Le monde peut basculer dans le pire d’un instant à l’autre

le 26 février 2022

M. Poutine a décidé de déclencher une tragédie au cœur de l’Europe. L’ampleur de cette attaque guerrière et la façon dont elle a été menée, dans le cadre d’un jeu de dupes conduit par le maitre du Kremlin, bousculent profondément notre système de relations internationales. A quelques heures de vol de Paris, un autocrate a décidé de modifier des frontières en Europe et de changer le gouvernement élu d’un pays : l’Ukraine.


Une guerre de territoires avec son lot terrible de morts, de blessés, de destructions et de flammes, de bruits de bombes assourdissants qui ne font aucune différence entre une cible militaire et les habitants des quartiers populaires. Des crimes de guerre sont déjà commis. Des dizaines de milliers de réfugiés sont poussés à la hâte sur les routes, cherchant un refuge. L’angoisse, la peur étreignent les familles ici et partout ailleurs. Toutes nos pensées, notre solidarité vont aux enfants, aux femmes et aux hommes qui affrontent en ce moment-même ce drame. Toute initiative de solidarité concrète et d’action pour que se retirent les chars russes doit être soutenue. Ce qui signifie aussi qu’il faut tout faire pour limiter les pertes en vies humaines. La supériorité des forces militaires russes est colossale. Inquiétant, puisqu’ils ont pris le contrôle de la centrale nucléaire de Tchernobyl.


L’heure n’est pas à mettre de l’huile sur le feu. Il ne saurait donc être question de prétendre à une épreuve de forces militaires perdue d’avance. Tout doit être fait pour que les armes se taisent et que la diplomatie reprenne ses droits. Mais toutes les parties concernées doivent en avoir la volonté et ne pas en rester au point où s’est produite la rupture. Pour en accélérer le moment, les voix des peuples du monde entier, celles venues de Russie, des pays européens, les actions des Etats, de l’Union européenne et de l’ONU doivent se joindre pour faire entendre la demande du retrait des troupes, du rétablissement de la souveraineté de l’Ukraine et de la paix. C’est dire que si le recours à la méthode violente et destructrice d’humanité de l’autocrate de Moscou nous est interdit, les possibilités de la contrer existent aussi en l’isolant de diverses manières. Les peuples européens n’ont pas besoin du retour de la guerre. Ils aspirent à construire ensemble sur le continent un espace de coopération, de justice, de sécurité et de désarmement, qui soit débarrassé à la fois des guerres économiques et des guerres intra-capitalistes. Tel est l’intérêt des peuples français comme ukrainiens, allemands comme russes, anglais comme roumains ou espagnols ou grecs.


Le maître du Kremlin, se rêvant en nouveau tsar qui veut ressusciter la Grande Russie Impériale de Pierre le Grand, a préféré décider seul de faire parler les armes, plutôt que de continuer une discussion ferme avec les Etats-Unis et les dirigeants européens sur ses premières demandes, exprimées lors de son discours de Munich en 2007. Il appelait à juste raison à redéfinir la sécurité européenne. Il est vrai que lors du sommet de Bucarest en 2008, la France et l’Allemagne ont refusé d’élargir l’OTAN à l’Ukraine, mais le Président de la République et le chancelier Sholtz n’ont pas, ces derniers jours, redit publiquement à M. Poutine qu’ils continueraient à mettre leur véto à un tel élargissement. Or, le refus d’un seul membre empêche une telle adhésion. Ils ne l’ont pas fait car le président français a pieds et poings liés depuis la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Le président a préféré renforcer dans ce cadre la présence de militaires français en Estonie, en Roumanie et l’OTAN n’a cessé de s’élargir à la quasi-totalité des pays de l’Europe orientale. Les engagements vis-à-vis de l’Union soviétique, puis de la Russie, de ne pas élargir l’OTAN jusqu’aux frontières du pays, ont sans cesse été bafoués. Dans le cadre d’une tentative de maintien de leurs positions stratégiques, les Etats-Unis soufflent de loin sur les braises et se servent de l’Union européenne – qui s’y prête bien – pour tenter de maintenir leur hégémonie sur le continent, tandis qu’ils mènent un combat sans merci et tout aussi dangereux contre la Chine.


