D’un nouveau contrat social et environnemental !

le 5 mai 2021

Crédits : Lars Krafft - EyeEm - Getty

L’éditorial de L’Humanité Dimanche du 06 mai 2021 – par Patrick Le Hyaric.

Il y a urgence à sortir de ce moment sidérant où les forces les plus réactionnaires font ventre de tout, dans une ascension apparemment irrésistible et à grands renforts de propagande médiatique. Le pouvoir promotionnant cyniquement son adversaire déclaré pour s’affirmer comme seul recours à peu de frais, mais au péril de la démocratie.

L’issue de la crise sanitaire et ses multiples conséquences sont laissées à la discrétion des marchés financiers et du grand capital. Une crise sociale terrible couve sous les confinements et les libertés publiques sont sabrées au nom d’un état de crise permanent. Tout ceci prépare de nouveaux sacrifices au nom des dettes à rembourser et à quelques années d’un basculement jugé irréversible des conditions climatiques qui nous rendra plus encore vulnérables aux pandémies qui couvent sous la fonte des glaciers et la destruction de la nature.

Ces sujets brûlants sont aujourd’hui ensevelis sous une surenchère sécuritaire qui, si elle prospère sur des problèmes réels, évacue d’un seul geste les ressorts sociaux, politiques, géopolitiques des maux qui nous assaillent, et nous condamne ainsi à la fuite en avant liberticide. L’extrême droite fait ses choux gras d’une décomposition politique et sociale dont elle profite autant qu’elle la suscite. Les forces de progrès ne peuvent rester spectatrices d’un si dangereux délitement. Elles ont, dans leur histoire et dans leurs potentialités créatrices, matière à proposer aux classes populaires du pays une initiative rassembleuse qui doit viser haut : mettre en débat un nouveau contrat social, une proposition politique unitaire, une nouvelle dynamique pour l’ensemble de la société, sociale, politique, économique, écologique et culturelle renversant les logiques austéritaires destructrices du travail, de l’environnement et de la démocratie impulsées sur l’ensemble du continent.

Un contrat social est un contrat de nature politique unissant les membres souverains d’un même territoire quel que soit leurs parcours, leurs histoires singulières, leurs lieux de vie et de travail, l’origine de leurs parents et grands-parents. Il peut et doit être le vecteur d’un nouveau projet progressiste à la française, contre la définition ethnique de la nation promue par les droites extrémisée et l’extrême droite.

Une telle visée ne peut être que l’affaire des classes populaires et, parmi elles, des travailleurs. Elle ne peut s’accommoder d’un chômage de masse, de la destruction des capacités productives du pays et de sa soumission aux oligopoles du numérique nord-américain comme de l’abaissement du rôle et des compétences des citoyens. La souveraineté populaire et celle des producteurs doit, en tout lieu et toute chose, pouvoir s’exprimer, jusque dans les choix stratégiques des grandes entreprises et des banques. Elle implique la profonde régénération d’une démocratie d’intervention. Seul un projet positif d’envergure, puisant à la source d’une éthique républicaine et sociale, permettra d’unir les citoyens français aujourd’hui entretenus dans la division sous n’importe quel prétexte, empêchant l’unification du camp social susceptible porter ce projet révolutionnaire.

Une telle démarche doit reposer sur des institutions solides et communes. Politiques, bien sûr, renforcées et démocratisées, mais aussi économiques par la socialisation d’un certain nombre d’entreprises et de banques. Les enjeux décisifs de la santé, de l’éducation, du travail pour toutes et tous, doivent faire l’objet d’une nouvelle appropriation sociale, par des services publics renforcés. Face à la décomposition fascisante des sociétés capitalistes, les classes populaires ont besoin de renouer avec la politique pour contrer la dangereuse offensive réactionnaire qui s’avance et reprendre leur destin en main dans une visée post-capitaliste. Par-delà les opinions, frayer les chemins nouveaux d’une visée communiste est à l’ordre du jour.


3 commentaires


alain harrison 9 mai 2021 à 23 h 45 min

Bonjour.

«« Une telle visée ne peut être que l’affaire des classes populaires et, parmi elles, des travailleurs. Elle ne peut s’accommoder d’un chômage de masse, de la destruction des capacités productives du pays et de sa soumission aux oligopoles du numérique nord-américain comme de l’abaissement du rôle et des compétences des citoyens. »»

«« Une telle démarche doit reposer sur des institutions solides et communes. Politiques, bien sûr, renforcées et démocratisées, mais aussi économiques par la socialisation d’un certain nombre d’entreprises et de banques. »»

ET comment accomplir ces vues ?

Votons un peu une proposition parmi s’autres dans la gauche. Ici du programme du PRCF

Reconstruire le produire en France par la franche nationalisation des secteurs stratégiques:
C’est la 7e des 30 mesures prioritaires portées collectivement par le PRCF

EXTRAIT:

1) Des nationalisations historiquement efficaces pour la production…

Les nationalisations consistent dans le transfert de la propriété d’une ou de plusieurs entreprises privées ou d’un secteur économique à l’État par décision politique, par la confiscation du capital ou par le rachat par l’État des titres possédés par les actionnaires. Les principales raisons sont, outre l’accroissement du patrimoine et de la puissance publics, la prise ou la reprise du contrôle de ressources stratégiques (pétrole, ressources minières, armement, énergie nucléaire etc.), ou le sauvetage d’une entreprise ou d’un secteur en faillite lorsque l’intérêt économique national est en jeu. Cette situation se pose particulièrement à la Libération, lorsque Maurice Thorez appelle au « retour à la nation des grands moyens de production monopolisés » ; même de Gaulle, pourtant peu friand de nationalisations, fustige le parasitisme des grands monopoles privés dans son célèbre discours au palais de Chaillot en septembre 1944.

