OUI, LE RN/FN est le parti de l’antisémitisme

le 22 juin 2024

La campagne d’inversion des responsabilités dans le développement de l’antisémitisme pue fortement. Les cercles dirigeants ont décidé d’en faire un sujet de campagne contre le nouveau Front populaire en ciblant La France Insoumise comme on ciblait hier le Parti communiste et ses dirigeants. En miroir de cette affaire, est agité « islamo-gauchisme » qui serait devenu notre doctrine. Et, dans cette affaire l’extrême droite raciste, xénophobe, antisémite est passé à la blanchisseuse des médias dominants.

On veut faire confondre « antisémitisme « et condamnation du pouvoir et de l’armée israélienne qui multiplie les crimes dans la bande de Gaza et privent les Palestiniens de leur terre. Ceci se fait contre le droit international. Précisément, l’une des caractéristiques des forces fascisantes est de nier le droit international. C’est une lourde menace de l’heure chez Netanyahou comme chez Poutine.

 Contrairement à toutes les balivernes répandues comme un bon vent de poussière sur nos crânes l’antisémitisme reste une matrice du RN/FN.

Son histoire parle. Il a été fondé en 1972 par d’anciens pétainistes et Waffen-SS. 

Mais parlons au présent. On retrouve cet antisémitisme militant au sein des cadres RN/FN, de ses députés, et des proches de Mme Le Pen.

Des propos antisémites d’une flopée de candidats RN/FN ont été déterrés. La dédiabolisation a obligé l’extrême droite à les cacher.

Mais de nombreuses figures clé du RN/FN ont fait preuve de négationnisme ou d’antisémitisme, sans jamais être inquiété. Les meneurs de la campagne contre le nouveau Front populaire n’en parlent pas. Pourquoi ?

Quelques exemples :

Jean-François Jalkh, député européen et délégué national du parti, s’était dit intéressé par « le sérieux et la rigueur » des travaux des révisionnistes. Il avait notamment exprimé ses doutes sur l’utilisation du Zykon B. par les nazis. Ces propos, ressortis en 2017, n’ont eu aucune conséquence sur sa carrière au sein du parti. 

Frédéric Boccaletti, député RN de la 7e circonscription du Var, est l’ancien propriétaire d’une librairie vendant de nombreux ouvrages antisémites et négationnistes.

Axel Loustau et Frédéric Chatillon sont des proches de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. Ils ont accompagné le parti lors de nombreuses campagnes électorales. Leurs magouilles ont d’ailleurs valu au FN devenu RN une condamnation pour recel d’abus de biens sociaux. Ils sont surtout connus pour leur amour des saluts nazis et des soirées « pyjamas rayés ». Ils ont contribué aux campagnes des dernières élections européenneset régionales.

David Rachline, directeur de la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2017, et maire RN de Fréjus depuis 2014, proche d’Alain Soral. Il s’est notamment fait connaître par une blague célébrant avec joie, dans une Mercedes, « la voiture du Führer ! ».

Louis-Armand de Béjarry, ancien directeur du Front national jeunesse, avait été épinglé pour ses commandes sur des boutiques néonazies. Il est pourtant resté élu municipal à Dieppe jusqu’en 2021.  

Le candidat RN à la mairie de Lille en 2020, qui mettait en vente des objets nazis, n’a lui jamais été désavoué par son parti.

Plus récemment, Thomas Lutz, conseiller régional RN en Bourgogne-Franche-Comté, a employé le 11 avril 2024 le mot « untermensch » en pleine assemblée. Ce terme a été forgé, par les nazis, pour qualifier les « sous-hommes » n’appartenant pas à la « race aryenne ».

Tous les candidats aux législatives dont des propos antisémites ont été révélés n’ont pas été sanctionnés. Françoise Billaud, a été épinglée pour des publications à la mémoire du maréchal Pétain ou du prêtre collaborationniste Jean-Marie Perrot, a été investie dans la 1re circonscription des Côtes-d’Armor. Agnès Pagneard, candidate dans la 10e circonscription de Paris, a été condamnée à six mois de prison avec sursis en 2021 pour avoir brandi une pancarte antisémite lors d’une manifestation anti-pass sanitaire.

Le programme de Marine Le Pen pour les élections présidentielles de 2012 et 2017 prévoyait l’interdiction du port de la kippa dans la rue.

Jordan Bardella avait lui-même déclaré, en 2023, « ne pas croire » que Jean-Marie Le Pen était antisémite. Il a par la suite dû rétropédaler.

Louis Aliot, vice-président du RN/FN ancien collaborateur de JM Le Pen et maire de Perpignan, avait confié la gestion de sa revue à un ancien membre d’un groupuscule ouvertement antisémite.

L’électorat du RN/FN est, de très loin, celui qui a le plus de préjugés contre les Juifs. Plusieurs études ont prouvé que les électeurs du RN/FN adhèrent bien plus à ces stéréotypes que les soutiens des autres partis. Une étude de la Fondation Jean Jaurès en 2018 a montré que 36 % des sympathisants du RN croient en un « complot sioniste à l’échelle mondiale ». Une étude de la Fondapol en 2022 a, elle, établie que 39 % de l’électorat de Marine Le Pen est convaincu que « les Juifs ont trop de pouvoir dans le domaine de l’économie et de la finance ».

Croire et faire croire que le Rassemblement/Front national a rompu avec son histoire est une tromperie. Aussi antisémite qu’islamophobe au nom de la pureté « de l’occident chrétien » à défendre. La plateforme du nouveau Front populaire est pourtant claire. Elle qualifie les crimes et tueries du 7 octobre « de massacres terroristes », il rejette le projet fondamental du Hamas de « théocratique » et fait de la lutte compte tous les racismes et de l’antisémitisme l’une des priorités tout en demandant de « rompre avec le soutien coupable du gouvernement suprémaciste d’extrême droite de Netanyahou pour imposer un cessez-le-feu à Gaza » et demande d’agir pour la libération des otages tout en s’engageant à « reconnaître l’Etat palestinien ». Le Nouveau Front populaire s’inscrit donc dans les logiques du droit international.

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