Aujourd’hui, avec le déclenchement de cette guerre et la violation du droit international, M. Poutine apporte un argument aux « pro-Otan » qui militent pour qu’y soit intégrée l’Ukraine. Ce faisant, non seulement il ne se place pas du côté des forces de paix, mais il contribue à les affaiblir. Les grands médias sont loin de donner honnêtement des éléments factuels et d’analyse permettant une compréhension largement partagée d’une situation très complexe. On constate aussi, avec regret, que parfois des amis en ont une vision qui ne prend pas suffisamment en compte les bouleversements intervenus. M. Poutine n’a rien de communiste. Il est un dirigeant de droite, autoritaire, nationaliste et expansionniste, qui noue des relations avec les partis de l’extrême-droite européenne et qui ligote le parti communiste de Russie jusqu’à le priver de majorité à la Douma. Quant au dirigeant ukrainien, nul ne devrait oublier son soutien sans faille au capitalisme européen et qu’il interdit le parti communiste d’Ukraine. Ce qui est en jeu ici, c’est une guerre intra-capitaliste sur fond de graves difficultés pour les deux peuples, russe et ukrainien, dans le cadre des contradictions exacerbées du capitalisme mondialisé. Une fois encore, ce seront ces deux peuples d’abord qui en paieront le prix fort en sang et en larmes, en privations et souffrances, mais les peuples européens aussi en souffriront. Il s’agit donc de contribuer à la recherche de solutions qui garantissent paix, sécurité, démocratie et mieux-vivre de toutes les populations et de le faire avec elles. La Russie dispose de ressources énergétiques qu’elle monnaie au prix fort aux pays européens et les Etats-Unis veulent déverser ici leur gaz de schiste. L’Ukraine regorge de matières premières dans son sous-sol et reste le grenier à blé de l’Europe. L’avoir maintenue en état de sous-développement en fait aujourd’hui une proie pour son grand voisin, comme pour les nord-américains, voire les Chinois. L’interaction des économies, notamment celles de l’Italie, de l’Allemagne, de la France avec 34 des plus grosses entreprises cotées en bourse, peut conduire à un cataclysme économique au moins européen, sinon mondial. Les premières victimes seront les peuples, alors que l’argent est orienté vers l’armée et l’armement, tandis que les libertés en Russie sont de plus en plus restreintes pour asseoir le pouvoir personnel du maître du Kremlin sur la Russie et l’Ukraine. Son ambition est d’imposer par la force une modification des frontières et un changement de gouvernement à Kiev.


Il le fait en modifiant la justification de son intervention armée et de son occupation en leur donnant désormais des fondements très inquiétants. En effet, il manipule l’histoire (comme le fait l’extrême-droite ici) en cherchant dans celle-ci une identité russe constante. Ainsi, il met désormais en avant la figure de Saint Vladimir Ier, dont il a inauguré une statue à quelques encablures du Kremlin en 2016 pour marquer le fait que la Russie était originellement chrétienne et doit le rester. Et pour lui, la Biélorussie et l’Ukraine ont avec la Russie, la même identité religieuse. Il ne doit donc pas y avoir un patriarcat orthodoxe spécifique dans ces pays. Il conteste l’existence de l’Ukraine en ces termes : « Permettez-moi de souligner une fois de plus que l’Ukraine n’est pas seulement pour nous un pays voisin. Il fait partie intégrante de notre propre histoire, de notre culture, de notre espace spirituel ». Pour lui, l’existence de l’Ukraine n’est due qu’à la volonté de la révolution de 1917 et de Lénine. « La dé-communisation » selon M. Poutine signifie qu’il faut modifier les frontières au profit de la Russie. Or, ce nouveau tsar-président bafoue lui aussi sa propre signature puisqu’en 1994, la Russie a bien signé le mémorandum dit de Budapest, dans lequel elle s’engageait à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, en échange du renoncement de ce pays à des armes nucléaires installées sur son territoire.


Il s’agit donc bien d’un basculement idéologique profond ainsi opéré depuis plusieurs années pour justifier l’occupation de l’Ukraine. Cela rend encore plus dangereuse la situation dès lors qu’elle dépasse la question du seul élargissement de l’OTAN.


