Nouveau totalitarisme !

le 1 décembre 2011

Au cœur du feu qui couve et attaque le cœur de l’Europe, l’enjeu du statut et des missions de la Banque centrale européenne commence à prendre une place majeure dans les débats. Cela peut devenir une question populaire. M. Sarkozy défend désormais l’idée du rachat des dettes par la Banque européenne face à la chancelière allemande. Il est bien contraint de se contredire, lui qui a bafoué le vote du peuple français en faisant adopter le traité de Lisbonne. Nos lecteurs savent que nous n’avons cessé de défendre ce projet. A cette différence de taille près que nous souhaitons un rachat direct et un crédit sélectif direct aux Etats, sans passer par l’intermédiaire du système bancaire privé. Mme Merkel fera peut-être un pas vers la proposition du Président français à condition que les traités européens soient modifiés, de telle sorte que soit instituée, dans l’Union européenne, une centralisation du pouvoir entre les mains de la Commission de Bruxelles ou du sinistre trio, composé de la Banque centrale européenne, du Fonds monétaire international et de la Commission européenne.

Autrement dit, le mouvement entamé avec la nomination du Premier ministre grec et du Président du conseil italien est amené à se poursuivre si on laisse faire. Certes, il pourra y avoir des élections dans chacun des pays, mais c’est ce triumvirat (BCE, FMI, Commission de Bruxelles) autoproclamé qui, en réalité, dirigerait l’Union européenne d’une main de fer. Tel est le sens des propositions nouvelles du Président de la Commission de Bruxelles, mercredi dernier, et des conclusions du sommet des trois principaux pays de la zone euro -France, Allemagne, Italie. Il s’est conclu, une nouvelle fois, par l’acceptation par le Chef de l’Etat des conditions de la chancelière allemande. C’est le projet de création d’une « micro zone euro », un cartel d’Etat, sous influence de l’euro-mark, appliquant la politique budgétaire, fiscale et sociale allemande. C’est la « dé-solidarité » européenne en marche, aggravant la fracture Nord-Sud au sein de l’Union européenne. Une orientation porteuse de multiples dangers. Aucune issue à attendre de cette fuite en avant dans une sorte de totalitarisme ultralibéral, sous domination du capital allemand.

Mais ce qui se débat nous intéresse au plus haut point. Cela renvoie en effet aux arguments avancés par les partisans du non au référendum sur le projet de traité constitutionnel, rebaptisé « traité de Lisbonne ». En quelque sorte, des partisans du oui viennent aujourd’hui conforter, à leur corps défendant, la majorité de nos concitoyens qui a repoussé le traité. En effet, l’un des arguments principaux des promoteurs de ce texte était l’indépendance de la Banque centrale européenne, chargée d’appliquer les critères comptables du traité de Maastricht et de gérer la monnaie unique à la seule fin d’attirer les capitaux en compressant les droits sociaux, les systèmes de protection sociale, les niveaux de rémunération du travail, provoquant délocalisations et désindustrialisation. Mais la ficelle devient trop grosse quand les opinions publiques constatent que la Banque centrale européenne prête de l’argent à moins de 1% aux banques, qui elles-mêmes l’avancent aux Etats avec des taux d’intérêt allant de 3 à 19%, faisant ainsi d’énormes profits sur le dos de peuples victimes de l’austérité, tout en asséchant les comptes publics des Etats.

Dès lors, il saute aux yeux que l’une des seules manières de faire cesser cette spéculation débridée contre les Etats consiste à désarmer les marchés financiers en utilisant l’atout de la création monétaire par la Banque centrale européenne pour racheter des dettes directement aux Etats, sans intérêt, comme le pratiquent les autres banques centrales dans le monde. Le traité de Lisbonne l’interdit aujourd’hui. Mais, faut-il s’enfermer dans ce dogmatisme ultra libéral plus longtemps, quitte à faire brûler l’idée européenne dans le feu de la finance internationale ? Au nom de quelle logique la Banque centrale européenne peut-elle assurer la liquidité des banques menacées d’implosion et ne pas se mettre au service de l’intérêt général, en sortant les Etats de leurs difficultés ? Il faut donc  subvertir, dépasser,  changer radicalement les traités européens.

