Rechercher une autre voie pour Presstalis

le 14 mai 2020

Presstalis © AFP/ MEHDI FEDOUACH

Nous ne pouvons qu’être inquiet : la déclaration de cessation des paiements de la messagerie coopérative Presstalis qui a en charge la distribution de la presse peut dégénérer en catastrophe sociale, industrielle et démocratique, si l’on en croit les propos qui ressortent de l’audience qui s’est tenue au tribunal de commerce de Paris.

Catastrophe sociale avec 700 emplois supprimés : c’est le plus grand plan de restructuration  préparé en plein confinement.

Catastrophe industrielle car si le pôle central de Presstallis pourrait être sauvegardé au prix d’un considérable affaiblissement, le niveau des dépôts régionaux qui reçoivent les  journaux  nationaux, régionaux et les magazines après impression pour les réexpédier vers les marchands de journaux seraient mis en liquidation pour sans doute être privatisés. Autrement dit il n’y aurait plus de continuité de service de la messagerie Presstalis.

Catastrophe démocratique car comment assurer la distribution de la presse sur la totalité du territoire sans cet échelon régional ? Des dépôts régionaux privatisés, c’est l’assurance qu’à court terme le nombre de dépôt se réduira sous la pression économique et que l’égalité de distribution ne sera plus assurée car le portage de certains titres – les moins solides – sera considéré comme non rentable. L’expérience de la domination d’Amazon dans la distribution de certains biens ne sert-elle pas de leçon ? On assisterait ici à la seconde phase de la destruction de la loi Grenier-Bichet qui prévoit la péréquation entre les journaux pour leur distribution, et l’égalité d’accès pour tous les citoyens sur l’ensemble du territoire aux journaux de leurs choix.

Au nom des principes démocratiques, on ne peut laisser les choses aller ainsi. Un tribunal de commerce peut certes statuer sur la viabilité d’une entreprise mais ce dont il est ici question est d’une toute autre importance : c’est de démocratie, du pluralisme des idées et de la presse dont il s’agit. Et l’on sait que la démocratie ne révèle sa valeur qu’en s’affaissant, qu’en constatant les affres d’un débat public asséché et comprimé. Ajoutons que le 12 mars dernier le Président de la République a eu cette phrase forte : « Nous n’ajouterons pas aux difficultés sanitaires la peur de la faillite pour les entrepreneurs, l’angoisse du chômage et des fins de mois difficiles pour les salariés. Aussi tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises quoi qu’il en coûte ». Et le 17 mars le ministre de l’économie avançait l’idée de « possibles nationalisations si nécessaire ».

Il reste quelques heures pour faire vivre ces paroles et empêcher le démantèlement d’une entreprise coopérative disposant de salariés qualifiés et d’un grand savoir-faire en matière de logistique.

Pour cela, tout doit être entrepris afin que les éditeurs de quotidiens et de magazines, au travers de leur coopérative, recherchent une entente sous l’égide de l’Etat qui pourrait être représenté par les ministres de la culture et de l’économie.

D’autre part, si l’Etat en a la volonté politique, un nouveau tour de table peut être réuni associant la Poste et Géodis afin de partager des coûts de logistique et de transport. La Caisse de des Dépôts devrait y être associée pour pérenniser l’économie du nouvel ensemble. Le groupe Orange pourrait également être du tour de table dans la perspective de créer dans le cadre de cette alliance un Kiosque numérique pour la presse et le livre. Ce serait un moyen de commencer à gagner en souveraineté numérique face aux géants Nord-Américains. Cette structuration nouvelle aurait l’avantage de ne plus détourner certaines lignes de crédit du budget du ministère de la culture destiné à la modernisation des quotidiens nationaux et régionaux, et qui servent aujourd’hui à consolider Presstalis.

Une autre voie existe pour Presstalis. L’Etat a la responsabilité de peser de tout son poids pour la faire étudier dans l’intérêt de la démocratie et du pluralisme.

Par Patrick Le Hyaric

Directeur de L’Humanité

Le 14 mai 2020

4 commentaires


Georjon Louis 17 mai 2020 à 10 h 17 min

decidement ce gouvernement est en dessous de tout seul compte le fric la moindre des choses est qu’il devrait faire le necessaire pour que la pluralite de la presse puisse etre assuree et distribuee

Paule Lanta 17 mai 2020 à 11 h 08 min

Les élus de la nation et notamment du PCF, sont-ils au courant de ces propositions?
Internet est non seulement une source d’inégalité( par l’age et les sous) mais du point de vue environnemental très consommateur d’énergie le plus souvent carbonnée alors que le papier se recycle.

alain harrison 24 mai 2020 à 5 h 58 min

Bonjour.