Nous entrons vraisemblablement dans une nouvelle ère qui interdit le statut quo. Rien ne dit que l’onde de choc et ses effets déstabilisateurs ne seront pas mondiaux. Au-delà de l’Ukraine, peut-être les Balkans, peuvent aussi être entraînés dans le chaos jusqu’à l’Asie centrale. Il faut arrêter vite les chars de M. Poutine. Les surenchères guerrières que l’on l’entend trop déjà, conduiraient à l’abime. Il ne peut être question de postures politiciennes quand le devenir de l’humanité, avec celui de la planète, sont en jeu. Plus que jamais, esprit de responsabilité, sang-froid et créativité ! Nous avons pour responsabilité historique de contribuer à un mouvement mondial qui isole politiquement et économiquement le maître du Kremlin. Cela commence à se mettre en place, mais ne saurait s’éterniser tant sont lourdes les conséquences pour toutes les populations, là-bas comme ici. Des efforts particuliers doivent être entrepris pour soutenir et nouer des relations avec des démocrates russes. Des initiatives diplomatiques méritent d’être prises en direction des autorités chinoises pour les associer au maintien de la paix et de la sécurité humaine mondiales. Bref, rien ne peut être négligé qui permette d’atteindre les objectifs fixés, sans recourir à la force.


Un cap lourd de conséquences vient d’être franchi quand M. Poutine évoque l’arme nucléaire alors qu’il préside en ce moment le conseil de sécurité de l’ONU. Que le ministre des Affaires étrangères français surenchérisse sur le même terrain est affligeant et extrêmement dangereux. L’acte de guerre de M. Poutine, s’ajoutant aux interventions américaines ou françaises de ces dernières années, ouvre la voie mortelle à la loi du plus fort pour écraser et accaparer des territoires comme au milieu du XIXe siècle. Aux innombrables conséquences, il faudrait ajouter l’augmentation continue des budgets militaires au détriment des œuvres de vie, et les grandes difficultés pour coopérer par exemple pour faire face au changement climatique ou aux pandémies.


Voilà qui renforce notre conviction de tout faire pour que cesse la guerre, empêcher ce conflit de s’élargir, d’en appeler à l’ONU qui devra de toute façon se transformer comme bien d’autres institutions mondiales devenues inopérantes dans un monde multipolaire. Il n’y a pas de solutions aux multiples tensions actuelles dans un retour au passé. Il convient d’engager un processus de transformation des institutions internationales et de promouvoir le désarmement. Un mouvement populaire européen devrait se lever pour faire cesser l’occupation de l’Ukraine et pousser à la réunion d’une conférence pan-européenne de sécurité collective, de désarmement et de paix, incluant évidemment la Russie et l’Ukraine. Il aurait pour objectifs d’identifier les causes réelles des conflits en cours dont celui du Donbass, de rétablir l’indépendance et la souveraineté d’une Ukraine ni alignée sur la Russie ni sur l’OTAN. Il est nécessaire aussi de créer les conditions d’un désarmement des missiles de moyenne et longue portée et d’une sécurité de tous les pays en Europe, de Brest à Vladivostok. Le chemin est étroit, mais la voix des peuples unis peut être efficace. Les initiatives des sportifs, du monde culturel, les manifestations pour la paix, ces dernières heures, est la voie à conforter. Il n’y a pas d’autre solution qui vaille. Nous sommes toutes et tous concernés.


17 commentaires


Moreau 26 février 2022 à 20 h 21 min

Paix ! Paix ! La Paix est possible, elle peut et doit être gratuite ! Esprit de Paix ! Esprit de responsabilité pacificatrice et d’initiatives d’envergures spécifiques pour la Paix ! Esprit de Liberté humain ! Liberté Égalité Fraternité dans tout pays !

Deneubourg 27 février 2022 à 20 h 52 min

Excellente analyse !

alain harrison 27 février 2022 à 23 h 49 min

Bien.

La Gauche oublie l’histoire. Vous le faite exprès.

Ignorer le passé, c’est reproduire les erreurs. Et c’est ce qui se passe.

Annie la croix-riz: les origines de la construction Européenne
(le triumvirat impérialiste)

L’hypocrisie de l’UE (valais des USA) face aux exigences de la Russie. Avez-vous suivi ???

Oublier la destruction de l’Irak (mensonges), de la Libye (l’affaire Sarkozy) le montage des Printemps (le  » livret  » sur les renversements doux).

Vous le faite exprès, ou quoi !

Voir mes commentaires : La Fête de l’Humanité, une soif d’idéal

de quoi ????

REININGER 28 février 2022 à 18 h 52 min

C »est excellent article qui fait preuve de raisonnement.

Je l’ai ajouté dans chaque exemplaire de l’huma magasine de jeudi dernier lequel n’avait pas eu le temps d’écrire sur la situation en Ukraine..

