Repousser les monstres. Refonder la politique !

le 9 décembre 2015

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Par Patrick Le Hyaric

L’alerte est sans appel et lourde de dangers ! La colère froide qui parcourt le pays, nourrie du chômage, de la précarité, de la mal vie, de l’insécurité du lendemain, du contexte dégradé où se côtoient les images d’horreur dans Paris ensanglanté et celles d’un monde disloqué, se manifeste pour une grande part par le silence le jour des votes et la dynamique d’une ombre brune qui s’étale comme des métastases sur l’ensemble du pays.

Ce phénomène se constate, avec plus ou moins de force, dans toute l’Europe. Il n’est plus seulement un vote de protestation. Il est le résultat d’un long processus de désenchantement démocratique, alimenté par le refus d’écouter les citoyens et la tentative d’installer un bipartisme pour poursuivre les mêmes gestions au service des puissances d’argent, par le glissement, sous l’impulsion de M. Sarkozy, de la droite vers la droite extrême, par l’abandon des gouvernants socialistes de l’objectif de « changer la vie » et « du combat pour l’égalité et la justice ».

Désormais, pour une part importante du pays, l’extrême-droite apparaît comme un recours. Pire, comme une alternative crédible au sein des institutions républicaines. Dans la féroce bataille idéologique, les points gagnés successivement par les idées de l’extrême-droite, ses permanences comme ses métamorphoses, doivent interroger nos insuffisances et les connivences entretenues avec elle par un spectre de plus en plus large du champ politique.

Ne passons pas par pertes et profits son instrumentalisation à des fins politiciennes pour conserver le pouvoir. Comme souvent, le monstre échappe à ses créateurs et se détache de ses chaînes pour cheminer en toute liberté ! Dans l’actuel climat, il peut monter un à un tous les barreaux de l’échelle jusqu’à l’élection présidentielle, pour pousser encore plus loin les haines et les divisions, la xénophobie, le racisme anti musulman et l’antisémitisme, les reculs sociaux et les privations de liberté, les attaques contre l’éducation et les droits des femmes, l’assèchement de la culture et le grippage économique. Il est urgent de cesser de se cacher les répliques d’un séisme entamé il y a 14 ans, le 21 avril 2002. Il est urgent de cesser de faire semblant le soir des élections d’entendre les cris de souffrances du peuple, pour les oublier le lendemain. Cette fois c’est sérieux. C’est très grave !

A l’esprit de la lutte et de la solidarité, n’est plus qu’opposé depuis longtemps la concurrence de tous contre tous, nourrissant les sectarismes, les ressentiments et les exclusions. On peut toujours dire que la colère est mauvaise conseillère. Le fait est là. A force de reprendre les idées et projets de l’extrême-droite, la droite sarkozyste et des fractions importantes de la gauche gouvernementale leur ont donné du crédit.

A force de tourner le dos à ce que la République a su construire de meilleur au bénéfice de chacun, d’avoir choisi de funestes et étroits débats autour de l’identité au lieu de promouvoir l’égalité, le terrain a été laissé aux forces les plus réactionnaires. A force de marteler le projet de « concurrence » comme facteur d’efficacité au lieu de la coopération entre les êtres humains, de théoriser une « guerre de civilisation » au lieu de porter le projet d’un monde commun et de dialogue, de bafouer la souveraineté populaire pour un « européisme ultralibéral », charriant délocalisations d’entreprises, chômage, reculs sociaux et démocratiques, on a raffermi le sentiment d’impuissance contre lequel la vague brune s’est légitimée et fortifiée.

Il ne suffira pas de réfuter l’absurde programme de l’extrême droite pour s’en sortir, ni de faire la morale à ceux qui y succombent. Il faut d’abord combattre les maux qui la font grandir et assécher le terreau de l’impuissance et de la désespérance : l’insécurité, celle des personnes comme celle du travail, la précarité, les inégalités sociales et l’accaparement des richesses par une infime minorité, les coups portés au service public, le mépris des classes populaires et le délitement démocratique.

A force d’abandonner la République aux vents d’une mondialisation capitaliste sauvage, son ennemi d’hier parvient aujourd’hui, par un dévoiement délirant de l’histoire et des valeurs, à s’en faire le défenseur. Un immense travail de refondation politique, idéologique et culturel, se dresse devant toutes les composantes de la gauche et de l’écologie politique pour déjouer cette supercherie. La division du pays en trois blocs, comme cela se confirme, va pousser à l’inertie, à toutes les manipulations d’ici l’élection présidentielle. L’actuel cynisme consistant à se satisfaire d’un tel bloc d’extrême-droite pour gagner l’élection présidentielle est mortifère pour les idéaux de la gauche. Se servir de ce danger, couplé à celui des « attentats » pour promouvoir une sorte « d’union sacrée », ou d’un gouvernement technique, est tout autant porteur de régression sociale et démocratique.

