pour cent du produit escompté de cette taxe dans une région qui ne participe que pour 5% des richesses nationales. De là est née une distorsion dans une région qui subit une hécatombe de plans de suppressions d’emplois, notamment dans l’industrie agro-alimentaire, le début d’une agonie des secteurs avicoles et porcins, une profonde crise agricole dont on imagine mal les terribles  effets qu’elle produit sur celles et ceux qui ont choisi ce métier et qui la subissent de plein fouet dans le cadre d’un modèle à bout de souffle, sous la dictée des orientations ultralibérales européennes au service des firmes capitalistes et des banques.

 

La révolte qui se développe dans cette région est la manifestation d’un mal-vivre exacerbé et de la conscience grandissante d’une insécurité sociale qui va s’aggravant, bouchant l’avenir. Elle  est aussi révélatrice de l’échec du modèle capitaliste de développement actuel qui ne prend en compte ni les besoins humains, ni les impératifs environnementaux. Ce dont souffre La Bretagne avant tout ce sont des choix de « libre concurrence » exacerbée  et des préceptes de « compétitivité », impulsés par des gouvernements successifs et les institutions européennes dans le cadre d’une mondialisation capitaliste qui écrase tout sur son passage. Qu’il s’agisse  des emplois, des identités culturelles, de l’agriculture, de  la pêche, des territoires ruraux du centre Bretagne jusqu’aux nouvelles technologies. La droite Bretonne, alliée à l’extrême droite et le grand patronat breton, à la recherche d’une nouvelle virginité, surfent sur ces angoisses, ces colères, ces rejets pour entraîner derrière eux -dans une même protestation contre le pouvoir alors qu’ils sont eux-mêmes  coresponsables  de ce qui arrive aujourd’hui-  les travailleurs, les petits paysans, artisans, marins-pêcheurs, chômeurs, jeunes à l’avenir  bien sombre. Tous ceux-là ne doivent nullement être stigmatisés. Bien au contraire. Comme tous les travailleurs, les privés d’emplois et les jeunes, ils sont à la recherche d’un nouvel avenir. Il s’agit obstinément de tenter de les rassembler face aux forces qui ont fait accepter hier l’insertion à marche forcée de la Bretagne dans une politique agricole commune ultralibérale, fait accepter le traité de Maastricht qui produit des effets terribles aujourd’hui, utiliser la directive Bolkeinstein contre les salariés locaux, peser en permanence sur les prix des produits agricoles à la production, développer des groupes de transports camions dans lesquels les chauffeurs sont sous payés et mis en concurrence avec ceux des pays de l’est, au plus grand profit du patronat du transport. Les plus gros de ce secteur profitent de surcroit des distorsions internes à l’Union Européenne qui conduisent de plus en plus à éloigner les entreprises de transformation des lieux de productions. Ce sont ces mêmes forces qui travaillent sans cesse à la mise en concurrence des salariés des  différents modes de transport et fustigent en permanence les cheminots. Une taxe poids lourds efficace devrait permettre de relocaliser les productions, particulièrement l’élevage et les industries de la transformation, à l’opposé du tout marché capitaliste actuel qui aboutit à la désertification et à l’exclusion du centre Bretagne d’une perspective de  développement humain et solidaire durable.

 

Or, ce sont bien ceux qui licencient aujourd’hui en Bretagne et ailleurs qui favorisent ce qu’ils appellent la compétitivité par la baisse des rémunérations du travail mais ne recherchent jamais un nouveau type de compétitivité par un partage des coûts de transport grâce au fret SNCF ou l’abaissement des coûts de l’énergie ou du crédit.  Ainsi, les difficultés chez Doux proviennent de choix hasardeux et coûteux d’implantation au Brésil. Les problèmes de Gad proviennent de l’achat de cet abattoir par le système dit de LBO, c’est-à-dire une acquisition par endettement avec des fonds financiers qui ne sont en fait que des rapaces. La fermeture de Marine Harvest est le résultat de la décision de cette multinationale de délocaliser en Pologne. Rien donc à voir avec  l’écotaxe. La disparition des petits paysans a beaucoup plus à voir avec l’autorisation récente d’autoriser des élevages industriels de 2000 porcs au lieu de 700 ou l’acceptation d’usines à lait comme dans la Somme qu’avec une hypothétique écotaxe.