Moreau 28 février 2022 à 22 h 42 min

Je ne pense pas que la France reproduit des erreurs, elle a changé de président plus d’une fois depuis l’an 2000, elle réalise par une alternance inédite un redressement de la France et de l’Union Européenne en faisant face à des imprévus complexes, et revient la politique universaliste de gauche qui a du sens depuis la fin de l’année 2021 et de plus en plus. Il en faut davantage dans les deux spécificités : socialisme et communisme du vingt et unième siècle. Le plus important est que les Électrices et les Électeurs qui se sont abstenues dans de grandes élections se retrouvent cette année et votent pour la République française et européenne, ce que nous sommes. Comme disait Homère : laissons le passé au passé, puis d’abord, il n’y a plus le temps pour rechasser le passé que chacun rechasserait à sa façon, il faut relever l’Union Européenne et le Monde vite et bien pour de vraies victoires : la paix gratuite, et arrêter l’amplification et l’intensité des catastrophes écologiques et climatiques et humaines.

alain harrison 3 mars 2022 à 23 h 17 min

Comme le dit, le Sage:

Au lieu de regarder la Lune, vous regardez le doigt qui pointe.

alain harrison 17 mars 2022 à 20 h 53 min

Bonjour.

vous dites
«« M. Poutine a décidé de déclencher une tragédie au cœur de l’Europe. L’ampleur de cette attaque guerrière et la façon dont elle a été menée, dans le cadre d’un jeu de dupes conduit par le maitre du Kremlin, bousculent profondément notre système de relations internationales. A quelques heures de vol de Paris, un autocrate a décidé de modifier des frontières en Europe et de changer le gouvernement élu d’un pays : l’Ukraine. »»

OTAN, SUSPENDS TON VOL ! (NOUVELLES D’AMÉRIQUE LATINE, PAR MAURICE LEMOINE)
Venezuela Infos
«« Même en Amérique latine, la déclaration du ministre italien de la Défense Mario Mauro à l’occasion de la Conférence de Munich sur la sécurité, en février 2007, n’est pas passée inaperçue : « L’usage de la force ne peut être légitime que si cette décision a été prise par l’OTAN, l’Union européenne ou l’ONU. » Nul n’ignore que cette prépotence, cet exercice abusif d’un pouvoir absolu (on ne parle pas là de l’ONU), ont déjà été mis en œuvre, et depuis longtemps. Au début des années 1990, par exemple, en reconnaissant les Républiques sécessionnistes qui ne s’appelaient ni Crimée ni Donbass, mais Slovénie, Croatie, puis Bosnie-Herzégovine (OTAN : Deliberate Force, 1995) issues du démantèlement de la Yougoslavie. En 1999, lorsque l’OTAN, comme toujours sous commandement des Etats-Unis, bombarda la Serbie pendant soixante-dix-huit jours pour imposer l’indépendance du Kosovo en ignorant la Charte des Nations unies. En 2001, 2004 et 2011 lors de l’attaque, de l’invasion ou de l’occupation de l’Afghanistan (Force internationale d’assistance à la sécurité ; FIAS), de l’Irak (NTM-I) [4] et de la Libye (Unified Protector ; OUP), avec les conséquences « hautement positives » que tout un chacun connaît. De tels précédents n’excusent en rien l’expédition guerrière déclenchée par Moscou, mais disqualifient la crème des commentateurs qui, aujourd’hui en pointe dans la dénonciation de « la guerre criminelle de Poutine », se sont tus à l’époque, quand ils n’ont pas chaudement soutenu ces opérations. »»

Rien ne devrait justifier la violence……. En ce début du 3e Millénaire.

Hélas, les peuples sont sous la coupe des pouvoirs et de l’ignorance de l’Histoire et de notre origine(la vue globale).

Seul la vue d’ensemble nous donne accès aux tenants et aboutissants, aux causes et aux acteurs responsables. Le questionnement aux solutions.

alain harrison 17 mars 2022 à 21 h 25 min

Autre extrait (apprendre des erreurs, mais encore faut-il avoir des mémoires historiques)

