Restons mobilisés pour l’aide alimentaire européenne aux plus démunis

le 14 janvier 2013

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En juin 2011, la Commission européenne annonçait la réduction drastique du budget de l’aide alimentaire européenne (Pour en savoir plus, cliquez ici). Au mois d’octobre dernier, cette même Commission a proposé de maintenir cette aide… mais sous une nouvelle forme, avec un budget diminué. Ce nouveau fonds, le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD), serait doté de 2,5 milliards d’euros pour la période 2013/2020, au lieu des 500 millions d’euros annuels dont bénéficiait le programme précédent, soit une diminution d’un milliard d’euros, alors que la pauvreté explose à travers l’Europe.

La proposition de la Commission ferait dépendre ce fonds des politiques sociales européennes, avec un risque de confusion avec les actions en faveur de la lutte contre l’exclusion ou de l’insertion sociale par exemple. Basé sur le principe du co-financement (l’Etat et/ou les Collectivités territoriales doivent participer au financement des opérations)  il dépendrait surtout davantage des gouvernements nationaux qui, dans la période d’austérité budgétaire que nous connaissons, pourraient ne pas le considérer comme une priorité.

J’avais interpelé la Commission, lui posant cette question écrite :

La Commission européenne a proposé la création d’un « Fonds européen d’aide aux plus démunis » destiné à soutenir les mécanismes mis en place par les États membres pour fournir une aide alimentaire et matérielle en faveur des personnes les plus démunies ainsi qu’aux sans-abris et aux enfants souffrant de privation matérielle.

Le « Fonds européen d’aide aux plus démunis » pour la période 2014-2020 avec une dotation d’un peu plus de 350 millions par an viserait prétendument à remplacer le « Programme européen d’aide aux plus démunis » (PEAD) mais sous une autre forme et diminué, alors que la pauvreté augmente considérablement dans l’Union européenne.

Le PEAD est actuellement de 440 millions par an et assure une part importante du financement de certaines associations caritatives comme les Restos du cœur, la Croix-Rouge, le Secours populaire, le réseau des banques alimentaires. Doté d’une enveloppe annuelle de 500 millions d’euros, ce programme permet de servir des repas à 18 millions d’Européens dans 20 pays participants.

1. Comment la Commission compte-t-elle assurer les objectifs de l’UE de réduction de 20% de la pauvreté d’ici 2020 avec une dotation de 2,5 milliards sur 7 ans à répartir entre 27 ou 28 Etats membres ?

2. La Commission peut-elle clarifier les rôles respectifs et les objectifs du Fonds Européen d’Aide aux plus Démunis (FEAD) et du Fonds social européen (FSE) destiné, entre autre, à l’insertion sociale et la lutte contre l’exclusion ? Quelles sont les différences entres ces deux fonds et quels sont les financements de ces deux fonds ?

3. Comment la Commission prévoit-elle d’assurer le financement équitable des associations bénéficiaires ? Quels sont les critères de sélection pour les associations bénéficiaires ? Ce sera une compétence des Etats membres ou de l’Union européenne ?

Voici la réponse que je viens de recevoir, réponse donnée par M. Andor au nom de la Commission :

Le Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) n’a pas pour ambition de réduire à lui seul le nombre de citoyens européens confrontés à la pauvreté ou l’exclusion de 20 millions d’ici à 2020. Il devrait néanmoins y contribuer en soutenant les dispositifs nationaux.

 Pour ce faire, la Commission propose un instrument qui assure à la fois une grande prévisibilité des ressources et une grande flexibilité. En effet, le Fonds serait mis en œuvre à travers des programmes multi-annuels. Chaque pays serait donc en mesure d’adapter l’assistance en privilégiant une des formes d’assistance (nourriture ou biens de consommation de base pour les personnes sans abris ou les enfants en grande pauvreté) ou en les combinant, afin de répondre au mieux aux situations nationales.

Les personnes les plus démunies sont, souvent, trop éloignées du marché du travail pour pouvoir bénéficier des mesures d’activation éligibles pour une contribution du Fonds social européen [FSE]. Le nouveau Fonds viendrait donc compléter la panoplie des instruments de la politique de cohésion, en s’adressant à des populations qui en étaient jusqu’à présent exclues. Les montants alloués à chacun des fonds dépendent de l’accord final sur le futur cadre financier. D’après la proposition de la Commission et sur la base de la proposition d’assurer que le FSE représente au moins 25% de la politique de cohésion, le FSE représenterait au moins 81,5 milliards €  et 2,5 milliards € seraient alloués au FEAD.

Les programmes pluri-annuels soutenus par le Fonds européen d’aide aux plus démunis seraient mis en œuvre en gestion partagée. Il reviendra donc aux Etats membres de sélectionner les organisations partenaires, selon des critères et des procédures justes et transparents.

14/01/2013

Plusieurs associations humanitaires, dont le Secours Populaire Français, ont lancé une campagne de sensibilisation, cliquez sur l’image pour apporter votre soutien à cette cause…

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0 commentaires


volodia 15 janvier 2013 à 10 h 01 min

AUTONOMIE ET NON ASSISTANAT

J’avais déjà fait une réponse sur ce sujet……..Pourquoi réclamer une aide alimentaire à l’Europe, alors qu’elle a tout fait pour pousser au suicide des milliers de petits paysans non subventionnés par la PAC ?
Alors quand France nous avons de bonnes terres et des paysans qui ne souhaitent que de vivre de leurs productions.
La solution existe et se pratique aux Etats Unis : organiser un circuit court pour vendre les produits des paysans au prix de gros dans les structures d’aides exemple : secours populaire, restos du cœur, et autres. Oui nos paysans peuvent participer à l’alimentation des pauvres et sauver leur production, manque une volonté politique et de l’organisation.

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