Toujours un train de retard….

le 30 septembre 2020

L’éditorial de L’Humanité Dimanche du 1er octobre – par Patrick Le Hyaric.

L’appréciation de la plupart des spécialistes converge : à la fin du mois d’octobre, il y aura autant de malades en réanimation qu’au plus fort de l’épidémie au printemps dernier. Sur fond de polémiques et de dissensions entre le pouvoir et des collectivités locales, l’angoisse et le doute se répandent dans des pans importants de la société. Les files d’attente devant les centres de dépistage n’en finissent pas de s’allonger. Les standards des hôpitaux sont saturés. De fait, la situation est sérieuse et préoccupante à un moment où une partie importante du personnel soignant est épuisée.

Le risque d’une conjonction entre la pandémie et la grippe ajoute encore aux inquiétudes sur les capacités d’accueil et de soins des hôpitaux. Est-ce que la volonté de préserver à tout prix la saison touristique n’a pas accéléré la circulation vers les villes d’un virus trop peu connu ? Le Covid-19 a en effet cette redoutable particularité de pouvoir être transmis par des personnes qui le portent sans aucun symptôme. Pire, une personne porteuse devient le début d’une chaine de transmission, puisqu’elle en contamine trois autres. C’est la raison pour laquelle le corps médical plaide pour un dépistage rapide et systématique de la population, en commençant par les EHPAD, les hôpitaux et les services d’aides à domicile, tout en maintenant des protocoles sanitaires strictes.

Mais comme pour la pénurie de masques il y a huit mois, la France a pris un considérable retard dans la mise en place d’un dispositif efficace de dépistage permettant d’identifier rapidement les personnes contagieuses. Le délai pour obtenir les résultats des tests les rend peu efficaces. Des dizaines de milliers de tests attendent dans des frigos d’être analysés tandis que les personnes positives propagent l’épidémie sans le savoir. Il manque des machines, des réactifs. Et, quand ceux-ci existent, il manque du personnel. Il est de même incompréhensible que le gouvernement décide d’alléger les protocoles de protection dans les écoles au moment où progresse la pandémie. Et, les décisions de restriction sont prises sans décisions communes des élus locaux, des associations professionnelles et des syndicats.

Autrement dit, la santé n’est pas entre les mains des citoyens, mais bien entre celles d’un pouvoir qui fait de l’activité économique sa priorité alors qu’il faudrait rechercher les voies d’une combinaison entre sécurité sanitaire, vie sociale, culturelle et besoins de la production, tout en engageant une réflexion sur la nécessaire métamorphose de cette dernière.

Sans nier la difficulté du combat contre ce virus agressif, il faut bien admettre que la concentration du pouvoir entre quelques mains présidentielles, le refus de créer une instance nationale de dialogue avec les représentants du pays et les organisations syndicales, la subordination des décisions à un comité scientifique au lieu d’une grande instance médicale déclinée dans chaque département, empêche d’améliorer l’efficacité dans le combat actuel, tout en menaçant des malades atteints d’autres pathologies de ne pas être soignés.

Le désarmement de l’hôpital et du système de santé depuis plusieurs décennies au nom d’une prétendue lutte contre les déficits publics a affaibli les défenses immunitaires du pays, condamné aux pénuries perpétuelles avec, à chaque étape, un train de retard sur le virus. 69 000 suppressions de lits, des milliers de postes manquants se paient d’une lourde facture humaine qui pourrait demain être qualifiée de non- assistance à personne en danger. A tel point que la stratégie gouvernementale n’est plus fondée sur le nombre de malades mais sur les capacités de réanimation des hôpitaux. Raison de plus de ne pas continuer d’appliquer toutes ces politiques austéritaires qui provoquent insécurité sociale et insécurité sanitaire. Le débat sur une nouvelle logique tournant le dos au capitalisme devient urgent au nom même du devenir de notre civilisation.

