Retraites : les rapaces sont pressés

le 8 décembre 2019

Après les manifestations de jeudi, une prochaine étape est prévue le 11 décembre, à Saint-Denis, pour le meeting unitaire initié par le PCF. Nicolas Tavernier/Rea

Les uns après les autres, les ministres défilent devant micros et caméras largement ouverts, répétant que «  cette réforme des retraites se fera », et insistant : « nous sommes déterminés ». Tout juste concèdent-ils depuis quelques heures qu’on peut discuter… des modalités d’application ! C’est à dire de la puissance et de la durée du feu qui brûlera définitivement notre système de retraite solidaire par répartition. Pourquoi cet entêtement ? Tout simplement parce qu’ils ne servent pas l’intérêt général mais les intérêts particuliers des rapaces de la finance.

Ils le cachent. Mais les fonds financiers parlent pour eux. Ainsi une tribune du journal des milieux d’affaires « Les Echos » publiée le 3 septembre dernier portant que la contre-réforme des retraites affichait en titre : « Enfin des fonds de pension en France ». Et de poursuivre : « Par une heureuse concordance des textes législatifs, cette nouvelle liberté devrait intervenir dans un paysage rénové de l’épargne retraite facultative. La loi Pacte et ses textes d’application ont en effet quelque peu simplifié ces outils et renforcé leur attractivité. Tout est donc en place pour développer, en entreprise le plus sûrement, à titre individuel accessoirement, des mécanismes enfin significatifs d’épargne retraite supplémentaire ».

Voici que le site du fonds financier Nord-Américain « BlackRock » développe une communication montrant comment la combinaison de la loi Pacte et du projet de contre-réforme des retraites lui offre l’opportunité de gérer les retraites françaises. Plutôt de les privatiser en s’accaparant d’abord l’épargne française puis les sommes aujourd’hui dédiées au financement des retraites. « Black Rock » est un fond financier gérant 5000 milliards (soit deux fois le total de la valeur des richesses produites en France) d’actifs dans les assurances, fonds de pension et fonds souverains. Il dispose de parts dans de entreprises françaises comme Axa, Engie, Vivendi, Publicis, Michelin ou encore Thalès.

Larry Fink, le dirigeant de fonds vorace, a été reçu récemment dans plusieurs ministères en présence des collaborateurs du Président (Matignon, Travail, Economie, Transport) avant de s’asseoir à la table du Président pour un grand diner à L’Elysée. Il est très bien renseigné sur les objectifs de M. Macron. Tous ces ministres et le Président leur ont présenté durant toute une journée les opportunités offertes en France par la privatisation de plusieurs entreprises, et maintenant par la mise sur les rails de la retraite par capitalisation, en commençant par les cadres ayant un revenu annuel supérieur à 120 000 euros.

Les ministres peuvent, après cela, nous parler la main sur le cœur de « justice », « d’équité », « de sauver nos retraites par répartition », c’est le capital qu’ils servent. Et, le fameux débat sur de prétendus « régimes spéciaux » ne sert qu’à masquer ce fait. Qu’enfin soit ouvert le débat sur les 290 milliards de revenus financiers qui ne cotisent à rien, et nous pourrons commencer à les écouter !

Patrick Le Hyaric

Loi PACTE du 22 mai 2019 : Plan action pour la croissance et la transformation des entreprises

1 commentaire


jean paul delevoye qui touchent 10735 euros et touche 4retraites 9 décembre 2019 à 8 h 42 min

a bas les priviliges c est honteux !!!!!!! et on parle pas des armees a 40 ans on peut prendre sa retraite c est honteux et ces journalistes qui filtrent les informations parlez en ii

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