C’est ainsi que la France connaît trois vagues de nationalisations depuis 1918 :

Sous le Front populaire, quelques nationalisations stratégiques sont accomplies, à commencer par celle de l’armement et la création de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) en 1937.

À la Libération, le programme du Conseil national de la Résistance (CNR) prévoit de nationaliser : l’aéronautique, l’automobile (Renault), les énergies (EDF, GDF), les banques (dont la Banque de France), 34 compagnies d’assurances, les houillères ou encore l’agence Havas. Le PCF joue un rôle central : Marcel Paul nationalise le gaz et l’électricité, et les communistes font pression pour étendre les nationalisations à toutes les banques et compagnies d’assurances, se heurtant aux socialistes et aux gaullistes.
A l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand en mai 1981, le gouvernement Mauroy nationalise de nombreuses industries menacées de disparition (Rhône-Poulenc, Péchiney, Usinor et Sarcelor…) ainsi que 39 banques, appliquant en partie le Programme commun de la gauche de 1972. En partie seulement – voir les « explications » plus bas.

Le résultat en matière de production a été incontestablement positif, notamment à la Libération en créant les conditions d’un redémarrage massif de la production qui a permis de reconstruire le pays en moins de cinq années, tout en accroissant parallèlement le contrôle des travailleurs sur les structures avec la création des comités d’entreprise en 1945. De la même manière, les nationalisations – insuffisantes – opérées en 1981-1982 ont empêché la faillite de groupes industriels majeurs, même si ces nationalisations ont été temporaires…

C’est la 7e des 30 mesures prioritaires portées collectivement par le PRCF

Il y a une multitude de propositions dans la gauche.

Et sans doute suffisamment pour permettre une Constituante Citoyenne (le débat démocratique).

Quelles seront les thèmes forts d’ici les élections, du moins pour informer massivement qu’une alternative « satisfaisante » pour les 90% est possible et qu’il n’en tient quMaux 90%.

alain harrison 10 mai 2021 à 2 h 11 min

Macron une nouvelle fois , coupe l’herbe sous le pied de la gauche avec la grande conversation sur l’UE (durée 1 an). En même temps son agenda-UE.

Le français moyen s’y laissera prendre. Bien sûr, le passé récent en est l’assurance.

Il y a un grave déficit de discernement. (les bonnes intentions piges)

L’idéologie des droits de l’homme, un piège
8 Mai 2021, 17:11pm | Publié par Bolivar Infos
Interview de Gregorio J. Pérez Almeida, philosophe, auteur du livre « Impensar los derechos humanos. » Comment les Etats-Unis ont-ils réussi à convaincre toutes les nations avec cette Déclaration Universelle ? Non. L’histoire qu’ils nous ont racontée……

alain harrison 12 mai 2021 à 4 h 05 min

«« L’extrême droite fait ses choux gras d’une décomposition politique et sociale dont elle profite autant qu’elle la suscite. »»

Le Pen après avoir parodié un discours de gauche lors de sa confrontation avec Macron (2117).
S’apprête à parodier le discours pour plus d’UE.

Alors que

À L’ONU, LES MEMBRES DE L’OTAN ET DE L’UNION EUROPÉENNE S’ABSTIENNENT SUR LE NAZISME
La GAZETTE

À l’ONU l’Italie s’abstient sur le nazisme
Par Manlio Dinucci
Mondialisation.ca, 24 novembre 2020

«« La Résolution appelle donc les États des Nations Unies à entreprendre une série de mesures pour contrecarrer ce phénomène. La Résolution, déjà adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 18 décembre 2019, a été approuvée par la Troisième Commission avec 122 voix pour, parmi lesquelles celles de deux membres permanents du Conseil de Sécurité, Russie et Chine. Deux membres seulement des Nations Unies ont voté contre : États-Unis (membre permanent du Conseil de Sécurité) et Ukraine. Selon certainement une directive interne, les autres 29 membres de l’OTAN, dont l’Italie, se sont abstenus. Même chose pour les 27 membres de l’Union Européenne, dont 21 appartiennent à l’OTAN. Parmi les 53 abstentions se trouvent aussi l’Australie, le Japon et d’autres partenaires de l’OTAN……..
……………………..
L’Ukraine est ainsi devenue le “vivier” du nazisme renaissant au coeur de l’Europe. Dans ce cadre s’insère l’abstention de l’Italie, y compris dans la votation de la Résolution à l’Assemblée Générale. Le Parlement accepte, comme quand en 2017 il a signé un mémorandum d’entente avec le président du parlement ukrainien Andriy Parubiy, fondateur du Parti national-social ukrainien, sur le modèle national-socialiste hitlérien, chef des brigades néonazies responsables d’assassinats et de féroces passages à tabac d’opposants politiques. C’est lui qui se congratulera avec le gouvernement italien sur le non-vote de la Résolution ONU sur le nazisme, dans la ligne de ce qu’il a déclaré à la télévision : “Le plus grand homme qui a pratiqué la démocratie directe a été Adolf Hitler”. »»

Quand la maison est pourrie, on la démolit, et on reconstruit sur de nouvelle bases ?

Voilà la question, quelles sont les obstacles qui ont piégé les peuples d’Europe ? Les mêmes qui entourent le Monde, et qui ne font que monter en puissance les oppositions géopolitiques.

Quel est la clef de voûte ?

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