 

Non, décidément non, les intérêts des travailleurs de la terre et des usines en Bretagne ne sont pas les mêmes que ceux de leurs exploiteurs, voir parfois ceux de leur licencieurs. L’intérêt de la caissière de Carrefour sous-payée n’est pas le même que celui de son patron qui ne veut pas de l’écotaxe alors qu’il va recevoir des brassées de millions du crédit « impôt-compétitivité » puis demain bénéficier d’une exonération de la branche famille de la sécurité sociale. L’intérêt du petit éleveur n’est pas le même que celui de la société d’abattage et de la centrale d’achat qui font pression à la baisse sur les prix agricoles à la production. Même sous le drapeau breton, les intérêts de classe sont divergents. Par contre, la  grande question  posée à toutes et tous  est celle d’un autre partage des richesses pour l’efficacité sociale, économique et environnementale. Là, se pose comme un enjeu majeur celui de la réinvention d’un nouveau modèle de développement, un nouveau contrat d’avenir pour la Bretagne et un contrat de sécurisation de vie pour chaque bretonne et breton, qui passe inévitablement par un changement progressif des modèles actuels de production, par la valorisation des  grands atouts de la région que sont  la terre,  la mer  qui constituent de considérables gisements d’emplois, les savoirs-faires accumulés dans les domaines de l’électronique , du numérique, d’une filière de construction de nouveaux bateaux et de constructions des automobiles de demain, des énergies renouvelables grâce aux marées ou à la méthanisation … .. Bref un immense chantier est à ouvrir pour le renouveau de la Bretagne. Il appartient au gouvernement d’en prendre l’initiative avec les collectivités territoriales, les syndicats, les associations, les employeurs, le secteur bancaire pour un autre type de crédit et une nouvelle mobilisation de l’épargne régionale, en lien avec le refus d’appliquer certaines directives européennes négatives pour une refondation progressiste des orientations européennes. Il n’y a pas d’issue neuve sans un haut niveau d’intervention publique afin de programmer un plan d’investissement réorientant sur le long terme un nouveau projet agricole et agro-alimentaire, basé à la fois sur une meilleure satisfaction des besoins en quantité et en qualité, sur le développement des territoires, sur l’emploi qualifié et bien rémunéré et la qualité environnementale.  Comment accepter, que la France achète plus de 40% de ses poulets à l’étranger quand la filière avicole bretonne se meurt avec l’annonce de la fermeture de Tilly Sabco d’ici la fin de l’année ? Comment accepter la fermeture des abattoirs de porc quand,  près d’un million de  porcs produits en Bretagne sont transportés en camions vers les abattoirs allemands ?  Dans l’immédiat une conférence régionale de tous ces acteurs pour bloquer tous les plans de licenciements en cours et examiner la situation de chaque entreprise et de chaque filière de production est indispensable et urgente.

 

12 commentaires


zygypop 4 novembre 2013 à 11 h 25 min

Il n’y a pas d’unité populaire possible avec quelqu’un qui traite salariés et ouvriers d’esclaves