Dans l’immédiat, tout doit être fait pour empêcher que l’extrême-droite conquière des régions. Elle veut gagner une légitimité de gestionnaire, rassurer ses électeurs et d’autres durant quelques mois dans le cadre de la campagne des présidentielles. Son habilité éprouvée nous enseigne qu’elle sait avancer à pas de loups avant de déployer l’ensemble de son funeste arsenal idéologique, politique, social et culturel.

Malgré son score inquiétant, deux tiers de celles et ceux qui se sont exprimés dimanche, n’ont pas choisi l’extrême-droite, auxquels s’ajoutent toutes celles et ceux qui ont fait la grève des urnes. Le rassemblement pour lui barrer la route doit donc être sans faille. Là où la gauche a pu se rassembler pour des projets visant à améliorer la vie des habitants, voter pour elle est le seul moyen de disposer d’élus anti-austérité, d’élus de progrès social et humain, écologique et démocratique que sont ceux du Front de gauche. Ils ou elles seront des jalons décisifs pour l’immense travail qui nous attend.

Dans les semaines à venir, nos concitoyens en auront plus que jamais besoin.


34 commentaires


CUCY 10 décembre 2015 à 11 h 16 min

merci d’écrire si bien ce que nous ressentons

Le.Ché 14 décembre 2015 à 17 h 12 min

Sauf que la Gauche sort laminé de cette confrontation pour la simple raison qu’elle n’avait pas de solution pour résorber le principal problème de ces élections dont la cause principal est le chômage. Où sont les propositions de la Gauche pour le chômage??, en restant dans cette Europe qui a été construite que pour la finance et pour les besoin de l’Allemagne.
Le FDG était pratiquement inexistant, à part en Ile de France.Le PS quand à lui a appelé à voter pour la droite, c’est tout ce qu’il a été capable de faire, c’est vraiment nul.

Assante Pierre 15 décembre 2015 à 9 h 04 min

Bonnes fêtes à tous et :

C’est simple !?

Quelques mots avant la « trêve des confiseurs » :

1) SOIT l’on estime que la crise économique et de civilisation réclame une transformation radicale et progressive du système social, particulièrement une transformation radicale et progressive de son système financier pour relancer la production et les échanges.

2) SOIT l’on estime que la crise économique et de civilisation NE réclame PAS une transformation radicale et progressive du système social.

Dans le second cas « 2) », on se contente d’adaptations à l’évolution du capitalisme mondialisé et informationnalisé, adaptations qui jusqu’ici n’ont pas empêché de sombrer de plus en plus profondément dans la crise.

Dans le premier cas « 1) », on ne peut contourner la nécessité de l’existence d’une force sociale organisée capable de promouvoir les idées et les actes de transformation radicale et progressive de système social.

Et dans cette hypothèse qui est la mienne, la nécessité me semble évidente de l’existence d’un parti communiste, ouvert sur les besoins de la population (ce qui se confond avec ses propres besoins) et sur la bataille des idées de transformation radicale et progressive du système social.

Bien sûr, il ne s’agit pas qu’un parti communiste soit le représentant unique, au sommet d’une hiérarchie d’une telle transformation. Il s’agit qu’il concentre ces efforts sur cet objectif et collabore avec toutes les forces sociales avançant, inconsciemment et consciemment vers cet objectif : « être l’interprète conscient d’un processus inconscient disait Engels ».

Le problème de fond du processus de la société et des partis et organisations syndicales de transformation sociale, problème immense et brûlant, est leur contenu idéologique extrêmement affaibli

La responsabilité de cette faiblesse particulièrement pour la formation de leurs membres, ne doit pas être rejetée sur des personnes ici et maintenant, car elle vient de très loin dans le temps.

« Unité et efforts idéologiques », malgré les urgences à traiter, peut être un « mot d’ordre » fondamental, comme l’on disait il fut un temps lointain à échelle générationnelle.

De nouvelles forces, jeunes, naissent. Mais l’héritage à transmettre comme le besoin d’analyse de la société d’aujourd’hui sont immenses. Les communistes sont nécessaires et pour continuer à agir, et pour transmettre cet héritage ouvrier.

