Les SANOFI au Parlement européen

le 11 février 2013

Après plusieurs rencontres, j’ai invité Mardi 5 février une délégation d’une vingtaine de délégués du comité d’entreprise de Sanofi au Parlement européen à Strasbourg pour qu’ils puissent exposer aux députés européens de différents groupes politiques les effets du plan de restructuration qui les frappe, mais au-delà d’eux, tous les citoyens.

Ce plan, s’il était mené à son terme, entrainerait  la suppression de 7000 postes dans 9 pays dans l’Union européenne.

Des délégués venant du Royaume-Uni, de Hongrie, de Roumanie, d’Espagne et de France, représentant les travailleurs comme les chercheurs ont présenté la situation de leur entreprise.

 L’orientation est partout la même:

  • Désinvestissement dans la recherche au profit de la rentabilité à court terme
  • Restructuration constante de l’outil industriel et de la recherche qui casse les processus en cours
  • Externalisations et délocalisations de services et d’emplois

A cela s’ajoute les particularités de la production de médicaments. Celle-ci est progressivement abandonnée au profit du marketing alors que les scandales sanitaires sur les effets non désirables de certains médicaments s’accumulent.

Dernier exemple en date cité par ces représentants des travailleurs: l’abandon par Sanofi du programme de recherche d’un vaccin contre le VIH alors que les résultats étaient encourageants, tandis que l’on investit dans un vaccin contre… l’acné.

Pour ces délégués venus de toute l’Europe rencontrer la quinzaine de parlementaires socialistes, verts, du front de gauche et de droite qui étaient présents, il était important de faire partager leurs inquiétudes sur les conséquences de la soumission grandissante aux logiques financières du secteur pharmaceutique.

Plusieurs exemples ont illustré cette inquiétude, les plus classiques étant les licenciements, les délocalisations suivies quelques semaines plus tard par l’embauche d’intérimaires pour combler la charge de travail.

Les représentants des travailleurs de Sanofi ont insisté sur la nécessité de l’action des députés européens pour rappeler le groupe Sanofi à ses obligations envers; ses employés, les territoires où l’entreprise est implantée ou encore, pour aborder la question des crédits alloués par l’Union européenne sans contrôle à Sanofi au titre de la recherche, ou pour obtenir des textes européens qui permettent une vraie consultation des travailleurs.

Nous sommes ici face à un secteur particulier directement lié aux enjeux de la santé publique, largement financé par l’Etat et la sécurité sociale.

Parmi les suggestions proposées par les députés figurent la transversalité des politiques.

La politique industrielle doit éviter d’être cloisonnée selon qu’elle ait plus d’impact sur l’emploi, l’environnement ou les questions énergétiques.

A également été suggéré la création d’un cadre protégeant les PME contre les grosses entreprises. Celles-ci s’appuient régulièrement sur les PME pour leur recherche mais dans une relation inégale qui finit souvent par l’absorption des petites structures.

La nécessité du renforcement des pouvoirs des comités d’entreprises européens.

Tout comme la proposition de conditionner les aides européennes à l’emploi, aux territoires et aux biens publics.

Enfin, la réflexion sur la création d’une société européenne publique dans les secteurs industriels en difficultés, déjà évoquée dans le cas de la sidérurgie, doit sérieusement être poussée aussi pour les secteurs du médicament.

En attendant c’est un travail d’alerte vis à vis des Commissaires européens que nous allons porter et de coordination entre députés des différents groupes politiques pour défendre au mieux les droits des travailleurs de Sanofi. C’est en ce sens que nous envisageons de nouvelles initiatives.

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 Mardi 5 février 2013, les SANOFI au Parlement européen

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