«« Gorbatchev, Hekmut Kohl, Hans-Dietrich Genscher évoquant la réunification de l’Allemagne, 15 juillet 1990.
Neuf novembre 1989 : le Mur de Berlin tombe. Le 9 février 1990, dans la salle Catherine II, haut lieu historique du Kremlin, le secrétaire d’Etat américain James Baker rencontre le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev. Dans le cadre d’une discussion sur la sécurité soviétique, alors que les négociations sur la réunification de l’Allemagne battent leur plein, Baker prononce la fameuse phrase : « La juridiction militaire actuelle de l’OTAN ne s’étendra pas d’un pouce vers l’est [5]. » Le lendemain, 10 février, toujours au Kremlin, le chancelier allemand Helmut Kohl tient le même langage [6]. En mars 1991, à Bonn, devant Boris Eltsine (président de la Fédération de Russie) et Edouard Chevardnadze (ex-ministre des Affaires étrangères de l’Union soviétique), les représentants des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne s’engagent à nouveau à ce que l’OTAN ne s’étende pas au delà de l’Elbe (frontière entre les deux Allemagnes jusqu’en 1990) et à ce qu’elle n’accepte pas de nouveaux membres. Tant les archives britanniques qu’une récente enquête du magazine allemand Der Spiegel confirment l’existence de cet engagement [7].

Aucune de ces promesses n’a été tenue.

alain harrison 17 mars 2022 à 21 h 42 min

Pour Jean Jaurès, la révolution socialiste n’est concevable que dans le cadre de la légalité démocratique, c’est-à-dire par une conquête graduelle et légale par le prolétariat des institutions parlementaires et de la puissance de la production.

6 mars 2014

Conférence magistrale à l’université de la Sorbonne, Paris, le 6 novembre 2013
La crise européenne et l’Empire du Capital : leçons à partir de l’expérience latinoaméricaine

Rafael Correa Delgado

CRISE DE LA DETTE LATINO-AMÉRICAINE.

Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Ce que vit l’Europe en ce moment, c’est du déjà-vu. L’Amérique latine a déjà souffert une longue « crise de la dette », et je crains que l’Europe ne soit en train de commettre les mêmes erreurs que nous avons nous mêmes commises.

Le Grand Soir

Encore une fois, (Maurice Lemoine) ….. les erreurs…… au lieu des solutions…..Il n’y a pas de questionnements, le seul chemin.

alain harrison 17 mars 2022 à 21 h 48 min

Il y a ceux qui disent avoir la Vérité. (les croyances)

Ceux qui voient la vérité d’une chose (intégrité et honnêteté intellectuelle) __ Krishnamurti

alain harrison 18 mars 2022 à 20 h 43 min

Quelques détailles (suite aux extraits).

«« Faut-il en conclure que, pour que les habitants de la Crimée obtiennent la reconnaissance de leur droit imprescriptible, il faut que coule autant de sang en Crimée qu’au Kosovo ? Pardonnez-moi, ce sont des parallèles et des analogies parfaitement impropres [13]. »

( Voir l’Emblème du Bataillon d’Azov.)
Mouvements autonomistes dans l’est de l’Ukraine : frontalier de la Russie, le Donbass est le théâtre d’affrontements entre séparatistes pro-russes et armée ukrainienne. Pour mettre fin aux hostilités, deux accords sont signés à Minsk, capitale de la Biélorussie. Le premier (5 septembre 2014), par les représentants du Groupe de contact trilatéral sur l’Ukraine – Russie, Ukraine et Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Le second (12 février 2015), par les présidents François Hollande, Angela Merkel, Petro Porochenko et Vladimir Poutine. Ce dernier n’appuie pas la revendication d’indépendance des séparatistes. De fait, les protocoles signés prévoient que le gouvernement ukrainien reprendra le contrôle de ses frontières orientales, mais procédera à une réforme constitutionnelle permettant que les régions de Donetsk et de Lougansk bénéficient d’un statut spécial, une forte autonomie respectant leur spécificité linguistique [14].
Jamais les gouvernements ukrainiens pro-occidentaux successifs ne respecteront ces accords pourtant garantis par Bonn et Paris. »»

alain harrison 18 mars 2022 à 20 h 49 min

Conclusion de l’article (extrait)

«« C’est l’histoire d’un type qui passe devant un chien et qui lui donne un grand coup de pied. L’animal jappe. Impassible, l’homme lui décoche un nouvel horion. Le chien aboie furieusement. Sans s’en préoccuper, l’homme le shoote à nouveau. Cette fois, le chien bondit et lui mord furieusement le mollet. Le type se tourne alors vers les amis qui l’accompagnent et fait : « Ah ! Vous voyez bien qu’il est méchant ! » »»

La construction de l’UE,,,,,,,,,,,,Des origines de l’UE au temps présent – Annie Lacroix-Riz

alain harrison 19 mars 2022 à 22 h 49 min

C’est juste un rapport de force, l’Ordre Internationale n’a rien à faire là dedans, ou tout simplement activé ou désactivé selon le cas, les deux poids deux mesures.