Pierre Assante, 15 décembre 2015

Michel Berdagué 15 décembre 2015 à 9 h 45 min

Non seulement nécessaire mais au coeur de l’ exploitation capitaliste amène d’ analyser et de constituer une force incontournable et motrice de transformation , c’ est pour cela qu’ ils sont invisibles , dans cette société actuelle du plus que malaise , en tant que classe et droit à la Parole car elle serait pleine ; et très grave ils sont insultés et placé dans le vote extrême droite ils en savent en direct dans leur corps , leur esprit et leurs vies quelque chose au plus profond , et ils morflent un max : Continental , Mital , PSA , ….et ça déborde dans les employés cadres et maîtrises : Sanofi , la recherche , Air France …et ce n’ est pas fini les services publics ou ce qu’ il en reste … poste , santé , douanes , police .
Alors en effet l’ abstention est très politique et s’ exprime aussi en rejet …de cette société là … dans les nuls en leur signifiant : carton Rouge …à dégager !
Oui nous entrons dans la Préparation du Congrès du Parti communiste en 2016 , déjà au soir du 6 décembre des camarades manifestaient leur courage pour réussir sur des bases claires nettes et précises , une perspective de lutte gagnante pour tout le monde du travail .
Le projet  » France en commun  » est insuffisant et pour le commun nécessite des résolutions et perspectives communistes avec une démocratie , des débats , des analyses telles que la ligne politique sera limpide .
La réactivation et la création des cellules /sections dans les lieux de travail sont fondamentales avec les formations théoriques et pratiques pointues pour être visibles à l’ extérieur comme à l’ intérieur .
Tu vois le boulot immense à se retrousser les manches , mains calleuses , l’ esprit et la lettre , comme un célèbre séminaire à la Sorbonne .  » Marx au XXIe siècle … » .

Aline Bézait 15 décembre 2015 à 12 h 41 min

Bonjour Pierre,

C’est simple :
Soit on estime que la crise économique empêche la transformation sociale et alors c’est la transformation des mécanismes politiques qu’il nous faut changer, et donc ce sont les bases de la démocratie actuelle qu’il nous faut changer. Pas de bonne politique possible sans une bonne démocratie.
Soit on estime que la crise économique se résoudra d’elle-même, par cycles et par crises avec des hauts et des bas et qu’elle transformera de fait la dimension sociale, à chacun alors de se débrouiller comme il le peut dans cette jungle, et alors le Parti Communiste ne sert plus à rien. Il suffit d’attendre le messie pour que le peuple puisse le suivre pour sauver son âme.

Sauf que la Démocratie actuelle nous mène tout droit au despotisme.

Soit on se dit qu’une autre économie existe déjà, et qu’elle transforme déjà la dimension sociale par une nouvelle approche relationnelle entre citoyens, (Démocratie locale, monnaie locale, autonomie de chacun et des territoires etc), Mais alors il nous faut voir aussi que des citoyens cherchent des bases démocratiques inédites suffisamment solides et puissantes, pour s’unir durablement et ainsi construire des politiques acceptables par tous et pour tous, du local au mondial. Pour l’heure, elles sont invisibles.

Sauf que certains disent, la Démocratie est ou elle n’est pas, et donc elle serait immuable ?

Soit on se dit qu’actuellement elle est libérale et qu’elle active des politiques, qui garantit à l’économie du marché de faire du profit et aux accros du Pouvoir de tirer leur couverture à eux et qu’ainsi ils font carrière dans le professionnalisme politique.
Soit on développe considérablement la Démocratie Communiste pour que chaque citoyenne, chaque citoyen puisse participer démocratiquement à la transformation sociale, économique et environnementale de la société en permanence, avec le potentiel politique de chacun.

Sauf que la crise politique nous invite à plus de lucidité.

Soit on se dit que la démocratie par tirage au sort, et la démocratie directe, ont des lacunes et qu’elles ne peuvent ni unifier des idées par manque de mises en cohérences des politiques proposées, ou bien à minima, ni produire de la transversalité politique pour que la transformation sociale puisse s’activer en permanence et partout.
Soit on propose la Démocratie communiste qui elle se construit d’étape en étape et d’étage en étage puisqu’elle agrège des politiques communes venues d’en bas, venues du local et dans la Transparence politique et économique. De plus la Désignation par Reconnaissance permet à chacun de devenir acteur de la transformation politique, économique et sociale, soit s’il est désigné ou si lui-même participe à la Désignation des acteurs politiques ou bien des dirigeants de ce pays. Ainsi les carriérismes n’auront plus cours.

