Rupture d’égalité.

le 24 avril 2020

© MARTIN BUREAU / AFP

La vérité éclate au grand jour : aucune des conséquences d’une sortie du confinement au 11 mai n’a été mesurée. Des millions de familles, de travailleurs restent, près de deux semaines après l’annonce présidentielle et à autant de semaines de la date fatidique, dans le flou le plus total, ne sachant ni comment, ni précisément quand, ni dans quelles conditions, notamment d’apprentissage, leurs enfants pourront retourner à l’école. Et la communication gouvernementale n’aide pas à y voir plus claire entre couacs et revirements persistants : par degrés scolaires, par régions, en fonction d’un cadre local ou d’un cadre national, la confusion est au sommet… de l’Etat.

Et certains espèrent ressusciter une -fort mal à propos- controverse entre jacobins et girondins quand il s’agit seulement de faire face aux invraisemblables incompétences d’un pouvoir toujours incapable de dire quand et comment les français pourront se doter de masques, ni quelle sera la politique de tests, quand il seront disponibles et pour qui, et encore moins la stratégie globale conduite par l’Etat qui oscille entre immunité collective et poursuite d’un confinement qui l’empêchera…. Bien évidemment, les élus locaux doivent pouvoir engager pratiquement les forces disponibles pour rouvrir les écoles, mais en appui d’un cadrage national et avec un soutien logistique de l’Etat qui se fait terriblement attendre.

Pour remédier à ses coupables imprévoyances, le gouvernement a sorti sa botte secrète : le volontariat. Formule magique qui jette un voile opaque sur ses conditions objectives. Au moment où les autorités publiques redoutent des émeutes de la faim dans certains territoires et alors que le confinement commence à ébranler sérieusement les milieux populaires, s‘en remettre au volontariat n’a que peu de sens. On n’est pas volontaire de la même manière selon que l’on soit « puissant ou misérable », sommé de travailler en vivant à l’euro près, ou télé-travaillant confortablement depuis une résidence secondaire…

L’Etat garant de l’égalité des citoyens et de leur protection s’efface donc au profit du bon vouloir des uns et des autres. Qui plus est sur un enjeu qui figure au socle du contrat social et républicain : l’école. Quelles traces laissera cette rentrée discriminatoire  sur l’universalité de l’enseignement, déjà bien abimée. On voit aujourd’hui mal comment l’Etat pourrait garantir la suivi pédagogique des millions d‘enfants qui resteront confinés. Les retards accumulés dans la gestion de la crise se paient décidément très chers…

3 commentaires


georgette PEILLET 27 avril 2020 à 17 h 30 min

cette incompétence de l’Etat devrait faire réfléchir tout ceux qui ne votent pas (parce-que ça ne sert à rien) ils font les frais tout comme ceux qui votent :Et pendant le confinement, c’est encore pire parce-que personne ne communique . Mais comment leur faire comprendre ??????

PELOZUELO 28 avril 2020 à 13 h 25 min

Merci pour vos articles qui nous éclairent !

Montelle, Edith 1 mai 2020 à 14 h 45 min

Bonjour,
Dans plusieurs pays touchés par le Covid 19, la rentrée scolaire est reportée au mois de septembre. Cela est sage ! Reprendre le 11 mai, quand on sait que mai et juin sont des mois à trous pour l’école : Ascension, Pentecôte et autres petits congés, plus démotivation des enfants, est un non-sens.
Quant aux conditions imposées aux enseignants de Maternelles, elles sont insensées.
S’il faut que les enfants reprennent l’école pour libérer les parents, pourquoi vouloir les noter, alors qu’une inégalité sociale flagrante s’est mise en place depuis deux mois ? Payons des animateurs (conteurs, chanteurs, musiciens, peintres, acteurs…) pour les initier à l’art et à la belle langue. Et à la rentrée scolaire, que les enseignants reprennent tous les savoirs à zéro.
Pourvu qu’une solution convenable soit trouvée par nos élus, qui ne condamne aucun de nos enfants à la régression.

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