4 commentaires


piednoir 4 octobre 2020 à 17 h 15 min

nous voudrions etre informé sut le vaxin de pasteur à lille

Delarue 5 octobre 2020 à 8 h 50 min

Bonjour,
Comment le parti communiste français peut-il tomber dans le panneau des fakes news gouvernementales. Ecoutez plutôt les vrais scientifiques, ceux qui ne sont pas liés aux
lobbies pharmaceutiques, Les Professeurs Toussain, Perronne, Raoult, et tous les autres, et vous verrez que cet épidémie est sur son déclin. Ces monstres du gouvernement entretiennent la peur en divulguant de fausses infos, ils cherchent a supprimer tous liens socios, a isoler la population, a la contenir pour empêcher les mouvements contre toutes les attaques aux droits du travail, a l’emploi, aux libertés. Vous apprendrez également toute la vérité sur ces fameux tests qui sont de faux positifs ou les résultats sont manipulés.

Delarue 5 octobre 2020 à 9 h 01 min

Voici la tribune incriminée et censurée par le JDD (Journal du Dimanche).
À l’origine de ce texte on trouve notamment le sociologue Laurent Mucchielli, les professeurs Jean-François Toussaint et Laurent Toubiana.
Il est urgent de changer de stratégie sanitaire face à la Covid-19

Avis au lecteur : Cette tribune devait initialement paraître dans le Journal du Dimanche (JDD) ce 27 septembre 2020. Acceptée le samedi matin par le journaliste en charge de la rubrique “Tribune/Opinions”, elle devait paraître intégralement sur le site Internet du journal et faire l’objet d’un article dans la version papier du lendemain. Le journaliste nous disait s’en féliciter car cela allait permettre un débat contradictoire avec d’autres opinions très alarmistes exprimées ce jour dans ce journal. A 16h, ce journaliste nous a pourtant prévenu que sa rédaction en chef interdisait la publication. Certitude de détenir soi-même la vérité ? Couardise ? Volonté de ne pas déplaire au gouvernement ? Nous ignorons les raisons de cette censure que personne n’a jugé utile (ou tout simplement courtois) de nous expliquer.

Dans cette tribune, plus de 200 scientifiques, universitaires et professionnels de santé critiquent la dérive de la politique sanitaire du gouvernement français. Ils estiment qu’elle conduit à des interprétations erronées des données statistiques et à des mesures disproportionnées. Et demandent que l’on évalue nos connaissances réelles pour définir démocratiquement une stratégie sanitaire.

Tandis que le gouvernement prépare une nouvelle loi (la quatrième en 6 mois !) prolongeant le « régime d’exception » qui a remplacé « l’état d’urgence » sanitaire, le ministère de la Santé a encore annoncé mercredi 23 septembre des mesures restrictives des libertés individuelles et collectives qu’il prétend fondées scientifiquement sur l’analyse de l’épidémie de coronavirus. Cette prétention est contestable. Nous pensons au contraire que la peur et l’aveuglement gouvernent la réflexion, qu’ils conduisent à des interprétations erronées des données statistiques et à des décisions administratives disproportionnées, souvent inutiles voire contre-productives.
Que savons-nous de cette épidémie et de son évolution ?

Le SARS-CoV-2 menace essentiellement les personnes dont le système immunitaire est fragilisé par le grand âge, la sédentarité, l’obésité, des comorbidités cardio-respiratoires et des maladies sous-jacentes de ces systèmes. Il en découle que la priorité sanitaire est de protéger ces personnes fragiles : le respect des gestes barrières et le lavage des mains en sont deux des clés.

Le SARS-CoV-2 circule dans le monde depuis environ un an. Il continuera à circuler, comme l’ensemble des autres virus qui vivent en nous et autour de nous, et auxquels nos organismes se sont progressivement adaptés. L’espoir de faire disparaître ce virus en réduisant à néant la vie sociale est une illusion. D’autres pays, en Asie comme en Europe, n’ont pas eu recours à ces pratiques médiévales et ne s’en sortent pas plus mal que nous.