Des solutions existent donc, pour tout transformer, il suffit qu’elles soient mises en pleine lumière. Ce n’est pas une poignée, d’acteurs politiques plus ou moins conscients de la conscience collective, qui peut transformer la société. Mais l’évolution de la conscience politique de chacun qui se capte et s’active par et dans la pratique politique. Encore faut-il que le Parti Communiste s’inscrive dans cette démarche, pour le coup réellement progressiste.

Aline Béziat

pascal 11 décembre 2015 à 10 h 45 min

À force de ne proposer que d’ infimes améliorations quand c’est la souveraineté du peuple qui est remise en cause à travers les traités et les directives, vous donnez l’impression de vous satisfaire de la lente décomposition de la démocratie. Rameuter à présent la  » gauche  » autour du ps après l’avoir tant condamné cela donne le sentiment d’un sauve qui peu pour les places. Bref c’est aussi vous que l’électorat condamne.

Blavier Michel 12 décembre 2015 à 15 h 51 min

On ne peut pas avoir raison tout seul et se condamner à laisser le Fn aux idées nauséabondes triompher par notre abstention ou un vote inutile.
Si nous récoltons si peu de suffrages, interrogeons-nous sur le pourquoi sans en rendre les autres responsables.
Le sauve qui peu est représenté par le représentant PS dans l’Est.
Le tout ou rien fait le jeu de nos adversaires.
Je peux être un des acteurs empêchant une guerre civile latente ou l’aventurisme géo-économico-politique, ou la pseudo conviction que nos maux sont le fruit de l’immigration, alors je n’hésiterai pas à voter à droite, même si nombre de ses membres sont tentés par le Fn.

Boëdec Monique 11 décembre 2015 à 23 h 50 min

je ne sais plus où j’en suis .. et il y a de quoi je suis normalement de gauche mais les ruptures et les réconciliations , les je t’aime moi non plus , toutes ces blessures , ces déchirures sans fin me fatiguent Bref !! aprés vous être écharpés comme des chiffonniers pendant des mois , voici que vous Rameutez la » gauche » autour du PS .. ce PS que je voulais quitter pour vous rejoindre .. Zut rappé .. chacun joue sa place à sauve qui peut et pour cela seulement tout les rabibochages sont possibles .. La gauche ne saura jamais gouverner car elle est incapable de se gouverner elle même .. il ne faut pas trouver étonnant que les électeurs désertent les isoloirs .. Lundi , discussions , petites analyses , mardi ça ira à peu prés … et à la fin de la semaine concours de petits mots et de noms d’oiseaux ..à tout les coups là on gagne .. question d’habitude …

BOUDET Pierre 13 décembre 2015 à 13 h 11 min

Chère Monique, je ne saurais trop te conseiller de lire ce qu’a écrit sur ce site notre ami Michel BLAVIER qui me semble le bon sens même, comme disait ARAGON je crois, {quand les blés sont sous l’orage …}entre deux maux il faut choisir le moindre, les inconscients qui sous prétexte de pureté révolutionnaire refusent de choisir auront fait élire le pire, le lundi ils n’auront que leurs yeux pour pleurer si le f haine est triomphant, leur {pureté révolutionnaire}ce dernier s’en tamponne le coquillard, son but est la dictature au service du capital, dans les régions où il a des chance de l’emporter je voterais pour le dernier chien galeux s’il pouvait empêcher la clique fasciste d’accéder au pouvoir

BOUDET Pierre 13 décembre 2015 à 18 h 21 min

J’ajoute une remarque supplémentaire à Monique BOEDEC, qui comme beaucoup d’entre nous est désemparée par cette séquence électorale catastrophique, je lui demande simplement de se joindre à la bataille que mène le P C F depuis des années pour un scrutin à la proportionnelle intégrale, ce qui réglerait définitivement le sort du deuxième tour et les regroupements OBLIGES afin de faire barrage aux pires réactionnaires, je sais que beaucoup pensent qu’il n’y a aucune différence entre ces derniers et le P S, mais la politique pratiquée dans les collectivités locales est le plus souvent différente de la politique nationale en particulier en raison de la présence d’élus communistes.

