Un cheval, une alouette

le 23 septembre 2014

valls_ok

Ayant sans doute senti le vent du boulet souffler, lors du vote par le Parlement sur sa déclaration de politique générale, le Premier ministre s’est évertué par la suite à bricoler une ou deux petites annonces pour les classes les plus défavorisées.

 

Avec seulement vingt voix d’avance, obtenues dans les conditions d’un chantage éhonté vis-à-vis de plusieurs députés socialistes, le Premier ministre n’a plus de majorité absolue, ni même de réelle majorité au Parlement. Il n’en a certainement plus dans le pays.

 

A force de servir les puissances d’argent, le peuple se détourne de l’actuel pouvoir et de sa politique droitière.

 

Revenons aux nouvelles propositions du gouvernement. La première était déjà annoncée en mars dernier : permettre au minimum vieillesse d’être porté à 800 € par mois, soit un progrès de 8 € de plus. Autrement dit, ils pourront se payer 7 baguettes de pain ou 8 litres de lait de plus dans l’année !

 

La seconde consiste à donner aussi une petite aumône de 40 euros aux retraités qui perçoivent moins de 1200 euros par mois. Outre l’extrême faiblesse de ce geste, il pose plusieurs problèmes. Il s’agit d’abord du bafouement d’une décision du Parlement qui avait décidé d’une augmentation des petites retraites. D’autre part, une prime n’est pas une augmentation régulière des retraites et constitue donc un coup de canif inquiétant au principe d’universalité de la protection sociale. Ajoutons que le gouvernement considère que, au-delà de 1200 €, le niveau des retraites est correct puisqu’il ne le revalorise pas. Cette décision est prise la semaine même où l’on apprend que nos concitoyens considèrent qu’il leur manque au moins 464 euros par mois pour vivre correctement.

 

Quant à la décision de supprimer la première tranche de l’impôt sur le revenu, elle mérite aussi un sérieux décryptage. Elle est destinée à remplacer la baisse de cotisations salariales sur les plus petits salaires, qui était prévue pour le 1er janvier 2015 et que le Conseil constitutionnel a retoquée. Le vice est déjà dans cette première disposition qui consiste à baisser la part des cotisations sociales aujourd’hui, alors que celles-ci servent à payer solidairement la protection sociale de demain. Cela revient à dire aux travailleurs qu’en apparence ils ont un cadeau qu’on leur retirera demain. Ceci cache évidemment le refus d’augmenter les petits salaires et le SMIC. Ajoutons que la diminution de la première tranche d’impôts sur le revenu cache derrière un épais paravent de silence, la hausse de deux taux de TVA depuis le 1er janvier dernier. Ces deux augmentations spolient les travailleurs, les chômeurs, les jeunes, les sans-revenus, de près de 7 milliards d’euros, transférés dans les caisses de l’Etat.

 

A cette somme, il faudrait ajouter la longue liste des ponctions comme la refiscalisation des heures supplémentaires, l’abaissement du plafond du quotient familial, l’augmentation des droits de mutation, la fiscalité mise en place sur les cotisations mutuelles. Ceci fait encore au bas mot 7 milliards d’euros prélevés sur les familles populaires.

 

L’ensemble des restrictions nouvelles sur les protections sociales, dont la diminution des retraites de base et complémentaires, les allocations logement, l’assurance chômage, représentent encore 10 milliards d’euros de manque à gagner pour les familles.

 

Ainsi, le gouvernement fait semblant de restituer entre 2 et 3 milliards et demi d’euros aux ménages les plus modestes, quand il les ponctionne de plus de 20 milliards d’euros. Autant d’argent qui est retiré des circuits de la consommation et qui aggrave encore la compression de l’économie et donc la crise. Cet argent ne sert pas à réduire les déficits comme cela se dit, puisque ceux-ci augmentent. Les entreprises recevront plus de 40 milliards d’euros au nom d’un pacte de solidarité qui ne sert en rien l’emploi puisque le chômage augmente, mais la rémunération des dividendes des actionnaires qui explose. C’est la politique du cheval pour le grand patronat, d’une petite alouette pour les familles populaires.

 

L’urgence d’actes nouveaux pour une vraie révolution de justice fiscale, une transformation du rôle des banques pour qu’elles octroient un crédit à taux quasi-nul pour l’investissement et l’emploi, la modernisation des services publics, est plus que jamais d’actualité.


20 commentaires


Huet Annie 23 septembre 2014 à 11 h 08 min

Excellent décrytage d’un bluf supplémentaire.