Michel Berdagué 4 novembre 2013 à 12 h 06 min

Si le système capitaliste en stade suprême impérialiste est libérateur et participe à l’ émancipation humaine et à toutes les améliorations de vie auxquelles la force de travail de tous les salariées , salariés , ouvriers et ouvrières doit leur revenir en Droit , les mots ne veulent plus rien dire : quand le grand patronat et financier licencient une grande partie du Prolétariat pour cause que le travail leur coûte une moins value sur leur retour investissement et impacte leurs dividendes déjà archi gonflées, aussi en organisant les délocalisations juteuses à profits immédiats , à tous les travailleurs et travailleuses ne sont que des objets dans le jeu mortifère de ces maîtres/capitalistes . Et qui constate -Maîtres du système capitaliste impérial- il y a les hommes et femmes en variable d’ ajustement sont en effet considérés par ce système exploiteur comme des esclaves/objets pour leurs profits obtenus par le travail des Humains . Donc – Humain d’ abord – libération de l’ exploitation esclavagiste , et pour cela par la création de Pôle Public bancaire les finances redeviennent par une gestion citoyenne et prolétarienne un bien commun pour faire de bonnes choses utiles à tous les humains libérés des esclavagistes/capitalistes.

cloarec daniel 4 novembre 2013 à 13 h 57 min

La manif de quimper organisée par le patronat breton, « le comité de convergence des intérêts bretons ». Ils veulent se débarrasser « du carcan administratif français, du labyrinthe des réglementations et du poids écrasant des charges ». au moins c’est clair. Bonnets rouge et drapeaux bretons, n’y a-t-il pas un petit coté indépendantiste, « Breton maître chez lui ». Le responsable de la FNSEA a osé dire que l’état français les empêche de créer des emplois, sans que le journaliste de France3 iroise lui demande ou et combien à quel prix. C’est vrai que les évêques de Quimper et de Vannes appelaient à manifester avec le NPA, les partis indépendantistes, FO, la FNSEA, le Medef. Que des salariés défilent avec leur patrons qui veut continuer à obtenir des subventions européennes( 300 à 350 euros la tonne de poulet, ce qui pour une moyenne de 1000 poulets par tonne, cela fait 3 centimes par poulets, et pour cela il fait du chantage à la fermeture et aux licenciements).et la grande distribution qui fait la course au bas prix et fait abattre ses cochons en Allemagne par des polonais à 2, 3 euros de l’heure.
oui, c’était à Carhaix que les salariés devaient aller.
mais la gavotte main dans la main avec les patrons, c’est aussi un choix. mais parfois les esclaves ne savent pas qu’ils sont esclaves, et le dire c’est aussi ouvrir les consciences.

Boularand Pascal 8 novembre 2013 à 18 h 39 min

Un peu court quand même. Lorsque Mélenchon parle de maître et d’esclave, il ne fait que constater une situation où les valeurs de « classe » sont plus qu’ambiguës.
Technique vieille comme le monde qui consiste à faire croire que les intérêts des possédants sont les mêmes que ceux de leur personnel.
On assiste à des regroupements contre-nature pour le plus grand bonheur des classes possédantes.
Certains à gauche, tentent de remette les pendules à l’heure en évoquant le combat « classe contre classe ».
C’est le cas du PC et du PG.
Mais c’est sans doute un peu tard car tous leurs dirigeants ont pantouflé depuis des années avec la social-démocratie et sont quand même un peu responsables de la confusion actuelle.
En 1789, beaucoup de français soutenaient la noblesse qui leur fournissait des postes et de l’emploi. Logique… comme aujourd’hui, ils considéraient que c’était l’employeur qui créait les richesses. Tant qu’ils ne se seront pas émancipé du joug patronal et n’auront pas compris que c’est eux, uniquement eux qui produisent les richesses la confusion subsistera… Malheureusement !

GREA CHARLES 4 novembre 2013 à 12 h 44 min

l’erreur du gouvernement est… pour ce cas comme d’autres ….de ne pas suffisemment expliquer avant d’appliquer….pourquoi la dette…par qui la dette…influence des intérêts de la dette…?…dès l’instant où la taxe avait ètè crée par la droite…il fallait la remettre en discution…avant de l’appliquer…

gazeau 4 novembre 2013 à 15 h 16 min

chers camarades,
le mouvement « breton » est confus,voire de d’extrême droite dans son essence.Il est facile de lancer des casses,sans avoir de projet ou de contre projet à la politique du gouvernement.Je note que seuls les élus UMP ne ce sont pas fait « sortir » des  » bonnets armor lux ».Quand les mécontents de sang bretons daigneront se sentir français comme les autres région sinistrée par la recession alors j’écouterais ce que pour l’instant ils n’ont eu le courage de dire.