Un autre extrait:

«« Les îles Malouines (Falkland Islands en anglais, Islas Malvinas en espagnol) appartiennent à un archipel de l’Atlantique Sud situé à 480 km des côtes de l’Argentine et à 14 600 kilomètres de celles de l’Angleterre. Elles comptent une population d’environ 3 000 habitants, dont les deux tiers résident dans la capitale Port Stanley. Depuis 1820, l’Argentine conteste la souveraineté du Royaume-Uni sur ces îles, à tel point que, en 1982, elles ont été l’enjeu d’un conflit militaire entre les deux pays – la Guerre des Malouines.
Les 10 et 11 mars 2013, lors d’un référendum sans aucune base légale organisé par Londres, les habitants de l’archipel ont voté massivement en faveur du maintien dans le giron britannique – renvoyant dans les limbes de l’ignorance ou de la mauvaise foi le quotidien Libération (16 mars 2014) quand il vit dans le référendum en… Crimée un « putsch politique et militaire orchestré de main de maître depuis Moscou, [qui] crée un précédent dangereux, sans équivalent depuis la seconde guerre mondiale ».
Réaction de la « communauté internationale » devant le référendum austral orchestré par Londres : « Nada ! » »»

alain harrison 22 mars 2022 à 5 h 48 min

Le déluge de détails sur l’Ukraine….

Et pour le peuple d’Irak, le peuple d’Afghanistan (retour à la case départ), le peuple de Libye, et j’en passe, et les soldats US (Crime contre l’humanité, l’ultime retour des barbares). Non de dieux, que la mémoire faillit ??????????? Ici, comme bien ailleurs.

Pourtant le portrait des US est bien documenté aussi. Mais, le 4e pouvoir est pourri. Aux US, ils ont même élu un mafieux (voir sa fiche signalétique): un dénommé Reagan, totalement décomplexé (les enfants de la sur consommation __ un méchant prédateur, économique, bien sûr).
20 juin 2013
JPMorgan réclame des régimes autoritaires en Europe
Stefan STEINBERG

«« C’est la voix authentique du capital financier qui parle. Il faut rappeler que JPMorgan est profondément impliqué dans les opérations spéculatives qui ont dévasté la vie de centaines de millions de travailleurs partout dans le monde. En mars de cette année, une commission du sénat américain a rendu public un rapport de 300 pages documentant les pratiques criminelles et la fraude réalisées par JPMorgan, la plus grande banque des Etats-Unis et le plus grand agent de produits dérivés du monde. En dépit des révélations détaillées dans le rapport, aucune action ne sera prise à l’encontre du PDG de la banque, Jamie Dimon, qui jouit de la confiance personnelle du président américain.

Cette même banque se permet à présent de faire la leçon aux gouvernements. Soixante-dix ans après la prise de pouvoir par Hitler et les nazis en Allemagne, dont les conséquences furent catastrophiques pour l’Europe et le monde, JPMorgan est le premier à réclamer des mesures autoritaires pour réprimer la classe ouvrière et éradiquer ses acquis sociaux.

Stefan Steinberg

(Article original paru le 17 juin 2013)

»» http://www.wsws.org/fr/articles/2013/jui2013/morg-j19.shtml »»

La guerre économique (3e guerre mondiale)
L’Allemagne et la France (valais des US) contre le peuple grecque, une guerre économique dès plus tordue, sinueuse comme les chemins qui mènent aux paradis fiscaux toujours très actifs.
Qui sauve qui ? CADTM
L’histoire est riche, et la __ condition humaine __La source de nos malheurs a sa source dans l’exploitation de l’homme par l’homme.
Au lieu d’investir dans l’Intelligence humaine, aujourd’hui encore plus, c’est dans la compétitivité. L’Évolution Naturelle est encore plus mal comprise, mal enseignée ou pas du tout.
Tout comme l’histoire (le manque d’archives).
Je conseille la lecture de Krishnamurti: voir ou penser voir.

alain harrison 1 avril 2022 à 19 h 24 min

«« L’avoir maintenue en état de sous-développement en fait aujourd’hui une proie….

Voir le sort de la Grèce.

Depuis 1945, les US ne cessent d’alimenter la mentalité du vieux monde.

Faut-il encore tomber dans le piège US- France (Irak, Libye, ……..Cuba, Chili d’Allende, Vénézuéla, ,

Pour comprendre l’aboutissement logique de cette guerre, il faut une vue globale de l’Histoire.