Christian Brochard 23 septembre 2014 à 15 h 21 min

Je suis d’accord avec le texte de Patrick sauf sur un point la refiscalisation des heures supplémentaires qui pour moi est une bonne chose car on peut pas continuer à favoriser les heures supplémentaires dans une période de chômage élevé. Augmentons plutôt le taux horaire et partageons le temps de travail.

Pierre 23 septembre 2014 à 11 h 21 min

D’accord avec Annie … et vous.

Pierre,

Alain André 23 septembre 2014 à 13 h 12 min

Pas mieux…continuez à nous engager de passer « aux actes »

RABOTOT Robert 23 septembre 2014 à 13 h 33 min

Un Président, un Premier Ministre et un Gouvernement qui n’ont plus de socialiste que le nom, les promesses pré-électorales ont fondues comme neige au soleil, la soumission au grand patronat et a la finance ne font
plus aucun doute; il est grand temps que le Peuple réagisse.

gilles 23 septembre 2014 à 13 h 35 min

salut oui le peuple se detourne de ce gouvernement..pâs de quoi se rejouir …il se rapproche surtout du fn …!

Burghgrave 23 septembre 2014 à 14 h 19 min

Tristesse d’une mauvaise pièce tronquée et jouée par des acteurs en échec de représentation légitime. Les spectateurs font les frais d’avoir été farcés abusés. Il n’y a plus rien de socialiste dans la politique et le programme de ce gouvernement Hollande .

cheymol 23 septembre 2014 à 16 h 13 min

il est possible que valls puisse apparaitre comme le nouvel hollande pour 2017…

mais en ce qui concerne l,actuel locataire de l,elysee, on est loin du compte

une insurrection citoyenne est tout a fait necessaire

novelli robert 23 septembre 2014 à 16 h 22 min

mon cher camarade Patrick il n y a pas grand chose a dire sauf que je suis d accord avec le
camarade gille qui dit qu’ils se rapproche du FN
oui mai nous avons malgré tout favorise car ils nous ont une foi de plus blouser avec leur soit disant programme de gauche AUSSI JE NE VEUX PLUS ETRE DE GAUCHE JE SUIS COMMUNISTE ET FIER DE NOTRE PASSEDE TOUT NOS CAMARADES QUI ONT LAISSER LEURS VIES POUR UN AVENIR MEILLEUR

pellizzoni 24 septembre 2014 à 8 h 29 min

Je suis d’accord avec Robert il faut u rapprochement des communistes pour évoluer et entrevoir des solutions pour un avenir meilleur, mais que chacun y mette du sien sans à priori avec des idées différentes, mais un vrai dialogue constructif, pour apporter des idées nouvelles

Le.ché 23 septembre 2014 à 16 h 25 min

Ces gens là n’ont jamais été socialistes, ils mènent une politique plus droitière que Sarkozy, ils ne se rendent même pas compte qu’ils sont en train de favoriser l’arrivée de Marine Lepen au pouvoir, ce sont des nuls.

JP94 23 septembre 2014 à 17 h 07 min

L’arbre de la mesurette mise en avant pour mieux cacher la forêt des cadeaux de notre PIB ( donc la richesse produite par les travailleurs , pas les actionnaires ) au Patronat .

Par contre , je ne suis pas d’accord avec « le Che » sur un point : le PS sait parfaitement qu’il alimente le vote FN et il le sait depuis longtemps .
Mais ça l’arrange , car le vote le FN lui sert de caution . Ce qui le dérange c’est le vote à sa gauche, lequel correspond à un électorat qui n’est pas dupe de sa politique et qui sait à qui elle profite .

On voit bien que la montée du FN n’altère en rien la politique d’austérité .

La censure dont est victime le PCF dans les médias , et dont sont victimes ne serait-ce que des idées alternatives réelles confirme de choix de tous les gouvernements de l’UE : « plutôt les néo-fachos que le pouvoir des Egaux ».

Michel Berdagué 23 septembre 2014 à 17 h 41 min

Oh oui avec Babeuf , Marx , Engels Lénine et beaucoup de notre héritage Nous avons le Droit et le Devoir de créer une Radio et une Télé de débats contradictoires avec les Invisibles et sans voix enfin reconnus et offrant un projet réalisable, mais bousculant et dépassant ce capitalisme très représenté et s’ étalant en proprio dans les médias et politiques de la seule voix de leur maître ; les sans voix comme les sans dents , les pauvres pourront enfin se parler et s’ unir .

alain harrison 24 septembre 2014 à 0 h 07 min

Bonjour.

