Chercher une nouvelle alliance ville-campagne

le 23 décembre 2014

Monderural

Les chiffres ne rendent que très peu compte des réalités  vécues, des souffrances et de la dureté chaque fin de mois à joindre les deux bouts. Pourtant, les comptes de l’agriculture publiés la semaine dernière laissent clairement voir derrière la sécheresse des chiffres, l’approfondissement de la crise qui parcourt nos campagnes. On produit plus, puisque la production agricole a augmenté de 5,5%, mais les prix à la production ont diminué en moyenne de 6%. Une moyenne cache forcément de fortes disparités. Le revenu paysan minimum diminue fortement dans certains secteurs de production depuis l’année 2010. Le nombre d’agriculteurs diminue toujours fortement. Ainsi la productivité réelle de l’agriculture par actif et certainement par hectare augmente avec des effets très pervers contre l’emploi et contre le renouvellement des sols et de la biodiversité.

 

On ne sent ici aucun effet de la nouvelle loi d’orientation agricole et de la promotion de l’agro-écologie. On le sent d’autant moins que prédomine l’impression, d’un côté,  d’un discours et de l’autre la fuite en avant dans le gigantisme productiviste, à l’image des grands poulaillers ou porcheries autorisés ou de la ferme dite des « mille vaches », en Picardie. Ces « méga fermes préfigurent le « modèle agricole » de plus en plus valorisé dans le cadre d’une politique agricole européenne qui refuse de créer les conditions d’une rémunération du travail par des prix de base garantis à la production, préférant jeter les paysans dans le grand bain de la concurrence mondiale alors que les conditions de productions sont différentes d’un pays à l’autre, voire même parfois d’une région à l’autre à l’intérieur de l’Union européenne et de la France.

 

C’est cette violente concurrence qui aboutit à abaisser sans cesse les prix, à éliminer les plus petits agriculteurs et à favoriser la concentration agraire. Ceci aboutit à une pression sur les prix alimentaires, décidée par de grands consortiums qui favorisent une alimentation de plus en plus standardisée, qu’ils veulent aller chercher dans des lieux où le prix à la production est le plus bas, quitte à sacrifier la qualité gustative, voire la sécurité sanitaire. Ce modèle est une impasse du point de vue du genre humain et de l’environnement. L’enjeu de la rémunération correcte du travail paysan doit être relié à celui de l’augmentation des petits salaires et des retraites, de l’emploi pour toutes et tous dans la société.

 

La défense de l’emploi agricole, à partir d’une agriculture familiale paysanne, valorisant tous les territoires, va également de pair avec les équilibres des populations sur les territoires au moment où la vie dans les grandes agglomérations devient, elle aussi, de plus en plus difficile avec l’augmentation du chômage, les loyers chers et des logements insuffisants, des temps de transport élevés et maintenant le besoin de se doter de plus de transports publics et d’une meilleure qualité de l’air et de l’alimentation.

 

La revalorisation des productions industrielles, artisanales et celle de l’agriculture devient elle aussi une nécessité. Ainsi, de quelque angle qu’on prenne ces enjeux, on se rend compte que le système actuel où prime avant tout la loi de l’argent, mène à de douloureuses impasses dont on n’a peut-être pas mesuré tous les effets pour la société, le monde, la santé humaine comme pour l’environnement. C’est en ce sens que doivent être promus le dialogue et une nouvelle alliance entre agriculteurs et consommateurs, travailleurs des villes et des campagnes.

 

Cette nouvelle alliance pourrait servir à inventer les voies d’une société pour les être humains et non plus pour l’argent roi.


1 commentaire


Michel Berdagué 24 décembre 2014 à 10 h 37 min

La faucille et le marteau ! Oui avec toute la réflexion et l’ action des producteurs de richesses . Formations / emploi avec un salaire à vie . Et question salaires , il n’ y a pas que les petits salaires et pensions à augmenter mais aussi tous les salaires des professions telles que dans l’ enseignement , la recherche, l’ ingénierie et la production . Reste la question essentielle : la propriété des grands groupes , au temps où Alstom a une amende record suite à l’ amende de BNP/Paribas , et que G.E. se l’ offre sur un plateau , après Alcatel par Lucent et les friches de notre sidérurgie , les délocalisations forcenées …la liste est longue pour dans le réel et la réalité non seulement nous affaiblir mais nous mettre en dépendance totale des USA et de leur stratégie de choc pour le chaos et perdurer leur dit leader auto proclamé . Un sursaut magistral des villes et des campagnes unies avec notre Programme partagé d’ avenir pourraient empêcher la chute et de se fracasser dans le mur .

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