Tous égaux face à l’épidémie ? Mon œil !

le 1 avril 2020

AFP PHOTO / Philippe LOPEZ

Ce n’est pas vrai. Selon que vous soyez « premier de cordée » ou prolétaire, vous n’êtes pas égaux face à ce foutu virus.

Il y a celles et ceux qui ont pu quitter à grandes enjambées les beaux quartiers de Paris et des grandes villes et doivent parait-il planquer leur voiture immatriculée 75 derrière leur belles villas avec vue sur la mer, la montagne et la campagne verdoyante. Et, il y a celles et ceux qui restent assignés à résidence dans leur cité. Les premiers ont délaissé leurs beaux logements spacieux, lumineux, tout propres quand les seconds d’Aubervilliers ou de Saint Denis s’entassent dans de petits logements, parfois insalubres, dont la fenêtre donne sur le bâtiment d’en face ou sur la froideur d’un parking vide ou encore sur le désert d’une friche où hier s’élevait une usine textile ou métallurgique, celles qui auraient pu, aujourd’hui, servir à produire des masques ou des respirateurs artificiels. Ces « invisibles » d’hier sont ceux qui sont au front. Vous savez ces gens  » qui ne sont rien »  sorti de la bouche pleine de morgue du monarque.Ils sont personnels soignants, salariés du public qui entretiennent les écoles, assurent la sécurité, les transports, le nettoyage, les services communaux, la poste,….Ils nettoient et approvisionnent les villes jour et nuit, soignent  au risque d’être contaminés parce qu’un état n’a prévu ni masques de protection, ni suffisamment de gel désinfectant, ni vêtements adaptés, ni tests de détection. L’ état qu’il est censé diriger ,  a été jusqu’à leur dire que masques et tests ne servaient à rien, puis les a forcés à rester chez eux tout en les appelant à aller   voter puis rejoindre les paysans dans leurs champs ! Leurs enfants, confinés dans d’étroits appartements, n’ont bien souvent pas accès à la fameuse « continuité pédagogique », faute d’ordinateurs. Un million d’enfants n’ont plus de contact avec l’école.

S’ils veulent prendre l’air (ce qui est très déconseillé), alors les foudres d’un pouvoir leur tombent dessus avec ces fameuses autorisations à remplir dix fois par jour pour descendre sur le trottoir ou aller au supermarché sinon c’est le PV assuré. Ainsi les populations les plus pauvres de Seine Saint-Denis sont au moins 10% verbalisées plus souvent qu’ailleurs. Ce ne sont pas les mesures administratives qui nous sortiront d’affaire : ce sont la prévention, les moyens, le dialogue, l’explication et toujours l’explication.

Les maires  sont les maillons indispensables du lien social et des solidarités. Ou, ceux que les libéraux ont tant méprisés, à cause parait-il d’un fameux millefeuille, non, pas celui de la pâtisserie mais le fameux millefeuille territorial qui coûterait trop cher. Tout coûte trop cher au royaume de la droite macroniste sauf peut être la mort. Ces morts qu’on pourrait éviter et qui menacent plus qu’ailleurs en Seine-Saint-Denis tant est grande l’inégalité face au risque de contamination. Alors qu’à Paris, on compte 77 lits pour 100 000 habitants, ils ne sont que 42 dans ce département déshérité où il y a peu est venu se pavaner le Premier ministre avec une besace pleine de … beaux discours. Sa population est pourtant celle qui aujourd’hui est en première ligne et prend le plus de risques. Nos larmes ne sècheront pas si vite après l’annonce de tous ces décès d’anonymes, de médecins, de patrons d’unités de soins, d’infirmières, de soignants, d’élus qui tous avaient l’autre, les autres  au cœur. Tous victimes, certes d’une pandémie mais d’autant plus meurtrière qu’elle trouve un système de santé rongé par des années d’austérité d’une politique inspirée par les froids critères comptables imposés de Bruxelles. En considérant l’hôpital public comme une entreprise comme les autres, ont lui a ôté ses défenses immunitaires. Alors que le nombre de malades ne cesse de grandir, plus aucun hôpital de Seine-Saint-Denis ne peut en accueillir de nouveaux. Ils sont transportés vers Nantes ou ailleurs tandis que l’hôpital Jean Verdier de Bondy dépérit !

Oui la banlieue, et tout le prolétariat urbain porte plainte. Justice doit passer et advenir.  Un ministre des caisses publiques a parlé hier d’une cagnotte solidaire, visant à faire payer aux pauvres leur solidarité. Et, son voisin de palier à Bercy a timidement dit aux actionnaires de se modérer sur les dividendes en attendant que les sans tests, les sans masques, les sans blouses continue d’aller dans les Ehpad et les unités de soins, quand leur police est chargé de fouiller les caddies pour détecter ce qui ne serait pas de « première nécessité » Une idée pour leur réflexion. Que l’on institue vite un impôt spécial sur les grandes fortunes, sur les sociétés et les banques cotées en bourse, sur les compagnies d’assurance et sur tous ceux qui cachent leur fortune dans les paradis fiscaux. Il pourrait s’appeler « coronacapital » Non ?  Il faudra non seulement rendre justice à celles et ceux qui sont aujourd’hui au front mais leur rendre le pouvoir. C’est ce qui s’est fait à la Libération. Au grand bénéfice de toutes et de tous. De l’intérêt général.

3 commentaires


Moreau 1 avril 2020 à 22 h 20 min

N’aurait-il pas été judicieux de concevoir des consultations médicales et d’éventuels soins possibles à domicile ?

Ragon 2 avril 2020 à 8 h 09 min

L’humanité est une priorité

PEILLET Georgette 6 avril 2020 à 22 h 51 min

Je comprend d’autant plus que j’ai vécu la Libération et toutes les restrictions de la guerre avec le manque de nourriture. La guerre m’a volé mon père mort en déportation. La dureté de la vie, je connais .

Laisser un commentaire

Commentaire

Nom *

Les champs marqués * sont obligatoires

Email *

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Restez en contact

Inscrivez-vous à la newsletter