Vous citoyens PALLEZ* des solutions et des initiatives citoyennes.
Construisez les politiques.
Liez la gauche aux solutions, aux initiatives citoyennes et aux politiques des citoyens français.*
Que tout ceci soit dans une stratégie de politiques à mettre en place par la gauche au pouvoir.
Mais d’abord que tout ceci se retrouve dans le discours de la gauche.

Nul n’est prophète dans son pays.
Cela veut-il dire que le politique reste résolument sourd à son Peuple.
Et qu’il n’écoute que les échos lointains des calandres grecs.
Que, même la gauche se campera dans le flou des idéaux, pour ne pas dire des idéologies qui, depuis le temps, ont escamoté les réalités vécues !?!?!?!?!?

Le questionnement urge.

L’europe s’engage, avec la monté des fascites, les conflits entourant les arrivants-immigrants, la main mise de la finance sur les politiques et le mensonge du politique (changer de garde politique), vers la déshumanisation !?!?

Le questionnement rend alerte.

Lisez l’article « historique » suivant pour faire le point sur la situation actuelle et la mise à mort des traités impérialistes du privé.

Crimes contre l’humanité : L’ultime retour des barbares
Par Fethi Gharbi
Mondialisation.ca, 06 août 2014

«« Ainsi voit-on se développer à travers toute l’Europe un discours de l’exclusion à l’encontre des immigrés issus des « anciennes » colonies en les rendant responsables de tous les maux d’une société en crise. Le paradoxe est qu’on n’hésite pas à taxer certains groupes ethniques de communautarisme alors qu’on use de tous les moyens pour les empêcher de s’intégrer. Les émeutes d’octobre 2005 illustrent l’impasse dans laquelle se trou ve empêtré le système politique français qui n’arrête pas de bafouer les valeurs républicaines tout en prétendant les défendre.

«« En effet, le volk anglo-saxon, dans le cadre de son projet euro-atlantique compte aplanir l’espace allant de l’Europe du nord aux confins de l’Oural. La mondialisation néolibérale a bien besoin d’un espace vital à la hauteur de sa démesure. Tous les volk qui font obstacle seront systématiquement réduits. »»

Le document de JPMorgan (incriminant): réclame des états autoritaires.

La gauche se trouvera dans les solutions universelles et fondamentales.

Le questionnement.

Quels sont les enjeux fondamentaux.

La finance est en train de finaliser l’accaparement.
Et c’est le politique qui a le pouvoir….

* Mais si l’omerta est maintenu…

alain harrison 24 septembre 2014 à 0 h 25 min

L’ omerta, l’Italie sous le gouvernement:

«« En janvier 1994, la DC, épuisée par__ l’opération Mains propres__, laminée aux élections municipales partielles de novembre 1993, se disperse entre le Parti populaire italien (PPI), successeur officiel de la Démocratie chrétienne, emmené par Mino Martinazzoli, et le Centre chrétien-démocrate (CCD), issu de l’aile droite du parti et conduit par Pier Ferdinando Casini.»»
Wikipedia.

On peut dire que durant la deuxième moitié du siècle dernier le crime organisé a gagné un grand frère; la finance (les fonds vautours, les paradis fiscaux,….rien n’a été fait*). Mais qui sont derrières l’existance de ces hydres ?

Nous avons des indices, les dommages collatéraux.
Une métaphore peut être très éclairante parfois:

On juge un arbre à ses fruits.

* Le politique a tout pouvoir, encore.