Contrairement à ce qu’ont dit depuis longtemps les partisans de ce traité, non seulement il est possible de le modifier mais aujourd’hui, ils le proposent eux-mêmes… pour de mauvaises causes. Pour les dirigeants européens, dont M. Sarkozy et Mme Merkel, il s’agirait d’aller vers des structures fédérales européennes très autoritaires, allant jusqu’à se donner la possibilité de poursuivre devant la cour de justice européenne les Etats qui n’iraient pas suffisamment vite et loin dans la purge sociale. Le duo « Merkozy » ne parie que sur la peur du chaos qui habite désormais les citoyens européens pour faire avaliser cette sorte de coup d’état à froid, ce coup de force contre la démocratie et toute idée de progressisme humain social et écologique.

Si la situation est très inquiétante et dangereuse, les enjeux qu’elle recèle peuvent devenir plus clairs pour beaucoup, favorisant d’autant leur rassemblement et leur intervention. Soit la montée d’un système centralisé autoritaire supranational qui exacerbera les nationalismes porteurs de régression prendra le dessus, soit les populations imposeront un cours nouveau à la construction européenne en contestant l’hégémonie de la finance. Telle est l’une des grandes questions posées à la gauche. Toute entière, elle est concernée par les échecs de la social-démocratie en Grèce et en Espagne. En appliquant l’austérité, la baisse des salaires, l’abaissement des droits sociaux, le recul de l’âge de la retraite, les privatisations, elle est rejetée par les classes populaires, aggrave la récession. Ceci discrédite et fait perdre la gauche et fait gagner la droit par défaut. Ensemble, tirons-en les leçons en ayant le courage de proposer des changements des lois européennes et d’en appeler aux peuples sur la base d’un nouveau projet social, solidaire de développement humain et environnemental. N’est-ce pas, pour gagner et réussir, à ce niveau que doit être placé le débat politique dans le cadre des élections à venir ?

C’est d’ailleurs sur de tels enjeux que portent les discussions des assemblées citoyennes, souvent très studieuses, qu’initie le Front de Gauche dans les quartiers, les villages et les entreprises.

Face à la gravité et à l’ampleur de la crise, dont personne ne connaît les évolutions et les issues, il est nécessaire de déployer ce grand débat. On ne peut laisser les peuples enfermés dans cette sorte de prison dont les barreaux sont les structures totalitaires de l’économie capitaliste. Au contraire, nous avons à cœur que les citoyennes et les citoyens partout, reprennent rapidement leur destin en main.


0 commentaires


MARAT EL MOKRANI 1 décembre 2011 à 10 h 39 min

comment les populations pourraient elles imposer un nouveau cours à la « construction européenne » quand l’europe et son personnel politique viole les votes des peuples le non des vote Français st Hollandais en 2005 pui en refaisant voter les irlandais sous la menace.Non la solution c’est pour chaque peuple de recouvrer son indépendance pour construire pour ceux qui se seront engagés sur une voie anticapitaliste une autre europe!

claude LAURENT 1 décembre 2011 à 11 h 08 min

D’accord sur le principe du rachat des dettes des états par la BCE, mais quels contrôles doivent être mis en place pour que ne se développe très vite une inflation galopante ruinant les petits épargnants et la classe moyenne basse dont les retraites ne suivront pas. Le parlement européen peut-il mettre des garde-fous ?

Canelle 2 décembre 2011 à 11 h 57 min

Il me semblait bien que j’avais vu passer un nouveau billet….il a dû partir à la corbeille malencontreusement.