Delarue 12 décembre 2015 à 9 h 49 min

Bonjour,
Le ps et l’ump ont favorisés la montée du front nazional, par leur politique austériritaire, ultralibérale, capitaliste, en diffusant des insanités sur le front de gauche, sur le parti communiste, sur le Venezuela, la Grèce etc, sur tout ce qui fait l’humain d’abord, alors voter pour ces parti de droite que sont le ps, l’ump, l’udi, et tous les autres, ça JAMAIS .
Mr Delarue

Arthurr 12 décembre 2015 à 10 h 02 min

comme c’est facile et réconfortant de dire je ne sais plus où j’en suis, et tenter de se donner bonne conscience à bon compte, quand on refuse de voir et de combattre cette politique libérale et ce système électoral à deux tours.
Ce système électoral très utile pour les socialistes et la droite, qui conduit à cette situation pour le deuxième tour, dénoncé et combattu depuis toujours par le PCF qui veut la proportionnelle intégrale qui supprimerait ce que vous dénoncez comme magouilles et qui pourtant est le seul passage dans ce contexte pour obtenir des élus.
Obtenir des élus quand les militants « éclairés » que vous prétendez représenter ne se sont en rien mobilisés pour amener les candidats du PCF en tête au premier tour.
Un peu de respect pour les militants communistes qui mouillent la chemise et qui eux savent que leurs élus se battent pour faire avancer des idées et gagner tout ce qui peut améliorer le quotidien de ceux qui souffrent de ce libéralisme destructeur.
ça suffit .

C-Marie 12 décembre 2015 à 10 h 36 min

Dimanche dernier, un couple de retraité remarquait, amer, que leurs deux pensions réunies venaient d’être augmentée de 1,35 euros par mois. Ce sont de telles humiliations qui font monter la colère de ceux qui sont traités de « petites gens », de « France d’en bas ». De ceux qui triment et se retrouvent sous-payés, licenciés par des entreprises milliardaires (telle Schneider). Oui, c’est une autre politique qui est réclamée. Il faut modifier la trajectoire, changer de paradigme de toute urgence si nous ne voulons pas que ce superbe pays, que d’autres nous envient, ne sombre dans le chaos.

C-Marie 12 décembre 2015 à 10 h 43 min

Il faut barrer la route au FN, absolument,il n’y a pas d’autre alternative, car une fois qu’il sera installé, nous ne pourrons pas nous en débarrasser. Mais ensuite, nous devons manifester fortement notre refus de cette politique qui nous entraîne, pour une majorité, vers le bas.

Max ROBES 12 décembre 2015 à 11 h 29 min

Après ces nouvelles consultations électorales calamiteuses à plus d’un titre, certains parlent de nouveau de faire l’inventaire à gauche et ici d’ouvrir encore et encore une fois « un grand débat » et de faire « un travail de fond » pour construire un autre avenir ! J’observe avec tristesse que d' » inventaire « , d’analyses savantes » , de « grand débat » et de travail de fond » nous n’en avons pas manqué au cours de ces dernières années. Pourtant, nous en sommes rendus là où nous sommes : un peu plus d’1 million de voix et 4% ! face à une droite extrême et une extrême-droite conquérantes…Comment ne pas songer à ce qu’écrivait Victor Hugo dans son roman « L’homme qui rit » : »Il vient une heure où protester ne suffit plus : après la philosophie, il faut l’action. »

Mireille 12 décembre 2015 à 12 h 34 min

En PACA entre la droite extrême -Estrosi va quelquefois plus loin dans la xénophobie et l’antisocial que le FN- et l’extrême droite, est-il possible de choisir? Une présidence FN du Conseil Régional porterait, certes, une symbolique forte mais la politique ne serait pas pire qu’avec LR. Toute ma vie, bien proche de son terme, j’ai voté et appelé à voter en fonction d’un programme et non pour Untel ou Unetelle. Je me moque comme de ma première brassière que Tartemuche ou Tartempion soit élu. Ce qui m’importe est son programme dont les mesures proposées se doivent d’être applicables en fonction des compétences de la collectivité ou de l’assemblée qu’il souhaite rejoindre ou représenter. Christian Estrosi, Marion Maréchal-Le Pen, c’est blanc bonnet, bonnet blanc. Avec un point fort commun: la haine de l’altérité et la désignation de boucs émissaires. Qu’espérer d’une assemblée régionale composée de la pire droite, sans même le reflet ni l’ombre de la vraie gauche, et dont les seuls combats seront pour prendre l’ascendant sur l’adversaire pour rafler ses avantages, qui met au centre de ses préoccupations sa popularité en faisant appel aux pires bas-instincts de néo-pétainistes? Dois-je renoncer à tout ce qu’ont défendu mes parents et moi-même depuis les années 1930 en votant non seulement contre mes opinions mais contre mon idéal sociétal? La question reste posée et je ne l’ai pas encore tranchée.

