L’alternative : Front populaire contre le bloc bourgeois capitaliste

le 24 juin 2024

Les réalités politiques sont souvent cachées par les apparences que cultive le méli-mélo médiatique. À s’y fier, nous aurions à choisir entre trois options en vue de l’élection de la nouvelle assemblée nationale le 30 juin. Or, si on raisonne à partir des intérêts de classe et de la nécessité de donner un nouveau souffle à la République sociale, démocratique et écologique, le choix se résume à deux blocs. L’un d’eux, sous différentes combinaisons et combines, jusqu’à la cohabitation institutionnelle entre le macronisme et le RN/FN, défend les intérêts du grand capital. L’autre, le nouveau Front populaire, se place au service de l’intérêt général, du travail, de la bifurcation écologique, de la respiration démocratique, de l’égalité entre les femmes et les hommes au travail comme dans la cité, de l’antiracisme et de l’antisémitisme, et du combat pour la paix. Ces blocs ne sauraient faire oublier la masse des abstentionnistes qui compose la moitié du corps électoral, dégoûtés par la politique, les engagements non tenus, les divisions et diversions. Ils peuvent, grâce à la nouvelle offre de la gauche politique, sociale, syndicale, associative, culturelle et écologique, se mobiliser pour donner une majorité au Front populaire plaçant au centre des enjeux la rémunération et la souveraineté du travail et au travail.

Si la bataille est si tendue et le dénigrement des forces de gauche et de son programme législatif si caricatural, c’est précisément parce que cette unité de qualité nouvelle déjoue les plans du fondé de pouvoir de la haute bourgeoisie qui misait sur la division à gauche pour promouvoir une « union sacrée » autour des intérêts du capital. Pour parvenir à ses fins, le locataire de l’Élysée n’hésitera pas à construire un nouveau compromis entre un libéral capitalisme autoritaire et le national capitalisme, indispensable pour garantir la survie du système. Le basculement d’au moins la moitié des adhérents du parti de droite et le refus des ministres tout comme du chef de file LR aux Européennes, de dire qu’ils choisiraient de battre l’extrême droite lors de second tour le 7 juillet face à des candidats Front populaire en est l’illustration. C’est le scénario italien ou la droite berlusconienne et le parti mussolinien de Méloni gouvernent ensemble pour le libéralisme économique, l’Europe du capital et l’atlantisme. 

Au cœur des contradictions d’un capitalisme en crise, force est de constater que droite, macronisme et extrême droite ont toujours les mêmes ennemis : les travailleurs, le progressisme et l’écologie. Les seaux d’eau que jette le RN/FN dans son vin ces derniers jours à la demande du grand patronat est un indicateur fiable de cette convergence. Évidemment, le bloc bourgeois-capitaliste n’est pas monolithique. Il se présente dans le cadre d’une compétition électorale. Mais ces apparences cachent les intérêts de classe qui les guident. La dédiabolisation de l’extrême droite, la reprise méticuleuses de ses idées, de sa grammaire, de son vocabulaire dans les lois immigration et séparatisme, le projet de revenir sur le droit du sol, la chasse aux plus pauvres traités « d’assistés », le refus d’augmenter les salaires au profit d’une baisse des cotisations ouvrant la voie à la destruction de la Sécurité sociale, la remise en cause du statut de la fonction publique, les attaques de différents niveaux contre le service public de l’audio-visuel, le mépris des syndicats et des associations, la promotion des hiérarchies naturelles, les flirts commun avec le concept de « préférence nationale » la répression des syndicalistes comme des écologistes, les campagnes contre tout mouvement d’émancipation baptisé du fumeux mot de wokiste constituent leur dangereux programme commun. Le seul bulletin de l’alternative pour tout démocrate et républicain est celui des candidats du « nouveau Front populaire ». Ils doivent avoir pour garantie que la nouvelle majorité soit placée sous leur contrôle et être associés étape par étape au processus de changement.Front populaire doit être synonyme de mouvement du peuple uni pour changer la vie. C’est la condition indispensable pour faire reculer de manière nette et durable l’extrême droite.

Patrick Le Hyaric  

Article publié dans L’Humanité des 21-22-23 juin 2024


1 commentaire


Alain Harrison 25 juin 2024 à 6 h 07 min

Votre article est vide, il ne dit rien…Vous faites par exprès.

Hollande Gluksman sont vos non dit (Korzybski)

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