Sarkozy a surtout peur de perdre les élections ! J’ai d’ailleurs reçu de J.F Copé un courrier me demandant de m’inscrire à l’UMP ; je voulais retourner le tout en le demandant de ne pas me relancer, trop tard mon mari l’avait jeté…..Grrrr.

Beaucoup de gens ne veulent ni de Hollande ni de Sarkozy, c’est le moment pour le Front de Gauche de faire entendre sa voix sur les ondes, afin de secouer la population.
C’est infernale, les rares fois où j’allume la télé, c’est pour tomber sur le pouvoir en place.

yves chiabrando 4 décembre 2011 à 15 h 45 min

Les commentaires précédents me paraissent sensés; je n’ai pas un diplôme supérieur en économie, à l’instar, probablt de la plupart d’entre nous. La majorité des internautes qui s’expriment quant à la CRISE actuelle (financière, économique et de confiance par voie de conséquence) sont très clairvoyants, mais observent tous que dans ce pays, plus qu’ailleurs, nos élus passent trop de temps à préparer leur réélection, nous prouvent systématiquement qu’ils ne tiennent pas leurs promesses. J’ai près de 70 ans, mais j’aurais tendance à faire davantage confiance à la nouvelle génération (assez des anciens qui s’accrochent à leurs immenses privilèges (+ cumul de mandats).

Quoi dire sur des Institutions comme le Conseil économique et Social, la Cour des Comptes, lesquelles n’ont malheureusement aucun pouvoir d’influence des décisions (et encore moins d’ordre exécutif), les pseudo préfets (une cinquantaine par an nommés par des présidents de la République successifs), une majorité de députés européens qui siègent très peu au Parlement, des lois votées en « catimini », pour augmenter les allocations, exorbitantes, compensant la perte de mandat de député, après une période courte exercée etc… si l’on veut tout énumérer, il faudrait un journal entier. Et après tout, pourquoi pas? lequel aura le courage de tout dévoiler, dénoncer?

Depuis bien, trop longtemps, on voit alterner la droite et la gauche, avec les tristes résultats que l’on observe. Le Français est considéré tel un râleur,? Qu’est-ce qui l’empêche d’essayer le Centre ? Est-ce que cela pourrait être pire ? Je précise que je n’ai jamais adhéré à aucun parti politique, ni aucun syndicat. Tous savons que nous allons droit dans le mur : faillite d’un système. Qui peut nous expliquer qu’avec la modernisation de nos outils de production, nous n’avons jamais tant produit aussi vite, et conséquemment, à moindre coût, depuis ces cinquante dernières années, dans tous les pans de l’industrie, et que dans un pays comme le nôtre, apparaissant au 5 ème rang mondial, on arrive à ce paradoxe que de plus en plus de jeunes, de retraités doivent faire la queue aux Restos du Coeur, entre autres ?

Nos enseignants, policiers, magistrats, le personnel médical tout azimut, nos pompiers etc..(tous reconnus par une majorité de Français, comme étant compétents et consciencieux) se sentent abandonnés par leur hiérarchie.
La gestion des postes, dans l’enseignement (pour les décisions de mise en place de remplaçants quand c’est nécessaire) est catastrophique. Un rapport a souligné que si tel n’était pas le cas, on pourrait connaître des effectifs avec une moyenne de 15 élèves par classe.

Pour ce qui concerne les agents territoriaux, et élus, on remarque l’existence d’un véritable mille-feuilles de compétences et d’élus, dans nos régions : entre le Conseil Régional, le Conseil Général, les Communautés de communes, les Maires (parmi lesquels certains sont à la tête d’à peine dix administrés), avec évidemment les coûts qui en découlent, est-ce que tout ceci est adapté à la situation actuelle (sans parler de l’arrivée de la crise) ? On se croirait revenu – en fait, jamais extirpé – au temps de la Féodalité : chaque petit ou grand seigneur désireux de préserver son pré-carré ! Un exemple : l’Alsace = deux départements, la Normandie (Basse et Haute = cinq départements). Si l’on décide pour ces deux ré-
gions qu’il n’y aura plus qu’une capitale régionale, ça réduira le budget de fonctionnement sérieusement.