Maxa 12 décembre 2015 à 12 h 57 min

En somme, vous nous demandez de voter pour le centre gauche, dit « socialiste », dont le programme et surtout l’action à l’intérieur (restriction des libertés, ultra-libéralisme) et à l’extérieur (politique de guerres plus imbéciles les unes que les autres)sont identiques à ceux du centre droit. Ou mieux encore,de voter pour ledit centre droit, dont le programme est fort proche de celui du FN…
Eh bien, non. Pas d’abstention, mais vote blanc

Maxa 12 décembre 2015 à 13 h 40 min

PS (=post-sciptum !) pour les inquiets : l’épouvantail Marine Le Pen n’a aucune chance de l’emporter. Pourquoi ? Parce que les vrais dirigeants (la haute finance, les multinationales…), qui possèdent la quasi-totalité des médias, ont suffisamment de domestiques zélés pour ne pas avoir recours à elle.

BOUDET Pierre 13 décembre 2015 à 18 h 33 min

Je pense que l’analyse de Maxa est erronée, Nous sommes dans une séquence historique où la majorité des canassons du capital sont discrédités, l’ampleur du vote fn en est l’illustration, si les ténors du capital ne peuvent plus s’appuyer sur les chevaux habituels, ils porteront le fn au pouvoir, c’est ce qu’ils ont toujours fait antérieurement dans tous les pays, la grande industrie et la finance ont financé Hitler, Franco, Salazar, Pinochet etc, le fascisme est la roue de secours ultime du capitalisme, c’est sans doute une des raisons de l’omniprésence saturante de ce parti dans les médias dont 80 % appartiennent à 7 milliardaires qui parient déjà sur ce sauveur de leurs privilèges

C-Marie 12 décembre 2015 à 14 h 21 min

C’est vrai, certains choix sont difficiles. Mais nous devons tout mettre en œuvre pour protéger ce qu’il reste de notre démocratie ; et si ce n’est pour nous, que ce soit pour les jeunes. Allons-nous leur transmettre non seulement une planète exsangue mais aussi un pays fasciste ? Unissons-nous, ne faisons pas le jeu des terroristes. Croire que le FN ne pourra pas appliquer son programme xénophobe est une erreur. Regardons les pays où les partis fascistes existent. Voulons-nous la mort des syndicats, la fermeture de certains supports médiatiques, l’exclusion de tous ceux et celles qui ne conviendront pas au FN ? Nous savons de quelles violences ils sont capables. Oui, certains choix sont difficiles ; mais faut-il abandonner la démocratie à son sort ?

Jacky Henry 12 décembre 2015 à 14 h 29 min

Dans un combat douteux la sagesse populaire conseille plutôt de s’abstenir ou de voter blanc.

Selon les régions,à l’évidence la configuration électorale n’est pas la même, mais dans tous les cas le vote ou l’abstention sanctionnent des politiques réactionnaires au service du capitalisme, mises en oeuvre aussi bien par la droite que par – j’ose à peine écrire la « gauche » quand il s’agit d’eux – les « socialistes »de gouvernement.

Cette formule de « fusion technique » qui veut habiller une « union de la gauche »de pure circonstance où l’on n’est d’accord sur presque rien si ce n’est sur le fait de sauver les meubles c’est-à-dire des sièges au sein de futures assemblées régionales dominées par la droite extrême et l’extrême droite n’est guère enthousiasmante.

Elle ne peut pas convaincre grand monde soit de sortir de l’abstention du 1er tour ni au second tour de reporter sa voix sur une liste d’union dirigée par un « socialiste » de droite… Attendons- nous donc au pire !

Anonyme 12 décembre 2015 à 17 h 52 min

Je viens de lire dans l’Huma » du 11 décembre cette conclusion péremptoire: « L’ensemble des formations politiques identifiées comme étant partie prenante de ce système sont aujourd’hui en échec ». En est- on certain ?
Ce que nous montrent les résultats électoraux ,c’est que ce n’est pas « l’ ensemble des formations politiques » qui sont en échec: après tout, les » LR » se portent assez bien et le FN mieux que jamais dans « ce système ». En revanche, l’échec sanctionne celles qui se réclament soit, indûment de  » la gauche », comme le PS, soit d’un projet alternatif comme le FDG.