Moreau 4 novembre 2013 à 17 h 38 min

Faire payer la dégradation des routes par des véhicules très lourds, va dans le sens de progresser vers la justice fiscale nous nous sommes encore loin car la fiscalité des particulier subit le coût de ces dégradations de routes ; et je pense qu’il devrait en être de même pour ces énormes tracteurs qui en sortant des champs recouvrent de terre les routes sur au moins un kilomètre et ces grosses mottes de terre laissées sur la chaussée, provoquent, tout le monde roulant dessus, d’importantes détériorations et les routes doivent être réparées chaque année. Et les routes sont toujours des routes réparées ainsi, jamais des routes en très bon état.

ARRAS 4 novembre 2013 à 18 h 44 min

l’écotaxe n’est pas une solution durable pour pallier au déficit et a la dépense publique .Elle enfonce les travailleurs des régions agro-pastorales particulièrement ou le quotidien devient de plus en plus difficile avec le pouvoir d’achat en baisse et une croissance moribonde… et touchés par l’insuffisance d’emplois face à une compétitivité mondiale redoutable extra européenne (asiatique particulièrement.) maintenant manifeste dans le secteur agro-alimentaire ainsi donc fragilise encore plus la Bretagne de tradition agricole.

Bernard Deleu 4 novembre 2013 à 19 h 17 min

L’emploi ne cesse de disparaître, il est temps de penser autrement le partage du travail.
En référence à l’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, une initiative citoyenne européenne propose à la commission européenne de mandater une étude sur l’idée d’un REVENU DE BASE inconditionnel et universel qui libérerait chacun de la peur du lendemain,de la culpabilité et permettrait de développer des initiatives personnelles.
Voir le site revenudebase.info
et le site de votation citoyenne: basicincome2013.eu
Pour le 14 janvier, un million de signatures sont nécessaires. Aujourd’hui, 22 pays européens sont engagés sur ce projet.

Michel Berdagué 5 novembre 2013 à 9 h 29 min

Sûr ,qu’ il est grand temps de reconsidérer que ces 35 h qui déjà à l’ époque votées étaient complètement dépassées. Si bien que nous avions calculé au sein de la C.G.T. avec les Comités de privés d’ emploi qu’ il faudrait 15 à 20 h pour que le chômage soit nettement en baisse. Nous n’avons pas le pouvoir et nous pouvons toujours dire qu' » il faut » , oui en effet il faut diminuer fortement le temps de travail et augmenter les salaires de façon significative pour vivre et respirer MAIS encore faut-il que la population , le Prolétariat en sera convaincu . Il ne peut l’ être que si ,il adhère , porte, milite pour un Fonds national de sécurisation de l’ emploi et de la formation , avec des Fonds régionaux Publics comme base du Pôle financier Public avec les pouvoirs du salariat , de la citoyenneté et des élus ,élues.
cf le gros travail d’ Yves Dimicoli dans sa contribution pour le débat prochain à Fabien de la réunion de travail du 8 novembre sur la campagne nationale  » le coût du capital « . Immensément prédateur et ultra coutant et en plus issu de la force du travail , ce coût est gigantesque, il nous  » suffit’ donc à convaincre….

VINCENT Jacqueline 6 novembre 2013 à 23 h 29 min

OUI AU DROIT DE VIVRE SANS PEUR DU LENDEMAIN

20HEURES DE TRAVAIL PAR SEMAINE EN AUTOGESTION

GRATUITE DES BIENS DE BASE

MERCI DE L’INITIATIVE

VINCENT Jacqueline 6 novembre 2013 à 23 h 31 min

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