Quant à l’évolution, l’idée d’une « deuxième vague » reproduisant le pic de mars-avril 2020 n’est pas un constat empirique. C’est une théorie catastrophiste issue de modélisations fondées sur des hypothèses non vérifiées, annoncée dès le mois de mars et ressortie des cartons à chaque étape de l’épidémie : en avril lors du soi-disant « relâchement » des Français, en mai avant le déconfinement, en juin pour la Fête de la musique, en été pour les « clusters » de Mayenne ou les matchs de foot, et à nouveau cet automne face à une augmentation des cas certes significative, mais lente et grevée d’incertitudes diagnostiques. Au final, cette prétendue « deuxième vague » est une aberration épidémiologique et l’on ne voit rien venir qui puisse être sérieusement comparé à ce que nous avons vécu au printemps dernier.
On ne compte plus les mêmes choses

Nous voyons enfin que, pour des raisons difficiles à cerner (panique, pression politique ou médiatique… ?), les autorités sanitaires françaises ne parviennent pas à stabiliser une communication honnête sur les chiffres de l’épidémie. Elles ont surtout abandonné l’indicateur fondamental, la mortalité, pour ne retenir que celui de la positivité de tests pourtant incapables de distinguer les sujets malades des personnes guéries. Cette politique du chiffre appliquée aux tests conduit à une nouvelle aberration consistant à s’étonner du fait qu’on trouve davantage aujourd’hui ce qu’on ne cherchait pas hier. Elle conduit par ailleurs à des classements des départements ou des régions en zones plus ou moins « dangereuses » à qui l’on donne de jolies couleurs qui cachent la fragilité et l’arbitraire du comptage : untel se retrouvera en « zone rouge » alors qu’il y a moins de dix patients en réanimation, un autre verra tous ses restaurants fermés sans que l’on ait la preuve que ce sont des lieux de contamination majeurs. Tout cela n’est guère cohérent.

Les autorités sanitaires ne s’interrogent pas non plus sur la surmortalité à venir des autres grandes causes de décès (cancers, maladies cardio-vasculaires) dont la prise en charge est délaissée, ni sur le fait qu’une partie des sujets classifiés parmi les personnes « décédées de la Covid » sont en réalité mortes en raison d’une autre pathologie mais classifiées Covid parce qu’elles étaient également porteuses du virus. Or des études récentes montrent que ce groupe pourrait constituer jusqu’à 30% des décès au Royaume Uni ces dernières semaines. Cette façon de compter de plus en plus comme « morts du Covid » des personnes en réalité atteintes avant tout d’autres maladies est probablement l’explication principale du fait que, comme cela est écrit en toutes lettres sur le site de l’INSEE : « depuis le 1ᵉʳ mai, on ne constate plus en France d’excédent de mortalité par rapport à 2019 ».

Il découle de tout ceci qu’il n’y a pas de sens à paralyser tout ou partie de la vie de la société en suivant des raisonnements qui sont parfois erronés dans leurs prémisses mêmes. Il est urgent d’arrêter l’escalade, d’accepter de remettre à plat nos connaissances scientifiques et médicales, pour redéfinir démocratiquement une stratégie sanitaire actuellement en pleine dérive autoritariste.

Source de l’article et liste des signataires :
Blog de Laurent Mucchielli : “Il est urgent de changer de stratégie sanitaire face à la Covid-19”

breteau jean claude breteau 5 octobre 2020 à 9 h 53 min

deux questions se posent : 1 après les mensonges sur le masque ,alors que tout le monde le porte ,la pandémie progresse ,quelle est la qualité de ceux ci ? Je me rappelle de l’arnaque des masques pour se protéger de l’amiante sans éfficacité ,,,quel crédit ont nos menteurs patentés 2.Peu fan des chinois ! personne semble vouloir comparer leur résultat et ceux de la France peu flat teur il est vrai pour nos criminels ayant cassé méticuleusement notre systéme de santé sous la houlette de Macron
jean claude breteau

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