Il existe suffisamment de compétences, de gens d’expérience, dans ce pays, qui ont occupé de hautes responsabilités; pourquoi après s’être gavés autant, ne pourraient-ils pas, à l’exemple de nos chers bénévoles – toutes associations confondues – rendre un peu au pays ce que celui-ci leur a offert (le beurre et l’argent du beurre, parfois la crémière en sus) ?

J’arrête ici mon carnet de doléances, sinon j’y serais encore demain
et les jours suivants

MARAT EL MOKRANI 5 décembre 2011 à 10 h 40 min

@yves Chiabrando,
les reculs sociaux en France sont directement liés à l’affaiblissement du PCF c’est à dire l’affaiblissement du courant Revolutionnaire et patriotique en France,yvon chotard (vice president du patronat Français )disait à l’époque qu’on ne fait pas la meme politique avec un PCF à 20% des voix qu’avec un PCF marginalisé ,il disait vrai on peut le constater amérement aujourd’hui.C’est pourquoi il faut que les revolutionnaires se battent pour la reconqute des positions et de l’influence des communistes condition incontournable pour une politique en faveur des couches populaires et des classes moyennes qui sont en voie de paupérisation.

VIVE LA REPUBLIQUE VIVE L’ALGERIE ET LA FRANCE

VIVE LE PCF

Canelle 5 décembre 2011 à 17 h 53 min

Voici le témoignage d’un grec, Dimitri, à une Assemblée Citoyenne à Grabels dans l’Hérault (France) :
http://www.dailymotion.com/video/xmpawn_temoignage-dimitri-assemblee-citoyenne-grabels_news

Alors qu’une nouvelle fuite radioactive vient être découverte à Fukushima http://www.leparisien.fr/tsunami-pacifique/japon-nouvelle-fuite-d-eau-radioactive-a-fukushima-05-12-2011-1753740.php
et que Sarkozy persiste à faire l’apologie du nucléaire, voici ce qu’en dit Monsieur Jérémy Rifklin, essayiste américain, spécialiste de prospective économique et scientifique. Il est également fondateur et président de la Fondation pour les tendances économiques (Foundation on Economic Trends ou FOET) basée à Washington :
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=j_EbrOjIGkQ

La probabilité qu’il y ait un accident majeur en Europe dans les 30 prochaines années est donc de 72%. :
http://images.math.cnrs.fr/Accident-nucleaire-une-certitude.html

Voilà encore une belle preuve que l’EUROPE NOUS PROTEGE !

Nous allons tous finir pauvres, extrêmement pauvres…..à en mourir, nous n’allons plus pouvoir nous soigner, nous chauffer, nous éclairer….nos enfants vont être privés d’études, de soins, nos anciens je n’ose y penser……

Le prix du gaz va ENCORE AUGMENTER http://lci.tf1.fr/economie/consommation/hausse-du-prix-du-gaz-ca-se-precise-6857777.html

Il ne reste qu’une solution : SORTIR DE CETTE EUROPE, avant qu’elle ne nous entraine tous dans sa folie à satisfaire des marchés financiers.
L’Allemagne se prépare à sortir de l’euro et à commencer à battre monnaie ; J. Attali dit que l’euro ne passera pas Noël, alors que pour Mr Paul Jorion, il lui donne jusqu’à mi-décembre !
Pour Olivier Sarkozy (le frangin), « la zone euro est proche du point de non-retour » :
http://www.dailymotion.com/video/xmn22u_oliver-sarkozy-la-zone-euro-est-proche-du-point-de-non-retour-cnbc_news

NON, L’EUROPE NE NOUS PROTEGE PAS, ELLE EST DEVENUE L’ENNEMI COMMUN !!

Ce qui se passe est grave, très grave, et……..peut conduire à une guerre……… !!

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