Cette construction politique plurielle, informe et illisible, portée à bout de bras par le PCF depuis sa création, semble bien avoir montré ses limites historiques dans son ambition de ravir le leadership à une social – démocratie en pleine déroute droitière et d’incarner une « nouvelle gauche » !

Après dimanche 13 décembre, la gauche française n’aura pas besoin d’une recomposition politique mais d’une véritable reconstruction…

Le.Ché 14 décembre 2015 à 17 h 22 min

Tout à fait d’accord avec toi et il faut qu’elle soit capable de faire des propositions pour régler le problème du chômage, ce qu’elle ne sait pas faire pour le moment.
Il ne fallait pas abandonner le marxisme, c’est la plus grosse erreur de le Gauche et de défendre cette Europe capitaliste faite sur mesure pour l’Allemagne.

A Mongour 12 décembre 2015 à 18 h 09 min

On dit souvent pour conjurer le sort que le pire n’est pas certain. Pourtant,nous sommes trop peu nombreux à voir « le pire » dans le FN ! Combien d’électeurs auront lu son programme avant de voter ? Combien parmi ses propres électeurs savent ce que signifierait un FN au pouvoir ?

Un exemple vécu : des propos entendus ,dimanche dernier, dans un bureau de vote installé dans la mairie de Firminy dans la Loire: deux électrices du FN passant devant une photographie représentant la Maison de la Culture construite par Le Corbusier, l’une d’elles s’exclame : « il faudrait y mettre une bombe !!! » Comparaison n’est sans doute pas raison, mais on peut songer à la formule de Baldur von chira, « fürher » des jeunesses hitlériennes : « Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver » !…

Oui, faisons en sorte demain que le pire ne soit pas certain.

BONNET 12 décembre 2015 à 19 h 18 min

toujours le meme scénario on critique le ps et aprés sous le prétexte fn vous appelez a voter pour eux en définitive vous ètes comme les soit disant contestataires:d’accord avec la politique menée par le ps,de ce fait le peuple se détourne du vote pc et ilvote fn non parce qu’ils sont racistes mais parce que vous n’avez pas de ligne cohérente IL NY A PAS DE DIFFERENCE ENTRE PS ET PC
a mon avis vous pieds et poings liés

Arthurr 12 décembre 2015 à 20 h 54 min

Décidément soit vous êtes aveugle, ne savez pas lire, ou faites semblant de ne rien comprendre.
Où voyez-vous que la PCF avoue être d’accord avec le PS?
Le système électoral étant ce qu’il est, et le résultat du premier tour constaté (qu’avez vous fait pour qu’il soit bien meilleur pour le PCF), ce n’est nullement un appel à voter PS, mais un appel à voter pour une liste où se trouvent des membres du PCF en position éligibles qui porteront au moins une voix (certes minoritaire) dans les débats de l’assemblée régionale.

Mireille 13 décembre 2015 à 8 h 59 min

C’est bien toute la question: apporter au moins une voix dissidente dans le concert d’une assemblée de droite dure. Mais quand voter signifie n’élire que la droite la plus dure, que faut-il faire? L’encourager et lui permettre de savourer son triomphe? En 2002, la question se posait autrement: à côté des actuels LR, Chirac apparaît placé au Centre droit et les législatives venant après les présidentielles permettaient de place un binôme à la tête du pays. Actuellement, c’est droite « en avant toute » partout. Effacer le symbole, quel beau discours. L’important c’est la politique qui sera faite sans alternative ni voix discordante. J’envie les Corses et leurs 4 listes.

Michel Berdagué 13 décembre 2015 à 10 h 02 min

Oui en effet Mireille , ça fait trente longues années que nous sommes  » obligés  » à voter par défaut pour une liste qui va appliquer un programme dirigé contre nous , contre tout le monde du travail , tout le prolétariat et sa classe ouvrière qui a déjà morflé un max et ça continue .
C’ est un carton Rouge : à dégager …hors jeu encore faudrait – il que le Rassemblement des Communistes sur des bases claires nettes et précises soit élaboré en confiance pour un Parti communiste libéré des tendances ultra réformistes qui nous obligent à porter les valoches des mutants de dite gauche voire de leur cirer leurs pompes .
Dès le 6 décembre au soir nous sommes entrés dans la Préparation du Congrès du Parti Communiste 2016 qui sera à ne pas douter un bon cru avec deux lignes politiques : la communiste , l’ autre de  » réformes  » en contre tout juste social – démocrate et soumise aux cheffaillons type Macron et con sorts Medef d’ austérité en feuille de route en nous culpabilisant par le dit  » coût du travail  » .