Crime contre l’Humanité, L’ultime retour des barbares
6 août 2014
Fethi GHARBI
« Eh bien, oui, proclame Hitler, nous sommes des barbares et nous voulons être des barbares. C’est un titre d’honneur. Nous sommes ceux qui rajeuniront le monde. Le monde actuel est près de sa fin. Notre tâche est de le saccager… » – cité par Jean-Claude Guillebaud, La Refondation du monde, 1999, Seuil.

Extrait:

«« Des Moudjahidines de tous les coins et recoins du monde arabe et islamique sont envoyés en Afghanistan combattre les mécréants soviétiques(8). Une armée d’exaltés qui ne coute presque rien à ses commanditaires a fini après des années d’harcèlement par épuiser une économie soviétique déjà chancelante et accélérer de la sorte l’implosion de l’URSS. Les occidentaux ne s’arrêteront pas là, ils useront du même stratagème pour provoquer l’implosion de la Yougoslavie. Il faut cependant se rappeler que bien avant l’instrumentalisation des islamistes, l’OTAN a levé dans tous les pays de l’Europe occidentale une armée secrète au nom de Stay-behind (9). Chaque pays avait son propre réseau. Celui de l’Allemagne de l’Ouest par exemple portait le nom de Schwert (glaive en allemand), créé à la fin des années 1940, Il était composé à l’origine d’anciens SS. Le réseau italien Gladio (glaive en italien) recrutait ses membres parmi les organisations fascistes. Il s’agissait pour l’OTAN d’armer, d’entraîner et d’entretenir des groupes armés d’extrême droite connus pour leur haine viscérale du communisme. Ces réseaux étaient constitués de cellules éparpillées sur l’ensemble des territoires des « démocraties » occidentales à l’insu de leurs parlements. A l’origine, ces cellules auraient constitué autant de poches de résistance à une probable invasion soviétique. Mais la montée fulgurante de certains partis de gauche comme par exemple le parti communiste italien allait changer la donne. Il devenait alors impératif de pointer ses armes contre cette menace venue de l’intérieur. D’après l’historien Daniele Ganser (10), L’essentiel des attentats terroristes qui ont ensanglanté l’Europe Occidentale jusqu’à la fin des années quatre-vingt et que l’on attribuait faussement à l’extrême gauche étaient en fait l’œuvre de ces groupuscules fascistes commandés par l’OTAN. L’attentat de la gare de Bologne en 1980 ou encore celui de la fête de la bière de Munich en 1980 sont deux épisodes douloureux d’une longue série d’actions terroristes non revendiquées et non élucidées pour la plupart. Ces crimes abominables commis à l’aveugle contre des concitoyens s’inscrivent selon Ganser dans une « stratégie de la tension » consistant à discréditer l’ennemi en lui imputant des actions terroristes qu’il n’a point commis. L’assassinat de civils innocents, en suscitant la peur et la haine chez le reste de la population finit par diaboliser celui qu’on veut disqualifier ou agresser. Cependant, tous ces attentats sous fausse bannière, en semant la terreur en Europe pendant la guerre froide, n’ont surtout servi qu’à soumettre définitivement la politique européenne aux exigences des Etats-Unis. »»

20 juin 2013
JPMorgan réclame des régimes autoritaires en Europe

Stefan STEINBERG

Extrait:

«« C’est la voix authentique du capital financier qui parle. Il faut rappeler que JPMorgan est profondément impliqué dans les opérations spéculatives qui ont dévasté la vie de centaines de millions de travailleurs partout dans le monde. En mars de cette année, une commission du sénat américain a rendu public un rapport de 300 pages documentant les pratiques criminelles et la fraude réalisées par JPMorgan, la plus grande banque des Etats-Unis et le plus grand agent de produits dérivés du monde. En dépit des révélations détaillées dans le rapport, aucune action ne sera prise à l’encontre du PDG de la banque, Jamie Dimon, qui jouit de la confiance personnelle du président américain.

Cette même banque se permet à présent de faire la leçon aux gouvernements. Soixante-dix ans après la prise de pouvoir par Hitler et les nazis en Allemagne, dont les conséquences furent catastrophiques pour l’Europe et le monde, JPMorgan est le premier à réclamer des mesures autoritaires pour réprimer la classe ouvrière et éradiquer ses acquis sociaux. »»

La crise de 2008, une crise naturelle (le capitalisme b’est oas une idéologie, c’est la nature…
de l’Évolution Naturelle.