Béziat Aline 24 septembre 2014 à 7 h 19 min

Bonjour à tous,

Entre socialistes et communistes de part le monde, la différence a toujours été entre réformisme et socialisme, entre adaptation à la réalité et contestation radicale. La différence est à la fois de taille, mais n’est pas insurmontable. En France Jaurès n’est pas si loin. Si le PS en France a pu dépasser électoralement le PCF c’est que la Démocratie libérale à fait son œuvre. Elle a fait barrage aux communistes, les laissant baigner dans le jus de leurs contestations. Mais le communisme est toujours prégnant dans l’inconscient collectif en France. La radicalité et la contestation ne peuvent s’éteindre que s’il y a construction d’une Démocratie Communiste pour construire une politique communiste qui produira la socialisation de la société.
La Démocratie libérale légitime le capitalisme. La Démocratie Libérale ne peut construire qu’une politique libérale. En France le PS aux commandes ne peut produire qu’une politique libérale. La Démocratie si elle devient Communiste, elle pourra construire du socialisme à la française.
Le Parti Communiste en France n’a pas compris qu’il lui fallait faire évoluer sa Démocratie interne la rendant véritablement Communiste et qu’elle puisse ainsi émerger dans toute la société. Il lui suffit pour cela donner le pouvoir à ses adhérents de Désigner par Reconnaissance et à bulletin secret (l’intime conviction personnelle est nécessaire), ses responsables et ses Dirigeants.
Sans Démocratie Communiste la socialisation de la société ne peut pas se faire. C’est une politique communiste qui produira du socialisme. Une politique communiste ne peut se bâtir sans le concours et le pouvoir du peuple, et la nécessaire politisation de chaque prolétaire (paysans, salariés, cadres, retraités,chômeurs) qui le souhaite, non seulement pour et dans la citoyenneté, mais dans tous ses actes sociaux et économiques qu’il produit. Un prolétaire/citoyen une voix, mais partout. Cette voix, c’est le pouvoir de Désigner par Reconnaissance chaque responsable, chaque dirigeant, chaque élu, étape par étape, étage par étage. Cette politisation et cet apprentissage ne peut s’agréger et se consolider que si chacun à sa part de pouvoir. C’est en forgeant que l’on devient forgeron.
Au fond ce qui divise socialistes et communistes, c’est le manque d’une Démocratie Communiste pour qu’ils puissent construire du socialisme et socialiser ainsi la société, la rendre plus humaine.

Dwaabala 24 septembre 2014 à 12 h 50 min

Excellent billet. Je fais suivre et en envoie copie à ma députée socialiste dont je viens de recevoir le bulletin Assemblée nationale, et qui chante les louanges de Hollande, Valls.

breteau jean claude 24 septembre 2014 à 14 h 40 min

« Ma » députée « socialiste »a voté la confiance a Valls <par loyauté …< Elle n'oublie QUE ses électeurs -trices .Ainsi j'ai un robot comme députée ,voilà le résultat de la concomitance des élections ^présidentielle et législatives réduisant la démocratie grace à une embrouille électorale concoctée par Jospin .Combien sont ils sur les bancs de l'A N à n'étre que des marionnettes ,obéissant aux ordres .Pour ceux et celles disposant d'un cerveau ,la menace ,le chantage de la part du capo met à genoux les " récalcitrants".Quelle image de la démocratie et la haine qui lui est portée .Vite la 6° République

DOMART Jean-Marc 25 septembre 2014 à 17 h 46 min

Pour moi, la Gauche est un contenu, non une étiquette donnée par les médias dans le but de discréditer la démocratie. La démocratie dans l’économie, le social et le politique, où le peuple a voix au chapitre dans tous les domaines. C’est cela dont ont une peur bleue ceux qui subventionnent les médias, qui docilement, tronquent, dénigrent et censurent de manière systématique ce que dit notre presse. Et pendant qu’ils payent de luxueuses publicités auxdits médias, ils licencient, délocalisent, empochent l’argent du contribuable pour le donner aux actionnaires etle placer dans les paradis fiscaux avec le consentement gouvernemental. Vivement une VIème République avec un contenu démocratique!

Béziat Aline 26 septembre 2014 à 8 h 00 min

La VIème République se concrétisera si la Démocratie Communiste voit le jour. Elle va dépasser la Démocratie Libérale qui légitime le Capitalisme. Mais Pour que la Démocratie Communiste voit le jour, il faut que les Dirigeants Communistes soient convaincus que c’est par la Désignation par Reconnaissance à savoir désigner dirigeants et élus par le bas, par le prolétaire (paysan, salarié, chômeur, retraité) le citoyen, l’adhérent. Pour l’instant le Parti Communiste n’en parle pas, mais il tourne autour. voir le thème de la Démocratie dans l’Huma du 25 septembre. Il nous faut construire également et sur cette base démocratique un Rassemblement Progressiste dépassant le cadre de la Gauche. Il nous faut reconstruire un militantisme de masse avec un PCF qui utilise lui aussi la Démocratie Communiste pour construire une politique Communiste qu’il propose au Rassemblement Progressiste ouvert à tous ceux qui refusent le capitalisme pour qu’ils puissent participer politiquement à la socialisation de la société. Refuser de Parler de Démocratie Communiste, c’est ne pas faire état de l’universalité du communisme. Pour qu’il s’étoffe qu’il s’élargisse il lui faut sa Démocratie.

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