Nous verrons dans les mois qui viennent comment le macronisme récupère son image à 2 faces.

« même question de nationalisation »

Il est claire que le système est en mode concession (?). C’est pas la première fois, pour endormir. Un vieux truc d’affairistes.

En même temps:

Coronavirus : les multinationales contre les États ?
par VICTOR Ayoli (son site)
vendredi 22 mai 2020

« Choose France » proclamait le ministre de l’économie Bruno Lemaire lors d’un grand raout fin janvier. Il se gargarisait de huit milliards d’investissements… Les investissements étrangers, c’est surtout le pillage des actifs, de la trésorerie, des brevets, de la clientèle de nos entreprises puis la fermeture et le « plan social » jetant à la rue les ouvriers et employés. Le plus emblématique de la nuisibilité de ce bradage de nos fleurons par des responsables irresponsables reste le dépeçage d’Alstom par General Electric, autorisé sinon organisé par un certain ministre de l’économie appelé Macron. Un scandale qui se poursuit d’ailleurs puisque le prédateur yankee continue opiniâtrement le démantèlement du site « mère » de ce qui fut Alstom en annonçant le déménagement de toutes les activités de maintenance de ce site vers l’Arabie saoudite et les États-Unis.

Des exemples de la nuisibilité de cette « libre circulation des capitaux », principe de base de la « globalisation » (novlangue pour pillage par les multinationales), on en trouve des palanquées, de Whirpool à Ford, de Pechiney à Arcelor, d’Alcatel à Lafarge.

Un nouveau pas dans cette nocivité se pointe à l’horizon, c’est celui des actions devant des justices privées d’investisseurs étrangers estimant que leurs profits ont été menacés voire amoindris suite aux décisions des États pour faire face à la pandémie Covid-19. Ainsi des cabinets de droit international planchent sur les biais par lesquels des entreprises s’estimant lésées par les mesures d’urgence décidées par les gouvernements pour lutter contre le coronavirus pourraient exiger des réparations. »»

Avec Trump, les deux faces se reflètent, pareille à lui-même. Macron finira par avoir le torticolis.

Que dit la Constitution:

la Ve Republique incluant le préambule de la constitution de 1946 qui prescrit déjà :

” Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. “

alain harrison 25 mai 2020 à 18 h 31 min

Ces compagnies qui veulent traîner et traînent en justice les pays qui ont des lois de protection contre la dangerosités du développement « anarchique » devront être liquidés et convertis en coopératives autogérées avec de nouvelles orientations économiques, et cela par décret. Le gouvernement saisira la justice pour faire enquête et condamner les dirigeants, et cela par décret selon ce qui est inscrit dans la Constitution.

Organisons la Constituante Citoyenne, l’instance suprême du Peuple Souverain par Droit Démocratique. Organisons le Parti de Transition qui en tandem avec la Constituante Citoyenne écrira la nouvelle Constituante. C’est cette instance suprême qui dicte les marges de manoeuvres des entités qui forment le Pays.

Il faut concevoir ce parti de la transition, son agenda et la course au Pouvoir Politique et expliquer les liens entre ce parti et la Constituante Citoyenne. Ces élections doivent avoir comme leitmotiv que le parti de transition est la mesure pour mettre sous tutelle le gouvernement, la justice les forces de polices et militaires qui subiront des changements significatifs pendant la période de l’exercice officiel (donc légal juridiquement selon le droit démocratique). Cette tutelle durera le temps de la Constituante Citoyenne. Le parti de transition exercera la bonne marche du gouvernement selon les décisions politiques, économiques prisent par la Constituante Citoyenne.

Il faut se préparer et concevoir tous les changements absolument nécessaires pour une société saine, harmonieuse dans le cadre de la santé de la nature. Donc, des comités préparatoires, qui chacun doit être composé de telle sorte que la vue d’ensemble soit effective pour la cohérence de l’exercice de la Constituante Citoyenne.

Cela prendra plusieurs années, mais selon la participation diligente des citoyennes et des citoyens………..

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