Mireille 13 décembre 2015 à 15 h 30 min

Merci, Michel. « La France en commun » est effectivement un excellent programme et très bon outil pour fonder un autre monde possible que celui des reculades et des votes en faveur de politiques qui vont à l’encontre des intérêts des gens et du monde.
Mais il faut aussi convaincre autour de nous et lorsqu’on « baigne » à l’insu de son plein gré dans un environnement plus fascisant que jamais, après plus de 70 ans de lutte, on se demande quelle erreur, personnelle ou collective, a été commise et à quel moment.

BOUDET Pierre 13 décembre 2015 à 18 h 37 min

BONNET d’âne !!!!!!!!

BOUDET Pierre 13 décembre 2015 à 18 h 39 min

BONNET d’âne !

vieux-con-testataire 12 décembre 2015 à 21 h 48 min

Voilà des décennies que tous les partis, se refaisant épisodiquement, pour pas cher, une virginité sur le compte du front national, finissent pour proposer aux électeurs, pour tout programme, de faire échec à l’extrême droite.Projet porteur d’un grand avenir!…
L’état de délabrement, de misère sociale,économique, culturelle, idéologique que nous vivons n’est pas dû à la mauvaise « gestion » de quelques gouvernements incompétents, incapables. L' »Europe » immondialisée est, depuis son origine, porteuse de ce cancer qui se développe. Quelques pistes pour essayer d’y faire face? Que la France propose aux Espagnols, aux Italiens, aux ¨Portugais, aux Grecs…de sortir ensemble de l’U.E.et de l’Euro, au moins en tant que monnaie unique.Que ces nations retrouvent leur indépendance monétaire en refusant d’être vendues en viager aux grandes banques, leur indépendance sociale et politique en s’appuyant sur des institutions démocratiques, autres que formelles, mais dégagées des intérêts privés et du carriérisme (dès l’instant que l’on peut « faire carrière »,profession, s’élever socialement -et donc financièrement- grâce à « la » politique, la démocratie entre en décomposition. La situation que connaissent les pays européens n’était pas « imprévisible ». Les quelques vieux textes que vous pourrez trouver sur le blog « Immondialisation: peuples en solde », peut-être seront-ils aujourd’hui mieux perçus et plus à même de s’offrir à la réflexion et à la critique.Pas sûr du tout…

B. Londres 13 décembre 2015 à 18 h 42 min

Dans certaines régions (IDF, Auvergne Rhône Alpes par exemple) après la débâcle électorale du 1er tour, une fusion « technique » a eu lieu entre listes socialistes, communistes Front de gauche et Écologistes afin d’éviter une nouvelle Bérézina au second tour face à la droite extrême et à l’extrême-droite. Le qualificatif de »technique » signifiant que cette union réalisée dans l’urgence n’est ni programmatique ni politique au sens où les « partenaires » du PS( communistes et écologistes)ne participeraient pas à l’exécutif régional en cas de victoire…Bref, ne seraient-ce pas là « des candidatures – témoignage » comme celles qu’on reprochait de pratiquer à certains groupuscules gauchistes il n’y a pas si longtemps… Par ailleurs, il est douteux que l’électeur lambda (qui n’est pas un militant averti) s’y reconnaisse dans ces finasseries politiciennes et se mobilise pour soutenir une telle « fusion technique » qui lui passe au-dessus de la tête ! Pour lui ce qui est clair en revanche c’est que si le PS parvient à sauver certaines présidences de région il le devra aux reports de voix des électeurs communistes et écologistes sur la liste « d’union » qu’il dirige. par conséquence, le PCF -Front de gauche et EELV auront quelques difficultés à faire avaler qu’ils ne portent aucune responsabilité dans la poursuite de la politique actuelle par les »socialistes de gouvernement »…

breteau jean claude 18 décembre 2015 à 18 h 02 min

La milliardaire haineuse ,vient de réussir un joli coup , car il y a le feu au fn ,que font les pompiers dans ce cas là ,ils allument un contre feu .J’explique ,un caid du fn trafiquant d’armes ,du nord ,à refilé aux tueurs du mois de janvier des armes de guerre ,sale temps pour le clan fasciste ,pouvant se retrouvé en position inconfortable d’accuser ,alors pour que tout le monde regarde ailleurs ,elle a sorti sa saloperie ,se faisant passér pour une victime ,son role préféré .C’est mieux que coupable de trafic d’armes ,ce tour de passe passe se fait quel hasard avec la complicité de BFM plus connu sous le nom de Bfn

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