Ce cadeau caché au grand patronat

le 24 décembre 2019

Jeudi 5 décembre pas moins de 270 000 personnes ont parcouru les grands boulevards parisiens, de la gare de l’Est à la place de la Nation. « Aujourd’hui dans la rue, demain on continue », ont scandé les manifestants. Julien Jaulin ; Nicolas Cleuet/AFP ; Lahcène Abib

C’est un régime vraiment spécial que concocte le pouvoir pour ses chers « premiers de cordée ». Au-delà de 10 000€ de salaire brut mensuel, la cotisation retraite descendrait à 2.8%. Cette ignoble disposition recèle des effets pervers que nos gouvernants prétendent combattre pour mieux les faire fructifier. Cette exonération de cotisations va en effet amputer la caisse du régime unique qu’ils prévoient, de 4.8 milliards d’euros par an. Soit 72 milliards jusqu’en 2040, année prévue pour l’entrée en vigueur totale du nouveau système ! Une somme dont devront s’acquitter, pendant une longue période de transition, tous les salariés du pays.

Le scandale ne s’arrête pas là. Les employeurs n’ayant plus de cotisations à verser au-delà de ce montant mensuel, économiseront 43 milliards d’euros en vingt ans. Comme sont rares les petites et moyennes entreprises qui rémunèrent leurs cadres au-delà de 10 000€, ce sont les très grosses entreprises qui bénéficieront de l’incroyable manne !

Les milieux patronaux et libéraux pousseront alors des cris d’orfraies devant le déficit et l’envolée de la dette publique qu’ils auront eux-mêmes aggravée pour mieux dérouler le tapis rouge aux fonds financiers et aux assureurs qui pourront délivrer aux salariés qui le pourront, le nouveau « Plan d’épargne retraite » lancé en octobre dernier. La défiscalisation de celui-ci, – comme inscrit dans la loi Pacte -, va grever plus encore les finances publiques de 1.2 milliards par an. Ce sont, en tout, 90 milliards d’euros que le saccage du système solidaire permettra de transférer dans les poches des puissances d’argent alors que l’âge de départ en retraite sera sans cesse repoussé et le niveau des pensions abaissées jusqu’à 55% du dernier salaire.

Le système par points n’est donc que le cheval de Troie d’une intégration forcée des retraites à la violence des logiques du capitalisme financier. Et, l’organisation de l’augmentation continue de la dette sert ce dessein. Les travailleurs ne s’y trompent pas. Ils n’ont pas besoin de pédagogie gouvernementale. Ils ont compris qu’il n’y a aucune trêve dans la guerre sociale qu’on leur livre derrière  les mots totalement pervertis « solidarité », « universalité », « équité », crachés par les haut-parleurs de la macronie. Seulement 19% des employés et ouvriers soutiennent le funeste projet gouvernemental. Ils ont bien conscience des destinataires des cadeaux cachés.

3 commentaires


chb 3 janvier 2020 à 0 h 33 min

Le coup de la baisse des pensions « pour sauver les retraites » a déjà été fait, non seulement en France puisque diverses contre-réformes y ont affaibli le principe et le montant de la répartition, mais aussi dans d’autres pays, dont on aimerait connaître un peu mieux le sort. Ce pourrait être le rôle de la CES, si cet organisme n’était pas autant dédié à la protection de l’entreprise, des projets de l’UE et du capital.
La Belgique a su repousser la menace, pourquoi ne pas s’en inspirer ?

vizier 3 janvier 2020 à 11 h 02 min

C’ est honteux ,scandaleux ,il faut le faire savoir au plus grand nombre .

Birolleau 4 janvier 2020 à 11 h 00 min

comment se fait-il que cet argumentaire est si peu développé devant ceux qui s’extasient devant le rendement des épargnes retraites?

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