Qui sauve qui ?
22 juin 2016 par Anouk Renaud

Extrait:

«« Faire un nouveau prêt à la Grèce pour qu’elle rembourse ses dettes, voilà la logique du premier accord de prêt. Mais à qui la Grèce devait cet argent ? Aux banques européennes, particulièrement françaises et allemandes. En effet, en 2009, 89 % de la dette publique grecque étaient entre les mains de banques privées européennes et les banques françaises et allemandes en détenaient à elles seules 57 % [5].

Vous allez me dire : pourquoi les banques privées possédaient-elles des titres de l’État grec alors qu’elles ont avant tout prêté aux banques, voire aux particuliers grecs ?! Même si la crise grecque est en réalité une crise de dettes privées, il n’en reste pas moins qu’en 2010 l’État Grec était fortement endetté. Un endettement qui résulte de plusieurs facteurs (taux d’intérêts élevés, dépenses militaires exorbitantes, exonérations fiscales, sortie illicite de capitaux, sauvetages bancaires… [6]). Et pour rappel, un État de la zone euro n’a pas d’autres choix que de se financer sur les marchés financiers, donc auprès de banques privées [7]. Avant l’intervention de la Troïka, la Grèce était donc endettée auprès de banque privées européennes, y compris des banques grecques.

Mais pourquoi les banques européennes achetaient tant de la dette grecque ?
D’une part, parce qu’avec la déréglementation financière, investir dans la dette publique est considéré comme une prise de risque zéro et donc permet aux banques de prêter sans compter et sans prendre de risque… du moins en apparence. De cette façon les banques maintiennent de « bonnes notes » auprès des agences de notation [8].

D’autre part, parce que dans les années 2000, prêter à la Grèce ça rapporte quand même plus que prêter à la France ou à l’Allemagne. Bref, la dette grecque, c’était sûr, tu soignais ton image et tu te faisais du pognon.

L’argent des prêts de la Troïka a donc permis à ces banques d’être remboursées et de se désengager du risque que représentaient les titres grecs. Risque qu’elles ont elles même créé.

Conclusion.
Il faut changer la structure économique, questions techniques

Un nouveau pacte social est incontournable sous l’égide de la science (croyances versus la vraie science __ non par interprétation mais par questionnement honnête )

Marx avait bien saisi la notion d’Évolution Naturelle: tout change et se transforme. Nous pouvons le faire en harmonie ou dans le chaos et la souffrance que nous perpétuons au nom des croyances (ceux qui détiennent la Vérité) ou ceux qui voient la vérité d’une chose.
La condition humaine: les enfants de la surconsommation (documentaire)

Seul la vue globale nous donne accès aux tenants et aboutissants, aux causes et aux acteurs responsables. Le questionnement aux solutions.

Krishnamurti: voir ou penser voir

alain harrison 1 avril 2022 à 19 h 33 min

Un détail (qui sauve qui ?)

«« Et la crainte de l’effet domino ne s’arrêtait pas là, puisque les banques américaines étaient également très exposées vis-à-vis des banques européennes. Bref, il fallait sauver les banques grecques pour sauver le système bancaire.»»

alain harrison 4 avril 2022 à 18 h 38 min

2008, aux US, des milliers de gens trompés. La bulle immobilière.Comme dit Macron « en.

même temps ».

Le monde peut basculer dans le pire d’un instant à l’autre.

Depuis le début du 21 e siècle, le Monde ne cesse de basculer. Il y a une systématisation.

Un des buts recherchés est de faire capoter la Révolution Bolivarienne.

De nouvelles preuves relient Juan Guaido aux cartels de la drogue
18/03/2022
Venezuela en Vivo

Extrait:

«« La réalité semblant défier la fiction, les révélations ne s’arrêtent pas là. Le 20 septembre 2019, le gouvernement vénézuélien va rendre publics de nouveaux éléments liés à l’arrestation de alias Nandito, un des paramilitaires qui apparaît sur les photos avec Juan Guaido. Selon Gustavo Petro, il est le responsable d’une ferme utilisée par les paramilitaires pour découper leurs victimes, parfois encore vivantes («Casa de Pique»). Cette ferme est située juste en face de l’endroit où Guaido s’est pris en photo avec ses amis. Voilà le type de personne soutenue par le système politico-médiatique occidental. »»

Macron a dit qu’il n’y avait pas de néo-nazis en Ukraine.

Les massacres en Ukraine ?
Ou bien les russes sont stupides ?
Ou bien l’Occident est stupide ?

La parole de l’un contre l’autre……
La répétition est le berf de la guerre…..

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