Un budget national pour qui exactement ?

le 4 octobre 2011

Le très patronal journal « Les Échos » faisait ce gros titre en première page, mercredi 28 septembre : « Valérie Pécresse : un budget pour convaincre les marchés ». Diantre ! On croyait jusque là que les pouvoirs faisaient au moins semblant de gérer le pays peu ou prou pour l’intérêt général ! Mais quel élan de sincérité pour le journal au service de ces mêmes marchés financiers !

Et de fait, dans un entretien accordé à ce quotidien, la ministre du budget se vante du budget d’austérité gouvernemental. Austérité pour les citoyens. Pas pour les riches. Sous couvert de réduction de la dette, c’est bien la guerre déclarée aux investissements sociaux. Qu’on se le dise ! « Ajouté aux efforts de maîtrise sur les dépenses de retraite et d’assurance-maladie, cela conduit à une baisse de la part des dépenses publiques dans le PIB de 56,6% en 2010 […] puis à 55,8% en 2012 » précise Madame la ministre. Puis, affûtant son argumentaire, elle dit ceci : « Le plan du 24 août complète notre stratégie menée avec opiniâtreté depuis 2007 d’économies sur les dépenses : suppression de 150 000 postes de fonctionnaires en cinq ans, 11 milliards d’économies en matière d’assurance-maladie depuis 2008, réduction d’un tiers du déficit des hôpitaux, gel des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales, baisse de 10% des dépenses d’intervention et de fonctionnement des ministères sur trois ans ». Voilà qui est d’une limpide clarté. Sous couvert de la lutte contre la dette et les déficits, c’est aux dépenses publiques et sociales que s’attaque le pouvoir sarkozyste depuis bientôt cinq ans. Voilà pourquoi on ferme notre école, notre maternité, notre tribunal, notre gendarmerie.

Se vanter d’avoir supprimé 150 000 postes d’agents publics en cinq ans revient exactement à dire que, dans la République de Sarkoland, on doit accepter d’être moins bien soigné, moins bien transporté, être moins en sécurité et surtout être moins bien éduqué. Car contrairement aux serreurs de vis des porte-monnaie des petites gens, il faudrait considérer l’école non pas comme un coût à supporter, mais comme un investissement pour l’avenir.  Des responsables d’Etat qui se vantent de réduire les crédits pour l’école, et de supprimer des classes et des postes d’enseignants sont des sabreurs d’avenir pour le pays. Et le pouvoir veut aller encore plus loin puisqu’il veut réduire, sans doute après les élections législatives et présidentielles si par malheur il était réélu, les crédits pour la sécurité sociale et les collectivités locales. Et le premier ministre a récemment déclaré qu’il envisageait de porter l’âge de la retraite à 67 ans.

Il y  a dans ce budget une disposition déjà votée qui est parfaitement scandaleuse et contre laquelle il faut se lever avec encore plus d’énergie : il s’agit de la taxe sur les complémentaires santé, qui va passer de 3,5 à 7%. Il s’agit d’un nouvel impôt santé après bien d’autres, comme le forfait hospitalier, la CSG, le déremboursement de plus en plus de médicaments indispensables. Alors que le taux de remboursement des soins par la sécurité sociale a été considérablement réduit, le pouvoir va pénaliser celles et ceux qui pouvaient mieux se couvrir grâce aux mutuelles. C’est une ponction de plus d’un milliard sur les assurés sociaux et les mutualistes qui est engagée, alors qu’un cadeau fiscal de deux milliards d’euros vient d’être fait aux plus fortunés avec la diminution de l’impôt sur les grandes fortunes.

Voilà qui illustre le caractère de classe et de caste de ce pouvoir ultra-droitier. Les grands électeurs ruraux, par delà leur opinion, l’ont rejeté à l’occasion des élections sénatoriales. Il faudra que le peuple dans sa majorité le fasse lors des prochaines élections législatives et présidentielles dans quelques mois. Sans attendre, la mobilisation doit se développer, notamment pour faire annuler cette taxe sur les mutuelles.

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Canelle 4 octobre 2011 à 16 h 14 min

Sénateurs, Sénat, indemnités et privilèges :
http://www.dailymotion.com/video/xle29s_senateurs-senat-indemnites-et-privileges_news

Les frais de mandat des élus français : un scandale pour les Suédois
http://www.youtube.com/user/ObservatoireSubventi

Quant aux remboursements de la Sécurité Sociale et des mutuelles, j’accuse les médecins de conflits d’intérêts avec les grandes firmes, et j’accuse les divers gouvernements de couvrir les scandales sanitaires ; celui du Médiator fait grand bruit, mais celui de l’AGREAL est passé sous silence ; rares ont été les interviews ; voici la mienne :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/AGREAL/video/x8kxip_agreal-de-sanofi_news
Des femmes sont mortes, se sont suicidées en raison de l’immense souffrance engendrée par ce produit ; j’en connais une qui a sauté du 3ème étage de l’hôpital où elle avait été emmenée par son mari ; une de mes amies s’est retrouvée avec 2 électrodes dans le cerveau à cause de ce produit.
En Espagne, le laboratoire SANOFI et ses avocats ont appelé les femmes victimes « les folles d’Agréal » ! En France, des médecins ont supprimé les prescriptions du dossier de santé, des neurologues ont reconnu que la iatrogénie était la cause d’Agréal, mais on refusé de le noter sur le certificat médical.
Les procès continuent en Espagne, et pour une vie foutue, les indemnités sont déplorables. En France, une partie des dossiers est au tribunal…….mais c’est le silence, toute la famille Sarkozy ayant des conflits d’intérêts avec le laboratoire SANOFI !

Il n’y a eu aucun mort sous le Vioxx en France….le corps médical reste muet et s’engraisse sur le dos de la population. Ceci, que ce soit la droite ou la gauche, même problème !

Colvert-Spartakoid 5 octobre 2011 à 8 h 56 min

En 3 mots qui claquent : Sarko-Raouss- schnell…

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